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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 07:32
Le Mrax zappe le génocide juif

Dans ses nouveaux statuts, le Mrax ne fait plus référence à la défense de la mémoire des victimes du nazisme pour lequel il avait été créé, après la Seconde Guerre mondiale.

© Mrax.be

 

Le rapport de l’assemblée statutaire du Marx (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) du 27 juin 2010, déposée au greffe du tribunal de première instance de Bruxelles, le 30 décembre 2010, révèle que l’objet social du Mrax a été modifié. Dans l’ancienne version de l’article 2 de ses statuts, l’association était sensée contribuer « à la défense de la mémoire des victimes de persécutions racistes, commises notamment sous le nazisme ». La nouvelle version indique la volonté du Mrax de défendre « la mémoire des victimes de persécutions racistes, commises notamment lors d’un génocide ».

Zappée, la Shoah. Oublié, le vécu douloureux des anciens du Mrax, des résistants et des communistes de l’après-guerre souvent d’origine juive. Généreusement, ils voulaient fédérer tous ceux « qui entendent s’opposer aux discriminations, aux haines, aux préjugés fondés sur une prétendue race, la nationalité, la langue, la culture, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la confession ou les convictions philosophiques ». Ils prônaient « l’amitié et la paix entre les peuples » et promouvaient « l’égalité et la fraternité entre les êtres humains ». Ces beaux mots sont restés dans la version 2010 des statuts du Mrax. Sauf la référence à la Shoah.

Cet oubli s’inscrit dans une démarche de concurrence des victimes, qui a percolé jusque dans les Assises de l’interculturalité, lancées par la ministre de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet (CDH). Dans leur rapport, déposé en novembre 2010, les Assises recommandaient de modifier la loi de 1995 réprimant le négationnisme du génocide commis par le régime nazi, soit disant pour y intégrer la lutte contre d’autres formes de négationnisme. Les génocides arménien et tutsi sont historiquement et politiquement reconnus. Mais après ? Le drame palestinien et la traite négrière pourraient-ils être qualifiés de « génocides », comme le réclame une extrême gauche identitaire ? La ficelle était grosse. La ministre Milquet s’est désolidarisée des Assises sur ce point, après sa rencontre avec les plus hauts représentants de la communauté juive de Belgique.

MARIE-CECILE ROYEN

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 19:16

 

Mardi 15 février 2011

Par Véronique Chemla


Lors d’une cérémonie au Mémorial de Caen, le 13 février 2011, de remise de la médaille des Justes parmi les Nations, Ziv Nevo-Kulman, conseiller culturel à l’ambassade d’Israël en France, a rappelé l’aide médicale israélienne aux Palestiniens et les allégations mensongères antisémites ayant généré des persécutions des Juifs. Il réagissait ainsi à la plaidoirie de Mahmoud Arqan, de « Hébron (Palestine) » qui avait diffamé l’Etat juif et été récompensé par 1er Prix du Mémorial et de la Ville de Caen le 30 janvier 2011.


Ziv Nevo-Kulman a rappelé que la médaille des Justes parmi les Nations est « la plus haute distinction » civile en Israël. Une médaille accompagnée d’un diplôme qui constituent « un témoignage de gratitude et de reconnaissance éternelles » à l’égard des non-Juifs ayant sauvé des Juifs, souvent au péril de leur vie, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Cette médaille a alors été remise, à titre posthume, avec « une immense émotion », et « au nom du peuple juif et de l’État d’Israël », à Andrée et Emile Prestavoine pour avoir sauvé la vie de Raymond Ganopolski.

C’est donc au Mémorial de Caen que l’ambassade d’Israël a décidé de répondre à la plaidoirie « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère » en arabe – et traduite en français - diffamant l’Etat juif et récompensée par ce Prix d’une valeur de 8 000 €. « C’est extraordinaire d’être ému par une plaidoirie prononcée dans une langue qu’on ne comprend pas », a dit un membre du jury présidé par le romancier espagnol Jorge Semprun, cité par Ouest-France.

Le 30 janvier 2011, le récipiendaire avait reçu son Prix et son chèque en arborant les couleurs du drapeau palestinien .

Mais pour cette cérémonie de remise de la médaille des Justes du 13 février 2011, le Mémorial avait refusé, dans un premier temps, la présence d’un drapeau israélien – alors que cette distinction est israélienne - et que la Hatikvah (L’espoir), hymne israélien, résonne dans son auditorium !

L’ambassade d’Israël a alors expliqué qu’il s’agissait de déposer un petit drapeau sur la table aux côtés des diplômes et médailles de Justes parmi les nations.

Elle a justifié la présence de son drapeau et de son hymne, deux symboles forts de l’Etat d’Israël qui délivrent ce titre éminent.

Le Mémorial de Caen a été convaincu par ces arguments et a accepté le drapeau discret. L’hymne israélien a été interprété avec talent et émotion par un remarquable violoniste.

« N’avons-nous tiré aucune leçon du passé ? »
« La Shoah ne s’est pas produite par hasard. Avant les nazis, les populations Juives ont subi des siècles de pogroms et d’humiliations. Il est étonnant que moins de 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, réapparaissent des propos à l’encontre des Juifs, qu’on croyait oubliés, propos qui peuvent avoir des conséquences. Le ministère français de l’Intérieur a recensé 466 actes antisémites sur le sol français en 2010 », a déclaré Ziv Nevo-Kulman, conseiller culturel à l’ambassade d’Israël en France, ce 13 février 2011, devant Philippe Duron, député-maire de Caen, Président du Mémorial de Caen, Catherine Sarlandie de La Robertie, recteur de l'Académie de Caen, Paul Schaffer, président du Comité français pour Yad Vashem, et M. Levin, délégué de Yad Vashem (Jérusalem).

Et Ziv Nevo-Kulman a poursuivi sur un ton ferme :

« Ici-même, il y a exactement 15 jours, à l’occasion de concours des avocats, le Prix du Mémorial et de la ville de Caen a récompensé une plaidoirie intitulée : « L’exécution du fœtus dans les entrailles de sa mère » qui accuse des soldats israéliens d’avoir exécuté – exécuté un enfant dans le ventre de sa mère palestinienne.

Et je voudrais dire ici une chose grave, que je vais dire en tant que citoyen d’un pays démocratique s’adressant à des citoyens de la patrie des droits de l’homme : La liberté d’expression n’est pas la liberté de diffamation ! (1)

Chaque année 180 000 Palestiniens sont soignés dans les hôpitaux de mon pays. L’an dernier, Israël a même pris en charge l’hospitalisation de la fille du ministre de l’Intérieur du Hamas, organisation qui appelle à la destruction de l’Etat d’Israël.

Je vous parlais de mémoire. N’oublions pas que tout le Moyen-âge a persécuté les Juifs à partir d’accusations aussi obscurantistes.

N’avons-nous tiré aucune leçon du passé ? Avons-nous oublié les Justes ? » (1)
Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial, a invité Yossi Gal, ambassadeur d’Israël en France, à visiter ce Mémorial très fréquenté : 400 000 visiteurs/an, dont la moitié de lycéens. Ce nouvel ambassadeur a accepté son invitation. Après que l’Etat d’Israël ait réagi et rétabli les faits.

A lire les réactions de la presse locale, il semble que la propagande palestinienne diffamatoire et visant à délégitimer l'Etat juif n'ait pas été perçue.
(1) Ziv Nevo-Kulman a particulièrement insisté en prononçant cette phrase.
Par Gad 
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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 14:36

 

 

 memorial-shoah-paris

 

 

Enseigner la Shoah de l'école à l'université : à quoi bon?

Pour une psychothérapie de la culture.

