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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 20:45

 

 

Absolument atroce !

 

Par Shraga Blum

L’historien américano-polonais Jan Tomasz Gross va sortir un nouveau livre très polémique intitulé « Une récolte en or », et qui risque de provoquer une sacrée onde de choc en Pologne. Gross affirme « qu’après la libération et la fermeture du camp d’extermination de Treblinka, de nombreux citoyens polonais se sont rués vers les charniers afin de dépouiller les cadavres de déportés de ce qui pouvait encore rester en or sur eux : dents, bijoux etc., et que les nazis auraient oubliés. »

Une photo qui introduit le livre montre un groupe de paysans Polonais se faisant photographier après leur travail dans les champs, entourés d’outils et d’autres objets, mais l’éditeur du livre montre qu’il s’agit en fait de parties de corps de déportés exterminés dans le camp.

Le livre de Gross se base sur un article paru il y a trois ans dans un journal polonais connu, intitulé lui aussi « La ruée vers l’or à Treblinka ». Deux journalistes polonais qui s’étaient rendus sur le site du camp avaient témoigné comment ce lieu était devenu dans l’immédiat après-guerre une « destination de choix pour les détrousseurs de cadavres ».

Jan Tomasz Gross, qui est très mal vu en Pologne, a quitté le pays en 1969 pour les Etats-Unis, afin d’échapper à l’antisémitisme qui régnait encore fortement à l’époque, et il s’est spécialisé dans la recherche sur le rôle des Polonais dans la Shoah ainsi que sur les relations judéo-polonaises depuis la guerre. Il est extrêmement accusateur envers les Polonais. L’un de ses livres précédents, « Voisins », avait déjà provoqué l’émoi en Pologne, en 2001, lorsqu’il affirmait que ces furent des Polonais – et non des Allemands – qui avaient perpétré l’horrible massacre dans la localité de Jedwabne, lors duquel des centaines de Juifs avaient été assassinés, dont certains brûlés vifs.

 

israel7

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 13:04

Wikileaks - Le Vatican épinglé - La crainte de la déclassification des archives du pontificat de Pie XII

 

 

affaire du synode

 

Et oui logique !!! , on ne peut pas à la fois béatifier et faire la transparence sur certains manquements !

 

 

Wikileaks : le Vatican s'est retiré de l'Holocaust Task Force
Par JPOST.FR 
22.12.10

WkiLeaks épingle le Vatican. Selon un câble diplomatique publié par The Guardian, le Saint-Siège a refusé d'adhérer à l'International Task Force Holocaust (ITF) en tant que membre observateur. Etablie en 1998, l'ITF a pour mission d'encourager les activités d'éducation, de commémoration et de recherche à propos de la Shoah.


PHOTO: AP , JPOST

Elle compte actuellement 27 membres : Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Canada, Croatie, Danemark, Estonie, Espagne, Etats-Unis, France, Grèce, Hongrie, Israël, Italie, Lithuanie, Lettonie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède, Suisse, Tchèquie.

Egalement membres en tant qu'observateurs, des organisations internationales comme l'ONU, l'Agence européenne pour les droits fondamentaux et l'OSCE.

La crainte de la déclassification des archives du pontificat de Pie XII

Selon le câble diplomatique daté d'octobre 2009, des responsables américains ont affirmé que ce refus complique les relations extérieures du Vatican. Selon ces derniers, ce recul s'expliquerait par les préoccupations de l'autorité pontificale "au sujet de la pression exercée par l'ITF pour déclassifier les dossiers de la seconde guerre mondiale datant du pontificat de Pie XII".

Toujours d'après le câble, trois membres de l'ITF s'étaient rendus à Rome pour finaliser l'accord d'adhésion avec le Saint-Siège. Un projet qui s'est "totalement effondré... à cause de la rétraction du Vatican".

"Les membres de la délégation de l'ITF - l'ambassadeur d'Autriche Ferdinand Trauttsmandorff, le professeur américain Steve Katz du centre Elie Wiesel de l'université de Boston, et Dina Porat, la conseillère israélienne à l'ITF - ont exprimé leur déception considérable au sujet de ce retrait inattendu", poursuit le câble.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 14:38

 

 

 

21:33 15/12/2010
MADRID, 15 décembre - RIA Novosti

Les nazis ont fusillé plus de 1,5 million de Juifs en Russie, en Biélorussie et en Ukraine pendant la Seconde guerre mondiale, a déclaré mercredi à Madrid le père Patrick Desbois, directeur de l'Association Yahad-In Unum qui étudie la Shoah en Europe de l'Est.

L'Holocauste a été un sujet tabou en URSS pendant des années, les autorités ont préféré appeler "citoyens soviétiques" les victimes du nazisme, sans préciser qu'il s'agissait avant tout de Juifs et de Tziganes, a indiqué le père Patrick Desbois qui participe au colloque international "La Shoah par balles" à Madrid du 15 au 17 décembre.

L'association Yahad-In Unum a étudié plus de 16 millions de pages de rapports sur les crimes nazis rédigés par la Commission soviétique spéciale en 1943-1944 et conservés par le Musée de l'Holocauste de Washington.

Petit-fils d'un déporté au camp de Rawa-Ruska, le père Patrick Desbois a fondé l'association Yahad-In Unum ("Ensemble" en hébreu et en latin) en 2004. Elle recherche les fosses communes des Juifs et Tziganes fusillés entre 1941 et 1944 par les soldats du IIIe Reich en Russie, en Biélorussie et en Ukraine. Ses experts interrogent les habitants locaux et ont déjà recueilli des témoignages de 1.600 personnes.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 16:14

 

 

 

 

Les uns ont prédit la Shoah dès 1938,

les autres espéraient encore en 1944

Par André CHARGUERAUD

Avec autorisation de l'auteur


Pour aschkel.info et lessakele

 

 

 

En août 1942, Gerhart Riegner, le représentant à Genève du Congrès juif mondial, informe les Occidentaux de la « catastrophe » qui s’abat sur les Juifs. En décembre les Alliés dénoncent les exterminations en masse et ils menacent les dirigeants nazis. Bien plus tôt, dès 1938, des hommes bien placés avaient déjà annoncé la Shoah. Ils n’avaient pas été entendus. Plus tard, en 1943/1944, alors que l’histoire estime que le génocide était connu, des personnalités juives, qui vivaient alors des moments angoissants, n’étaient pas conscients que la mort attendait la plupart des déportés.

 

Ces aspects de l’histoire de la Shoah font l’objet des quelques témoignages qui suivent. Ils sont en décalage avec l’histoire telle qu’elle s’est aujourd’hui forgée à partir « d’informations reçues ». Trop souvent des historiens ont sélectionné parmi les informations connues à l’époque celles qui confirment la vision de l’histoire telle qu’elle s’est établie depuis. Ces témoignages en contrepoint sont importants. Ils montrent que, pendant cette période, il existe une différente lecture des événements. Pour comprendre l’attitude des intervenants devant l’adversité, il faut en tenir compte.

 

Il faut prêter attention aux propos prémonitoires de Raymond Geist,  diplomate américain en poste à Berlin, lorsqu’il écrit le 5 décembre 1938 : « Les Juifs en Allemagne sont condamnés à mort et leur exécution se fera lentement, mais trop rapidement probablement pour que le monde puisse les sauver (...) Les démocraties européennes ont perdu la partie à Munich et la solution finale se prépare lentement. Les années devant nous verront une grande bataille, dont le sort déterminera le sort de la civilisation pour des siècles. »

 

En termes mesurés, Georges Duhamel, le grand écrivain, ne dit rien d’autre. Au cours de l’été 1938 il avertit : « Pour l’observateur attentif et impartial, il semble bien que l’Allemagne ait entrepris l’abaissement, puis l’extermination et en définitive l’extirpation totale de l’élément israélite. »

 

Visionnaire,  Walter Gerson, un dirigeant de la communauté juive de Dantzig, écrit à la Pentecôte de 1939 : « Savez-vous ce que la guerre veut dire pour nous ? Ce sera une catastrophe comme nous n’en avons jamais connue. Les nazis vont tuer des millions de Juifs et du fait de leur brutalité et de leur détermination, nous n’avons aucun moyen de les en empêcher. » En octobre 1939, Richard Lichtheim, l’homme de l’Agence juive à Genève, prévoit que « sous le régime nazi, (en Pologne) deux millions de Juifs vont être anéantis avec autant de cruauté, peut-être même plus, que le million d’Arméniens exterminés par les Turcs pendant la Première Guerre mondiale ».

 

Pendant les premiers mois de 1940, une série d’éditoriaux prophétiques ont tiré le signal d’alarme. Elias Newman écrit avec une exactitude terrifiante dans le magazine Friends of Sion de mars 1940 : « Après la dernière guerre mondiale, trois millions de Juifs se sont retrouvés mendiants; avant que cette guerre ne se termine, sept millions seront des cadavres ». Nahum Goldmann, président du Comité exécutif du Congrès juif mondial, dans un article de juin 1940, prédit : « Si la situation continue, la moitié des 2 000 000 de Juifs de Pologne seront exterminés dans l’année qui vient. » Le Newark Ledger, le 7 mai 1940, estime que cinq millions et demi de Juifs sont dans la détresse et que nombre d’entre eux sont condamnés à périr.

 

Autant d’avertissements qui laissent le public anglo-saxon sceptique, mais qui ne doivent pas être ignorés aujourd’hui, car il font partie du contexte historique de l’époque. On croit qu’en 1943 les dirigeants juifs sont conscients du sort qui les attend s’ils sont déportés vers l’Est par les nazis. Ici également, de nombreux témoignages montrent que la réalité est beaucoup plus nuancée. Aussi surprenant que ce soit, de grands témoins confirment leur sous-estimation, parfois même la méconnaissance de la tragédie.

 

Comment est-il possible que David Rapoport, le patron du Comité de la rue Amelot, puisse demander avant son départ de Drancy à son ami Georges Wellers que l’on avertisse les organisations juives en Pologne pour l’aider à son arrivée ? « Pour un homme averti il était absurde (au cours de l’été 1943) de penser que l’on pouvait secourir un Juif envoyé à Auschwitz. » Un collaborateur de Rapoport, Henri Bulakwo, qui est déporté le 18 juillet 1943, évoque la nuit de son départ : « Avions-nous des informations précises sur notre destination ? non ! En aurions-nous eues que l’on n’y aurait pas cru. »

 

La réflexion de Julie Cremieux-Dunand sur les prisonniers de Drancy va dans le même sens. « Les émotions successives tendent les nerfs à un tel point que les internés finissent par être contents de partir (...) Partir, ne plus rester à Drancy. On reviendra peut-être d’une déportation, tandis qu’ici c’est la mort à petit feu. »  Ils ne réalisent pas que la mort attend ceux qui partent.

