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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 14:37

Banner Alain Rubin

 

photos du grand mufti

 

 

 

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Crime européen, crime seulement européen la Shoah ?

Par Alain RUBIN

Pour aschkel.info et lessakele.





Quelques liens recommandés a consulter
  

>Le Proche-Orient arabe : refuge des fugitifs nazis.

>Les crimes de guerre arabo-musulmans en Europe pendant la 2ème Guerre Mondiale


 

 

 

Les réflexions ci-après ont déjà quelques mois, mais de récents événements montrent que, malheureusement, les interrogations qui étaient alors miennes n’étaient pas infondées.

Je m’interrogeais sur l’utilité des actions du projet Aladin.

La situation du Professeur Pederzoli Ventura, - et celle de 22 autres enseignants français, victimes eux aussi d’avoir enseigné la shoah, conformément au programme officiel en vigueur-, posent un grave problème : d’un côté, on officialise l’enseignement de la shoah, auprès de personnages importants, et de l’autre, on assiste à une sorte d’intifada scolaire contre des professeurs parce qu’ils l’enseignent, consciencieusement, conformément au programme.

23 professeurs français vivent, pour cela, un véritable  cauchemar administratif.

Alain Rubin- 22 octobre 2010

 

Dans le cadre du projet Aladin, visant à faire mieux connaître la shoah dans les pays proches et moyens orientaux, l’avocat Serge Klarsfeld est allé poser son bâton de pèlerin à Bagdad.

Son discours y a provoqué la sempiternelle objection, celle que l’on a mille fois entendue dans la bouche de la petite fille du mufti Husseini. Citons ici un des auditeurs-objecteurs de Serge Klarsfeld, en l’occurrence Raid Jahid Fahmi, le ministre irakien des sciences et de la technologie. Ecoutons-le : (…) « la création de l’état d’Israël pèse sur le débat. Beaucoup d’Arabes et de musulmans ont le sentiment que ce sont les européens qui ont commis ce crime contre les Juifs et que ce sont les Palestiniens qui paient la facture. Il faut que ce soit les mêmes principes qui nous poussent à condamner l’holocauste et à refuser les injustices dont souffrent les Palestiniens, même si ce ne sont pas des souffrances de même nature… »

L’agence de presse Guysen, qui donne l’information, ne nous fait pas connaître la réponse de l’avocat parisien.

Qu’aurai-je répondu, bien respectueusement bien entendu, à notre ministre irakien, s’il m’avait fait ce commentaire à mon intervention rappelant ce qui s’est passé, jour après jour, de 1940 jusqu’aux tous derniers jours du gouvernement hitlérien ? Gouvernement dont la mémoire du chef, le Führer, reçoit pour cette besogne assassine, chaque jour, sur la chaîne télévisée Al Manar et sur quelques autres médias du proche et Moyen-Orient, les bénédictions de prédicateurs islamiques (et d’autres) demandant instamment que « Dieu » leur fasse l’honneur de leur permettre de finir le travail commencé par le nazisme.

Monsieur le ministre, la vérité est indissociable de la justice.

Ce ne sont pas Les européens, mais Des européens qui commirent en grosse majorité les massacres industriels destinés à faire disparaître physiquement la totalité des descendants des Hébreux, partout où on pourra les saisir.

Mais ce ne furent pas que des européens qui mirent la main à la pâte. Et comme vous parlez des Palestiniens, qui « paieraient la facture » de ce crime dont ils seraient innocents, je veux vous rappeler ce que vous semblez ignorer ou vouloir oublier : à savoir que des Palestiniens et des Irakiens ont mis, avec enthousiasme et fanatisme, la main à la pâte pour le compte de la perspective et de la machine hitlérienne d’anéantissement du peuple juif.

Ces irakiens, palestiniens, égyptiens, algériens, tous des hommes de sang, ont, moralement, physiquement et matériellement, stratégiquement et tactiquement, politiquement et militairement, participé à la guerre aux côtés du troisième Reich. Ils en ont pleinement partagé les objectifs les plus criminels, ainsi que la responsabilité morale des résultats. La real-politics anglo-US-URSS les a, après guerre, émancipé des conséquences pénales de cette lourde et criminelle responsabilité.

Le crime industriel décidé à la conférence de Wansee devait donc, aussi, devenir un crime palestinien et irakien. Il devait devenir un crime tunisien et égyptien... D’ailleurs Al Gailani, un ancien premier ministre irakien et le mufti Husseini, l’un comme l’autre hébergés par l’Allemagne nazie et alliés politiques et militaires d’Adolphe Hitler, prendront leur part pour monter des unités de SS à part entière avec des milliers de jeunes musulmans bosniaques, croates et albanais qu’ils entraineront dans cette aventure sanguinaire.

Les deux hommes n’étaient pas des marginaux au sein du nationalisme arabe de l’époque. Bien au contraire, ils étaient des leaders et n’étaient pas sans troupes. Les troupes étaient prêtes, de ce côté de la Méditerranée, pour réaliser non pas une shoah par balle, mais une shoah au couteau, comme les SS de Husseini le firent dans le camp d’extermination qu’ils montèrent et encadrèrent dans les Balkans.

Les meurtres de masses en Afrique du nord et au Proche-Orient étaient prêts à être déchaînés. Ils commenceront à se mettre en route en Tunisie. Des unités de tueurs mobiles nazis, adossés au nationalisme arabe tel qu’il existait, se sont activement préparés, pour mener, contre les Juifs du Yichouv de la Palestine du mandat britannique, les « actions spéciales » qui furent menées en Ukraine, dans les pays baltes et en Pologne orientale ; ils devaient mettre en œuvre, avec l’aide des leaders du nationalisme de l’école Husseini-Al Gailani, recrutant activement, dans les masses sympathisantes fanatisées, les tueurs supplétifs indispensables à la réalisation ce que l’on appelle aujourd’hui la shoah par balle et qui aurait probablement été une shoah au couteau de boucher.

Malheureusement pour le groupe de cadres d’einzatzagruppen prêt à passer à l’action  à Tel Aviv, Jérusalem, Petah Tikva, Safed, Tibériade et à Haïfa, ainsi que dans toute la Palestine mandataire et dans les autres pays de la région, la défaite allemande devant Stalingrad modifiera définitivement la donne.

C’est la victoire héroïque des ouvriers, des soldats et officiers soviétiques, victoire obtenue malgré Staline, ainsi que le débarquement allié en Tunisie, qui a préservé le Yichouv et le million de Juifs du monde arabo-musulman, ce n’est pas l’innocence du nationalisme arabe, comme on l’a objecté à Serge Klarsfeld.

Le crime d’européen allait devenir celui de Palestiniens, d’Irakiens, d’Egyptiens, de Tunisiens, de Libyens, mais il y eut Stalingrad, et tout un pan du meurtre de masse est resté inaccompli. Etre resté inaccompli veut-il dire qu’il n’avait pas de réalité tangible et qu’il n’impactait pas la responsabilité morale et politique de tous ceux qui se reconnaissaient en Al Gailani et Husseini ?

Le nationalisme arabe, et le « palestinien » en particulier, orienté par le mufti Husseini, s’est incorporé, incrusté même, dans la stratégie politique et militaire du Reich. C’est un fait.

C’est un fait aussi, que montrent sans ambigüité possible les archives du troisième Reich, contrairement à ce qu’écrivait le journal le « monde diplomatique », contrairement à ce que nous conte régulièrement la petite fille de l’organisateur en chef des furieux pogromes d’août 1929 à Hébron, Jérusalem et Safed, le Mufti Husseini.

Mais Je ne dirais pas, comme pour paraphraser notre ministre irakien, que ce sont Les Palestiniens qui se sont enrôlés derrière la bannière du troisième Reich.

Je dirai que ce sont certains hommes, parmi cette population. Je dirai que ce sont certains hommes, abusés, manipulés, instrumentalisés, fanatisés par quelques sourates mises sous le nez du bon peuple et faisant le lien avec le Stürmer berlinois, recouvrant de « religion » ses stéréotypes dégoulinant de haine pathologique. Je dirai que ce sont certains hommes parmi les Arabes, mis en route avec les divers moyens de la propagande des nationaux socialistes, pour donner du portrait du Juif une portée eschatologique, nauséeuse et « éternelle » ; Juif décrit et décrié,  ici et là,  pour dire : qu’en conséquence, il ferait plaisir à Dieu qu’on les tua tous, après les avoir torturé moralement et physiquement, comme cela se produisit au cours du pogrome palestinien d’août 1929, comme cela eut lieu dans le camp privé des SS musulmans des Balkans de la division Anschar.

L’objection du ministre irakien est la suite de l’argument selon lequel : le lien entre Israël en tant que peuple et Israël en tant que territoire n’est pas un lien historique mais une relation usurpée. Ce lien ne serait pas la continuité de la seconde révolte contre les Romains (Bar Kochba en 135) ; il ne serait pas la continuité de la révolte juive et samaritaine contre les Grecs de l’empire romain d’orient au début du 6ème siècle ; il ne serait pas la continuité des milliers de Juifs et Samaritains massacrés au moment de la prise de Jérusalem par les croisés ; il ne serait pas la continuité des Juifs très majoritaires au sein de la petite population restant dans le pays à la fin du 17èmesiècle ; il ne serait pas la continuité des Juifs peuplant la vieille Jérusalem en 1806, lorsque Chateaubriand la visitait. 

Quant aux Juifs de Jérusalem-Est, ils ne seraient pas la continuité des milliers de Juifs expulsés de la vieille ville par la force armée jordanienne en 1948… Bref, le peuple juif n’existerait pas, il ne serait qu’une invention, comme l’écrit sans vergogne le stalinien israélien Shlomo Sand et après lui l’organe du Vatican (l’osservatore romano). Et leurs souffrances des années 1940 n’auraient jamais dues permettre, à ces « mythos » de non-Juifs se prenant pour des Juifs, depuis toujours, d’obtenir que ceux d’entre eux venus former le Yichouv obtiennent le statut de souveraineté politique en conformité avec les décisions de la Société des Nations (la SDN) en 1920-1922.

Malheureusement pour le ministre irakien, plus que tout autre, à moins qu’il ignore de A à Z  l’histoire de son propre pays il y a soixante sept ans, il devrait savoir que le nationalisme irakien fit un coup d’état contre le gouvernement Nouri Saïd. Il fit un putsch parce que ce dernier n’était pas assez engagé dans la guerre aux côtés de l’Axe (Allemagne- Italie et leurs alliés). Il ne devrait pas ignorer que ce nationalisme s’est intégré, par des moyens politiques et organisées, dans les dispositifs irakiens, palestiniens, égyptiens, magrébins ayant pour objectif concret la destruction  physique générale de Juifs de la rive sud de la Méditerranée.