 

Par Nadia LAMM

Professeur de Philosophie

IUFM de l'Académie de Rouen

 

© 2011 www.aschkel.info

 

 


                                                                                  

 

Si le proverbe "à quelque chose malheur est bon" devait s'appliquer à la situation actuelle des  Juifs de France, ce serait, à mon sens, dans la perspective d'une reprise à neuf de la réflexion sur les conditions de possibilité d'une lutte efficace contre l'antisémitisme en contexte culturel européen et sur la portée de cette lutte. Au moment où l'enseignement de la Shoah connaît, à travers la nouvelle affaire Dreyfus – conséquences dramatiques comme l'exil sur l'île du Diable en moins - que constitue l'affaire Pederzoli, une tentative de délégitimation sans équivalent dans les vingt dernières années, ceux qui aiment penser devraient se demander si et en quoi l'enseignement historique de la Shoah est capable où non de venir à bout de l'antisémitisme en faisant comprendre à tous nos concitoyens pourquoi la vigilance contre son retour les concerne tous et non pas seulement ceux qui sont de confession ou d'ascendance juive .

 

Une affaire Dreyfus en plus petit?

 

On  retrouve dans l'affaire Pederzoli (ainsi nommée parce que Mme Catherine Pederzoli-Ventura a fait appel devant le Tribunal administratif de la décision de sa hiérarchie de la mettre à pied) à peu près le même noyau dur d'accusations et la même structure sociologique que dans l'Affaire Dreyfus ;

 

 destitution-dégradation par sa hiérarchie de l'accusée (4 mois …) jugée partiale dans son enseignement au profit des Juifs et de leur si étrangère et soi-disant si mal nommée "Shoah" ;

 

 accusation de trahison  des principes de l' Ecole de la République que sont la laïcité et la neutralité du professeur et, du coup, 

 

 mise en doute de sa loyauté envers la communauté nationale; reproche d'avoir exercé une fascination diabolique sur des élèves mineurs et innocents ("lavages de cerveau") qui, pour le coup, rappelle davantage la rumeur d'Orléans que la célèbre "Affaire"; 

 

 

Lire la suite >>>  Enseigner la Shoah N.Lamm-Doc Aschkel-copie-2 Enseigner la Shoah N.Lamm-Doc Aschkel-copie-2

 


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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 12:08

 

 

 

  Les neutres retardent la victoire

 

 

                           Chaque jour supplémentaire de guerre

                       condamne à mort un millier de Juifs

 

Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 



Quatre pays neutres, la Suède, le Portugal, l’Espagne et la Turquie ont livré à l’Allemagne pendant la guerre des matières premières essentielles à son industrie d’armement. « L’existence même de l’Allemagne dépendait de l’importation du minerai de fer de haute qualité suédois », écrit William Shirer dans son ouvrage monumental sur le IIIème Reich.[1] Les Alliés ont compris dès le début de la guerre l’importance vitale de ce minerai suédois pour la production de matériel militaire allemand. En avril 1940 le débarquement franco-britannique qui échoue à Narvik, petit port septentrional de Norvège, a été organisé pour « couper la route du fer ».

 

La Turquie a livré presque 100% des besoins allemands de chrome. Albert Speer, ministre de l’Armement, écrit à Hitler en novembre 1943 : «Si les livraisons de Turquie sont interrompues, nos stocks de chrome ne suffiront que pour cinq à six mois. La fabrication d’avions, de tanks, de véhicules à moteur, de sous-marins et de pièces d‘artillerie devra cesser dans les trois mois qui suivront».

 

Les experts alliés ont conclu que si l’Allemagne manquait de wolfram, le minerai qui raffiné donne du tungstène, son industrie de machines-outils et ses capacités de production d’acier spéciaux pour le blindage, l’armement lourd et les moteurs d’avion, cesseraient dans les trois mois. Le Portugal et l’Espagne fournissaient 90% des besoins allemands.  En janvier 1944, le ministre espagnol du Commerce et de l’Industrie estime impossible de refuser à l’Allemagne une matière première qui « a une valeur exceptionnelle en temps de guerre ». De son côté, Antonio Salazar, le chef d’Etat du Portugal, reconnaît au début 1944 que refuser le wolfram aux Allemands « réduirait leur puissance et que la guerre en serait raccourcie ».

 

Devant un tel consensus, tout aurait dû être mis en œuvre pour faire cesser ces livraisons indispensables de matières premières. Avancer la fin de la guerre de mois, même quelques semaines de guerre, aurait sauvé un grand nombre de vies. Il ne faut pas oublier que pendant la dernière année de la guerre, parmi les victimes civiles et militaires, on compte plus de 10 000 Juifs chaque semaine.

 

En avril 1944, Cordell Hull, le ministre des Affaires étrangères US, met en garde les neutres : « Nous ne pouvons plus donner notre assentiment à ces nations qui bénéficient des ressources des pays alliés et, en même temps, contribuent à la mort de troupes dont le sacrifice protège pourtant leurs vies autant que les nôtres ». En octobre 1944, Winston Churchill s’insurge : « Je considère que c’est la dernière chance pour les Suédois de sauver leur réputation face au monde. Il y a quelques mois, ils pouvaient plaider l’effroi. Maintenant ils n’ont plus d’excuses, si ce n’est l’égoïsme calculé dont ils ont fait preuve dans les deux guerres contre l’Allemagne ».

 

Malgré de nombreuses pressions alliées, les livraisons de matières premières stratégiques à l’Allemagne vont continuer, bien qu’à un rythme plus faible. Les exportations du minerai de fer suédois ne cessent qu’en novembre 1944. Celles du chrome de Turquie en avril. Pour celles de wolfram du Portugal et d’Espagne, il faut attendre la Libération de la France qui en août arrête tout trafic vers l’Allemagne.Des chercheurs britanniques, qui ont étudié la question depuis, concluent qu’« à aucun moment de la guerre l’Allemagne n’a été affaiblie de façon décisive par des pénuries dues uniquement au blocus ».

 

Malgré l’enjeu décisif, les Alliés ont adopté une « politique de douce conciliation » qui n’a pris fin que lorsque l’étau des armées alliées s’est resserré sur l’Allemagne, constate Henry Simpson, ministre de la Guerre américain, dans un mémorandum daté du 22 juin 1944. Est-ce parce que, comme le montre l’histoire officielle britannique, il y avait entre Alliés  « d’importantes incompatibilités de buts et d’humeurs… chaque partie étant tour à tour exaspérée ou encouragée par l’autre à prendre de nouvelles initiatives » ?

 

Les Alliés ont cru pouvoir persuader les neutres de réduire leurs exportations vers l’Allemagne en les menaçant financièrement. La Déclaration de Londres du 5 janvier 1943 sur la nullité de transactions commerciales avec l’ennemi, ou la déclaration du 22 février 1944 de la non validité des paiements reçus avec de l’or volé par les puissances de l’Axe n’eurent malheureusement aucune influence sur le volume des exportations.

 

Il aurait fallu intervenir de manière plus directe. Les Alliés approvisionnent les neutres en pétrole, caoutchouc, produits chimiques et céréales, des matières premières que ces pays ne peuvent se procurer ailleurs. Ils ont craint qu’un embargo sur ces produits de première nécessité n’entraîne ces neutres vers une collaboration renforcée avec l’Allemagne. En 1943, on voit mal ce qu’ils peuvent apporter de plus à l’ennemi. Et comme l’écrit l’historien suédois Stephen Koblik : « tous les doutes concernant l’issue de la guerre disparurent dans l’esprit des dirigeants politiques après le mois de novembre 1942 ».

 

Les neutres ont plaidé la peur de représailles militaires allemandes s’ils cessaient les approvisionnements. Un argument sujet à caution. Le 13 octobre 1940, lors d’une rencontre à Hendaye restée célèbre, le général Franco refuse le passage de la Wehrmacht pour se saisir de Gibraltar. L’Espagne alors à bout de souffle tient tête au Führer au zénith de sa gloire et de sa puissance. Les risques d’une intervention allemande sont pour le Caudillo bien plus faibles trois ans plus tard. En 1943, une conquête de la Suède par les Allemands est devenue très hypothétique, étant données leurs difficultés majeures rencontrées ailleurs et l’hypothèse d’affronter 400 000 Suédois entraînés et bien armés.