 

Georges Wellers, une des personnes juives les mieux informées à l’époque, lorsqu’il fut déporté de Drancy à Auschwitz le 30 juin 1944 affirme « d’une façon catégorique qu’il n’avait (en juin 1944) aucun soupçon concernant l’assassinat systématique auquel étaient voués en réalité les Juifs au bout du voyage en déportation ». « On savait que la radio anglaise racontait les horreurs des chambres à gaz et d’autres moyens d’extermination des Juifs, mais on ne pouvait y croire. On prenait les choses pour des exagérations de la propagande anglaise et on n’y prêtait pas grande attention », ajoute Wellers. Claude Bourdet, un résistant juif, témoigne : « Sans doute, si nous avions connu l’étendue de la « solution finale », il aurait fallu le crier plus fort dans la presse clandestine. Mais « je ne le savais pas en arrivant au camp de Neuengamme en juin 1944 et mes camarades de camp ne le savaient pas non plus ».

 

En Belgique on rencontre la même incrédulité. Dans un tract distribué le 3 septembre 1944, jour de la Libération de Bruxelles, Monick Wolman, responsable de la section juive du parti communiste, écrit : « Nous attendons passionnément la défaite définitive des bandits hitlériens afin de revoir le plus rapidement possible les 30 000 Juifs déportés de Belgique. » Quelques semaines plus tard, l’initiative du Congrès juif mondial tentant au travers de canaux diplomatiques d’échanger des citoyens allemands internés en Belgique contre des Juifs déportés à Auschwitz, illustre le fait que les survivants des persécutions antijuives escomptaient ou espéraient le retour des déportés.

La réalité historique de la guerre souvent perçue pendant et juste après les événements, reste celle d’une persécution et non de l’extermination. Après la guerre, Wellers confirme qu’en plus de ceux déjà cités « de très nombreux témoignages de rescapés des camps (...) affirment avec une unanimité impressionnante que ni en 1942, ni en 1943, ni en 1944, ils ne pensaient que la déportation signifiait un arrêt de mort ».

« Il est naïf de sélectionner rétroactivement parmi les milliers de nouvelles, de rumeurs, de faits de propagande de guerre contradictoires, les informations conformes à la vérité finalement établie en 1945 à l’ouverture des camps », écrivent les historiens Marrus et Paxton. Il convient d’aller plus loin en montrant que « cette vérité » postérieure aux événements déforme l’histoire, si elle ne prend pas en compte l’ensemble des réalités vécues.

 

 

 

 

BREITMAN Richard , KRAUT Alan, American Refugee Policy and European Jewry , 1933-1945, Indiana University Press, Bloomington, 1987, p. 67.

 

DUHAMEL Georges, Mémorial de la guerre blanche, Mercure de France, Paris, 1939. p. 46.

RIEGNER, Gerhart, M.  Ne Jamais Désespérer : Soixante années au service du peuple juif et des droits de l’homme, Editions du Cerf, Paris, 1998, p.60.

L’Agence juive représente les Juifs de Palestine auprès des autorités britanniques qui administrent le pays sous mandat de la Société des Nations.

HILBERG, Raul, Perpetrators, Victims, Bystanders : The Jewish Catastrophe 1933-1945, Harper Perennial,  New York, 1992, p. 233.

ROSS, Robert, W. So it Was True : The American Protestant Press and the Nazi Persecution of the Jews, University of Minnesota Press, Minneapolis,1980, p. 148 et 150.

LIPSTADT Deborah, Beyond Belief : the American Press and the Coming Holocaust, 1933-1945, Hartmore House, New York, 1985, p. 145.

Le Comité de la rue Amelot, une organisation semi-clandestine de secours juive.

  WELLERS, Georges, Un Juif sous Vichy, Editions Tirésias-Michel Reynaud, Paris, 1991,  p. 188.

  RAYSKI Adam, Le choix de Juifs sous Vichy. Entre la soumission et la résistance, Editions de la Découverte, Paris, 1992, p. 156.

WIEVIORKA Annette, Déportation et génocide, entre la mémoire et l’oubli, Plon, Paris, 1992, p. 268.

MARRUS Michael et PAXTON Robert, Vichy et les Juifs, Calmann-Levy, Paris, 1981, p. 482

POLIAKOV Léon, Le bréviaire de la haine : le IIIème Reich et les Juifs. Calmann-Lévy, Paris, 1979, p. 199.

BOURDET Claude in WELLERS Georges, KASPI André et KLARSFELD Serge éd. La France et la question juive, 1940-1944, Sylvie Messinger, Paris, 1981, p. 376. Neuengamme, un camp de concentration en Allemagne.

SCHREIBER Jean-Philippe et VAN DOORSLAER, Les Curateurs du Ghetto. L’Association des Juifs en Belgique sous l’occupation nazie, Editions Labor, Bruxelles, 2004, p. 8.

WELLERS Georges in RUTKOWSKI Adam,  Dir. La lutte des Juifs en France à l'époque de l'occupation, 1940-1944, Editions du Centre, Paris, 1975, p.  24.

MARRUS et PAXTON, op. cit. p. 483. 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 16:06

 

A l'intérieur du camp de Drancy, en 1942

 

 

                   Secourir les Juifs de Drancy,

       Une ignominie ?

         Pouvait-on les laisser mourir de faim sachant que

             personne ne viendrait à leur secours ?

Par André Charguéraud

Avec autorisation de l'auteur

Pour aschkel.info et lessakele. 


 

 

Un historien américain, évoquant l’arrestation à la Libération de Georges Edinger, président de l’Union Générale des Israélites de France pour la zone nord (UGIF-Nord), conclut sans ménagement que cela mit « un point final à deux années et demie d’ignominie de l’UGIF au service du camp allemand (de Drancy) ». Ignominie, déshonneur extrême causé par un outrage public, action infamante, honteuse d’après le Petit Robert. Le mot est lourd de sens.

 

Fallait-il laisser mourir de faim les Juifs de Drancy, sachant que personne ne viendrait à leur secours ? Fallait-il refuser aux malades tout médicament, aux désespérés tout réconfort moral ? Le plus grand nombre des prisonniers pense encore que c’est vers des camps de travaux forcés en Pologne que les convois partent.  Ils se révéleront être des camps de la mort, mais cela, ils n’y croient pas. Ne fallait-il pas maintenir cette lueur vacillante d’espoir?

 

Début juillet 1943, les Allemands imposent à l’UGIF la responsabilité pour le camp de Drancy des approvisionnements, du service de colis, de l’équipement des déportés vers l’Est et des soins médicaux. L’UGIF accepte la tâche et Drancy devient sa principale préoccupation. Cette « collaboration » de l’UGIF a été dénoncée. Nourrir, habiller, soigner les internés, c’est faire le jeu des Allemands pour qu’ils puissent conduire les déportations dans le calme, sans interférences, tel est l’un des reproches adressés par des historiens.

 

De quelle interférence, de quelle opposition, de quelle résistance parle-t-on ? Demandez à ceux qui ont été emprisonnés à Drancy, des Juifs affamés, malades, ou psychologiquement à bout de forces, s’ils pouvaient seulement envisager de se soulever contre leurs tortionnaires SS. Et pour ceux qui doutent, qu’ils relisent le témoignage accablant d’Odette Daltroff-Baticle sur les enfants de Drancy.

 

Et que penser d’un article de Unzer Kamf, l’organe clandestin des résistants socialistes juifs du Bund, lorsqu’il écrit à l’époque : « On dit qu’il faut entrer dans l’UGIF afin de diminuer la misère et les souffrances des masses juives. A cela nous répondons qu’on laisse mourir de faim des milliers de personnes dans les camps, que les bourreaux fassent eux-mêmes leur travail. » En d’autres termes, n’intervenez pas, nous savons qu’ils affament les internés, laissez les policiers allemands et les gendarmes français faire leur sale boulot.

 

Des historiens accusent l’UGIF sur un autre registre. Ils reprochent à l’Union d’avoir aidé les Allemands en leur économisant un personnel et des approvisionnements qu’ils ont ainsi pu utiliser ailleurs dans leur entreprise guerrière. L’argument est réel, mais d’une portée trop insignifiante pour être retenu. Le nombre d’internés à Drancy a fluctué entre 1 500 et 7 000 prisonniers. Même si leur situation est bien moins grave, des millions de soldats alliés prisonniers de guerre ont été sous-alimentés dans les camps en Allemagne. Cette situation très précaire aurait entraîné des ravages parmi eux si des secours massifs de l’extérieur n’étaient pas arrivés avec l’approbation de tous.

 

Un seul chiffre donne la dimension immense de cette aide et partant la contribution indirecte à l’effort de guerre allemand. Le seul Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a envoyé de Suisse 2 000 wagons de chemin de fer d’approvisionnement chaque mois vers les camps de prisonniers de guerre. Les Alliés ont largement financé ces secours. Ils n’ont jamais estimé qu’il fallait les arrêter parce qu’ils libéraient des approvisionnements que les nazis pouvaient utiliser pour leur machine de guerre. Pour eux la survie de leurs prisonniers était une priorité absolue. N’en va-t-il pas de même pour les dirigeants juifs lorsqu’ils ravitaillent les prisonniers juifs de Drancy ? Ce que les Alliés entreprennent à grande échelle pour leurs millions de prisonniers, les Juifs doivent-ils se l’interdire pour quelques milliers d’internés ?