Pour dire les choses autrement, les Palestiniens ne paient pas pour les crimes d’européens contre les Juifs. S’ils « payent », c’est pour les crimes pronazis et à la place des équipes dirigeantes du nationalisme arabe pendant le second conflit mondial. Ils « payent » pour l’acharnement ultérieur, dans cette voie, des directions nationalistes, religieuses, « laïques », « socialistes », « communistes », « marxistes » des FPLP, FDPLP…,  depuis la fin du second conflit mondial jusqu’à ce jour. Ils « payent » pour avoir refusé, avant la seconde guerre mondiale, la formation  d’un état commun aux Juifs et aux « arabes ». Ils payent pour avoir refusé en 1947 deux états souverains, l’un ayant une petite majorité juive et une grosse minorité arabe, l’autre une grosse majorité arabe et une petite minorité juive.

Ils payent pour avoir subi l’objectif des Husseini, Al Gailani, Qawaqji, déclenchant en 1947 une guerre qu’ils voulaient totale, ayant pour objectif de continuer la guerre du troisième Reich, sous le mort d’ordre politique et d’action, parlant des Juifs du Yichouv qui allait devenir indépendant : « tuons-les tous ! Jetons les survivants à la mer ! »

Je connais des amis qui vont me dire ici : Alain, il faut en sortir. D’accord, ceux qui sont responsables des souffrances ce sont les cliques de nationalistes liés d’une façon ou d’une autre au nazisme, puis au stalinisme qui -au Proche-Orient, sauf la courte période de l’automne 47 et du printemps 48- enfila les bottes et les mots d’ordre antijuifs dans une déclinaison antisioniste.

D’accord vont-ils me dire, mais il faut en sortir. Est-ce que les fils et les petits fils des supporters de Husseini ou de ceux qui ne purent s’y opposer sont fautifs des crimes des pères? 

Non, ils ne sont pas coupables de ces crimes. Oui, il faut en sortir.

Non, les Palestiniens de 2010 ne sont pas responsables des choix d’Husseini-Al Gailani. Encore ne faut-il pas prétendre que ces derniers ne les ont pas faits, ces choix, ou qu’ils n’avaient pas d’influence sur les objectifs stratégiques et tactiques du nationalisme arabe, ces choix.

Encore ne faut-il pas défier la vérité historique et prétendre, comme Madame Shahid, que ces choix n’étaient pas le développement de ce qui avait commencé en juin 1941 en Pologne orientale, en URSS et dans les pays baltes, dans le sillage rouge sang des unités de Einzatzagruppen*1.

Mais aussi, on doit dire qu’on n’en sortira pas, en déclarant coupables et déclencheurs de la guerre à outrance -cause de la fuite volontaire et/ou involontaire de six à sept-cent mille arabes de l’ex Palestine mandataire- ceux qui la subirent et surent y faire face pour ne pas être massacrés jusqu’au dernier ou jetés à la mer, comme continuent de le ressasser les différents antisionistes professionnels.

Dés lors, que l’on cessera de jeter l’opprobre sur le mouvement historique du peuple juif, en lui reconnaissant sa place, le dialogue et le compromis territorial seront affaire de temps et d’ajustements réciproques.

Pour revenir au projet Aladin, je ne sais pas ce qu’il peut sortir de sa petite lampe et des conférences organisées dans son cadre. Si cela devait servir à organiser des conférences qui ne se tiennent pas devant des salles au trois-quarts vides ou à essuyer des rebuffades, ou laisser se dire des contre vérités, pourquoi pas ?

Mais enfin, qui ignore vraiment, au Proche-Orient, les souffrances juives sous la férule nazie ? Qui y ignore que l’on s’y tenait prêt à compléter, sur la rive sud de la Méditerranée, ce qui se passait là bas ?

Et si beaucoup de ceux qui sont sensés devenir le public de sa lampe magique soupirent, c’est peut-être, pour certains, parce que l’architecte de la Shoah n’est pas parvenu à ses fins.


*1 Dans un rapport du 9 mars 1944, un commandant de la 13ème division SS explique que l’action, dans les Balkans, des formations musulmanes SS, provoque beaucoup de problèmes. Outre le mécontentement des populations yougoslaves, qui alimente les mouvements de partisans, ces unités ont toutes commis des crimes de guerre. En juillet 1944, la division SS Skandenberg rend compte de son activité énergique contre les Juifs et les partisans. Cette division SS, fruit pourri de l’influence et de l’action du mufti Husseini, revendiquait, en particulier, l’ouverture de son propre camp de concentration et de mise à mort.

Hermann Fegelin, un agent de liaison de Himmler, lui-même responsable direct de milliers d’assassinats fait un rapport sur la division SS musulmane. Il relate que les membres de ces unités SS ne tuent qu’au couteau leurs prisonniers, (…) « dans certains cas, ils arrachent le cœur de l’adversaire ». « On s’en fiche », conclue l’homme de confiance d’Himmler.

 

Nous aurions voulu, pour ce qui nous concerne, rappeler à notre ministre irakien quelques événements irakiens en rapport direct avec la shoah.

Monsieur le ministre des sciences et de technologie de la république d’Irak, vous continuez à ne voir dans la shoah qu’une série de crimes européens déclinant l’extermination du peuple juif. Crimes européens ? Crimes européens, mais pas seulement.

Question : n’avez-vous jamais entendu parler du « farhoud » ?

N’avez-vous jamais entendu parler de ce vaste pogrome commencé à Bagdad à 15 heures le premier juin 1941 ?

N’avez-vous jamais entendu parler de la tuerie qui eu lieu quelques jours plus tôt dans le village de Sandur ?  Non ? Étonnant quand même.

A Sandur, dix Juifs furent massacrés par des pogromistes. Ils n’étaient ni allemands, ni membres des centuries noires du défunt régime tsaristes, les tueurs. C’étaient des partisans du gouvernement issu du coup d’état pro allemand qui se prétendaient « républicains » et dirigeront l’Irak quelques mois, jusqu’à ce que les forces de sa gracieuse majesté britannique restaurent le régime monarchique.

Rappelons brièvement quelques faits que vous ne pouvez ignorer.

Evidemment, se souvenir du 1er juin 1941 c’est se souvenir que la shoah n’a pas commencé le 21 juin 1941, en Pologne orientale et dans les parties de l’URSS tombées entre les mains des forces allemandes et livrées aux « actions » des einsatzgruppen.

Se souvenir du « fahoud » et du massacre des villageois juifs de Sandur, c’est démentir, par les faits, que les nationalismes arabes étaient innocents du crime nazi ; c’est se rappeler que ces nationalismes en étaient d’actifs partenaires.

Le 1er juin 1941, à 15 heures, les tueries commenceront. Les Juifs de Bagdad avaient eu la mauvaise idée d’aller exprimer leur loyauté aux autorités légales irakiennes restaurées par l’action des forces britanniques. Quelques mois plus tôt, un coup d’état pro allemand avait porté au pouvoir les hommes de l’équipe irakienne associée au mufti Husseini « l’ami » et l’allié stratégique et tactique du troisième Reich. On ne sait pas assez que, quand Hitler réfléchissait à ce qu’il allait faire décider à la conférence de Wansee, le mufti Husseini lui expliqua que les Juifs devraient être exterminés partout, jusqu’au dernier.

Crime européen, crime seulement européen la shoah ?

De l’autre côté du fleuve, en Iran, des cœurs battaient à l’unisson pour souhaiter victoire au troisième Reich. Il s’agissait de ceux du jeune futur ayatollah Khomeiny et de son maître à penser. Les deux hommes voyaient, sous la moustache et la mèche du Führer, le douzième imam, l’imam caché, le « messie » de l’islam chiite. Il exterminait les Juifs, donc il était l’instrument de la victoire totale et définitive de l’islam…

Pour revenir à Bagdad, ses rues juives furent le théâtre d’affreux massacres. On tua des enfants, devant les mères. On tua les épouses devant les époux ou les époux devant les épouses. Comme pendant le pogrome d’août 1929 à Hébron et à Safed, la shoah en Irak utilisa les moyens du poignard, de la hache, du gourdin. On énucléa, on trancha des mains, on arracha des viscères, on égorgea. On ne voulait pas que tuer, on voulait faire souffrir et faire souffrir longtemps. Ces crimes, ce n’étaient pas des crimes européens. Le chiffre des victimes varie. Les estimations les plus basses donnent 185 tués et 500 blessés. Celui provenant des rescapés est plus impressionnant : 200 tués, 2000 blessés, 9000 maisons détruites. Au chiffre des victimes juives, on doit ajouter celui des irakiens massacrés parce qu’ils s’interposèrent pour essayer de sauver des voisins.

Vous ne saviez pas monsieur le Ministre ?

Vous n’aviez jamais eu connaissance de ces événements, monsieur le Ministre ?

Après 1948, quand les descendants des Juifs d’Irak, descendants directs des Juifs du Talmud Babli (le Talmud de Babylone), durent fuir le pays qui étaient devenu leur depuis presque 26 siècles, tous leurs biens furent confisqués. On décida aussi que leurs maisons seraient réservées aux réfugiés de la Palestine du mandat, fuyant, ou chassés, du théâtre de la guerre décidée et déclenchée par la ligue arabe à l’automne de 1947. 

Les survivants, -125000 Juifs qui avaient formé une communauté irakienne, depuis que les Assyro-Chaldéen avaient transféré à Babylone et ses environs des milliers d’habitants de Jérusalem et des campagnes de Judée-, durent quitter l’Irak en laissant tout ce qui leur appartenait, maison, échoppes, outils, argent, vêtements, livres religieux ou profanes, souvenirs… sans recevoir ensuite la moindre aide des Nations- Unies. Israël prit ses responsabilités et les assuma.

Monsieur le ministre des sciences et de la technologie, expliquez moi donc en quoi la shoah est un crime dont sont innocents ceux qui assument sans complexe l’héritage des Gailani-Husseini ?

Alain Rubin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:48

 

non a la banalisation de la Shoah

 

Enseignement en crise : les bourreaux de la mémoire
Par ANICA POMMERAY 
17.10.10

Une rentrée qui vire au cauchemar. A deux jours de la reprise des cours, Catherine Pederzoli, professeure d'histoire au lycée Henri-Loritz à Nancy, apprend qu'elle est suspendue pour une durée de quatre mois. Son tort : trop parler de la Shoah. Le mot est "pesé". Selon l'Inspection générale, le terme "Shoah" a été employé à
14 reprises dans le dernier dossier de préparation d'un voyage à Auschwitz, rédigé par l'enseignante. Voyage qu'elle organise depuis une quinzaine d'années.