 

Le Portugal n’a pas plus à craindre. N’a-t-il pas, en 1943, accordé aux Alliés l’implantation d’une base aéronavale de première importance aux îles Açores en plein Atlantique sans que Berlin ne se manifeste? Sans aller jusqu’à débarquer dans un pays neutre, comme ce fut le cas en Norvège en 1940, les Alliés auraient, semble-t-il, pu envisager des mesures plus radicales, étant donnée l’importance capitale de ces matières premières dans l’issue de la guerre.

 

Une possibilité parmi de nombreuses autres aurait été de couler les cargos suédois qui transportaient les dizaines de milliers de tonnes de minerai de fer suédois à travers la Baltique. Les Alliés avaient, dès 1943, la maîtrise de l’air comme en attestent les bombardements massifs de Hambourg. Mais on ne réécrit pas l’histoire à partir d’hypothèses. Il n’en reste pas moins que l’on peut se poser la question de ce qui apparaît comme une série d’occasions manquées par les Alliés. Il aurait fallu faire cesser un seul de ces trafics pour mettre la machine de guerre allemande en péril et renforcer la probabilité d’une victoire plus rapide. Quant aux Neutres, conscients dès 1943 que l’Allemagne allait perdre la guerre, ils ont néanmoins continué leurs exportations pour remplir leurs caisses au prix d’un nombre très élevé de victimes.

 

 Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 


SHIRER William, Le IIIème Reich, Stock, Paris, 1990, p. 716.

EIZENSTADT Stuart, US and Allied Wartime and Postwar Relations and Negociations with Argentina, Portugal, Spain, Sweden and Turkey. US Governement, June 1998. p. 11.

IBID. p. 34.

IBID. p. 11.

EIZENSTADT Stuart, Le rapport Eisenstadt, Le Nouveau Quotidien, Lausanne, 1997, p. 40.

LEVINE Paul, From Indifference to Activism, Swedish Diplomacy and the Holocaust, 1938-1944. Acta Universitatis Upsaliensis, Uppsala, 1996, p. 70.

EIZENSTADT 1998, p. 133, 39 et 34.

EIZENSTADT 1997, p. 38.

IBID

IBID. p. 2.

KOBLIK Steven, The Stones Cry Out : Sweden Response to the Persecution of the Jews, The Holocaust Library, New York, 1988, p. 33.

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 22:03

 

 

 

 

 

Bann C.E.NEPHTALI

 

 

 

 


Si vous demandiez…………………..

……………………..« savez-vous ce qui se passa un 17 janvier » ?

 Par Charles Etienne NEPHTALI

 Pour aschkel.info et lessakele.

Certaines personnes vous répondront que le 17 janvier, en 1944, eut lieu la première bataille de Monte Cassino que les Alliés engagèrent pour transpercer le « Ligne Gustave » allemande afin d’occuper Rome.

D’autres vous parleront de la libération de Varsovie et de la Pologne en ce 17 janvier 1945 après 5 ans d’occupation allemande. Varsovie qui compta à cette date-là 10 fois moins d’habitants qu’au début de la guerre et dont les Juifs furent assassinés par centaines de milliers

D’autres encore, plus nombreuses, vous répondront que c’est le 17 janvier 1991 que débuta la Seconde Guerre du Golfe, entraînant 22 morts et 304 blessés israéliens par des tirs de Scud irakiens sur Israël, pourtant resté neutre.

Par contre, peu, et même très peu de gens, se souviendront de la disparition le 17 janvier 1945 de Raoul Wallenberg, initiateur de la plus importante opération de sauvetage de Juifs pendant la Shoah. Raoul Wallenberg, premier secrétaire de la représentation de Suède à Budapest, qui évita la déportation et l’assassinat à des dizaines de milliers de Juifs hongrois restés à Budapest alors que les Allemands avaient déjà déportés et assassinés plus de 400.000 Juifs après avoir occupé la Hongrie le 19 mars 1944.

Parmi le « très peu de gens » que je mentionne ci-dessus, se trouvent les 80 ou 100 personnes qui assistèrent dimanche 16 janvier, au Mémorial de la Shoah, dans une salle beaucoup trop exiguë, car il n’était pas attendu tant de monde, à la remise du Prix International Raoul Wallenberg 2010 aux époux Klarsfeld, Beate et Serge par Madame la Pasteure Annemarie Werner au nom de la Fondation Raoul Wallenberg, « en reconnaissance pour leur travail de recherche, d’histoire et de justice, leurs activités en faveur de l’éducation et leurs efforts pour démasquer les criminels nazis ». Je reprends ici les termes figurant sur le carton d’invitation.

Madame Werner rappela, dans une longue allocution à laquelle j’emprunte des éléments, qui fut Raoul Wallenberg, « Juste parmi les Nations », à l’époque âgé de 32 ans, et « quelle fut son action courageuse afin de sauver des dizaines de milliers de Juifs hongrois. Il paya de sa liberté et même de sa vie son œuvre de sauvetage. La Fondation Raoul Wallenberg veut garder vivante la Mémoire de cet homme si courageux ». Il inventa en particulier « un passeport » suédois et acquit avec des fonds américains des bâtiments à louer. 

Alors que les violences antijuives s’intensifièrent, le courageux diplomate resta sur place jusqu’à l’arrivée de l’Armée Rouge. Le 17 janvier 1945, il fut convoqué au Quartier Général soviétique et depuis cette date, nous n’avons plus de ses nouvelles.

Madame Werner rappela également l’admirable combat du couple Klarsfeld en France, en Allemagne et en Amérique latine pour débusquer, faire juger et condamner les criminels qui y vivaient tranquillement. Les époux Klarsfeld qui luttèrent pour la justice et qui redonnèrent une identité aux 76.000 Juifs déportés de France dont 11.400 enfants avec, en 1978, le monumental « Mémorial de la Déportation des Juifs de France » que chacun d’entre nous se devrait de posséder. Cet ouvrage, qui est la Mémoire de nos coreligionnaires assassinés, nécessita 2 années d’un travail gigantesque et éprouvant d’autant plus, qu’à l’époque, Beate et Serge Klarsfeld ne disposaient pas d’ordinateurs ! Personnellement, j’ai le privilège de posséder, dédicacé par Serge Klarsfeld le 14 décembre 1978, un exemplaire de la 1ère édition dans laquelle il écrit notamment en introduction « Combien de fois avons nous pleuré, Beate et moi, confrontés à la détresse insoutenable qui se dégage de ces listes de Déportés chargées de noms d’Enfants où l’on voit tant de petits êtres s’en aller sans parent, sans le moindre réconfort, vers le plus atroce des destins, où l’on voit partir pour la chambre à gaz des mères avec jusqu’à 12 enfants à leurs côtés ! »

Sans cet ouvrage, le Rabbin Daniel Farhi, présent à cette cérémonie, n’aurait pu être l’initiateur de la « Lecture des Noms », lecture ininterrompue annuelle de 24 heures à l’occasion du Yom HaShoah telle que nous la connaissons depuis quelques années maintenant. Dans son allocution, le Rabbin Daniel Fahri posa la question « quelle serait le sens de la survie de chaque rescapé s’il ne consacrait de son temps et de son énergie à témoigner inlassablement et à alerter ? »

Des témoignages, nous en eûmes de la part de 2 « enfants cachés » dont les parents furent déportés et assassinés. Tous deux rendirent un très émouvant et poignant hommage à Beate et Serge faisant savoir à l’assistance fort émue qu’ils n’auraient, sans leurs travaux, pratiquement rien su, ou presque, de leurs parents, étant donné leur jeune âge à l’époque.

La jeunesse juive de l’Habonim Dror, car ce sont nos jeunes qui, dans l’avenir, prendront la relève du Devoir et de la Transmission de la Mémoire, était présente avec une forte représentation dirigée par David Barouch.

Le Prix International Raoul Wallenberg 2010 fut ensuite remis à Beate et Serge Klarsfeld par la Pasteure Annemarie Werner et Madame Louise von Dardel, nièce de Raoul Wallenberg, avant qu’ils ne prennent eux-même la parole pour évoquer leurs (courageuses) actions et leurs travaux.