 

Alors que les dirigeants new-yorkais du Congrès Juif Mondial (CJM) ont sans cesse appelé en termes pressants le CICR à l’aide pour qu’il approvisionne les camps de Juifs en Allemagne, il aurait fallu que les Juifs de France, qui en ont la possibilité, refusent leur concours aux prisonniers de Drancy ? L’appel pathétique au CICR de Léon Kubowitzki, en charge des opérations de sauvetage du CJM à New York, illustre l’angoisse des Juifs d’Amérique. Il termine en insistant sur la nécessité que la Croix-Rouge envoie des colis de nourriture aux Juifs dans les camps d’internement et de travail et la met en garde : « Il ne faut pas oublier que les Juifs (...) qui sont sous-alimentés sont tués quand ils n’ont plus assez de forces. »

 

Comment reprocher aux membres de l’UGIF de secourir les internés, alors que les plus hautes instances juives d’outre Atlantique adjurent le CICR d’intervenir ? Que dans le cas de Drancy ce soit à la demande des Allemands que l’UGIF ait agi ne change rien au fond du problème : secourir des hommes embastillés et abandonnés de tous.

 

Où se trouve la frontière entre le sacrifice personnel et la trahison, entre l’aide aux coreligionnaires et la collaboration avec l’ennemi ? Un témoin semble qualifié pour porter un jugement. C’est Léon Meiss, président du Consistoire, le premier président du Conseil Représentatif des Juifs de France (CRIF), il regroupe l’ensemble des organisations juives, y compris les communistes.

En juillet 1944, l’Assemblée générale du CRIF se réunit. La situation des internés de Drancy y est examinée. Meiss conclut en ces termes : Pouvons-nous sacrifier nos malheureux frères ? Vous me répondrez que l’administration (allemande) aura à cœur de ne pas passer pour inférieure à celle des Français qui avaient géré le camp scandaleusement. Hypothèse gratuite qui implique pour nos coreligionnaires un risque que, pour ma part, je n’entends pas assumer. »

 

Meiss a raison, le risque se confond avec la réalité. L’administration allemande n’aurait-elle pas laissé mourir de faim ces prisonniers ? Elle n’a rien fait d’autre dans tous les camps de concentration de l’Ouest de l’Allemagne au moment de la débandade de la Wehrmacht dans les semaines qui ont précédé la victoire. On se rappelle le compte-rendu de la visite du Général Eisenhower au camp d’Ohrdruf le 12 avril 1945, les masses de morts et les squelettes vivants qui l’ont littéralement épouvanté.

 

L’UGIF mise en place par le gouvernement de Vichy et soumise à l’occupant allemand a été à juste titre critiquée pour le rôle joué par ses dirigeants. « Légende  rose, légende noire, je pense plutôt, comme Michel Lafitte, à une « zone grise », selon l’expression de Primo Lévi, voire d’une zone crépusculaire . Une vaste zone grise, d’où se détachent un petit nombre de traîtres mais aussi quelques héros… » écrit Pierre Vidal-Naquet. Les secours apportés par l’UGIF ne se situent-ils pas clairement dans la zone rose ?

 

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2010

Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (
http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.

COHEN Asher , Persécutions et sauvetages. Juifs et Français sous Vichy, Editions du Cerf. Paris, 1993,  p. 169. L’UGIF a été créée par une loi française exigée par les Allemands. Cette loi stipule que l’UGIF « a pour but d’assurer la représentation des Juifs de France notamment pour les questions d’assistance, de prévoyance, de reclassement social. Elle remplit les tâches qui lui sont confiées dans ce domaine par le gouvernement. »

COHEN Richard, The Burden of Conscience. French Jewry’s Response to the Holocaust. Idiana University Press. Bloomington and Indianapolis, 1987, p. 101. Richard Cohen est professeur assistant à la Hebrew University of Indiana.

PETIT ROBERT, 2003, p. 1306.

Les uns ont prédit la Shoah dès 1938, les autres espéraient encore en 1944, article que j’ai publié sur Email en novembre 2009, donne des témoignages de survivants.

COHEN, 1987, op. cit. p. 89 et 100.

COHEN, 1987, op. cit. p. 101.  PRESSER J. Ashes in the Wind- The destruction of the Dutch Jews, Wayne University Press, Detroit, 1988, p. 428. Même remarque pour le camp hollandais de Westerbork.

  CHARGUERAUD Marc-André, Survivre. Français, Belges, Hollandais et Danois face à la Shoah,Cerf /Labor et Fides, Paris/Genève, 2006, p.15 et ss.                                 

RAYSKI Adam, Le choix des Juifs sous Vichy. Entre soumission et résistance, Editions de la Découverte, Paris, 1992, p. 83.

ZUCCOTTI Susan, The Holocaust, the French and the Jews, Basic Books, New York, 1993,  p. 63. Il y eut parfois des approvisionnements que les Allemands s’approprièrent.

L’ACTIVITE DES ORGANISATIONS JUIVES SOUS L’OCCUPATION, CDC, Paris, 1947, p. 204. COHEN, 1987, Op. cit. p. 101.

  Sans compter les millions de prisonniers de guerre russes qui ne purent être secourus et sont morts en masse.

DURAND André. Histoire du Comité International de la Croix-Rouge. De Sarajevo à Hiroshima, Institut Dunand. Genève 1978, p. 361.

Le CICR n’a pas pu approvisionner les camps de concentration allemands où se trouvaient des “ internés civils ” et parmi eux de nombreux Juifs, car l’accès lui étant refusé par les Allemands, il ne pouvait pas contrôler que les prisonniers reçoivent effectivement les secours. A Drancy, la situation fut différente, car à partir de juillet 1943, l’UGIF avait ses représentants sur place.

PENKOWER Monty. The Jews Were Expandable. Free World Diplomacy and the Holocaust. University of Ilinois Press, Chicago 1983, p. 226.

WIEVIORKA Anette. Ils étaient Juifs, résistants et communistes. Denoël, Paris 1986, p. 201.

KLARSFELD Serge, Vichy-Auschwitz. Le rôle de Vichy dans la solution finale de la question juive en France, 1943-1944, Fayard, Paris, 1985,  p. 174.

CHARGUERAUD Marc-André, Silences meurtriers. Les Alliés, les Neutres et l’Holocauste, Cerf/Labor et Fides, Paris-Genève 2001, p. 259 ss. Il en a été de même plus tôt dans les ghettos et les camps à l’Est.

VIDEL-NAQUET Pierre, introduction du livre de LAFITTE Michel, Un engrenage fatal, l’UGIF face aux réalités de la Shoah, 1941-1944, Liana Levi, Paris, 2003.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 20:33

 

sncf

 

Les excuses sont-elles vraiment sincères ou l’appât du gain peut-il venir à bout de toutes les résistances ? Pour la première fois, la compagnie ferroviaire française SNCF a exprimé ses regrets pour son rôle durant la Shoah.

Seulement, ces « regrets » semblent être surtout motivés par la perspective d’alléchants contrats de transport en Californie, en particulier le projet de ligne à grande vitesse entre Tampa et Orlando. En effet, une récente loi votée dans l’Etat oblige tous les candidats à un contrat commercial à faire toute la lumière sur leur rôle durant la Shoah. Et en ce qui la concerne, la SNCF a toujours préféré l’obscurité même devant l’accumulation des témoignages. La compagnie ferroviaire a transporté quelque 75 000 Juifs vers les camps de la mort durant la Shoah. Mais plus que le travail de mémoire, c’est l’appel des dollars californiens qui a fait sauter le verrou derrière lequel la compagnie s’était enfermée depuis 60 ans.

Le président de la SNCF en personne, Guillaume Pépy, a fait son mea culpa, début novembre, devant des élus californiens et des associations juives américaines. Il a ainsi fait savoir le « souhait de la SNCF d’exprimer sa profonde peine et son regret pour les conséquences de ses actes », tout en ajoutant sous la contrainte « de la réquisition ».

Pourtant, au départ, le président de la SNCF voulait s’en tenir au minimum. En août dernier, il avait proposé d’ouvrir les archives de son entreprise aux historiens américains sans pour autant bouger d’un iota par rapport à la ligne officielle : les cheminots ont agi « sous le joug de l’occupant nazi ». Par ailleurs, 2000 d’entre eux ont payé de leur vie. Pas suffisant aux yeux des Américains. Alors devant les alléchantes perspectives de conquête de l’Ouest, le PDG de la SCNF a consenti à revoir sa copie. Pas sûr que cet acte de contrition précommandé aille droit au cœur des rares déportés qui sont revenus.

par Hélène Pagès israel7

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 11:40

 

Les biens volés aux Juifs constituaient 30 % du budget de l'armée allemande

10.11.10

Le ministre allemand des Finances bien plus impliqué dans le mouvement nazi et la persécution des Juifs que ce qui était connu. Un groupe d'historiens qui a enquêté sur la sombre période du 20e siècle dresse un tableau accablant. Selon Hans-Peter Ulmann, le ministre transférait les fonds issus du vol des Juifs à l'armée allemande. Une contribution qui constituait 30 % du budget de l'armée allemande.

Un survivant de la Shoah. 
PHOTO: AP , JPOST

L'étude vient corroborer un ouvrage récemment publié, selon lequel le corps diplomatique allemande jouait un rôle très important dans la persécution des Juifs.

Le passé du ministre conduit tout droit au sein du régime national-socialiste d'Hitler. Ulmann affirme que l'Allemagne n'a pas examiné cette partie de la vie de son ministre des Finances.
Il révèle également que les détenteurs de bons du Trésor allemand étaient conscients que l'argent prêté à l'Allemagne servait à l'accomplissement des objectifs nazis.