Manifestation de soutien à Catherine Pederzoli, dimanche 10 octobre, à Paris. 
PHOTO: DR , JPOST

C'est en 2009 que les événements dérapent pour la première fois. Prévoyant d'emmener 144 lycéens visiter d'anciens camps de concentration de Pologne et de République tchèque, Catherine Pederzoli affronte l'opposition de la proviseure de son établissement. Selon l'Est Républicain, la responsable du lycée trouvait le nombre de participants trop excessif, invoquant des considérations de coût et de sécurité. La décision a toutefois immédiatement soulevé le mécontentement des étudiants. Un voyage de
80 personnes a finalement été organisé, mais les événements n'en resteront pas là. Soupçonnée d'être à l'origine du soulèvement étudiant, Pederzoli est l'objet d'une enquête de l'Inspection générale, dont le rapport, rédigé en juillet dernier, est sans équivoque : accusée d'"instrumentalisation des élèves" par des "lavages de cerveau", les inspecteurs évoquent des "manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité".

Dans un communiqué, le rectorat, de son côté, explique qu'il s'agit "d'un dossier relevant de la problématique générale de l'organisation des voyages scolaires... sans rapport avec le sujet de la transmission de l'Histoire et de la mémoire de la Shoah, à laquelle l'Education nationale est très attachée".

Erreur de débat

Cette affaire n'est malheureusement pas unique en son genre, regrette Omri Ezrati, coordinateur du comité de soutien de Catherine Pederzoli. Mis à part une mobilisation symbolique, dimanche 10 octobre, à Paris, l'action est désormais menée devant les plus hautes sphères de l'Etat. Ezrati est notamment en contact régulier avec Dominique Lunel, conseillère du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Il est confiant. Tous les espoirs ne semblent donc pas perdus pour les 27 enseignants, au total, dont l'unique tort consisterait à s'investir un peu trop dans l'enseignement d'une mémoire collective dont les derniers témoins disparaissent rapidement.

Antisémitisme primaire ou importation systématique du conflit israélo-palestinien ? Mis à part les quelques "passages maladroits" du rapport, qu'a d'ailleurs reconnu le ministère de l'Education nationale, les dossiers montés contre Catherine Pederzoli "sont fondés en partie sur des dénonciations anonymes", précise Isabelle Kersimon, l'une des représentantes du comité de soutien. "Sur les 27 enseignants que nous suivons, il faut savoir que seulement deux sont juifs", poursuit Ezrati. "Il s'agit de Musulmans et de Catholiques aussi, qui prennent sur eux d'enseigner cette mémoire et qui finissent par être victimes d'un véritable harcèlement moral !"

Au moment de défendre les initiatives prises par Pederzoli et tant d'autres, les arguments traditionnels refont surface, comme des évidences : "Il n'y a pas que les Juifs qui ont souffert" ou encore "Et les voyages à Gaza, c'est pour quand ?". La guerre des souffrances, ou le débat à son niveau le plus bas. Preuve de la véritable incompréhension de ce qui se trame derrière tout cela.

La question reste désormais de savoir quel avenir sera accordé à l'enseignement de la Shoah. Car, si la majorité des professeurs sanctionnés dans ce genre de cas ont aujourd'hui retrouvé leurs postes, ils refusent de prendre les mêmes "risques" qu'auparavant. "En général, une fois réintégrés, ils ne veulent plus entendre parler de Shoah", explique Ezrati. "D'autres voient ce qui se passe, mais refusent de parler, de peur d'avoir des problèmes." Et des problèmes, en général, il y en a.

Les mesures prises contre Catherine Pederzoli sont, certes, le fruit d'un rapport officiel datant d'il y a quelques mois, mais son calvaire a commencé bien avant : "rumeurs sur sa vie privée, examens psychiatriques...", évoque le comité de soutien. La suspension de la professeure d'histoire ne semblait finalement qu'une question de temps. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement une lutte pour la réintégration et la réhabilitation des enseignants accusés injustement que mènent Ezrati et ses collaborateurs, mais pour la sauvegarde d'un enseignement digne des principes républicains. En projet : la création d'un observatoire d'enseignement des mémoires - "non seulement de la Shoah, mais aussi des génocides arménien et rwandais, ainsi que de l'esclavage. Car, toutes les mémoires sont aujourd'hui encore très difficiles à enseigner", déplore le responsable du comité. "Il faut agir vite", conclut-il. Le combat semble encore long, mais, comme le rappellent ses plus fervents porte-drapeaux : "Les jeunes, eux, sont là. Et ça, c'est rassurant."

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 16:26

 

 

Ce mois-ci je vous propose de découvrir l'ouvrage de Cathie Fidler

 

histoires-floues.jpg

 

 


L’auteur :

Cathie Fidler est née en 1947, à Nice, ville où elle s’est enracinée. Issue d’une famille d’émigrés, elle éprouve un attachement très fort pour sa région, celle où les siens ont choisi de s’installer avant sa naissance. Les saveurs du verbe, de la cuisine, de la lumière méditerranéennes ont imbibé sa vie, et sans doute son écriture, tout autant que l’Europe plus nordique de ses ancêtres, ou que les pays anglophones dont elle a longtemps enseigné la langue et la culture. Ce sont ces recettes multiculturelles qu’elle souhaite faire goûter à ses lecteurs.

Le roman :

HISTOIRES FLOUES

Ce sont trois histoires au format un peu inhabituel, à mi-chemin entre la nouvelle et le roman. Un format courant en anglais, moins fréquent en France.

 

Elles s’intitulent :

Au bout de l’impasse

La gratitude du ouistiti

Un saut en arrière

 

Elles se passent toutes les trois sur fond d’occupation de la région de Nice, et mettent en scène des survivants de la traque des Juifs, et leurs descendants.

En filigrane de situations fictives, un arrière-plan historique et géographique a été soigneusement documenté.

 

Il y est question de recherche de secrets, de la curiosité légitime des enfants pour tout ce qui touche à l’histoire personnelle de leurs parents, mais aussi de prendre la mesure de tout ce qui n’était pas si clair, à cette époque-là. Les « méchants » étaient certes très méchants, mais l’un d’entre eux s’avère un « presque Juste », et les « gentils » ont aussi leurs zones d’ombre.

Les descendants des victimes sont-ils tentés de rendre leur propre justice ? Comment s’en sortent-ils ?

Les descendants des délateurs sont-ils indemnes, des décennies plus tard ?

Comment vivre en paix avec soi-même, avec ce passé familial ? Et aussi, comment oublier un premier amour tragiquement achevé, et occulté pendant toute une vie ?

 

Ce sont autant de questions posées par ces histoires, par leurs personnages attachants, avec des fils conducteurs inhabituels et un ton à la fois émouvant et percutant.

 

Septembre 1943. Les Nazis ont envahi la zone dite « libre » et traquent les Juifs. Dissimulée dans un placard, la petite Elsie Oppenheimer entend des hommes emmener ses parents, et leurs protecteurs. Elle ne les reverra jamais… Ainsi débute AU BOUT DE L’IMPASSE.

Où sont les héros, où sont les lâches, et quelles furent leurs motivations ? Voilà ce que les survivants et leurs descendants tenteront de découvrir dans chacune de ces HISTOIRES FLOUES, ancrées dans les Alpes-Maritimes sous l’occupation.

Ces trois récits ont en commun la recherche d’une vérité passée, et si les histoires sont floues, c’est que le souvenir comme les perspectives le sont. Chacune nous plonge dans un passé douloureux, voire honteux, dont la mémoire déformée et déformante se transmet bien longtemps après la mort des protagonistes.

Note de l'éditeur  - En savoir plus sur l'ouvrage ICI

-------------

 

 [...]

Il faudra lire les trois nouvelles de ce recueil pour que le flou annoncé se dissipe..

[...] Il ne s’agit pas ici d’un butin hétéroclite amassé au fond d’une caverne obscure dans l’attente d’une hypothétique mise au jour qui resterait à interpréter mais plutôt de lambeaux d’humanité arrachés ici et là, et qui finissent par faire sens grâce à l’imagination et au talent de narratrice de Cathie Fidler.

 

Au fil de l’ouvrage, l’écriture se fait claire, nerveuse comme pour faire écho à l’urgence du propos. Cathie Fidler sait faire exister ses personnages en quelques traits tout en leur donnant une substance, une épaisseur toute charnelle.

Ce qui émerge de cet habile entrelacement de récits et de vies recousues c’est la nécessité d’une parole rédemptrice qui, seule, pourra rendre à l’homme, même au-delà de son existence, la dignité souillée par les circonstances de la vie et les faiblesses humaines.

Michel Borla.

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Mémoire des années de peste brune

Par Albert Bensoussan

 

La peste brune dont nous voulons ici parler – et qu’on ne finirait pas d’évoquer tant elle persiste et signe du sang juif – désigne la catastrophe hitlérienne déclenchée le 30 janvier 1933, quand un obscur caporal et peintre du dimanche prend le pouvoir en Allemagne et y installe, sous le regard indifférent des autres pays d’Europe, un régime de terreur.
Ses nervis et zélateurs ont revêtu pour uniforme une chemise brune. Un journaliste français, Daniel Guérin, va se rendre sur place et en rapporter un reportage qu’il intitule La peste brune, publié en 1934. Mise en garde dont nos gouvernants incrédules ne tinrent pas compte. Sachons bien, aujourd’hui encore, et peut-être plus que jamais, que les gouvernements face aux génocides et exterminations en tout genre sont, dans le meilleur des cas incrédules, et lâches dans le pire. Tout en gardant bonne conscience. On sait, par exemple, aujourd’hui que les Alliés étaient parfaitement informés de l’existence des camps de concentration et des fours crématoires, et pourtant ils n’ont rien fait. D’autres chats à fouetter, l’égoïsme, l’intérêt de chacun, la veulerie, on expliquera cela comme on voudra.

C’est pourquoi nous ne nous lasserons pas d’accueillir des témoignages sur ces années noires – on peut les qualifier ainsi, tant la couleur brune vira vite au noir – et d’entendre tout ce qui s’écrit sur cette époque déjà lointaine, et pourtant si présente encore à notre mémoire. Je me rappelle, par exemple, qu’à Alger, au début des années quarante et alors qu’on ne savait pas encore qu’un plan de recensement des Juifs d’Algérie avait été établi en vue d’une future déportation, ma mère avait déposé chez une voisine deux valises, l’une pour ma sœur (qui, depuis, a sagement fait son alya) et l’autre pour moi, afin que nous puissions survivre, clandestinement et sous une autre identité. Eh bien, nous recevons aujourd’hui, sur ce même sujet, un recueil de nouvelles intitulé Histoires floues, de la plume de Cathie Fidler, qui nous remet en mémoire, avec justesse et émotion, ces années de peur et de persécution.