De nombreuses personnalités que je ne citerais pas pour ne pas prendre risque d’en oublier, étaient présentes à cet après-midi mais je tiens à rendre un hommage appuyé à Madame Anne Hidalgo, 1ère Adjointe au Maire de Paris, toujours présente à nos cérémonies de la Mémoire. 

Et pour terminer, je me permettrais d’adresser toutes les félicitations de l’assistance aux époux Klarsfeld ainsi qu’aux organisateurs du Mémorial de la Shoah.



Charles Etienne NEPHTALI
Janvier 2011

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 08:41

 

Yad Vashem Logo

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Des milliers de documents en ligne

http://collections.yadvashem.org/photosarchive/   

 

"Le monde sait mais ne dit rien !"
Par JPOST.FR 
26.01.11

Mercredi, lors de la session de la Knesset consacrée au souvenir de la Shoah, le Premier ministre a reproché au monde de ne pas suffisamment condamner l'Iran et ses propos antisémites.


PHOTO: EMILE SALMAN , JPOST

Binyamin Netanyahou s'exprimait à la veille de la "Journée internationale du souvenir de la Shoah" qui commémore, chaque 27 janvier, la libération du camp d'Auschwitz.

Le président de l'Assemblée, Reouven Rivlin, s'est également exprimé à ce sujet. "Le monde se souvient mais ne dit rien", a-t-il commenté. "Il y a six ans, le monde a institué la Journée de commémoration et juré de se souvenir. Mais le serpent de la destruction lève à nouveau sa tête. Il contraste complètement avec les espoirs du Mouvement sioniste. Un vieil antisémitisme refait surface."

Et de poursuivre : "Aujourd'hui, nous ne parlons pas d'un protocole secret. Demain, aucun pays ne pourra prétendre qu'il ne savait pas. Le serpent a annoncé ses intentions devant les Nations unies et son venin s'adresse à l'ensemble du monde libre. Se souvenir de la Shoah n'est pas suffisant."

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 20:37

 

 

Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

Avec autorisation pour

Pour aschkel.info et lessakele


 

Préambule : 

Ce texte n’entre pas dans le débat entre les « fonctionnalistes » emmenés par l’historien Christopher Browning qui estiment qu’il n’existait pas avant 1941 chez les Nazis une volonté arrêtée de liquider les Juifs européens. Les « intentionnalistes », avec Eberhard Jäckel à leur tête, pensent au contraire que le programme était arrêté de longue date. Cette polémique a fait couler des fleuves d’encre, et a donné lieu à des colloques sans fin. Il faut s’en tenir aux faits.

 La politique nazie dans le Reich et Europe occidentale a été, avant le début de la Shoah, d’expulser les Juifs vers l’étranger. Cette politique a été abandonnée par un décret du 20 mai 1941 de l’Office central de la sécurité du Reich (RSHA) qui interdisait le départ des Juifs de France, de Belgique et de Hollande. Le 23 octobre 1941 la fermeture de toutes les frontières de pays occupés ordonnée par Himmler mit un terme définitif à tous les départs, y compris de celui des Juifs du Reich.

 Le « plan Madagascar » qui prévoyait le « transfert » de 4 millions de Juifs d’Europe vers cette colonie française ne fut abandonné qu’en février 1941. Il illustre cette politique. Sur le plan concret s’ajoutent aux expulsions par le Danube d’autres organisées par les nazis. Citons en exemple les expulsions de la Gestapo vers la zone libre :

 22 000 Juifs expulsés d’Alsace-Lorraine en octobre 1940.

1 400 Juifs allemands de Bordeaux le 15 juillet 1940.

1 500 Juifs luxembourgeois en mars 1941.

7 650 Juifs allemands expulsés du Palatinat et du Pays de Bade en octobre 1940.

 Parallèlement, après son occupation de la Pologne en septembre/octobre 1940, la Gestapo crée d’immenses ghettos dans le “Gouvernement général” à l’Est de sa zone d’occupation en Pologne. Y sont emprisonnés des centaines de milliers de Juifs polonais et y sont déportés des dizaines de milliers de Juifs du Reich. Des ghettos où le travail forcé, la maladie, des conditions de vie atroce, une maltraitance journalière conduisent souvent à la mort. L’historien Martin Gilbert avance des chiffres: « De septembre 1939, début de la guerre, au 22 juin 1941, début de l’offensive allemande en URSS, (...) environ 30 000 civils juifs ont péri », principalement en Pologne dans les ghettos de Varsovie et de Lodz. On ne peut pas encore parler ici de Génocide. Les massacres systématiques d’une ampleur encore jamais vue n’ont pas encore commencé, même si les prémisses sont déjà là. 

 La construction des « camps de la mort » à l’est de la Pologne a débuté à l’automne 1941, juste après les décisions de Himmler d’arrêter tous les départs de l’Europe occupée. Dès la fin de l’année les chambres à gaz et les crématoires ont commencé leur travail d’extermination de la population juive d’Europe. C’est à ce moment-là que les historiens fixent, à tort je le pense, le début de la Shoah proprement dite.

 La situation en URSS est tout autre. Jusqu’à l’envahissement du pays par les nazis fin juin 1941, le problème des Juifs russes ne se posait pas pour Berlin. Après, soutenus par la Wehrmacht, les Einsatzgrüppen reçurent l’ordre d’exécuter tous les civils russes qui pourraient s’opposer à l’armée allemande. L’encadrement politique, les responsables de la vie civile, les « partisans »  qui prenaient les armes et tous les Juifs considérés comme ennemis du Reich devaient être tués. C’est ainsi que plus de 500 000 Juifs ont été exécutés, la plupart par balles pendant les six derniers mois de 1941.

 Pour l’auteur, c’est en URSS que la Shoah a commencé à l’Est et en fin 1941 qu’elle a débuté pour les populations du Reich et des pays de l’Europe déjà occupée avant l’offensive contre l’URSS-


 

 

Les Allemands expulsent des Juifs vers  la Palestine, les Anglais les empêchent d’y arriver.

                              1940 - 1941

                   

 

De l’automne 1939 et à celui de 1941, en pleine guerre, les Allemands continuent à organiser le départ de Juifs d’Europe vers la Palestine et les Britanniques à employer tous les moyens possibles pour les empêcher d’y arriver. Les rôles semblent inversés. Une situation paradoxale ! Wilhelm Perl, un Juif qui participa à l’organisation de ces transports illégaux, décrit bien cette contradiction apparente dans ses Mémoires. « Sur des navires neutres, de jeunes Juifs de toutes nationalités faisaient route avec notre organisation vers la Palestine tenue par les Anglais, où il ne faisait aucun doute qu’ils s’enrôleraient dans les forces britanniques pour combattre les nazis. Les Anglais essayèrent d’empêcher cela. Les nazis non seulement rendirent possible cette entreprise, mais ils y contribuèrent (...) Ils fournirent aux Juifs des bateaux fluviaux, ils leur accordèrent même le droit d’échanger leur monnaie contre des devises dont le Reich avait tant besoin. »

 

Peut-on dire, comme le célèbre historien de la Shoah Yehuda Bauer, qu’ « en expulsant des Juifs sur des bateaux à destination de la Palestine, Adolf Eichmann, sans le savoir, les sauvait des chambres à gaz ? La Gestapo forçait littéralement les Juifs à se sauver eux-mêmes...» Cette situation est-elle un défi au bon sens ? Non, car le but des nazis avant le début de la Shoah n’était pas de sauver les Juifs, mais de s’en débarrasser, ce qui en sauva un certain nombre. Il ne faut pas inverser les facteurs. Il est essentiel de ne pas confondre le résultat et l’intention. La Gestapo expulse les Juifs vers ce qui sera le salut, dans le seul but de s’en débarrasser, quel qu’en soit le prix.