Diplomatie allemande: Attention, un scandale peut en cacher bien d’autres (There are ministries in Berlin which to this day have not examined their role during the Nazi years)

28 octobre, 2010

Chez notre ami jcdurbant

Ribbentrop with Munich friends (1938)
Ribbentrop with Hitler and Weisacker friends (affter Russia pact)Ribbentrop with Mufti friend (1942)Immediately after World War II, senior officers in the French foreign service conspired to rescue Haj Amin Al-Husseini, the former mufti of Jerusalem, who had taken up residence in Nazi Germany during the war and who was answerable, upon Germany’s defeat, for various war crimes, including active support for the extermination of the Jews. The French, having sheltered him in Paris for months, eventually let him escape to Egypt in 1946 carrying a forged passport. The Quai’s flirtation with Islam over the years resulted in official France turning a blind eye to the mass immigration of Arabs and Muslims. The result, today, is street violence, ethnic rioting and terrorist activity. It is not just Israel or the Jews who have been betrayed, but France itself. David Pryce-Jones
Quelqu’un m’a demandé pourquoi je ne dis plus qu´Israël doit être détruit… J´ai répondu qu´il n’était plus nécessaire de le dire, vu que ce régime est déjà en voie d´être détruit. Mahmoud Ahmadinejad
Pourquoi accepterions-nous une troisième guerre mondiale à cause de ces gens là?
Daniel Bernard (ambassadeur de France, après avoir qualifié Israël de “petit pays de merde”, Londres, décembre 2001)
Les Israéliens se sont surarmés et en faisant cela, ils font la même faute que les Américains, celle de ne pas avoir compris les leçons de la deuxième guerre mondiale, car il n’y a jamais rien de bon à attendre d’une guerre. Et la force peut détruire, elle ne peut jamais rien construire, surtout pas la paix. Le fait d’être ivre de puissance et d’être seul à l’avoir, si vous n’êtes pas très cultivé, enfant d’une longue histoire et grande pratique, vous allez toujours croire que vous pouvez imposer votre vision. Israël vit encore cette illusion, les Israéliens sont probablement dans la période où ils sont en train de comprendre leurs limites. C’était Sharon le premier général qui s’est retiré de la bande de Gaza car il ne pouvait plus la tenir. Nous défendons absolument le droit à l’existence d’Israël et à sa sécurité, mais nous ne défendons pas son droit à se conduire en puissance occupante, cynique et brutale … Michel Rocard
Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic.Raymond Barre (le 3 octobre 1980, TFI, suite à l’attentat de la synagogue parisienne de la rue Copernic, 4 morts, 20 blessés)
“c’était des Français qui circulaient dans la rue et qui se trouvent fauchés parce qu’on veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les juifs. Mais pas du tout, ils font un attentat aveugle et y a 3 Français, non juifs, c’est une réalité, non juifs. Et cela ne veut pas dire que les Juifs, eux ne sont pas Français.”
C’est « une campagne » « faite par le lobby juif le plus lié à la gauche » (…) « je considère que le lobby juif – pas seulement en ce qui me concerne – est capable de monter des opérations qui sont indignes et je tiens à le dire publiquement. »
(le 20 février 2007 sur France Culture diffusée le 1er mars)
Il y a une clique qui depuis 1979 me poursuit pour me faire apparaître antisémite.
(le 6 mars 2007 sur RTL)
Est-ce que tous les fonctionnaires de l’Etat qui étaient en fonction à l’époque auraient dû abandonner leurs responsabilités? (…) Quand on a des responsabilités essentielles dans un département, une région ou à plus forte raison dans le pays on ne démissionne pas. On démissionne lorsqu’il s’agit vraiment d’un intérêt national majeur» (…)«car il fallait faire fonctionner la France» (…) «ils ont essayé tant bien que mal de limiter ce drame qu’a été la persécution des Juifs». «Et n’oublions pas quand même qu’en France, c’est le pays où le nombre de Juifs sauvés a été le plus élevé” Raymond Barre
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers.Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Le point de départ, c’est ce tabou absolu qu’est la fin possible d’Israël. Je pense que, ne serait-ce que pour l’exorciser, il faut en parler. Que se passera-t-il le jour où Israël sera lâché par les Etats-Unis, son seul véritable allié ? J’ai voulu travailler sur ce scénario pour montrer à quel point les dirigeants israéliens actuels menaient une politique suicidaire. Les romans servent aussi à cela. (…) Après tout, c’était un roman, je n’étais pas obligée de coller à la stricte vérité, je pouvais – je devais même – donner libre cours à mon imagination ! Ce qui a été le plus dur, ou le plus excitant, c’est que la réalité ne cessait de me rattraper. J’ai inventé le personnage de Sokolov avant que Liebermann n’accède au pouvoir, j’ai inventé cette épidémie de peste qui affole la planète avant qu’H1N1 ne panique la terre entière, j’ai inventé le coup de gueule de la secrétaire d’Etat américaine avant que le vice -président américain Joe Biden ne se mette en colère contre Israël pour la poursuite de sa politique de colonisation ! A un moment, j’ai eu peur de ne plus surprendre. (…) c’est après avoir imaginé dans mon roman que les juifs seraient accusés d’avoir empoisonné l’eau de la Mecque, que j’ai découvert qu’il s’était produit exactement le même phénomène au Moyen-Âge. Immense émotion. (…) Je pense qu’à trop tirer sur la corde, les dirigeants israéliens pourraient un jour la faire rompre. On a vu au printemps dernier que les Etats-Unis étaient capables de s’emporter contre ce pays qu’ils soutiennent à bout de bras. Moi, je crois qu’il faudrait un Obama à Israël, et aux Palestiniens aussi. Encore une fois, pas forcément pour régler les problèmes d’un coup de baguette magique, c’est malheureusement impossible, mais au moins pour changer la perception que le monde a de cette région. La chance pour qu’il émerge trois Obama en un minimum de temps est malheureusement très faible. Il faut y croire. (…) cela n’a pas toujours été facile. Les autorités israéliennes étaient à cran à l’époque où j’étais là-bas. Les journalistes français étaient considérés par beaucoup au sein du gouvernement comme pro-palestiniens et donc anti-israéliens, voire pire, tout simplement parce qu’ils allaient faire leur boulot en allant raconter, outre les soubresauts de la société israélienne, ce qui se passait dans les territoires palestiniens, qui n’était pas souvent très beau à voir car ces territoires étaient bouclés à double tour par les Israéliens. J’ai eu droit à ces critiques, comme certains autres. Mais je m’en suis remise.Alexandra Schwartzbrod
Je suis extrêmement troublée car il y a là presque toute la trame de ce roman sur lequel je travaille depuis trois ans : Israël montré du doigt par le monde entier à cause d’une opération qui a dérapé, la brouille entre la Turquie et Israël, les Arabes israéliens accusés de manquer de loyauté envers l’Etat hébreu, le secrétaire-général de l’ONU qui monte au créneau, l’administration américaine qui sent qu’elle doit bouger… Je suis troublée mais pas surprise. Je n’ai pas bâti cette trame au hasard. Ce roman est extrêmement réfléchi. J’ai voulu raconter ce qu’il risquait de se passer si les dirigeants israéliens continuaient à se comporter comme ils le font depuis un certain temps : en gouvernant main dans la main avec l’extrême droite et avec un sentiment total d’impunité. Je ne pensais simplement pas que la réalité rejoindrait aussi vite la fiction.Alexandra Schwartzbrod
Et si Israël disparaissait ? (…) Tout débute par l’explosion d’une usine bactériologique en Russie qui libère le fléau de la peste. Des pèlerins contaminent La Mecque en plein hadj. Alors que les morts se comptent par centaines de milliers, la rumeur d’un complot juif enfle. Les bruits atteignent l’Etat hébreu, qui se retrouve au bord de la guerre civile. Le Point
“Adieu Jérusalem”, dit le titre en forme d’épitaphe : et c’est bien d’un adieu qu’il s’agit, lancé à une certaine idée fraternelle et ouverte de l’humanité, sacrifiée sur l’autel des intégrismes de tous poils, barbes ici, papillotes là. (…) Tout commence en Russie, dans une usine chimique à la Tchernobyl dont l’explosion engendre une contamination qui ramène sur le devant de la scène ce vieux mal qui répand la terreur : la peste noire, laquelle éclate, par pèlerins qui en véhiculent le germe, lors du grand rassemblement du hadj à La Mecque. Et comme toujours, quand le mal rôde, il faut un bouc émissaire. L’Histoire montre assez que les Juifs ont en la matière une bonne longueur d’avance : rien d’étonnant à ce que la colère arabe s’enflamme contre eux, et rien d’étonnant à ce que le conflit déjà exacerbé largue toutes les amarres pacifiques pour devenir affrontement irrationnel et suicidaire. Le Dauphiné
Les romans sont parfois de magnifiques ouvrages géopolitiques si l’auteur allie le talent d’écriture à de solides connaissances. C’est le cas d’Alexandra Schwartzbrod, journaliste à Libération, qui fut en poste à Israël de 2000 à 2003.Pascal Boniface
Il ne viendrait à personne l’idée d’accuser de racisme quelqu’un qui critiquerait le gouvernement américain, russe, chinois ou autre. S’élever contre la politique étrangère de George Bush par exemple en condamnant la guerre d’Irak, s’inquiéter de la situation des droits de l’homme en Chine ou du sort des Tchétchènes en Russie ne conduit pas à être accusé de racisme antiaméricain, antichinois ou antirusse. Si quelqu’un vient à critiquer l’action de Nicolas Sarkozy, on ne lui reprochera pas immédiatement de verser dans la francophobie. Il y a bien une spécificité israélienne en la matière. On confond très souvent à dessein l’opposition à la politique d’un gouvernement, la critique légitime qui peut en être faite, et une opposition à l’existence même de l’État ou une haine raciale contre son peuple. (…) De même, antisémitisme et antisionisme ne sont pas assimilables. L’antisionisme est l’opposition à l’existence de l’État d’Israël. (…) Confondre volontairement antisémitisme, antisionisme et critique de l’action du gouvernement israélien est malhonnête intellectuellement ... Pascal Boniface
Pouvez-vous imaginer la Chine, l’Iran ou même la Grande-Bretagne, envoyer un haut diplomate à une discussion qui définirait leur pays comme un État voyou? Participant au debat de Cambrige sur Israel Etat-voyou (oct. 2010)
Il y a des ministeres a Berlin qui a ce jour n’ont toujours pas examine leurs roles pendant les annees du nazisme. Der Spiegel
That is a first step — but it doesn’t go far enough. It plays to public interest in the history of the Foreign Ministry, but for this reason the findings should be made accessible for general research and passed on to the federal archives. The ministry should also look into the art collections at German embassies. Along with the Goethe Institute, every single embassy should have its history investigated. (…) Every ministry should investigate its own role during the Nazi era. That applies to institutions like the health or economy ministries, where, as yet, no investigations have been made. Claudia Roth

 


Attention, un scandale peut en cacher bien d’autres!