Trois nouvelles composent ce récit qui prend sa source en septembre 1943, quand les Nazis, au mépris des accords passés avec Pétain, ce vieillard gâteux qui « avait fait don de son corps à la France », comme il l’avait pompeusement et niaisement déclaré au lendemain de l’armistice du 22 juin 1940, envahirent la zone libre, cet espace rétréci de Vichy à Toulon où tant des nôtres avaient trouvé refuge après l’invasion de la partie nord de la France. Les Allemands, on s’en souviendra, avait aboli cette frontière de refuge et de liberté quelques jours après le débarquement des Alliés à Alger (sur la plage de Sidi-Ferruch) le 8 novembre 1942. Cathie Fidler nous montre là la traque des Juifs, ceux qui se cachent dans des réduits, voire dans des placards, à l’instar d’Anne Franck à Amsterdam, et puis les délations ignominieuses, la fabrication de faux papiers, les déguisements, les identités secourables, les trafics en tout genre, les courses poursuites, la libération enfin, et les cahots – ou le chaos – de l’Histoire avec sa grande Hache meurtrière. De ces récits, nous retiendrons tout particulièrement l’histoire de la petite Etsie Oppenheimer qui a accompagné ses parents depuis l’Allemagne jusqu’au havre de Nice. Depuis l’effacement de la zone libre, ceux-ci, en prévision du pire, ont aménagé une cachette derrière une armoire, et y enferment périodiquement, pour s’y accoutumer malgré l’exiguïté, leur petite fille et son frère aîné. Celui-ci un beau jour, las de se cacher, parviendra à s’enfuir et, plus tard, depuis l’Angleterre, tentera de retrouver sa petite sœur qui, elle aussi, grâce à la prévoyance paternelle, s’en tirera. Un vilain jour (car on ne saurait dire ici un beau jour), les parents alertés par le vacarme d’une descente policière, poussent violemment la fille dans le placard et sous sa cachette en lui recommandant d’y rester sans faire le moindre bruit. Ils disparaîtront définitivement dans la rafle et la fillette, après un long temps de silence, d’obscurité et de peur, sortira enfin au jour et sera recueillie par une voisine bienveillante qui la confiera à un couvent « charitable ». Mettons-y des guillemets car l’auteur soulignera ensuite que la petite a été catéchisée et ne sera rendue par les « bonnes » sœurs qu’à contrecoeur : elle était déjà si douée pour la religion, cette petite ! (On pense évidemment à la fracassante affaire Finaly, ces deux enfants confiés à une institution catholique par des parents qui finiront à Auschwitz, et qui seront baptisés bien malgré eux, avant de rejoindre, au terme d’une recherche rocambolesque et d’un procès retentissant, leur vraie famille en Israël). La pièce maîtresse de ce récit est la lettre de délation, retrouvée après coup. Voici ce texte de corbeau, dont on peut penser qu’il est la pierre angulaire du livre, et peut-être même un document historique : « Nice, le 26 août 1943. A l’attention des Autorités Compétentes. Les époux Bacino cachent des Juifs dans leur maison du Chemin de la Conque Prolongé. Quand allez-vous enfin vous décider à nous débarrasser de cette vermine ? » Cette ignoble lettre de dénonciation entraînera, d’ailleurs, un règlement de compte tardif, mais définitif, car la délatrice sera punie : la fiction, c’est là aussi son mérite, permet ce luxe là, non pas d’établir la vengeance, mais de rétablir la justice. Et nous sommes réconfortés par ces textes de Cathie Fidler, si bien écrits, si joliment contés, si efficaces.
Albert Bensoussan


Albert Bensoussan est le traducteur en français de Mario Vargas Llosa le nouveau prix Nobel de littérature. 

(Témoignage paru sur .terredisrael.)

 

Parole à l'auteur

 À PROPOS DE QUELQUES HISTOIRES FLOUES

 

 

Voilà ce que j’ai envie de dire pour vous donner envie de lire mes Histoires floues :

 

D’abord que ce sont des histoires qui ne sont ni trop longues, ni trop courtes. Pas des nouvelles, et pas des romans. Il y en a trois, d’environ 70 pages chacune. De quoi fragmenter la lecture quand on a peu de temps à y consacrer, mais attention, il paraît que quand on en commence une, on ne peut pas la lâcher !

 

La première, Au bout de l’impasse, met en scène une petite fille cachée dans un placard par ses parents, qui sont, eux, arrêtés suite à une dénonciation. Vont graviter autour de la maison qui les avait abrités, voisins, voisines, religieuses du couvent, médecin, acteurs, témoins et survivants. Chacun avec sa vision, pas très claire, un peu floue de ce qui s’est passé en ces journées tragiques de 1943, à Nice, et dans les années qui ont suivi.

J’ai aimé y faire parler les personnages dans la langue de la région, avec ses particularismes savoureux, que mon éditeur cherchait à corriger, mais inutile de dire que j’ai tenu bon !

 

 

La seconde, La Gratitude du Ouistiti, montre une femme, Gaby, (née après la guerre) en quête de la vérité concernant l’homme qui, paraît-il, a sauvé sa famille en 1942, en leur fournissant de faux papiers. C’était le maire du village. Une belle action – sauf que l’homme était entouré de pas mal de flou aussi. Quelles étaient ses motivations réelles ? On les devine, elles n’étaient pas de l’ordre du moral. La vie du village, les petites lâchetés, les retournements de ses habitants en fonction des circonstances, y sont révélés.

Gaby fouille la vie de ses parents, avec la curiosité que nous avons tous pour la jeunesse de nos parents. Elle découvre ce que c’était de « danser sur un volcan », quand le monde entier autour de soi n’était que terreur - et ses convictions en sont ébranlées.

 

Quant à la troisième histoire, Un saut en arrière, elle se passe à Cannes pendant les journées de libération de la ville. Elle met le projecteur sur une histoire d’amour tragique, également découverte par la fille d’un des personnages, tandis qu’elle nous promène entre Cannes et Vancouver, au Canada, où un autre survivant a occulté un passé héroïque et lâche à la fois. La vie et la mort de parachutistes alliés, leur combat courageux, sont également un des pivots de cette histoire, dont j’ai voulu que l’arrière-plan soit extrêmement documenté sur le plan historique et technique, comme pour les autres, du reste.

 

 

Dans les trois cas, la curiosité taraude les descendants : ils fouillent, encore et encore, le passé de leurs parents, de leurs grands-parents - pour découvrir, au fond d’une vieille boîte ou d’une antique valise, les traces enfouies de ce qui a pu leur arriver, avec l’espoir fou de lever le flou qui entoure cette période. Les choses étaient-elles aussi simples qu’on le pense parfois ?

 

Le lecteur saura-t-il en suivre le fil, résoudre les énigmes, et y voir plus clair ?

Peu importe, car ainsi que le dit un des personnages, ce sont les questions qui comptent, pas les réponses. N’est-ce pas ?

 

Cathie Fidler

Histoires floues, Éditions Aparis-Edilivre, collection Coup de Cœur, 2009.

Disponible sur le site de l’éditeur, ou en librairie, sur commande.

En savoir plus sur l'ouvrage ICI

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 08:04

 

 

non a la banalisation de la Shoah

Rassemblement de soutien à Catherine Pederzoli le dimanche 10 octobre 


Le comité de soutien organise un rassemblement de soutien à Catherine Pederzoli devant le ministère de l'Education nationale le dimanche 10 octobre à 15h. Mobilisez autour de vous !


Rassemblement de soutien à Catherine Pederzoli le dimanche 10 octobre à 15h devant le ministère de l'Education nationale
Le comité de soutien de Catherine Pederzoli appelle à un rassemblement de soutien le 10 octobre à 15h devant le ministère de l'Education nationale, 110 rue de Grenelle à Paris 7ème, pour réclamer la réintégration immédiate de l'enseignante suspendue et celle de tous les enseignants victimes de sanctions pour avoir organisé des voyages de la Mémoire. 

Le comité de soutien compte sur la mobilisation générale de tous ses membres. 

Voir le site du rassemblement 



Comité de soutien

      http://www.soutenonscatherine.fr/

 

 

Quand l'AFP et l'Est républicain se font l'avocat et le relais des ligues négationnistes, de Dieudonné à l'extrême-droite, par la mise en cause de l'intégrité de Catherine Pederzoli.

Alors évidemment, le monde et les officines reprennent l'AFP

 
Puis
chez les négationnistes bien sur

 

lire le dernier article

>L'AFP et L'Est Républicain se font le porte-parole des diffamations d'un syndicat, le SNPDEN-UNsa

 

Catherine Perderzoli reçoit tous le jours de plus en plus de soutien de nombreuses associations notamment celui du Collectif van.

voir sur le site

http://www.soutenonscatherine.fr/

 

 

 

Info Collectif VAN -www.collectifvan.org - Aux côtés du Comité de soutien à Catherine Pederzoli, le Collectif VAN appelle à se joindre au rassemblement qui aura lieu ce dimanche 10 octobre 2010 à 15 heures, aux abords du ministère de l’Education nationale à Paris (rendez-vous angle rue de Grenelle et rue de Saint-Simon – Paris 75007 – Métro Bac) : « Soutenons Catherine Pederzoli, professeur d’Histoire à Nancy, suspendue pour les voyages à Auschwitz qu’elle a organisés, et soutenons tous les enseignants et personnels de l’Education nationale ayant été sanctionnés pour les mêmes motifs. Alertons les pouvoirs publics sur les difficultés à pouvoir aborder sereinement dans les établissements scolaires, la question de la Shoah mais aussi celle de tous les génocides, à l’instar du génocide des Arméniens. » 



COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF VAN [VIGILANCE ARMENIENNE CONTRE LE NEGATIONNISME] – 4 OCTOBRE 2010 – 19:15 


Le Collectif VAN se joint au rassemblement de soutien à Catherine Pederzoli 

Le Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] a rejoint le mercredi 29 septembre le Comité de soutien à Catherine Pederzoli, professeur d’Histoire-Géographie à Nancy, suspendue pour son travail pédagogique sur la Shoah, mot qu’on lui reproche d’utiliser au lieu de « génocide ». Le Collectif VAN demande la levée immédiate de la sanction incompréhensible qui frappe l’enseignante. 