 

En 1938 et 1939 Adolf Eichmann ouvre deux bureaux à Vienne et à Prague pour organiser les départs. Ces bureaux reçoivent les demandes juives d’émigration, font la sélection des partants, donnent les autorisations de départ et attribuent des devises. Des organisations juives de l’immigration illégale (Aliya Bet) que sont la Haganah, l’Irgun, et les groupes privés comme ceux de Wilhelm Perl et de Baruch Konfino affrétent les bateaux. Ils empruntent la principale route restée ouverte, celle du Danube, dont la libre circulation est garantie par un accord international. Pour Yehuda Bauer, « entre 1938 et 1941, des Juifs mandatés par des organisations sionistes ou ne représentant qu’eux-mêmes entretinrent des contacts avec les responsables nazis comme Adolf Eichmann, toujours dans le but de faire sortir des Juifs du Reich ».

 

Que les nazis expulsent un maximum de Juifs, c’est leur politique depuis leur accession au pouvoir, mais n’est-il pas surprenant qu’ils aient choisi la Palestine comme destination. Les Allemands n’auraient-ils pas dû ménager leurs sympathisants arabes au Moyen-Orient ? Ceux-ci se sont souvent opposés par la violence à l’arrivée de nouveaux colons juifs. Pour les nazis, le renforcement d’une « nation » juive constitue un énigme. Loin de détruire la « vermine juive », les expulsions vers la Palestine vont contribuer au développement de ce « foyer d’infection », qui un jour risque de contaminer le peuple allemand enfin « purifié » selon l’infâme terminologie nazie.

 

Hitler a laissé faire. Ne pense-t-il pas déjà, comme il le dira plus tard au Grand Mufti de Jérusalem Amin El Husseini en visite à Berlin qu’une percée allemande à travers les montagnes du Caucase vers le Moyen-Orient doit amener la libération des Arabes. « Après cela, le seul objectif restant à l’Allemagne dans la région sera limité à l’extermination des Juifs vivant sous la protection anglaise ».  Pour Hitler l’arrivée en Palestine de quelques milliers de Juifs supplémentaires ne poserait donc pas de problème, il les assassinera plus tard. Cette prédiction du Führer ne s’est heureusement pas réalisée.

 

De leur côté, les Britanniques, en multipliant les obstacles à l’immigration en Palestine, ont empêché des milliers de Juifs de partir vers la sécurité et la liberté alors que malgré la guerre il est encore temps. C’était leur dernière chance de sauvetages d’importance. Un mémorandum anglais daté du 5 février 1940 résume les actions diplomatiques entreprises pour interdire le départ de navires d’Europe. « Le Foreign Office a demandé aux pays de transit de refuser les visas. (...) Il a demandé aux nations où les propriétaires de bateaux résident de prendre des mesures contre eux. Il a demandé aux pays dont les ports sont utilisés par de tels navires de faire toutes les difficultés administratives possibles pour les empêcher de prendre la mer. On a exploré les possibilités de tourner les dispositions légales qui concernent la liberté de transit sur le Danube et à travers le détroit des Dardanelles pour permettre aux riverains d’empêcher le trafic à notre demande...»

 

Le Foreign Office intervient directement auprès de certains pays d’Afrique et d’Amérique Latine pour qu’ils cessent de délivrer des visas de complaisance. Les amendes, les confiscations de bateaux, les mises en prison de capitaines et de leurs équipages complètent le dispositif.

 

L’opposition anglaise à l’arrivée des réfugiés juifs en Palestine s’explique par la grande vulnérabilité de l’Angleterre au Moyen-Orient pendant cette période. Yehuda Bauer la résume en quelques phrases : « Les forces britanniques au Moyen-Orient étaient d’une très grande faiblesse et manquaient cruellement d’armement (...) L’allégeance de l’Irak devenait incertaine. L’Iran était envahi d’agents nazis. Et la Turquie commençait à vaciller. Tout cela pouvait faire basculer un équilibre fragile. » Les Allemands cultivent la sympathie des Arabes pour des plans grandioses d’expansion au Moyen-Orient. Les Anglais, eux, dépendent de la bonne volonté arabe afin d’éviter que la région soit mise à feu et à sang à un moment où ils manquent de moyens pour intervenir.

 

Un mémorandum daté du 17 janvier 1940, préparé par le Colonial Office, reflète bien ces craintes anglaises. Il accuse les Allemands. « L’immigration illégale n’est pas essentiellement un mouvement de réfugiés, (...) c’est une invasion organisée de la Palestine pour des motifs politiques. (...) C’est manifestement l’intérêt du gouvernement allemand de promouvoir ce trafic, puisqu’il a le double avantage de le débarrasser des Juifs et d’embarrasser le gouvernement de Sa Majesté. »

 

L’Angleterre considère que l’immigration illégale résulte d’une collaboration entre les organisations juives et la Gestapo, visant à affaiblir les Britanniques au Moyen-Orient. Il faut donc s’y opposer par tous les moyens, et les Anglais vont s’y employer. Sir Evelyn Shuckburgh, ministre adjoint au Colonial Office, résume la position de son ministère, le 4 mai 1941 : « Il est assez difficile d’imaginer ce qui peut arriver à ces infortunées créatures qui sont renvoyées en haute mer. Elles doivent aller quelque part, mais je ne peux imaginer qui que ce soit susceptible de les accueillir. Quoi qu’il en soit, dans ces jours difficiles où nous sommes confrontés à la réalité, le type d’humanitarisme qui prévalait en 1939 ne peut plus avoir cours. »Cette politique précipita nombre de Juifs vers le néant mais cela les Britannique n’en étaient pas conscients à l’époque.

 

Pour Eichmann cette émigration clandestine reste un échec. En deux années d’expulsion il n’a contribué qu’à l’arrivée en Palestine de 10 420 clandestins. Pendant ce temps là des centaines de milliers de Juifs du Reich ont été déportés vers les ghettos meurtriers de l’Est de la Pologne. De septembre 1939 à fin décembre 1941, en 28 mois, seuls 22.706 Juifs européens ont immigré en Palestine dont 12.286 munis de certificats britanniques d’admission. Selon les termes du Livre Blanc, 35.000 auraient pu entrer pendant cette période dans le pays. Les Britanniques ont donc très largement atteint leur but de freiner l’immigration juive en Palestine.

 

Cette politique a mis en péril l’une des dernières grandes opérations possibles de sauvetage de Juifs. Elle a de plus  engendré des conditions d’immigration meurtrières. Près de 3 000 émigrés clandestins ne sont jamais arrivés en Palestine. Ils « sont morts noyés, assassinés, ou encore morts de froid et autres vicissitudes. »

 

Contacts et commentaires à : a.chargueraud@gmail.com

Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.


 Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

PERL Wilhelm, The Four-Front War, Crown, New York 1979, p. 293, cité par BAUER Yehuda,Juifs à vendre,  Editions Liana Levi, Paris, p. 85.

BAUER Yehuda,American Jewry and the Holocaust : The AJJDC 1930-1945, Wayne State University Press,  Detroit, 1981,  p. 137. Eichmann était le chef de la Section des Affaires juives de la Gestapo.

BAUER Yehuda, Juifs à Vendre : Les Négociations entre Nazis et Juifs. 1933-1945, Liana Levi,  Paris, 1996,  p. 71.

 BAUER, Jewish réactions 1989 p. 60 «...De la fin 1939 à la fin 1940, et même pendant les premiers mois de 1941, la Gestapo s’employa elle-même à chasser les Juifs d’Allemagne, contribuant ainsi à terme à leur sauvetage. Ainsi les forces mêmes qui allaient dans peu de temps organiser le meurtre des Juifs participèrent d’abord à leur sauvetage».

Il faut rappeler ici l’accord de transfert Haavera conclut en 1933 entre l’Agence juive et le gouvernement allemand qui permit le sauvetage de milliers de Juifs. Un autre article sera consacré à ce sujet.

BREITMAN Richard et KRAUT Alan, American Refugee Policy and European Jews , 1933-1945,  Indiana University Press, Bloomington, 1987,  p. 167. Rencontre du 28 novembre 1941.

WASSERSTEIN Bernard,Britain and the Jews of Europe, 1939-1945, Clarendon, Oxford, 1979, p. 53.

BAUER, 1981, op.cit. p. 135.