Alors que nos specialistes en relations internationales a la Pascal Boniface  ne manquent jamais une occasion d’apporter leur petite contribution a la derniere mouture de la Solution finale ( (attention pas des juifs cette fois-ci on est entre gens bien eleves mais de leur seul Etat mais non pas bien sur – cherchez l’erreur – des Etats americain, russe, chinois ou francais?) …

Ou que nos anciens diplomates ou revolutionnaires a la Hessel ou Debray  se recyclent dans les appels au boycott d’Israel ou les prestations de pom pom girls pour des organisations solution-finalistes comme le Hamas …

Pendant que, lorsqu’ ils ne priment  pas des ouvrages sur l’inexistence de non, pas la France, nos valeureux journalistes  jouent a la politique-fiction (non, pas: Et si la France disparaissait?) et que nos universites (Cambridge , s’il vous plait!) organisent des debats sur la voyoutude de non, pas l’Iran ou la Coree du nord que certains puissent se rejouir d’avoir “gagnes”…

Voici que l’on decouvre, a la faveur d’une enquete de quatre  historiens depeches par l’ancien ministre des Affaires étrangeres allemand Joschka Fischer sur le secret de polichinelle du passe nazi de l’ancien ministere de l’artisan du Pacte germano-sovietique et des Accords de Munich …

Que, 65 ans apres la guerre, nombre de ministeres allemands n’ont toujours pas termine leur denazification !

 

 

Interview With Green Party Chief Claudia Roth

US historian Peter Hayes discusses the role of the German Foreign Office in the Nazi era

Germany’s Nazi diplomats

Débat relancé sur la diplomatie allemande sous le nazisme

L’Express/Reuters

25/10/2010

Le ministère allemand des Affaires étrangères a joué dans l’Holocauste des Juifs un rôle plus actif qu’on ne l’avait pensé jusqu’à présent, révèle une étude de quatre historiens paraissant jeudi en Allemagne.

Plusieurs dizaines d’années après l’effondrement du IIIe Reich, le ministère est resté un havre pour les anciens diplomates nazis, dévoile cet ouvrage collectif intitulé” Das Amt und die Vergangenheit” (Le Pouvoir et le passé).

Selon la thèse du livre, qui remet en cause le mythe voulant que les diplomates allemands aient gardé les mains propres, le ministère était parfaitement au courant des massacres des Juifs et “activement impliqué” dans ces initiatives.

Le livre, qui suscite la polémique outre-Rhin dès avant sa distribution, démontre aussi comment des dignitaires et sympathisants du régime nazi ont pu conserver un emploi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à l’abri du bouclier de respectabilité du ministère.

Depuis 1945, le ministère des Affaires étrangères allemand avait été plusieurs fois passé au crible, mais il en était sorti blanchi de toute tache du passé. C’est la décision de son ancien “patron” Vert Joschka Fischer, en 2005, qui a ‘soulevé le lièvre’.

“Le ministère des Affaires étrangères a pris part aux crimes nazis et, en tant qu’institution, a même été impliqué dans le meurtre de Juifs”, assure Eckart Conze, un des quatre historiens désignés par Fischer pour fouiller le passé du ministère sous le IIIe Reich.

“On peut en effet confirmer que le ministère était une organisation criminelle”, a-t-il affirmé au magazine Der Spiegel. Au sein de ce service, chacun, selon lui, savait que des Juifs étaient massacrés en Europe de l’Est.

“CHACUN A LA COMPTA SAVAIT CE QUI SE PASSAIT”

Joschka Fischer a mis sur pied cette commission d’historiens à la suite de critiques d’anciens diplomates sur son interdiction de diffuser les nécrologies d’anciens nazis dans le bulletin interne du ministère.

Une centaine d’entre eux, à la retraite ou en activité, s’étaient insurgés notamment contre son refus de publier une biographie de Fran Krapf, un ancien diplomate au passé nazi bien fourni.

Joschka Fischer a déclaré au Spiegel que la lecture de l’ouvrage des quatre historiens, une somme de 800 pages, l’avait “rendu malade”.

Selon ce document “Les diplomates étaient au courant de la politique envers les Juifs à tout moment et étaient activement impliqués” dans les massacres “à travers l’Europe”.

Dans une note de frais dont fait état Eckart Conze, un diplomate décrit ainsi le motif de son déplacement: “Liquider les Juifs à Belgrade.”

“Chacun à la comptabilité du ministère savait ce qui se passait”, ajoute-t-il en précisant que les fonctionnaires des Affaires étrangères étaient impliqués dans des tractations visant à déporter des Juifs en Grèce, France, Hongrie et Serbie.

Les auteurs de “Le Pouvoir et le passé” affirment encore que les chanceliers allemands de l’après-guerre, comme Konrad Adenauer ou Willy Brandt, ont facilité les carrières de diplomates au passé nazi en les nommant dans des pays arabes ou latino-américains ou leurs promotions passaient plus inaperçues qu’ailleurs.

Selon Eckart Conze, 573 des 706 fonctionnaires du ministère étaient membres du parti national socialiste en 1943 et ils en formaient encore plus de 40% de la hiérarchie dans les années 1950.

“L’Allemagne a jeté un regard honnête et douloureux sur son passé”, a déclaré à propos de cet ouvrage Elan Steinberg, vice président du Rassemblement des survivants et descendants de l’Holocauste, une organisation américaine.

Voir enfin:

Une étude accablante sur la diplomatie allemande nazie

RTL

28/10/2010

En bref – L’essentiel de l’info

28/10/2010 – 15h20

Selon une étude menée par quatre historiens publiée jeudi en Allemagne, le ministère allemand des Affaires étrangères a joué un rôle plus actif qu’on ne l’avait pensé jusqu’à présent dans la persécution et l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Après la chute du régime de Hitler en 1945, tout avait été fait pour masquer le rôle joué par le ministère dans l’appareil nazi. En 2005, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Joschka Fischer avait diligenté une commission indépendante d’historiens pour éclaircir cette page sombre de l’histoire allemande. Dimanche, une association de survivants de l’Holocauste s’est félicité du travail de mémoire réalisé.

En détails

Un des historiens responsables pour l’étude, Eckart Conze, a affirmé à l’édition dominicale du Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAS) que le “ministère des Affaires étrangères a participé activement dès le début à toutes les mesures de persécution, privation de droits, expulsion et d’anéantissement des juifs”.

Dans les archives, les historiens — deux Allemands, un Israélien et un Américain — sont notamment tombés sur des justificatifs de voyage du responsable du service des juifs, Franz Rademacher, qui inscrit comme motif d’un déplacement à Belgrade: “Liquidation des juifs à Belgrade et discussion avec des émissaires hongrois à Budapest”.

Par ailleurs, et malgré les efforts de dénazification, nombre d’anciens hauts diplomates de l’époque nazie ont tranquillement repris leurs fonctions au  ministère à partir de 1951, lorsqu’une loi a permis la réintégration dans la fonction publique de 150.000 anciens fonctionnaires épurés.

Dans les années 1960, souligne par ailleurs le rapport, un des principaux responsables de la politique étrangère du pays avait été Ernst Achenbach, un ancien diplomate qui s’était occupé des déportations lorsqu’il avait été en poste pendant la guerre à Paris. M. Achenbach, qui avait par la suite occupé un poste clé à la commission des  Affaires étrangères du parlement, s’était opposé jusqu’en 1974 à la ratification d’un accord avec la France visant à faciliter la mise en oeuvre de peines prononcées à l’encontre de criminels de guerre nazis.

“L’Allemagne a entrepris de se pencher honnêtement et douloureusement sur son passé”, a affirmé dans un communiqué Elan Steinberg, vice-président de l’Association américaine des survivants de l’Holocauste et de leurs descendants  à New York. “Les entreprises du passé qui ont visé à exonérer le ministère des Affaires étrangères et son personnel des crimes de l’Holocauste sont désormais catégoriquement réfutées”, a-t-il ajouté

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 16:49

 

 

 

Merci à Marc-André pour l'envoi de ce texte

Pour aschkel.info et lessakele.

 

Un prêtre livre 52 000 Juifs aux nazis

Par Marc-André Charguéraud

La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org)

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2010 

 

             En trois mois le président  de la Slovaquie Mgr. Tiso

            envoie  60% des Juifs du pays à la mort en Allemagne   

 

 

 

De mars à juin 1942, la Slovaquie a livré aux Allemands 60% des Juifs qui vivent sur son territoire, soit 52 000 sur 87 000. [1] « Le premier pays après le Reich à déporter des Juifs » vers les camps de la mort en Pologne.[2] Si nombreux, si tôt, pendant les premières semaines de la Shoah, si rapidement, en trois mois, un triple record qui condamne les dirigeants politiques du pays et au premier rang son président, un prêtre catholique, Mgr. Josef Tiso.

 

Les témoins ne se font aucune illusion sur le sort de ces Juifs. Mgr. Guiseppe Burzio, le chargé d’affaires du Vatican à Bratislava, télégraphie à Rome le 9 mars 1942, le Premier Ministre Vojtekh Tuka lui a confirmé que « la déportation de 80 000 personnes en Pologne à la merci des Allemands équivaut à en condamner une grande partie à une mort certaine ».[3] Simultanément Mgr. Angelo Rotta, nonce à Budapest, écrit à Pie XII : (les déportés) sont promis « à une destruction certaine et à la mort. Ils placent leurs espoirs et leur confiance dans sa Sainteté. »[4] Peu après le début des déportations, le Vatican réagit. Il ne s’engage pas et se contente d’envoyer deux notes d’une portée limitée à Tuka. Rome y explique que c’est une erreur de croire que l’on envoie les Juifs dans le gouvernement central pour le service du travail : ils y sont exterminés.[5]

 

Le gouvernement slovaque ne peut pas plaider l’ignorance. Les Allemands lui demandent 20 000 travailleurs robustes, il propose 20 000 Juifs et insiste pour que les familles les accompagnent. Des ouvriers, les enfants et vieillards qui partent ? Les autorités slovaques veulent être assurées que ces Juifs ne reviendront jamais en Slovaquie. Pour obtenir l’accord des Allemands, elles vont leurs verser 500 Reichsmark par Juif déporté.[6] C’est l’unique fois en Europe qu’un pays paie les nazis pour qu’ils le débarrassent de façon définitive de ses Juifs.