Le Collectif VAN rappelle qu’à 58 ans, Madame Catherine Pederzoli-Ventura a toujours obtenu de ses élèves d’excellents résultats et a toujours été très bien notée. Concernant les faits qui lui sont subitement reprochés, il note que Madame Pederzoli n’a fait que suivre les principes ministériels, en ligne sur l’un des sites de l’Education nationale. Le site http://www.shoah.education.fr/ est depuis 2008 consacré à l’enseignement de la Shoah. On y lit entre autres : « Enseigner la Shoah, c’est transmettre une mémoire et un savoir historique pour faire acquérir aux élèves une connaissance précise de ce crime majeur perpétré en Europe. » 

Le Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] souligne l’importance de la transmission de la mémoire et de l’Histoire de la Shoah, et au-delà, de celles de tous les génocides et crimes contre l’humanité. Comme l’estime l’International Association of Genocide Scholars, c’est par l’éducation et par la sensibilisation aux génocides, au négationnisme, à l’antisémitisme, à la discrimination et au racisme, que les jeunes d’aujourd’hui peuvent se préserver des tentations totalitaires auxquelles ils pourraient être confrontés demain. A ce titre, le travail de Catherine Pederzoli-Ventura mérite d’être salué. 

Le Collectif VAN unit sa voix à celles de ses élèves : « Nous souhaitons que madame Pederzoli puisse retourner dans ses classes pour enseigner ce qui la passionne, l’histoire. » 

Aux côtés du Comité de soutien à Catherine Pederzoli [www.soutenonscatherine.fr], le Collectif VAN appelle à se joindre au rassemblement qui aura lieu ce dimanche 10 octobre 2010 à 15 heures, aux abords du ministère de l’Education nationale à Paris (rendez-vous angle rue de Grenelle et rue de Saint-Simon – Paris 75007 – Métro Bac) : 

« Soutenons Catherine Pederzoli, professeur d’Histoire à Nancy, suspendue pour les voyages à Auschwitz qu’elle a organisés, et soutenons tous les enseignants et personnels de l’Education nationale ayant été sanctionnés pour les mêmes motifs. Alertons les pouvoirs publics sur les difficultés à pouvoir aborder sereinement dans les établissements scolaires, la question de la Shoah mais aussi celle de tous les génocides, à l’instar du génocide des Arméniens. » 

Le Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] a annoncé sa création le 8 mai 2004, jour symbolique de la victoire sur le Nazisme. Il a pour vocation essentielle de lutter contre le négationnisme des génocides et en particulier celui du génocide arménien perpétré en 1915 dans l’Empire ottoman, et toujours nié à ce jour par la République de Turquie. Le Collectif VAN s’emploie à « Lutter pour la Justice, l'égalité des droits et le respect de la dignité humaine, combattre toutes les formes d'exclusion, de discrimination fondée sur l’origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse, combattre toutes les formes d'intolérance, combattre le racisme, le négationnisme, l’antisémitisme et la xénophobie. » Le Collectif VAN organise chaque année en avril, à l’occasion des commémorations du génocide arménien, une « Journée de Sensibilisation aux génocides et à leur négation » avec le soutien de dizaines d’associations des droits de l’homme de France, de Turquie et d’Allemagne (juives, turques, kurdes, tutsies, darfouries, chypriotes, grecques et assyro-chaldéennes-syriaques). 

Séta Papazian, Présidente 
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] 

http://www.collectifvan.org 

 

L’UPJF, Agir Ensemble et le Collectif d’Urgence demandent la réintégration de Catherine PEDERZOLI, professeur d’Histoire-Géographie à Nancy sanctionnée pour avoir enseigné la Shoah. Devant ce scandale qui porte atteinte à la Mémoire du génocide Juif, l’UPJF, Agir Ensemble et le Collectif d’Urgence et bien entendu toutes les associations qui voudront nous rejoindre, appellent à manifester massivement devant le Ministère de l’Education Nationale 110 rue de Grenelle 75007 Paris. Rendez-vous donc le dimanche 10 octobre à 15h pour dire ensemble : « Non à la banalisation de la Shoah ! ».

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 06:04

 

 

AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20101003/tfr-juifs-statut-document-klarsfeld-56633fe.html


 

Un exemplaire du projet de statut des Juifs du 3 octobre 1940, portant des annotations de Philippe Pétain qui durcissent le texte, vient d'être découvert, selon l'avocat Serge Klarsfeld. Pour lui, ce document apporte "la preuve décisive" que ces mesures anti-juives prises par le régime de Vichy venaient de "la volonté même du maréchal Pétain".Lire la suite l'article


Cet exemplaire est "important" car il "montre que Pétain a participé" à la rédaction du statut "dans le sens de l'aggravation" des mesures prévues par les rédacteurs du projet, a-t-il ajouté. "Au fond de lui-même, il était antisémite et n'a pas défendu les Juifs français dans la mesure où il a pris l'initiative de les persécuter".Cet "original", "annoté par la main du maréchal Pétain", est "arrivé au Mémorial de la Shoah, il y a quelques jours, par un donateur qui entend rester anonyme", a expliqué dimanche Serge Klarsfeld par téléphone à l'Associated Press, en se disant "absolument" certain de l'authenticité de ce document.

"Le statut des Juifs" du 3 octobre 1940 est "un statut qui a été pris sans pression des Allemands, sans demande des Allemands, un statut autochtone. Et maintenant, on a la preuve décisive que c'est la volonté même du maréchal Pétain", a insisté sur France Info le fondateur de l'association des fils et filles de déportés juifs de France.

"Jusqu'à maintenant, on ne disposait que d'un témoignage" en ce qui concerne "le rôle de Pétain dans le statut des Juifs", a rappelé Serge Klarsfeld. Il s'agissait de celui de Paul Baudoin, le ministre des Affaires étrangères de l'époque. Après la guerre, il a déclaré: "le statut a été étudié pendant deux heures, c'est le maréchal qui se montre le plus sévère: 'pas un Juif dans la justice, pas un Juif dans l'enseignement'", a rapporté Serge Klarsfeld sur France Info. "Mais ça, c'est le témoignage de Paul Baudouin. On pouvait à la rigueur le mettre en doute. Là, il est renforcé par Pétain lui-même, puisque c'est de sa main qu'il prend ces mesures anti-juives qui sont extrêmement graves".

En effet, selon Serge Klarsfeld, les annotations manuscrites portées sur le texte "suppriment un certain nombre" d'exemptions "qui ont été faites pour les Juifs, pour avoir accès aux fonctions publiques en particulier". "Par exemple, les rédacteurs du projet n'avaient prévu dans l'enseignement que les proviseurs, les directeurs d'établissements scolaires, les recteurs d'académie, les inspecteurs. Eh bien Pétain, de sa main, ajoute 'tous les membres du corps enseignants' et c'est ce qu'on retrouve dans le statut".

De même, une exemption avait été "prévue pour les Juifs qui sont français, descendants de Juifs nés français ou naturalisés avant 1860". Cette exemption "est supprimée du crayon même du maréchal Pétain", a observé Serge Klarsfeld.

Et de confier à l'AP: "Beaucoup de défenseurs de Vichy disaient qu'il a toujours protégé les Juifs français de vieille souche. On voit là qu'il prend l'initiative de les rayer de l'exemption et de les soumettre" aux "mesures discriminatoires, que même les Allemands ne demandent pas d'ailleurs".

Autre annotation apportée au texte, sur les élections. "Les rédacteurs du projet n'avaient pas prévu les élections, c'est-à-dire que les Juifs pouvaient être députés, sénateurs, membres du conseil municipal etc.... Pétain ajoute de sa main que les Juifs ne peuvent pas faire partie d'assemblées issues d'une élection", a précisé Me Klarsfeld.

Pour lui, c'est bien Pétain qui a écrit ces annotations: "l'écriture de Pétain est caractéristique, il n'y a qu'à regarder le document pour savoir si c'est authentique ou pas, on a pris bien entendu le spécimen d'écriture de Pétain pour comparer", a-t-il assuré à l'AP.

"D'autre part, toutes les modifications qui sont apportées par Pétain se retrouvent dans le texte définitif de la loi", a-t-il dit à l'AP, précisant n'être "pas entré en contact" avec le donateur "parce que lui-même n'est pas expert".

Serge Klarsfeld, également vice-président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, a expliqué avoir été "tout de suite prévenu" par le Mémorial de la Shoah situé à Paris de l'arrivée du document. Celui-ci "restera comme des milliers de documents originaux au Memorial" qui est le "dépositaire de tout souvenir, documentaire, photo ou autre, concernant le sort des Juifs en France, essentiellement pendant cette période", a-t-il souligné. AP 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 12:43

 

HOMMAGE AU POÈTE DISPARU MORDECHAÏ GEBIRTIG, A SA VILLE KAZIMIERZ

Merci à Danilette 

 

REGARDEZ CES VISAGES D'ENFANTS QUI ONT PRESQUE TOUS PERIS DANS LA SHOAH, seuls quelques uns ont survécu à l'extermination.
Cette chanson est interpretée par la chanteuse norvégienne juive (et actrice) Bente Kahan, élevée dans la tradition yiddish.
La chanson a été écrite par le poète Mordechaï Gebirtig, assassiné par les nazis dans le ghetto de Cracovie en 1942. La chanson s'appelle "Kinder-johren", "Enfance" et parle de son enfance et de sa jeunesse dans sa petite ville de Kazimierz (le quartier juif de Cracovie).
On voit également dans ce clip des photos de la ville de Kazimierz.

Page vidéo danilettte

 


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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 05:46

(Mise à jour quotidienne)

Publié le 30.06.2010

dans 

Bann-logo-M.iranienne.jpg


 

 

 

BANNERALDO

 

 

 

Iran : l'heure de vérité approche

 

Par Aldo-Michel Mungo

 

pour aschkel.info et lessakele

 

 

Face à l'entêtement iranien, peut-on imaginer une action au delà des sanctions économiques ?

On sait que ces dernières ont montré dans le passé qu'elles pouvaient aisément être contournées. A moins d'être sourd et totalement aveugle, on devrait être désormais en mesure de discerner que l'Iran ne veut plus qu'une seule chose : la guerre. L'Iran cherche la guerre. Il finira par l'avoir. Mais seuls les Américains ont la capacité militaire de mener une intervention brutale.

 

Elections truquées, prise du pouvoir par la frange la plus radicale de l'islamisme iranien, répression de toute opposition, arrestation d'opposants politiques, refus de compromis avec les principales puissances de la planète et affirmation que la fuite en avant vers le nucléaire continuera.

Mais que cherchent les dirigeants iraniens?

La confrontation ? Dans ce jeu, ils ne peuvent que tout perdre. Sont-ils fous ? Pour comprendre le jusqu'au-boutisme du pouvoir iranien il faut intégrer des données relatives aux croyances des Chiites.

Pour ceux-ci I'Imâm Mahdi, dit Imam az- Zaman (Maître des temps), le douzième Imam, qui fut occulté (caché) par Allah au 9ème siècle, survit de façon mystique et demeure le pôle du monde. Il réapparaîtra à l'issue de l'apocalypse pour faire régner la justice, la paix et la prospérité sur la planète.