FEIN Helen, Accounting for Genocide : National Responses and Jewish Victimization during the Holocaust, NewYork Free Press, 1979,  p. 184.

WASSERSTEIN, op. cit. p. 49 et 50.

  WASSERSTEIN, op. cit. p. 80.

GUTMANN Israel, Encyclopedia of  he Holocaust,  MacMillan Publishing, New York, 1990. p. 1799. En Autriche sur une population juive initiales de 185 000 personnes, 50 000 ont péri.

  IBID. p. 319.

  MARRUS Michael, Les exclus, les réfugiés européens au XXème siècle, Calmann-Lévy, Paris,1986,  p. 277. D’autres clandestins ont emprunté la route italienne.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 08:59
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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 07:51

 

 

 

Pederzoli, la suite...

Pierre Lefebvre
© primo-info, 05-01-2011


Nous avons promis de vous tenir régulièrement informés de la suite de ce qu'il faut bien appeler maintenant l'Affaire Pederzoli. 

Contrairement à l’usage, qui aurait voulu que cela se passe en décembre 2010, Catherine Pederzoli est passée en conseil de discipline ce lundi 3 janvier à 8 h du matin. Il était prévu, avant la mesure conservatoire dont elle a fait l’objet, qu’elle reprenne ses cours à 10 h. 

L’administration de l’Éducation Nationale a de bien curieuses manières de considérer ses professeurs. 

Cela signifie que Catherine, avant ce conseil de discipline ignorait tout de sa nouvelle affectation à deux heures de la reprise de ses cours. 

Primo a fait un appel pour soutenir ce professeur, injustement accusé de plusieurs méfaits et troubles au sein de ce grand ministère. 

Vous avez été nombreux à répondre à notre appel, souvent pour nous encourager, nous direBravo, parfois en faisant un don pour soutenir cette action. 

Résumons les faits : 

Notre amie Catherine organise, dans le cadre de son enseignement et donc du mandat qui lui a été confié, des voyages à visée pédagogique, dans les camps d’extermination. 

Catherine Pederzoli a été mise à pied, par mesure conservatoire, pour une période de 4 mois, par le recteur de Nancy pour avoir utilisé, dans la construction de ses projets pédagogiques, le mot « Shoah » en lieu et place du mot « génocide », plus politiquement correct.

Ce pinaillage intellectuel est inique pour ceux et ils sont encore nombreux, qui pensent que la Shoah a et aura toujours un caractère exceptionnel. 

Mais nous pensons que cette tentative de jeter le discrédit sur une professeure pour cette raison précise en cache d’autres, plus inavouables. 

Un tel acharnement contre une enseignante isolée n’est pas compréhensible sauf à penser qu’il s’est élaboré, au fil des mois, une complicité tacite, parfois involontaire, entre acteurs de l’éducation nationale, surtout du côté de l’inspection académique. 

Comme le relève le député Jean-Pierre Brard, particulièrement actif dans cette affaire, un rapport remis par les inspecteurs généraux de l’Éducation nationale reproche à Catherine l’emploi abusif du mot « Shoah » mais il va également jusqu’à mettre en doute sa « bonne santé mentale ». 

Il s'agit du rapport officiel. 

De manière tout à fait calomnieuse, une certaine Madame Gashet, inspectrice certainement très compétente en Histoire, mentionne dans une de ses « communications » le fait que Catherine Pederzoli est également une fauteuse de trouble. 

Elle en veut pour preuve que Catherine aurait (conditionnel) suscité une grève des élèves pour protester contre l’état désastreux de toilettes des garçons et, circonstance aggravante, qu’elle aurait pour compagnon un journaliste éminent de l’Est Républicain. 

Les deux affirmations sont, bien entendu, totalement fantaisistes, ne correspondent en rien à la réalité et n’ont pas à figurer dans un rapport portant sur l’enseignement de la Shoah.

Ce qui démontre à l’évidence qu’un climat délétère s’est installé depuis quelques années au Lycée Henri Loritz de Nancy, que les rumeurs circulent dans le petit microcosme des responsables éducatifs et qu’elles sont prises pour argent comptant. 

Curieux, tout de même, pour des personnels hautement qualifiés qui devraient pourtant savoir prendre du recul vis-à-vis des rumeurs et des impressions. 

Lorsque des inspecteurs académiques en sont à remuer une telle fange, l’abus de pouvoir n’est jamais loin. L’idéologie qui sous tend ce petit complot provincial n’est pas à la hauteur des enjeux éducatifs.

On reste pantois devant de telles affirmations figurant dans un document officiel. 

Luc Chatel, gentil ministre de l’Education nationale, a été souvent et correctement interpellé par des députés, des syndicats mais a toujours botté en touche, se réfugiant derrière la sacro-sainte règle du respect des procédures. 

Parlons-en ! 

Tout professeur mis en accusation doit avoir libre accès, c’est le règlement, à son dossier administratif. 

Madame Pederzoli a dû attendre plusieurs semaines pour obtenir ce droit. L’usage veut que ce dossier soit photocopié et transmis afin que le fonctionnaire puisse préparer sa défense. 

Madame Pederzoli a été dans l’obligation de se déplacer pour consulter son dossier qui lui a été facturé 275 euros par l’administration. 

Et tout est à l’avenant dans ce dossier. 

Catherine Pederzoli, appréciée par ses élèves et leurs parents, subit mesquineries administratives, fausses accusations, rumeurs infondées. 

Dans cette boue, parfois, il survient des événements cocasses qui parviennent à la faire sourire. 

Car cette affaire a traversé les océans. Le fils de Catherine Pederzoli est un musicien de talent et mène sa carrière professionnelle aux USA. 

Il est un jour amené à se produire, lui et son quatuor, lors d’un concert prestigieux au Sénat américain. Dans le public se trouvent le monde des Arts, les vedettes, les stars. 

À l’issue du concert, un grand acteur américain mondialement connu s’entretient avec le fils de Catherine et lui demande s’il a un lien de parenté avec une certaine Catherine Pederzoli, professeure mise à pied en France. 

Il répond bien évidemment qu’il s’agit de sa mère et explique la situation. Il semblerait que cet acteur, scandalisé, ait pris son téléphone pour protester auprès de la plus haute autorité de l’État français, un ami des artistes et des « people ». 

Une intervention s’en est suivie qui a jeté le trouble dans le petit monde des adversaires déclarés de Catherine à Nancy. 

Sans aucun doute, le sentiment selon lequel les Juifs contrôlent les médias et la politique s’est-il trouvée confirmée dans l’esprit étroit de nos petits idéologues de service au sein de l’Éducation Nationale.

Il faudrait écrire le roman de cette affaire et en proposer des extraits aux épreuves du bac. 

Seulement, il reste le côté sombre de l’affaire, celui que l’on écrit pas. 

Il faudrait raconter l’histoire de cette solitude devant une machine effrayante, une administration pachydermique qui broie sans concessions. 

Il faudrait raconter ces incessants déplacements Nancy-Paris pour les audiences, pour les rencontres avec les avocats. 

Il faudrait raconter les dépenses supplémentaires occasionnées par ce tourbillon, les journées entières passées au téléphone pour trouver un interlocuteur. 

Il faudrait raconter les moments de désespoir lorsque surviennent les rejets d’un milieu peu courageux mais que l’on aime par-dessus tout.

Il faudrait raconter l'angoisse de perdre définitivement un travail qui vous passionne.

Il faudrait raconter les trahisons des élites, des fonctionnaires en position d’autorité et qui ne sont plus en face-à-face pédagogique depuis des années, se permettant de juger les compétences d’une professeure. 

Une mise à pied coûte cher, très cher. En dignité, en esseulement, et en frais financiers. 

Sur le plan administratif, la règle est cassante. Une mise à pied équivaut à une amputation dramatique du salaire. 

Il faut alors affronter les regards soupçonneux tout en faisant attention à la moindre dépense, calculer le prix du voyage pour garder un peu de réserve afin de vivre, simplement vivre et payer les factures. 