 

La Slovaquie est profondément antisémite. Le 9 septembre 1941, son Parlement adopte un « Code juif » qui reprend toutes les mesures antijuives allemandes. Il exclut la plupart des Juifs de la vie économique, politique et sociale du pays. Les Allemands applaudissent, soulignant que ce code a été publié par « un Etat dirigé par un prêtre catholique ».[7]

 

Le 26 avril 1942, une lettre pastorale publiée par les évêques slovaques répète les vieilles accusations : « L’influence juive a été pernicieuse (...) non seulement économiquement mais aussi dans les sphères culturelles et morales, ils ont fait du mal à nos fidèles. »[8] En conséquence les évêques ne s’opposent pas « aux actes légaux du gouvernement lorsqu’il prend des mesures pour éliminer l’influence néfaste des Juifs »[9] C’est un encouragement au gouvernement d’aller de l’avant.

 

Le premier ministre Tuka est à l’image du pays. Ses propos antisémites rivalisent avec ceux des nazis. « Ma mission est de débarrasser la Slovaquie de cette peste… les Juifs sont une race asociale, inassimilable ; ce sont des éléments pernicieux et délétères qu’il faut éliminer sans égards… Pour libérer la Slovaquie de la peste hébraïque, il n’y a d’autres moyens que la déportation forcée en masse ».[10]

 

Mgr. Tiso est sur la même longueur d’onde. Dans un discours, le 15 août 1942, il ajoute une référence chrétienne aberrante : « que l’élément juif ait mis en péril la vie des Slovaques, je pense que plus personne n’a besoin d’en être convaincu… Les choses seraient bien pires si nous n’étions débarrassés d’eux. Et nous faisons cela selon le commandement de Dieu : Slovaque, va, débarrasse-toi de ton parasite…»[11]

 

« Le malheur, c’est que le président de la Slovaquie est un prêtre. Que le Saint-Siège ne puisse mettre Hitler au pas, tous le comprennent. Mais qu’il ne puisse retenir un prêtre, qui le comprend ? » écrit Mgr.Domenico Tardini dans une note interne du Vatican. Il ajoute : « Il y a deux fous : Tuka qui agit et Tiso, un prêtre qui laisse faire ! »[12] En fait le président Tiso est heureux qu’un autre fasse la « sale besogne ».

 

En juin 1942 Mgr.Tiso décide de mettre fin aux déportations sans que les Allemands ne réagissent. Il pouvait donc résister aux pressions de ses propres ministres et éviter les déportations massives du printemps 1942.[13] D’autant plus que, comme le souligne un historien, « la déportation ne fut pas le fruit de pressions allemandes mais d’une demande des Slovaques ».[14]

 

Le 26 juin 1942, dépité par cet arrêt des déportations, l’ambassadeur d’Allemagne à Bratislava Hans Ludin se contente d’en dresser le constat dans une note à Berlin : « L’évacuation des Juifs de Slovaquie est dans l’impasse. A cause de l’influence du clergé et de la corruption de quelques fonctionnaires, 35 000 Juifs ont bénéficié d’une considération spéciale sur la base de laquelle ils ne doivent pas être évacués…»[15]

Le Vatican a protesté sans éclats, la population n’a réagi que devant la brutalité des milices slovaques pendant les arrestations et l’embarquement des Juifs dans les wagons. Pour le gouvernement, il faut garder quelques « bons Juifs » et leurs familles. Les fonctionnaires, les entrepreneurs, les financiers qui sont essentiels à la vie économique et administrative du pays.

Pendant deux années, le Président Tiso résiste aux offensives de ses ministres et des Allemands pour que la « solution finale » reprenne.  « C’est le premier pays satellite où les Allemands rencontrent une résistance suffisamment forte pour qu’ils doivent interrompre leurs plans pour une solution finale », écrit un historien.[16]

 

L’Armée rouge approchant, la résistance slovaque se soulève le 29 août 1942. La Wehrmacht occupe le pays et réprime l’insurrection. La Gestapo arrive, 13 à 14.000 Juifs sont déportés sous prétexte qu’ils aident les résistants. Le 29 octobre 1944, Mgr. Burzio reçoit un message pressant de Pie XII : « Rencontrez immédiatement le président Tiso et informez-le que Sa Sainteté éprouve un profond chagrin qu’un très grand nombre de personnes, contrairement aux principes de justice et d’humanité, souffrent dans ce pays du fait de leur nationalité et de leur race. » Message que le pape réitère dans une forme analogue le 21 novembre.[17]

 

Sans résultat. Tiso n’est plus à même d’agir. Il n’en continue pas moins à répéter sa haine à l’égard des Juifs. Le 8 novembre 1944, il écrit à Pie XII : « Le gouvernement de la République slovaque a mené les actions dont il est accusé contre les Tziganes et les Juifs non pas en raison de leur nationalité ou de leur souche, mais au nom du devoir de défendre la nation contre des ennemis qui depuis plusieurs siècles oeuvraient à sa destruction. »[18]

 

Sur 70 000 Juifs qui furent déportés de Slovaquie, 65 000 ne sont pas revenus.[19] Le pire, dont on parle insuffisamment, ce sont les 52 000 Juifs qui ont été volontairement livrés aux Allemands par le Président Tiso et son Premier Ministre Tuka. Tiso est un prêtre. Pie XII pouvait donc le convoquer à Rome, le destituer et pourquoi pas, le menacer d’excommunication et  passer à l’acte si nécessaire.[20] Le pape s’est contenté de le rappeler à l’ordre à plusieurs reprises et de lui retirer son titre de Monseigneur.[21]

 

Copyrigth Marc-André Charguéraud. Genève. 2010

 



[1] MORLEY John, Vatican Diplomacy and the Jews during the Holocaust, 1939-1943, New York, 1980,  p. 84.

[2] FRIEDLANDER, Saul, Les années d’extermination, l’Allemagne nazie et les Juifs, 1939-1945, Seuil, Paris, 2008, p. 301.

[3] BLET  Pierre, Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale, Perrin, Paris, 1997, p. 193.

[4] FABRE Henri, L'Eglise catholique face au fascisme et au nazisme, Editions Espaces de Liberté, Bruxelles, 1994, p. 330.

[5] HILBERG Raul, La destruction des Juifs d'Europe, Fayard, Paris, 1988, p. 637.

[6] GUTMAN Ysrael, ed. Encyclopedia of the Holocaust. Macmillan Publishing, New York-London, 1990, p. 1365.

[7] FABRE, op. cit. p. 327. PHAYER John Michael, The Catholic Church and the Holocaust, 1930-1965,  Indiana University Press, Bloomington, Indiana, 2000,  p. 87

[8] Morley, op. cit.  p. 85.

[9] VAGO, Bela et MOSSE, George, Ed. Jews and non Jews in Eastern Europe, 1918-1945, John Wiley, New York, 1974, p. 226.

[10]FABRE, op. cit. p. 336.

[11] MICCOLI Giovanni, Les dilemmes et les silences de Pie XII, Editions Complexes, Bruxelles, 2000, p. 361.

[12]FABRE, op. cit. p. 332. Mgr. Tardini est Secrétaire de la Congrégation des Affaires ecclésiastiques.

[13] 4 000 Juifs seront encore déportés entre juin et novembre 1942.

[14] FRIEDLANDER, op. cit. p. 468.

[15] FRIEDLANDER, op. cit. p. 469.

[16] VAGO et MOSSE, op. cit. p. 237. Citant Léon Poliakov.

[17] GRAHAM Robert, Pius XII and the Holocaust, Catholic League for Religious Civil Rights, Milwaukee, Wisconsin, 1988,  p. 65 et 67.

[18] MICCOLI, op. cit. p. 336.

[19] FRIEDLANDER, op. cit. p. 642.

[20] FABRE, op. cit. p. 353.

[21] PHAYER, op. cit. p. 14.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 19:37

 

 

 

Washington - La Banque du Vatican accusée d’avoir blanchi des avoirs volés aux Juifs (durant la Shoah)

Par Marc Brzustowski

 

Pour © 2010 lessakele et  © 2010 aschkel.info 


Washington - Après la saisie le mois dernier de 32 millions de $ à la Banque du Vatican, un groupe de survivants de la Shoah originaires de l’ancienne Yougoslavie a exigé de la Commission Européenne de vérifier la plainte selon laquelle la Banque du Vatican a blanchi des valeurs volées par les alliés des Nazis.

 

 

Jonathan Levy, un avocat dont le cabinet est situé à Washington, qui représente les survivants et leurs héritiers a rédigé une lettre au haut-commissaire de l’Union Européenne pour les affaires économiques et monétaires, Olli Rehn. Selon Bloomberg : « Nous requérons de la Commission qu’elle ouvre une enquête concernant les allégations de blanchiment d’argent des avoirs de victimes de la Shoah par des organismes financiers associés avec, ou qui sont des agences bancaires de la Cité-Etat du Vatican ».

 

 

La Banque du Vatican, connue officiellement sous le nom d’Institut des Travaux pour la Religion (ITR/IOR), a récemment remporté une bataille qui dure depuis une décennie, aux Etats-Unis, dans laquelle des survivants de la Shoah et leurs héritiers originaires de l’ancienne Yougoslavie et d’Ukraine accusaient l’IOR d’avoir blanchi des avoirs volés aux Juifs, aux Gitans et aux Serbes tués ou capturés par le Régime Croate soutenu par les Nazis en temps de guerre [Oustachis d’Ante Pavelic].

 

 

Le groupe avait réclamé 2 milliards de $ en restitution, mais la plainte a d’abord été classée sans suite, au motif que la Banque du Vatican bénéficie de l’immunité, protégée par « l’Acte garantissant l’immunité aux services étrangers aux Etats-Unis », qui a le pouvoir d’éviter à des gouvernements étrangers d’être confrontés à des poursuites aux Etats-Unis.

 

 

Lévy s’est donc tourné vers la Commission Européenne en arguant qu’elle pourrait avoir la capacité et l’autorité d’investiguer dans les comptes de l’IOR, puisque le Vatican a promis de se conformer aux lois européennes contre le blanchiment d’argent, la contrefaçon et la fraude, en retour de son emploi de l’Euro comme monnaie d’échange à l’intérieur de la Cité-Etat du Vatican.

 

 

Les procureurs de Rome cherchent également à démontrer que l’IOR se trouve sous le coup de la Loi européenne, selon Bloomberg.

 

 

La Banque du Vatican est un Institut qui relève de la gestion privée, située à l’intérieur de l’enceinte de la Cité du Vatican, dirigé par un PDG banquier professionnel qui rend directement des comptes à une Commission épiscopale (formée de Cardinaux) et en dernière analyse, au Pape.