La spécificité historique de l'Iran chiite, isolé depuis des siècles de ses voisins arabes sunnites s'est nourrie de cette croyance. Mais au sein du Chiisme iranien s'opposent deux écoles de pensée,celles des Sadeghis et celle des Hojjatiye. Cette dernière professe que le retour du Mahdi sera accéléré par l'extension du désordre qui doit aboutir à l'Apocalypse.

Ils préconisent de participer activement à cette accélération des évènements. Ce sont des millénaristes messianiques qui s'agrègent autours de quelques ayatollahs ultraréactionnaires.

A partir de 1979, les Hojjatiye infiltrent toutes les institutions révolutionnairescomme les Pasdaran, le renseignement militaire et l'assemblée consultative. Mais depuis le décès de l'Ayatollah Khomeiny, ils ont pris le contrôle complet de l'ensemble de l'appareil d'Etat. Au sommet, l'Ayatollah Khamenei, le Guide spirituel de la République, la plus haute autorité politique iranienne, est celui qui décide et dispose; à la présidence de la République, Amhadinedjad ; à la présidence de l'Assemblée, Larijani, ancien négociateur nucléaire ; tous sont des Hojjatiye. L'ensemble du corps des Pasdaran (Gardiensde la Révolution) l'est également, ainsi que tout l'encadrement des structures étatiques.

 

Lire la suite :

  ici bleu

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 12:15

Merci à H.L et à D.K

pour aschkel.info et lessakele

 

 

Froid dans le dos.......... encore et toujours !!!!!!

 

Gardez a l'esprit .......qu'il n'y avais pas que des nazis, la majorité d'entre eux étaient de bons allemands !!!!

 

Diaporama exceptionnel - Photos oubliées de 1939/40 du IIIème Reich

 

Photos du magazine Life [Allemagne 1939-1940]

Ces photos ont été prises par un photographe de la vie entre 1939 et 1940 à Berlin et ont été perdues plus de 50 ans parce que le photographe américain a disparu au début de la guerre, avec son appareil photo Roliflex.

Voici les originaux (utilisés à cette époque dans la production de magazines). La majorité sont des 6 "x 9". Ils ont été trouvés par une infirmière dans un hôpital de Berlin, qui  les a rangé et gardé soigneusement pendant toutes ces années. Après sa mort, sa fille les a retournés  à la rédaction actuelle du magazine Life, qui en conserve tous les droits , ils  n'ont pas été publiés depuis le début des années 70.


 

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 12:28

 


Le Vatican cache et défend les assassins en fuite(Suite)

Par 

Par Alexis Adrianis de Toute Vérité est bonne a lire

Première partie de l'enquête

Odessa et le “couloir du vatican” – opération “couvent” – des criminels de guerre

protégés et cachés par le clergé de l'Eglise Catholique

 


 

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La hiérarchie catholique a multiplié les interventions les plus compromettantes en faveur de ceux qui, après avoir pratiqué durant tant d’années le massacre systématique, se trouvaient enfin sur le point d’expier leurs forfaits. On a pu constater aussi que ces efforts n’avaient pas été vains, et que la papauté pouvait ajouter à la gloire d’avoir hissé les hommes de sang au pouvoir celle de les avoir soustraits au châtiment autant qu’il lui a été possible.

 

Cette attitude “charitable” aura eu comme principal résultat de rendre à la liberté – et partant à l’activité – quelques uns des plus dangereux criminels que le monde ait connus. Sachant ce que l’on sait, il est difficile de ne voir là qu’un résultat fortuit. Mais, outre les criminels arrêtés et déférés aux tribunaux, il y avait ceux qui purent disparaître à temps, il y avait les fuyards. Il était dans le droit fil de la logique que la charité chrétienne du Saint-Père s’exerçât aussi en leur faveur.

 

De fait, cela n’a point manqué. «Dans les milieux du Vatican, on déclare que l’Église se doit d’aider tous ceux qui s’adressent à elle et que la création d’une “Commission pontificale d’assistance”, destinée à secourir les réfugiés politiques, poursuit précisément ce but.» – Franc-Tireur, 18 mars 1947

 

Ainsi les assassins en fuite sont devenus, par un euphémisme opportun, “réfugiés politiques”. Si ces gens-là ont déporté, massacré – et même incinéré, n’en déplaise au Saint-Père – quelques millions de leurs semblables, ce n’était, après tout, que par conviction “politique”. Il serait d’un esprit mesquin de les confondre avec des criminels de droit commun, et l’Église s’en garde bien.

 

C’est donc avec une conscience pure qu’elle peut recueillir et cacher au plus profond des monastères tous ces proscrits qui demandent asile. Cependant, l’élasticité de cette casuistique soulève un peu partout des protestations véhémentes.

 

Conspirateurs en soutane

 

«Cinq supérieurs de divers ordres sont arrêtés, ainsi que le président de la Jeunesse catholique. Des perquisitions dans de nombreux couvents, où se cachaient des traîtres, amènent la découverte d’un vaste réseau dont les fils remontent jusqu’au Vatican… et voilà que l’Église s’en mêle. Voilà qu’elle a, elle aussi, son complot, ses conspirateurs en soutane; ses organisations clandestines, ses entreprises de faux papiers, ses relais et ses chaînes pour l’évasion et la mise hors d’atteinte au delà de nos frontières de ceux que les cours de justice recherchent. C’est la main tendue aux collaborateurs et aux traîtres. Il était déjà de notoriété publique que les couvents pratiquaient avec persévérance le droit d’asile le plus large et le plus attentif en faveur de tout ce qui avait appartenu à la Milice, à la L.V.F., à la Gestapo, pour peu que les ressortissants sachent frapper à la bonne porte et selon le signe convenu… Le départ de la chaîne, le premier maillon vient d’Italie.» – Franc-Tireur, 18 mars 1947

 

Après cela et tout ce que l’on sait du triste rôle joué par les représentants de l’Église en Pologne, en Slovaquie, en Croatie et dans tous les pays tombés sous le joug allemand, on est assez surpris de certaine déclaration, à tout le moins osée.

 

Au cours d’un sermon à Notre-Dame de Paris, le rév. père Riquet déclare: “Si nous ne sommes pas le parti des fusillés, nous sommes depuis 2000 ans le parti des martyrs… ” – Georges Altman: Sauver les bourreaux au nom des victimes. Est-ce là ce qu’admet le R.P. Riquet? (Franc-Tireur, 22 mars 1947)

 

Hum! Le révérend père n’aurait-il pas oublié dans son compte les Albigeois, les Vaudois, les camisards et les “incinérés” de la Sainte Inquisition?

 

Mais passons… À cette affirmation pour le moins téméraire, M. Georges Altman rétorque vivement: «… Tandis que l’Église officielle et la plupart de ses hauts dignitaires pactisaient avec la trahison, des chrétiens laïques et religieux sauvaient l’honneur de leur foi. Or, c’est sans doute à quelques assassins de résistants chrétiens aussi que les couvents du complot des soutanes ont ouvert leurs portes; ce sont des bourreaux, des tortionnaires avérés, que certains moines, aujourd’hui, accueillent et font passer à l’étranger, ce qui dépasse singulièrement la charité. Si des croyants et des prêtres ont compensé la servilité de tant d’évêques qui rendaient à Hitler ce qu’on doit à César, qu’on ne nous fasse pas croire que l’Église et que le Vatican ont été à la pointe du combat contre l’horreur nazie et l’infamie vichyssoise. Il est heureux, mais normal, que des couvents, jadis, aient abrité des innocents ou des combattants qui défendaient l’homme contre l’enfer. Mais il est scandaleux de confondre aujourd’hui les victimes et les bourreaux. Et, vraiment, entre l’oubli des crimes que prêche certaine politique et l’asile aux criminels que l’Église admet, où le sang des martyrs trouvera-t-il donc justice?» – Georges Altman: Sauver les bourreaux au nom des victimes. Est-ce là ce qu’admet le R.P. Riquet? (Franc-Tireur, 22 mars 1947)

 

 

En Yougoslavie aussi, des protestations s’élèvent

 

Le 1er février 1947, la Yougoslavie adresse au Saint-Siège deux notes: l’une demandant l’extradition de cinq criminels de guerre collaborationnistes yougoslaves, réfugiés au Vatican, l’autre protestant contre “les facilités accordées par le Saint-Siège au transport en Amérique du Sud de sujets yougoslaves réclamés par leur pays comme criminels de guerre”. Cette dernière note précise que le gouvernement yougoslave est informé que le bateau italien “Andrea Griti”, qui a quitté Gênes le 29 décembre 1946 et fait escale à Naples le 31 du même mois, a emporté en Amérique du Sud un grand nombre de Yougoslaves recherchés, aussi bien par la police yougoslave que par les autorités américaines, comme criminels de guerre. Parmi eux se trouvaient trois ministres d’Ante Pavelitch, chef du gouvernement collaborationniste croate, ainsi que le général Canitch et d’autres collaborationnistes notoires.

 

Ainsi que le rappelle fort justement la note yougoslave, l’activité “charitable” duVatican viole ouvertement les accords internationaux, qui prévoient la livraison des criminels de guerre à la justice, et non leur sauvetage.

 

Mais Pie XII n’a cure des accords internationaux, et les Yougoslaves sont mal venus d’oser faire de la morale à celui qui se dit, de par le dogme, infaillible en cette matière. Au surplus, il le fait bien voir.

 

 

Les enfants de Martin Bormann sont reçus par le Saint-Père

 

«Selon Il Tempo, qui dit tenir son information de sources “très proches du Vatican”, Martin Bormann serait vivant. Trois enfants de Martin Bormann se seraient rendus à Rome et auraient été reçus par Pie XII.» – Le Monde, 10 février 1952

 

Cette entrevue ne fut pas inutile, car l’assassin traqué a trouvé un asile sûr, comble d’ironie, chez les fils du doux saint François.

 

 

Martin Bormann, condamné à mort, devient le père franciscain Martini

 

«D’après un leader néo-nazi, Eberhard Stern, ancien membre du Reichstag, Martin Bormann, condamné à mort par contumace pour crime de guerre par le tribunal Nuremberg, vit dans un couvent romain, sous les traits du père Martini, moine franciscain du couvent Saint-Antoine. “J’ai rencontré Bormann, le 16 janvier, affirme Stern, Bormann n’a pas cherché à cacher son identité. Tu vois, m’a-t-il dit, je suis vivant. Je ne veux pas être dérangé.”

 

«Bormann aurait raconté comme suit à Stern les circonstances de sa mystérieuse disparition pendant les dernières heures de la chute de Berlin: “Je m’abritais derrière un char allemand devant la Chancellerie. Le char explosa et je perdis connaissance. Quand je repris conscience, j’étais seul, étendu sur une pente.”