Un procès est une humiliation, surtout lorsqu’on est victime. Une procédure contre un service de l’État est particulièrement éprouvante pour la santé. 

C’est pour ce quotidien-là que Primo s’est engagé à soutenir Catherine Pederzoli. Des avocats, des spécialistes du Droit ont pris en main les aspects juridiques pour le côté administratif. Qu’ils soient ici remerciés pour leur rectitude ! 

Les dons, peu nombreux pour l’instant, ont tout de même permis à Catherine de vivre de meilleures fêtes et de ne plus s’inquiéter pour les aspects matériels de sa vie pour les quelques semaines à venir. 

C’est ce que nous voulions dans un premier temps. 

Nous ne pouvions laisser Catherine Pederzoli seule avec toutes ces dépenses auxquelles on ne songe même que lorsque cela nous arrive. Devant un monstre froid, ce qui compte avant tout est la solidarité, la chaleur. C’est ainsi que nous concevons notre action associative. 

Primo a recueilli, à cette occasion quelques témoignages de la part de professeurs qui confient leurs sentiments d'abandon face à une hiérarchie sourde, incompétente et surtout soucieuse de collecter les points de retraite.

Mais le combat n’est pas terminé. 

Au-delà de la procédure administrative qui consiste à rendre à Catherine Pederzoli l’ensemble de ses prérogatives et fonctions, il convient de s’interroger sur l’aspect pénal de cette affaire. 

Nous n'accepterons aucune mesure disciplinaire car même la plus petite d'entre elles figurerait dans son dossier personnel. 

'Le recteur de l'académie a décidé de prononcer à l'endroit de Mme Pederzoli une sanction dite du 'deuxième groupe', sur une échelle qui en compte quatre', précise l'administration dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le rectorat est particulièrement réactif dans cette histoire mais, peu prolixe, il ne détaille pas ce qui a motivé cette sanction. 

Les exemples sont nombreux en France de professeurs qui peuvent nuire à leur élèves sans courir le moindre risque de sanction. 

Une professeure de maths se rendait en cours en portant un casque intégral de moto. Lorsque ses élèves l'interrogeait sur cette tenue vestimentaire fort peu seyante pour dispenser son enseignement, elle répondait, d'une voix agacée, qu'elle ne tenait pas à recevoir une météorite sur la figure. Cela a duré des années avant que l'inspection académique ne réagisse et vienne s'enquérir de la santé mentale de cette professeur. Elle n'a reçu aucune sanction. 

Dans un lycée de l'ouest de la France, un autre prof, de philo celui-ci, dispense son cours, dos aux éléves. Il ne les regarde jamais, prétextant que leur nullité peut nuire à son enseignement. 

Aucune sanction là non plus. Silence des inspecteurs académiques dont l'un a même osé dire que cette attitude était louable car inspirée par la philosophie elle-même qui est de se détacher du sujet. 

Merveilleux ! 

Et Catherine Pederzoli, dont le seul tort a été de protester contre sa hiérarchie parce qu'on lui amputait son projet pédagogique de voyage à Auschwitz devrait accepter, pour le bien de la communauté éducative et à seule fin d'y ramener la paix, de voir son dossier entaché par cette grotesque sanction de niveau 2 ? 

La Shoah est une épouvante absolue, qui n'a pas d'équivalent dans le langage humain. Une solitude aux effroyables hurlements, comme le dit le livre du Deutéronome. Qui cela pourrait gêner qu'on lui donne un nom particulier ? 

Où est le drame ? Quel est le problème ? 

Que Catherine emploie un mot qui n'a plus la faveur de nos historiens officiels ? 

N'était-ce pas finalement le but de cette affaire ? Intimider les professeurs qui parlent de la Shoah afin de préserver la paix sociale dans nos lycées ? Remettre en cause l’enseignement de cette dite Shoah, ce drame UNIQUE dont personne ne peut nier le statut d’exemplarité universelle ? 

Le problème est là : pour certains syndicats très actifs et fortement marqués idéologiquement, la délégitimation systématique d'Israël passe par la banalisation de ce génocide. Il n'est que de voir, dans certaines banlieues, la difficulté à enseigner cette matière

Et ne parlons pas de ces petits colonels d'opérette que sont les proviseurs et responsables d'établissement ! Qui les juge, eux ? Qui examine leur état mental ? 

Dans l'ouest toujours, une femme hystérique occupe les fonctions de proviseur d'un grand lycée. Elle est insensible à la critique ou aux simples remarques de bon sens. 

Elle fait vivre élèves et professeurs dans une atmophère de paranoïa aigüe. Violente jusqu'à l'injure et à la menace physique, elle n'a même plus le soutien de la police locale, lassée d'être appelée dans son 'sanctuaire' pour un oui ou un non. 

Professeur sortie du rang et 'formée' par le prestigieux institut de formation des personnels encadrants du Futuroscope, elle est détestée par le corps enseignant qui, dans son ensemble, soutient qu'elle a de loin dépassé les limites de sa compétence. 

Qui pourra un jour lui dire qu'elle est décidément inapte au poste ? Personne apparemment puisqu'elle sévit encore dans la plus complète impunité. 

Les exemples à foison montrent que la rupture est proche d'être consommée entre la communauté enseignante, sa hiérarchie et les petits colonels qui ne rêvent que de devenir général. Cela, plus sûrement que le manque de moyens, est l'un des problèmes que va devoir affronter le Mammouth. 

Animal fragile, malgré son apparence, car il tolère trop d'injustice dans le traitement de ses enseignants dont certains, se sentant si peu soutenus par leur 'hiérarchie', craquent tous les jours.

On ne peut impunément utiliser une fonction d’autorité pour salir une réputation, briser une carrière et diffamer une personne. 

La sanction doit être annulée. L'affectation dans un autre lycée prestigieux de la ville de Nancy ne suffira pas à rétablir l'honneur bafoué de Catherine Pederzoli. 

La mobilisation continue et elle reste l'affaire de tous. 

Pour savoir comment nous faire parvenir votre don, cliquez ici 


Pierre Lefebvre
© Primo, 05-01-2011
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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 04:03

 

 

 

 

primo-info.


Catherine Pederzoli a été mise à pied, par mesure conservatoire, pour une période de 4 mois, par le recteur de Nancy pour avoir utilisé, dans la construction de ses projets pédagogiques, le mot « Shoah » en lieu et place du mot « génocide », plus politiquement correct. Ce pinaillage intellectuel est inique pour ceux et ils sont encore nombreux, qui pensent que la Shoah a et aura toujours un caractère exceptionnel. 

Mais nous pensons que cette tentative de jeter le discrédit sur une professeure pour cette raison précise en cache d’autres, plus inavouables. Un tel acharnement contre une enseignante isolée n’est pas compréhensible sauf à penser qu’il s’est élaboré, au fil des mois, une complicité tacite, parfois involontaire, entre acteurs de l’éducation nationale, surtout du côté de l’inspection académique.


Contrairement à l’usage, qui aurait voulu que cela se passe en décembre 2010, Catherine Pederzoli passera en conseil de discipline ce lundi 3 janvier à 8 h du matin. Il était prévu, avant la mesure conservatoire dont elle a fait l’objet, qu’elle reprenne ses cours à 10 h. 

L’administration de l’Éducation Nationale a de bien curieuses manières de considérer ses professeurs. 

Cela signifie que Catherine va entamer un nouveau trimestre sans savoir ce qu’elle deviendra, sans connaître son avenir professionnel. 

Primo a fait un appel pour soutenir ce professeur, injustement accusé de plusieurs méfaits et troubles au sein de ce grand ministère. 

Vous avez été nombreux à répondre à notre appel, souvent pour nous encourager, nous dire Bravo, parfois en faisant un don pour soutenir cette action. 

Résumons les faits : 

Notre amie Catherine organise, dans le cadre de son enseignement et donc du mandat qui lui a été confié, des voyages à visée pédagogique, dans les camps d’extermination. 