 

 

 

Jonathan Lévy est également le représentant légal d’environ 3000 orphelins survivants de l’Institution Duplessis, qui est largement reconnu comme le cas les plus vaste dans toute l’histoire du Canada, d’Institution ayant pratiqué l’abus sexuel d’enfants, la torture, le meurtre, les expérimentations sur l’humain et l’exploitation. Le groupe n’a reçu que des compensations mineures de la part du Gouvernement canadien, et il cherche aussi, actuellement, à obtenir des dédommagements directs de la part des organisations catholiques romaines impliquées. 

Autres titres au dossier déjà fort volumineux (en publication bientôt) : 

>Odessa et le “couloir du Vatican” – Opération “Couvent” – Des criminels de guerre nazis protégés et cachés par le clergé de l’Église catholique





La banque du Vatican soupçonnée d’avoir blanchi de l’argent

mercredi 2 juin 2010 par NewsOfTomorrow

(Source :20 minutes)

ITALIE - La justice enquête...

La justice italienne soupçonne l’Institut des Oeuvres Religieuses (IOR), la banque du Vatican, d’être impliqué dans des opérations de blanchiment d’argent et le parquet de Rome a ouvert une enquête, écrit mardi le quotidien La Repubblica.

L’Institut des Oeuvres Religieuses, qui gère les comptes des ordres religieux et des associations catholiques, est une structure bénéficiant de l’extraterritorialité accordée à l’Etat pontifical, donc non tenue de respecter les normes financières en vigueur pour les établissements italiens.

Selon La Repubblica, dix banques italiennes, dont les plus grandes comme Intesa San Paolo et Unicredit, sont également dans le collimateur des magistrats.

Comptes sans nom

La justice a découvert que la banque vaticane gérait des comptes auprès des établissements italiens sans nom de titulaire, identifiés uniquement avec le sigle IOR. Sur un de ces comptes, découvert en 2004, « environ 180 millions d’euros ont transité en deux ans », écrit la Repubblica.

« L’hypothèse des enquêteurs est que des sujets ayant leur résidence fiscale en Italie utilisent l’IOR comme "paravent" pour cacher différents délits, comme la fraude ou l’évasion fiscale », précise le quotidien.

Il y a moins d’un an, l’IOR a changé de patron avec la nomination au poste de président d’Ettore Gotti Tedeschi, représentant en Italie du groupe espagnol Santander, en remplacement d’Angelo Caloia.

« Commission cardinalice de vigilance »

Ce dernier s’était rendu célèbre par sa phrase : « Si l’argent est l’excrément du diable, nous, les chrétiens, nous devons réussir à le transformer en bon engrais. »

L’institut a fait la une de la presse avec la faillite, en 1981, de la banque italienne privée Banco Ambrosiano, dont l’IOR était le principal actionnaire.

La Banco Ambrosiano avait laissé un trou de 1,4 milliard de dollars dans ses caisses et de 250 millions de dollars dans les caisses de l’IOR, dirigé à l’époque par l’archevêque américain Paul Marcinkus, mort en février 2006.

L’IOR est depuis sous la coupe d’une « Commission cardinalice de vigilance », un groupe de cinq cardinaux nommés par le pape, qui comprend aujourd’hui l’actuel numéro deux du Vatican, le cardinal-secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, ainsi que son prédécesseur Angelo Sodano. 

Procès accusant le Vatican d’avoir financé
ses réseaux d’exfiltration par l’or des nazis


riel

Le temps passe pour les victimes de l’Holocauste Croate et lorsque les derniers témoins auront disparus il sera plus facile pour le Vatican de prétendre qu’il ne s’est rien passé. L’enjeu est énorme, le Vatican ne voulant pas voir de plaintes similaires concernant des l’or des victimes’ allemandes, bien plus nombreuses.

Par Muriel Fraser de la National Secular Society
Traduction par Stephane Mabille de la National Secular Society

 http://autreversion.info/Proc%E8s%20accusant%20le%20

Vatican%20d%92avoir%20financ%E9%20ses%20r%E9seaux%20d%92exfiltration%20

par%20l%92or%20des%20nazis.htm

 Le contexte: Ci-contre l’armoirie de "l’Etat indépendant de Croatie” mis en place par Hitler et Mussolini en 1941. Le « U » représentant son nom « Ustasha » (Oustachi), mais pour ceux vivant sous la terreur de ce régime le « U » est synonyme de « ubica », assassins [1].

Hitler et Mussolini installèrent Ante (Anthony) Pavelic à la tête du gouvernement. le nouvel état de Pavelic étant composé principalement de deux groupes : les Serbes et les Croates, deux ethnies Slaves partageant la même langue, le Serbo-Croate. Néanmoins, Pavelic n’allait pas sacrifier son idéologie raciste à une unité d’ethnie ou de langue. Peu après son accession au pouvoir, il publia un « lexique Croate, expurgé des tous les termes « serbes », une tache ambitieuse, les deux langues étant quasi identiques. » [2] Pavelic maintenu que les Croates n’avaient rien en commun avec les Serbes. Les Croates Catholiques étant des « Aryiens », les Serbes Orthodoxes des « Slaves », ce qui sous le régime nazi les rendaient “Untermenschen”, des sous-hommes. Et bien entendu pour le régime Catholique, ils avaient également fait schisme depuis 1504. Pavelic et le gouvernement des Oustachis décidèrent que la Croatie devait subir un nettoyage ethnique et religieux. Les Serbes doivent disparaitre : un tiers seront convertis au Catholicisme, un tiers expulsés et le dernier tiers exterminés. A cette occasion, Juifs et Roms subirent le même traitement..

Ceci constitue l’ « holocauste caché », qui, bien que largement connus des spécialistes, est rarement mentionné, probablement à cause de l’implication active de l’Eglise Catholique, qui profita de la terreur pour gagner 200.000 à 300.000 nouveaux convertis. [3] Le plainte introduite actuellement concerne les trois groupes victimes de l’Holocauste Croates: les Serbes, obligés de porter un brassard bleu marqué d’un « P » (Pravoslavac) pour Orthodoxe, les Juifs devant porter l’étoile de David et les Roms. La plainte ne concerne pas la manière dont les fonds ont été obtenu mes uniquement leur utilisation. Aucun historien sérieux ne contestant la version des plaignants concernant l’origine de « l’or des victimes ».

Les Serbes, Juifs et Roms furent exterminés dans leurs villages après avoir été torturés, ou brulés vivant dans leur Eglises. Ceux qui ne furent pas assassinés, furent expulsés en Serbie après avoir été spoliés de tous leurs biens ou convertis de force au Catholicisme Romain par les Franciscains ou le clergé Romain. Plusieurs furent réduit en esclavage ; le reste emmenés en camp de concentration, où la majorité périrent.

Le Fuehrer (Poglavnik) Pavelic en tenue militaire fasciste entouré de Franciscains


« Les dents en or volées à mes proches permirent au Vatican de financer la fuite de Nazis en Argentine » déclare William Dorich. [5]

Avec les autres survivants de l’ « Holocauste Croate », Dorich poursuit la Banque du Vatican et l’Ordre des Franciscains. Sa plainte concerne le financement des « ratlines » [6], les réseaux qui permirent d’exfiltrer d’Europe, Nazis et autres fascistes à la fin de la seconde guerre mondiale. Sa plainte accuse la Banque du Vatican et l’ordre des Franciscains d’avoir aidé les membres du régime Croate, sanguinaire et pro-Nazi à dissimuler puis blanchir des millions de dollars provenant de pilages et spoliations, y compris l’or et les bijoux confisqués dans les camps de concentration et le bénéfice tiré des travaux forcés.

Ces survivants a l’Holocauste prétendent que tout ou partie de la trésorerie du gouvernement Croate, les Oustachis, « fut reversé à une partie du clergé Romain et aux Franciscains pour être transporté à Rome », où les fonds « se retrouvèrent, finalement, entres autres dans les mains de la Banque du Vatican ».[7]

La Banque du Vatican ainsi que l’Ordre des Franciscains ont tenté d’obtenir un rejet de la plainte sous plusieurs prétextes. [8]Toutes ces procédures, induiront des délais supplémentaires à un moment où de plus en plus de plaignants disparaissent. La plainte originale fut présentée à une cour de l’Etat de Californie en novembre 1999, mais en 2003 les avocats de la Banque du Vatican et des Franciscains réussirent à arguer que la plainte était en dehors de la juridiction de la justice américaine car contenant des éléments de politique étrangère. En 2005 une Cour d’appel a renversé le jugement et autorisé la continuation de la procédure en restitution. La Banque du Vatican et les Franciscains contestèrent cet arrêt, mais en 2006, la Cour Suprême, en refusant de se prononcer à ouvert la voie à la poursuite de la procédure.

Néanmoins, l’arrêt de la Cour d’appel de 2005 n’autorise qu’une partie des poursuites, la procédure en restitution. Les survivants de l’Holocauste peuvent continuer à se battre pour la restitution des leurs biens, connus comme « l’or des victimes » ; mais la Cour, arguant qu’elle n’était pas compétente rejeta les volets concernant les crimes de guerres et contre l’Humanité à l’encontre de la Banque du Vatican et des Franciscains. [10]

L’exclusion du volet droits l’homme de la plainte originale rends la cause des survivants de l’Holocauste plus difficile à prouver. Cela retire des débats ce que Robert Lee Wolff, professeur d’Histoire a Harvard, appelle « le fait historique qu’un partie de la hiérarchie de l’Eglise Catholique Croate […] supporta la boucherie, et que certains membres de l’Ordre des Franciscains participèrent activement dans la conversion forcée et le massacre des Serbes» [11]

D’autres part l’établissement de preuves irréfutables concernant les accusations de blanchiment est difficile, en fonction de ce qu’appelle pudiquement la Cour d’appel, la gestion « trouble » de la Banque du Vatican. [12]

La Banque du Vatican, officiellement connue sous l’appellation de l’ « Institut pour les Œuvres Religieuses », est une organisation impénétrable, possédant trois conseil d’administration distincts. Elle possède une autre caractéristique surprenante : Elle ne serait jamais « auditée », les fonds déposés pouvant dès lors disparaitre sans laisser de trace. [13]

De plus, la Banque du Vatican, nie avoir tout document datant de la Seconde Guerre mondiale, étant donné qu’elle détruit systématiquement tout document de plus de 10 ans. [14]

Néanmoins, d’autres documents existent dans les archives allemandes et américaines qui indiquent que les mêmes pratiques que les accusations croates ont bien eux lieue en Allemagne. Les archives montrent que les Nazis ont transférés des fonds de la Reichbank à la Banque du Vatican et de la Banque du Vatican vers des comptes contrôlés par des Nazis en Suisse. [15] En d’autres termes, la Banque du Vatican a servi d’intermédiaire dans le transfert d’or d’Allemagne vers le secret de comptes suisses, d’où les fonds purent servir au financement des ratlines sans laisser de trace.