 

«Un démenti apporté par le couvent de San-Antonio sur la prétendue présence de Bormann à Rome a provoqué quelque surprise de la part de la femme de Stern. Celle-ci a montré un avis de réception d’une lettre recommandée adressée par son mari au père Martini peu après le retour de Stern à Berlin. Le reçu du bureau de poste indique que sa lettre a été acceptée il y a plus d’une semaine par le père Martini… Mme Stern a précisé que son mari avait écrit au père Martini simplement pour le mettre au courant de son retour à Berlin et pour le remercier de l’entrevue que le moine lui avait accordée.» – Combat, 4 février 1952

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Marcel Déat alias “frère Marcel”

 

«Il est officiellement reconnu aujourd’hui, écrit M. Olivier Merlin, que Marcel Déat est mort le 4 janvier 1955 d’une lésion au poumon à la clinique “Villa dei Colli”,sur les hauteurs de Turin, non loin de cette colline où il aimait à se promener… Il s’y éteint à l’âge de soixante ans, dix ans après sa condamnation à mort par contumace (par la Cour de Justice de Paris).

«La levée du corps de Marcel Déat avait eu lieu confidentiellement le 7 janvier, trajet direct de la clinique au cimetière. Il pleuvait à torrent cette après-midi-là. On sait aujourd’hui que six prêtres assistèrent à la cérémonie intime: deux franciscains, deux aumôniers de la police, un jésuite et dom Cerutti, professeur au collège Salésien de Dom Bosco qui avait confessé l’ancien national-socialiste (nazi) de l’ “Œuvre”. Une dame cachée sous des voiles de deuil, et un étranger discret, en noir, avaient également pris place dans le fourgon anonyme: la veuve de Marcel Déat et son neveu, arrivé spécialement de Paris…

 

«Le 3 mai 1945, explique madame Déat sans se faire prier, nous avons quitté Feldkirch à bord d’une traction noire pilotée par notre chauffeur Briand, emportant nos documents, des machines à écrire, des armes, une mallette contenant de l’argenterie, des dollars et des livres sterling. L’idée de Marcel était d’éviter la pagaïe d’Innsbruck et de gagner, vers le sud, la frontière italienne. Nous couchâmes à Saint-Anton pour remonter le lendemain la vallée de l’Inn jusqu’à Rechenpass, à 1500 mètres d’altitude. Dans la soirée, nous sommes sur le territoire du Haut-Adige, à Naturno, au pied des “3000” de l’Œtzal et à quelques kilomètres de Merano, Briand se gare pour laisser passer un détachement de l’armée américaine. Les chars côtoient la Citroën bourrée d’armes.» Tous trois dormiront quand même – avec une mauvaise conscience – dans la Citroën noire, ce soir-là…

 

«À Bolzano, ils vont droit au siège de la Commission pontificale… qui les dirige par le train sur Milan. De là, la même commission leur conseille d’aller à Gênes…

 

«Quelques mois plus tard, Marcel Déat et sa femme s’installaient tranquillement à Turin. Déat trouvait asile au couvent des franciscains. Hélène, sa femme, résidait au couvent des sœurs de la Divine Providence, à quelque cent mètres de là... » Match, 9 avril 1955

 

 

Mais l’habit ne fait pas le moine. Pour un novice d’une si haute qualité, et d’ailleurs si rompu à la vie active, on pense bien que la clôture n’est pas stricte. Le “petit frère” va et vient, en dépit de la règle.

 

«En mars 1946, des indications fournies par des agents secrets signalent que Déat est caché dans le Haut-Adige, dans la région de Bolzano. Déat vivrait alors avec d’anciens SS et miliciens, vivant du trafic de passeports à cachets du Vatican. Déat assisterait même à des réunions du mouvement fasciste clandestin à Scorza. Plusieurs personnes, dont des journalistes, affirment l’avoir vu se promener en toute liberté dans les rues de Bolzano. L’un d’eux va même signaler sa présence au commissaire de la ville et lui demander pourquoi il ne l’arrête pas. “Déat n’est pas sur la liste des criminels de guerre”, lui répond le magistrat qui n’a pas d’autres instructions…

 

«À Rome, on le voit dans une voiture en compagnie de deux prélats. Il semble, selon les agents, que Déat est logé avec sa femme au Palazzo réservé aux hôtes de marque. Son dossier porté sorti à la date du 18 décembre 1947, à la questure de Rome, ne serait plus revenu ensuite dans les classeurs de la police, lorsque les policiers français en auraient demandé communication.

 

«Le 17 mars 1948, on apprend à la Sûreté que Déat réside dans une propriété située près de Monterondo, à 25 kilomètres de Rome. L’ancien ministre se rendrait chaque semaine au Vatican. Le 19 avril 1948, un renseignement le signale à Castel Gandolfo. On prétend même que Déat aurait été hébergé dans la résidence papale grâce à l’appui du cardinal Canali… »  

France-Dimanche, 3 avril 1955



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Marcel Déat au “Russicum”

 

«… C’est grâce à la protection du Vatican, écrit M. Jean Bedel que Marcel Déat n’a pas été arrêté. Il pouvait l’être d’un jour à l’autre si le gouvernement français l’avait exigé. Non seulement Déat n’était pas traqué mais il poursuivait, depuis 1945, une action politique intense…

 

«En avril 1947, des informations précises parvinrent à la Sûreté selon lesquelles Déat était en Italie, où il participait à l’ “Internationale Noire”, qui regroupait les fascistes et les nazis en fuite. Plusieurs journaux italiens signalèrent sa présence à Rome. C’était exact. Déat se trouvait alors au collège “Russicum”, caché par les Pères Pallotins…

 

«C’est sur l’injonction du Vatican que la mission de recherche fut retirée à la Sûreté et confiée à un service spécial qui reçut les instructions nécessaires pour laisser Déat en paix… En 1951, Déat participe en Espagne à un congrès de l’ “Internationale Noire”, où il aurait rencontré Martin Bormann. En 1952, un ordre de recherche avec fiche signalétique parvint au service des étrangers de Turin. Mais un contre-ordre de Rome était adressé à la questure à Turin, et les recherches furent définitivement abandonnées. Rappelons qu’à cette époque Georges Bidault était vice-président du Conseil et Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères…

 

«Déat est mort, mais les anciens nazis, les néo-fascistes et les criminels de guerre en liberté poursuivent leur malfaisante activité à travers l’Europe sous la haute protection du Vatican… »  Libération: “Déat était l’un des dirigeants de l’ “Internationale Noire”. Il devait être arrêté en 1947 quand les recherches furent abandonnées à la demande du Vatican”, 4 avril 1955

 

Il y aurait, en somme, un joli traité à écrire, sous le titre “De l’art d’utiliser les restes” (voire les résidus). Mais sans doute Sa Sainteté n’a-t-elle rien à apprendre sur ce point.

 

 

Une bénédiction spéciale de Sa Sainteté

 

«Certaines révélations sur le séjour protégé et la mort escamotée de Marcel Déat en Italie retiendront encore l’attention, maintenant que la certitude est acquise que le mort mystérieux du cimetière central de Turin est bien l’homme qui rêva d’être le Hitler français… Les autorités officielles n’ont sans doute jamais ignoré qui était le proscrit. Dans un pays aussi catholique que l’Italie, en régime démo-chrétien, l’autorité de la hiérarchie ecclésiastique se confond avec le pouvoir… Marcel Déat et sa femme ont obtenu une bénédiction spéciale du souverain pontife. Cette faveur exceptionnelle fit gros bruit à Turin… »  Paris-Presse, 3 avril 1955

 

Observons que cette faveur n’est pas aussi exceptionnelle qu’on le dit. Il nous semble, au contraire, que le Saint-Père en est prodigue, tout au moins à l’égard des bourreaux et de leurs complices. Après Mgr Stepinac, Déat, Oswald Pohl, Pavelitch, combien d’autres l’ont obtenue! Si l’on dressait le palmarès, il serait édifiant.

 

 

On ne sera pas surpris de rencontrer, parmi les “personnalités” ayant bénéficié de la protection du souverain pontife, le nom du trop fameux Darnand qui commandait avec le brio que l’on sait, au temps de Vichy, les chevaliers de la matraque.

 

«Darnand, l’ex-chef de la Milice, s’était réfugié chez le rév. père Bonfiglio qui menait, dans la petite ville d’Eldolo, dévote, confortable et mystérieuse vie. Il n’en fallait pas davantage pour que les autorités britanniques s’intéressassent particulièrement à lui, pour des raisons qui ne regardent que l’Intelligence Service. Au cours d’une visite minutieuse opérée au domicile du rév. père, les trois limiers alliés découvrirent, accessoirement, la présence d’un monsieur qui n’hésita pas à décliner son identité: “Je suis Joseph Darnand”, dit-il. La police militaire anglaise n’avait que faire du personnage, elle nous le remit sans trop de façon. Darnand eut alors à s’expliquer sur ses bagages, ses archives, son argent. Tout cela, déclara-t-il, avait été dissimulé en maints endroits. De fait, on retrouva une grande partie de ces choses. Seule, une somme de 21 millions de francs était portée manquante. Darnand s’en expliqua. Il s’agissait de vingt et un millions de billets français ancienne manière. Le rév. père Bonfiglio, dont la connaissance est grande, s’offrit à déposer la somme au Vatican, qui se chargerait de l’opération d’échange. Ainsi fut fait, selon Darnand… »  Franc-Tireur “Les millions de Darnand dans les caves du Vatican?”, 6 juillet 1945

 

Que sont devenus, depuis, les vingt et un millions “échangés”? Mystère! On peut se demander avec l’auteur si ce léger viatique, emporté par le Milicien-Chef pour ses frais de déplacements, ne repose pas aujourd’hui dans les caves du Vatican: “On n’ira pas y voir. Cela ne se fait pas.” Mais cette question nous remet en mémoire l’étrange anomalie que représente, dans une Europe saignée à blanc et méthodiquement pillée par les nazis, un Vatican à ce point enrichi qu’il compte parmi les puissances financières les plus colossales du monde.

 

 

La protection du pape s’étend jusqu’aux criminels de guerre japonais

 

«L’Agence missionnaire “Fides” annonce que le pape Pie XII était intervenu auprès du gouvernement de Washington en faveur des dirigeants japonais condamnés à mort par le tribunal international de Tokyo… »  La Croix, 25 décembre 1948

 

Comme on le voit, la charité de Notre Saint-Père le pape ne connaît ni races ni distances. Au surplus, il ne pouvait décemment marchander ses bons offices à ces dirigeants japonais auxquels il avait si chaudement recommandé jadis les missionnaires protestants, ces “propagateurs religieux de l’erreur” internés par les Nippons aux îles Philippines, qui ne devaient pas, disait-il, “recouvrir une liberté à laquelle ils n’ont aucun titre”.  André Ribard

 

Ante+Pavelic+bas+ce+vignette+c.pngParmi tant de hauts personnages qui, au temps de l’adversité, eurent recours à l’assistance du Saint-Père, ne pouvait manquer de figurer une des plus grandes vedettes, un “catholique pratiquant” déjà couvert, d’ailleurs, des bénédictions apostoliques, en un mot le fameux tueur Ante Pavelitch.