Catherine Pederzoli a été mise à pied, par mesure conservatoire, pour une période de 4 mois, par le recteur de Nancy pour avoir utilisé, dans la construction de ses projets pédagogiques, le mot « Shoah » en lieu et place du mot « génocide », plus politiquement correct.

Ce pinaillage intellectuel est inique pour ceux et ils sont encore nombreux, qui pensent que la Shoah a et aura toujours un caractère exceptionnel. 

Mais nous pensons que cette tentative de jeter le discrédit sur une professeure pour cette raison précise en cache d’autres, plus inavouables. 

Un tel acharnement contre une enseignante isolée n’est pas compréhensible sauf à penser qu’il s’est élaboré, au fil des mois, une complicité tacite, parfois involontaire, entre acteurs de l’éducation nationale, surtout du côté de l’inspection académique. 

Comme le relève le député Jean-Pierre Brard, particulièrement actif dans cette affaire, un rapport remis par les inspecteurs généraux de l’Éducation nationale reproche à Catherine l’emploi abusif du mot « Shoah » mais il va également jusqu’à mettre en doute sa « bonne santé mentale ». 

Il s'agit du rapport officiel. 

De manière tout à fait calomnieuse, une certaine Madame Gashet, inspectrice certainement très compétente en Histoire, mentionne dans une de ses « communications » le fait que Catherine Pederzoli est également une fauteuse de trouble. 

Elle en veut pour preuve que Catherine aurait (conditionnel) suscité une grève des élèves pour protester contre l’état désastreux de toilettes des garçons et, circonstance aggravante, qu’elle aurait pour compagnon un journaliste éminent de l’Est Républicain. 

Les deux affirmations sont, bien entendu, totalement fantaisistes, ne correspondent en rien à la réalité et n’ont pas à figurer dans un rapport portant sur l’enseignement de la Shoah.

Ce qui démontre à l’évidence qu’un climat délétère s’est installé depuis quelques années au Lycée Henri Loritz de Nancy, que les rumeurs circulent dans le petit microcosme des responsables éducatifs et qu’elles sont prises pour argent comptant. 

Curieux, tout de même, pour des personnels hautement qualifiés qui devraient pourtant savoir prendre du recul vis-à-vis des rumeurs et des impressions. 

Lorsque des inspecteurs académiques en sont à remuer une telle fange, l’abus de pouvoir n’est jamais loin. L’idéologie qui sous tend ce petit complot provincial n’est pas à la hauteur des enjeux éducatifs.

On reste pantois devant de telles affirmations figurant dans un document officiel. 

Luc Chatel, gentil ministre de l’Education nationale, a été souvent et correctement interpellé par des députés, des syndicats mais a toujours botté en touche, se réfugiant derrière la sacro-sainte règle du respect des procédures. 

Parlons-en ! 

Tout professeur mis en accusation doit avoir libre accès, c’est le règlement, à son dossier administratif. 

Madame Pederzoli a dû attendre plusieurs semaines pour obtenir ce droit. L’usage veut que ce dossier soit photocopié et transmis afin que le fonctionnaire puisse préparer sa défense. 

Madame Pederzoli a été dans l’obligation de se déplacer pour consulter son dossier qui lui a été facturé 275 euros par l’administration. 

Et tout est à l’avenant dans ce dossier. 

Catherine Pederzoli, appréciée par ses élèves et leurs parents, subit mesquineries administratives, fausses accusations, rumeurs infondées. 

Dans cette boue, parfois, il survient des événements cocasses qui parviennent à la faire sourire. 

Car cette affaire a traversé les océans. Le fils de Catherine Pederzoli est un musicien de talent et mène sa carrière professionnelle aux USA. 

Il est un jour amené à se produire, lui et son quatuor, lors d’un concert prestigieux au Sénat américain. Dans le public se trouvent le monde des Arts, les vedettes, les stars. 

À l’issue du concert, un grand acteur américain mondialement connu s’entretient avec le fils de Catherine et lui demande s’il a un lien de parenté avec une certaine Catherine Pederzoli, professeure mise à pied en France. 

Il répond bien évidemment qu’il s’agit de sa mère et explique la situation. Il semblerait que cet acteur, scandalisé, ait pris son téléphone pour protester auprès de la plus haute autorité de l’État français, un ami des artistes et des « people ». 

Une intervention s’en est suivie qui a jeté le trouble dans le petit monde des adversaires déclarés de Catherine à Nancy. 

Sans aucun doute, le sentiment selon lequelle les Juifs contrôlent les médias et la politique s’est-il trouvée confirmée dans l’esprit étroit de nos petits idéologues de service au sein de l’Éducation Nationale.

Il faudrait écrire le roman de cette affaire et en proposer des extraits aux épreuves du bac. 

Seulement, il reste le côté sombre de l’affaire, celui que l’on écrit pas. 

Il faudrait raconter l’histoire de cette solitude devant une machine effrayante, une administration pachydermique qui broie sans concessions. 

Il faudrait raconter ces incessants déplacements Nancy-Paris pour les audiences, pour les rencontres avec les avocats. 

Il faudrait raconter les dépenses supplémentaires occasionnées par ce tourbillon, les journées entières passées au téléphone pour trouver un interlocuteur. 

Il faudrait raconter les moments de désespoir lorsque surviennent les rejets d’un milieu peu courageux mais que l’on aime par-dessus tout.

Il faudrait raconter l'angoisse de perdre définitivement un travail qui vous passionne.

Il faudrait raconter les trahisons des élites, des fonctionnaires en position d’autorité et qui ne sont plus en face-à-face pédagogique depuis des années, se permettant de juger les compétences d’une professeure. 

Une mise à pied coûte cher, très cher. En dignité, en esseulement, et en frais financiers. 

Sur le plan administratif, la règle est cassante. Une mise à pied équivaut à une amputation dramatique du salaire. 

Il faut alors affronter les regards soupçonneux tout en faisant attention à la moindre dépense, calculer le prix du voyage pour garder un peu de réserve afin de vivre, simplement vivre et payer les factures. 

Un procès est une humiliation, surtout lorsqu’on est victime. Une procédure contre un service de l’État est particulièrement éprouvante pour la santé. 

C’est pour ce quotidien-là que Primo s’est engagé à soutenir Catherine Pederzoli. Des avocats, des spécialistes du Droit ont pris en main les aspects juridiques pour le côté administratif. Qu’ils soient ici remerciés pour leur rectitude ! 

Les dons, peu nombreux pour l’instant, ont tout de même permis à Catherine de vivre de meilleures fêtes et de ne plus s’inquiéter pour les aspects matériels de sa vie pour les quelques semaines à venir. 

C’est ce que nous voulions en premier. Nous ne pouvions laisser Catherine Pederzoli seule avec toutes ces dépenses auxquelles on ne songe même que lorsque cela nous arrive. Devant un monstre froid, ce qui compte avant tout est la solidarité, la chaleur. C’est ainsi que nous concevons notre action associative. 

Primo a recueilli, à cette occasion quelques témoignages de la part de professeurs qui confient leurs sentiments d'abandon face à une hiérarchie sourde, incompétente et surtout soucieuse de collecter les points de retraite.

Mais le combat n’est pas terminé. 

Au-delà de la procédure administrative qui consiste à rendre à Catherine Pederzoli l’ensemble de ses prérogatives et fonctions, il convient de s’interroger sur l’aspect pénal de cette affaire. 

On ne peut impunément utiliser une fonction d’autorité pour salir une réputation, diffamer une personne afin de, petit à petit, mettre en cause l’enseignement de la Shoah, ce drame UNIQUE dont personne ne peut nier le statut d’exemplarité universelle.

Primo s’y emploiera, avec votre soutien. Continuez à donner afin que Primo puisse avoir les moyens de soutenir Catherine Pederzoli. 

Pour savoir comment nous faire parvenir votre don, cliquez ici 

Nous avons promis de vous tenir régulièrement informés de la suite de ce qu'il faut bien appeler maintenant l'Affaire Pederzoli. 

I


Pierre Lefebvre

© Primo, 02-01-2011

 




http://www.primo-info.eu/selection.php?numdoc=Do-579518129

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