Les survivants de l’Holocauste doivent tenter de prouver que la Banque du Vatican a blanchi les recettes du génocide Oustachis en Croatie de manière similaire. Il n’y a qu’un seul témoin connu, l’ancien Agent Spécial de la Contre-Intelligence de l’US army William Gowen. D’après son témoignage, le préposé officiel du Vatican, Fr. Krunoslav Draganovic aurait admis à Gowen avoir reçu en 1946 à la Confrérie Croate de San Girolamo à Rome, contrôlée par les Franciscains, le chargements de dix camions de issu de la spoliation. Gowen a également témoigné que le responsable du convois, le colonel Oustachi Ivan Babic, se serait vanté auprès de lui d’avoir utilisé des uniformes et camions britannique pour transférer l’or du Nord de l’Italie à Rome. Pour ce qui est de la destination finale du trésor des Oustachi, Gowen conclu qu’elle ne peut être autre que la Banque du Vatican. [16]

La Banque du Vatican et les Franciscains ont demandé à ce que le témoignage de Gowen ne soit pas rendu public, mais une copie a été obtenue par le quotidien Israelien Haaretz qui l’a mis en ligne lors de la publication d’un article en Janvier 2006. Il utilise les preuves apportées par cet ancien agent américain pour accuser Montini, futur Pape Paul VI, de participation au blanchiment d’argent destiné aux Ratlines. D’après Gowen, un haut responsable du Vatican, chargé de chapeauter les affaires Croates à Rome, Monseigneur Draganovic, rapportant directement à Montini, a admis être l’organisateur du trafic et du dépôt du trésor des Oustachis à la Banque du Vatican. [17]

Même si les avocats des survivants de l’Holocauste parviennent à pénétrer le secret de la Banque du Vatican et à surmonter ce que la Cour d’appel a qualifié d’ « obstacles effrayant » [18] à l’obtention des preuves, cela ne sera peut-être pas suffisant. Le Vatican prépare une nouvelle défense dans le cas où les charges s’avèrent suffisantes. D’après un des avocats des victimes, les avocats du Vatican prétendent maintenant que cela était tout à fait légal de toute façon. Ignorant, le fait que durant la guerre la Croatie fasse partie d’une coalition qu’Hitler et Mussolini étendirent aux zones sous occupation, ils arguent que les victimes étaient des citoyens de l’ « Etat Indépendant de Croatie ». Cette nation, qui fut appelée « un énorme abattoir » [19] ne fut jamais reconnu que par les membres de l’Axe germano-italien et le Vatican. L’Eglise argue que la reconnaissance de ce régime génocidaire fait de l’utilisation de l’or spolié une simple affaire financière interne à l’état Croate et que le blanchiment par la Banque du Vatican n’a violé aucune législation internationale. [20]

Les cyniques pourraient être tenté de comparer ces dernières manœuvres du Vatican à l’Inquisition, qui elle aussi était parfaitement « légale ». [21]

Notes

La meilleure référence en ligne est “Vatican Bank Claims”, le site des avocats représentant les victimes de l’Holocauste Croate.http://www.vaticanbankclaims.com

[1] Jasenovac, Illustration # 4.
http://www.jasenovac-info.com/cd/biblioteka/vecni_pomen/jasenovac_en.html
[2] Richard West, Tito and the Rise and fall of Yugoslavia, (Sinclair-Stevenson, 1994), p. 78.
[3] Gail Harmon, War in the Former Yugoslavia: Ethnic Conflict or Power Politics? Dissertation, Boston College, 2007, p. 100. 
http://dissertations.bc.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1175&context=ashonors
[4] US District Court, Northern District Of California, San Francisco, filed 21 January 2000, Alperin v. Vatican Bank, § 31.
http://www.skolnicksreport.com/suit.html
[5] Ron Grossman, “Lawsuit accuses Vatican Bank of role in World War II crimes”, 
Chicago Tribune, 8 July 2005’
http://www.vaticanbankclaims.com/tribune.htm
[6] “Ratlines”, Wikipedia. 
http://en.wikipedia.org/wiki/Ratlines_%28history%29
En francais: “Reseaux d’exfiltration Nazis”, Wikipedia.http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seaux_d%E2%80%99exfiltration_nazis
[7] “Court clears way for suit against the Vatican Bank for Nazi gold”, Silicon Valley / San Jose Business Journal, 18 April 2005.
http://www.bizjournals.com/sanjose/stories/2005/04/18/daily9.html
[8] “Nazi gold-Vatican Bank ruling [US Ninth Circuit Court of Appeals], Jurist [University of Pittburgh School of Law], 18 April 2005.

http://jurist.law.pitt.edu/gazette/2005/04/nazi-gold-vatican-bank-ruling-9th.php
[9] US Court of Appeals, Ninth Circuit, Opinion No. 03-15208, D.C. No. CV-99-04941-MMC, Alperin v. Vatican Bank. Argued and Submitted 
October 7, 2004—San Francisco, California. Filed April 18, 2005; p. 46.
http://www.ca9.uscourts.gov/ca9/newopinions.nsf/0BFF2CFAE79835FD88256FE7005BEA8C/$file/0315208.pdf?openelement 
[10] Ibid., p. 8.
[11] “What was fascism?: Reply by Istvan Deak” [Professor of History, Columbia University], New York Review of Books, Volume 30, Number 9, 2 June 1983.
http://www.nybooks.com/articles/6208
[12] “Court clears way for suit against the Vatican Bank for Nazi gold”, op.cit.
http://www.bizjournals.com/sanjose/stories/2005/04/18/daily9.html
[13] John Loftus, former US Department of Justice prosecutor with the Nazi-hunting OSI unit, quoted by Jonathan Levy, “The Vatican Bank”, 
ed. Russ Kick, Everything You Know Is Wrong: The Disinformation Guide to Secrets and Lies, 2002, p. 19.
http://books.google.com/books?id=T75G7hLlk80C&pg=PA19&lpg=PA19&dq=loftus+%22osi
+unit%22&source=web&ots=ABfGVLzusl&sig=SeGIC9RubNBDZGHwzRXVsUEh96U#PPA20,M1

[14] Franzo Grande Stevens, Vatican Bank's attorney, quoted ibid.
[15] Levy, op. cit.
[16] Vatican Bank Lawsuit Plaintiffs, “Current Update:Vatican Bank Lawsuit Progressing”, Press release, 23 February 2006
http://www.vaticanbankclaims.com/update.htm
[17] Yossi Melman, “Tied up in the Rat Lines”, Haaretz, 17 January 2006.
http://www.haaretz.com/hasen/spages/670245.html
[18] US Court of Appeals, Ninth Circuit, op. cit., p. 48, footnote 17.
[19] Misha Glenny, Balkans: Nationalism, War, and the Great Powers, 1804-1999. New York: Penguin, 1999, p. 486.
http://dissertations.bc.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1175&context=ashonors
[20] Vatican Bank Lawsuit Plaintiffs “Pius XII – The Tainted Saint” Press release, 
15 May 2007.
http://www.vaticanbankclaims.com/pius.htm
[21] Jonathan Petre, “Inquisition was a mistake but legally justified, claims Vatican official”, Daily Telegraph, 30 January 2006.
http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2006/01/30/ninq30.xml

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 19:26

 

 

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Chez notre partenaire europe-israel

 

 

Comme je vous l’avais déjà commenté, la plaque commémorative de l’attentat terroriste  du 9 août 1982 contre le restaurant Goldenberg a disparu ! La mémoire des 6 morts et 22 blessés passée aux oubliettes. Comme promis, nous passons à l’action!

A la place  de la plaque disparue, 4 trous. 4 trous comme un déni, 4 trous comme une injure, 4 trous comme un assassinat, 4 trous comme un attentat … Insupportable.

En Mars 2007, date du vol de la plaque, le maire de Paris, Monsieur Delanoë promet de poser une nouvelle plaque, n’en fait rien. Le CRIF n’organise aucune commémoration pour les 25 ans de l’attentat.

L’indifférence est complète. Il vaut mieux oublier le passé tragique, le succès commercial de la rue est plus rentable. La « boboïsation » du quartier amène nombre touristes et promeneurs. Dès qu’il y a un rayon de soleil les rues sont bondées, les boutiques de fringue pleines, les terrasses assiégées.

Le marais juif disparait, les heures terribles de la rafle de Drancy, de la collaboration effacées des  mémoires? L’attentat terroriste meurtrier dénié?

Europe-Israël n’a pas l’intention de laisser faire. Europe-Israël rappelle aux élus parisiens que nous avons tous un devoir de mémoire.

Nous lançons donc une campagne d’envoi massif de courriers pour exiger la pose d’une nouvelle plaque, faisons nous entendre !

En cliquant sur le lien, vous trouverez un modèle de courrier à envoyer à Monsieur Delanoë, que vous pourrez imprimer, en ajoutant vos coordonnées, la date et votre signature.

Signez, diffusez, envoyez à tous vos amis, à vos contacts par e-mail, imprimez le courrier, donnez le à vos connaissances, ne permettez pas que l’on oublie l’attentat du restaurant Goldenberg, rue des rosiers, le  9 août 1982.

Danièle Kaplan

Lettre type destinée à envoyer à M. Delanoë en version PDF :

Cliquez ici pour la version PDF

Lettre type destinée à envoyer à M. Delanoë en version Word :

Cliquez ici pour la version Word

 

 

 

les vidéos de l’attentat de la rue des Rosiers

articles précédents :

Rue des Rosiers, suite : vol ? « disparition » opportune ?

Commémoration de l’attentat de la rue des Rosiers

Déni de l’attentat de la rue des Rosiers

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