 

Des informations ont été publiées à diverses reprises sur l’odyssée du chef des oustachis après la défaite allemande. On a conté comment cet exterminateur des Serbes orthodoxes – ou leur convertisseur à l’occasion – avait pu s’embarquer pour la République argentine grâce aux bons offices du Vatican. Mais on sait combien celui-ci est discret dans sa bienfaisance. Ce qui fait que les preuves manquaient.

 

Cependant, une information toute récente est venue confirmer de la façon la plus incontestable la présence de l’ex-Croisé dans ce pays très catholique que gouvernait naguère encore l’ex-président Peron.

 

 

Un revenant

 

«Où donc se cachait-il, cet homme aux oreilles monstrueuses et gigantesques, et que depuis douze ans l’on recherchait partout? Le 10 avril dernier on le sut. Depuis le 27 on l’ignore derechef. Resurgi un instant comme le plus terrible des diables, Ante Pavelitch a disparu.

 

«L’oustacha, chef des oustachis – le plus sinistre boucher de la dernière guerre (disent maints jugements de tribunaux, parmi lesquels celui qui siégea à Nuremberg) se portait à merveille, à l’ombre des palmiers, en ses soixante-huit ans. À Buenos Aires, le pacha le plus sanguinaire qu’ait, nous dit-on, connu l’Europe balkanique, le “Poglavnik” – le führer croate – la moustache abondante, mangeait paisiblement du chachlik, suivi de glaces à la pistache… et, suivant son habitude, il songeait inlassablement à des jours meilleurs. De temps à autre, ses yeux noirs regardaient ses énormes oreilles dans la glace. Ils ne regardaient pas ses mains: de lourdes mains velues… Il les regardait d’autant moins qu’il savait, mieux que personne, que de par le monde des millions de ses semblables les “voyaient” rouges du sang de plus d’un million d’innocents…

 

«Dans la cité jardin aux rues boueuses, six coups de feu partirent. Au cinquième Ante Pavelitch fut touché à la colonne vertébrale… La sixième balle l’atteignit en pleine poitrine. Deux athlètes blonds qui, comme par hasard, l’escortaient, le transportèrent à l’hôpital le plus proche… Le diagnostic médical fut simple: deux balles à extraire. Le diagnostic policier le fut moins: M. l’ingénieur Pablo Aranjos, entrepreneur de maçonnerie, c’était Ante Pavelitch – déclaré mort dix fois, condamné à mort trois fois, dont une en France, et déclaré formellement par le gouvernement du général Peron comme n’ayant jamais mis un pied sur le sol de la République argentine, et ne pouvant [par conséquent) pas être extradé selon le souhait réitéré inlassablement par l’ambassade yougoslave.

 

«Lorsqu’un frais matin du début de 1948, le bon vieil ingénieur, flanqué de sa fidèle épouse et de Maruk, sa fille bien-aimée, débarqua à Buenos Aires, il n’avait, semble-t-il, pour tout bagage qu’un faux passeport… mais, chose étrange, un représentant du gouvernement était venu le saluer…

 

«Mais d’où donc lui venaient ses ressources? Là non plus il n’avait rien à cacher et, devant les policiers abasourdis, il énuméra calmement la liste de ses prétendus bienfaiteurs: … l’Assistance pontificale de Rome…

 

«Quelques jours après l’attentat de Buenos Aires, trompant une soi-disant surveillance policière… le “Poglavnik” disparut. Le retrouvera-t-on à nouveau?» Match, 25 mai 1957

 

À cette question nous répondrons: peut-être… si l’occasion se présentait encore d’avoir recours à ses bons offices.

 

 

Il va de soi que les quelques cas que nous avons cités ne représentent qu’une infime part des “sauvetages” opérés par le Vatican. À côté des “ténors” dont la disparition a excité la curiosité du public, il y eut de plus modestes sires, et puis les obscurs, les sans-grade, tout le menu fretin des pillards et des assassins promus “réfugiés politiques”. La “Commission pontificale d’assistance” eut de quoi faire, à répartir cette foule dans les couvents, puis à l’évacuer discrètement vers des asiles sûrs, munie de passeports truqués. Qu’ils vinssent d’Allemagne, de Pologne, de Croatie ou de quelque autre théâtre d’ “opérations”, tous ces ex-Croisés en déroute savaient qu’ils ne frapperaient pas en vain à la porte des maisons pieuses… de même que devaient le savoir par la suite, en Afrique du Nord, les sanguinaires fellagha. Si Abel a mauvaise presse au sein de l’Église romaine, Caïn y fut toujours l’objet d’une inépuisable mansuétude.

 

Bien mieux, cette édifiante charité ne s’exerça pas seulement envers les vivants, comme en témoignent les trois extraits de presse ci-dessous.

 

 

Le corps de Mussolini caché dans le couvent de l’Angelicum de Milan

 

«La dépouille mortelle de Mussolini a été retrouvée, ou, plus exactement elle a été remise à la police par des gens qui savaient à quoi s’en tenir sur ce qu’étaient devenus les restes du duce depuis le jour où ils avaient été enlevés du cimetière de Milan. C’est hier, dans la Chartreuse de Pavie, qu’un père de l’ordre des Frères Mineurs de l’Angelicum, nommé Alberto Parini, a remis au préfet de police de milan la dépouille mortelle. Celle-ci avait été déposée dans une cellule. Le père Lamberto, supérieur de la Chartreuse, a déclaré que le macabre objet lui avait été confié le jour même par le père Alberto. Le préfet de police de Milan a déclaré que le corps de Mussolini avait été caché pendant longtemps dans le couvent de l’Angelicum de Milan.»  L’Étoile du Soir, 14 août 1946

 

«Les receleurs du corps de Mussolini, les pères Alberto Parini et Zucca, sont arrêtés. Ils sont aussi accusés de tentative de reconstitution du parti fasciste et sont détenus à la prison de San Vittore.»  Libé-Soir, 15 août 1946

 

 

Des messes sont dites dans toute l’Italie pour Mussolini et les chefs fascistes

 

«Au cours de ces dernières quarante-huit heures, des messes ont été dites dans toute l’Italie, à la mémoire de Mussolini. À Mantoue, la police a effectué une rafle à la sortie de l’Église où se célébrait un service à la mémoire des “chefs fascistes martyrs… »  Le Figaro, 3 mai 1947

 

Aux yeux du Saint-Père, ce sont en effet des “martyrs” que ces hommes qui ont déchaîné la plus monstrueuse des guerres, la plus grande vague d’horreurs qui ait jamais déferlé sur le monde. Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants furent massacrés par leurs soins, mais c’était pour la “bonne cause”. Dès lors n’ont-ils pas droit, vivants, à tous les secours; morts, à tous les honneurs?

 

En leur prodiguant sans compter son aide et ses bénédictions, le Saint-Père a montré qu’il savait “reconnaître les siens”.

 

Ce sont vraiment de dangereux hétérodoxes, ces deux catholiques qui osent faire pièce à ce guide infaillible. L’un dit, parlant des protecteurs des criminels de guerre: “S’ils sont coupables ou nuisibles politiquement, ils doivent être combattus, jugés. Une épuration dans l’Église est toujours à faire. Si l’affaire des couvents provoque le démarrage, elle est la bienvenue.”  Action, 4 avril 1947

 

Et un autre conclut: “Nous ne pensons pas qu’on puisse faire fleurir la religion sur la pourriture.”  Les événements et la foi, dans “Jeunesse de l’Église”, p. 59

 

On ne peut que répondre amen à ces nobles propos. Mais il faut bien rappeler à leurs auteurs que l’Église romaine a une hiérarchie, que cette hiérarchie a une tête, et que c’est cette tête – et elle seule – qui décide et qui commande sans appel. La conclusion s’impose d’elle-même: pour épurer l’Église, il faudrait la décapiter.

 

Extraits de “Le Vatican contre l’Europe – les documents accusent” par Edmond Paris, Librairie Fischbacher, Paris, 1959

Photos: Google Images

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 05:50

 

 

Source ushmm

 



 





















 

 

L'"EXODUS 1947"


Le fonctionnaire de l'ONU Emil Sandstroem (en bas, avec le chapeau blanc) regarde des soldats britanniques évacuer des réfugiés juifs de l'"Exodus 1947." Les passagers furent renvoyés en Europe. Haïfa, Palestine, le 20 juillet 1947.

Le fonctionnaire de l'ONU Emil Sandstroem (en bas, avec le chapeau blanc) regarde des soldats britanniques évacuer des réfugiés juifs de l'"Exodus 1947." Les passagers furent renvoyés en Europe. Haïfa, Palestine, le 20 juillet 1947.

— Central Zionist Archives




L'Exodus était un bateau de passagers côtier battant pavillon américain, très ancien et ayant beaucoup navigué, qui avait été inauguré en 1928. Baptisé à l'origine "President Warfield", il avait navigué dans la baie de Chesapeake entre Baltimore et Norfolk pendant plus d'une décennie. Remis à la Grande-Bretagne dans un lot de navires à faible tirant d'eau, dans le cadre d'un accord de prêt-bail, le "President Warfield" fut plus tard utilisé lors du débarquement en Normandie. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut renvoyé dans les eaux américaines. Ce bateau était cependant destiné à prendre part à un événement qui lui assura une place dans l'Histoire, symbolisant la lutte pour une immigration sans restriction en Palestine.

Vendu à l'origine comme ferraille pour un peu plus de 8 000 dollars, ce bateau fut acheté par la Hagana (l'organisation militaire juive clandestine de Palestine). Les combattants de la Hagana réussirent à mettre le bateau à quai en Europe afin de transporter des Juifs qui cherchaient à immigrer illégalement en Palestine. Le sort des passagers de ce bateau attira l'attention du monde entier. En juillet 1947, le "President Warfield" quitta le port de Sète, en France, à destination de la Palestine, avec à son bord plus de 4 500 hommes, femmes et enfants juifs, tous des personnes déplacées, et des survivants de la Shoah. Avant même que le navire (qui avait alors été rebaptisé "Exodus 1947") ne puisse atteindre la Palestine, il fut encerclé par les destroyers britanniques. Une lutte s'ensuivit, pendant laquelle un membre d'équipage et deux passagers juifs trouvèrent la mort. Des dizaines de personnes furent blessées, notamment par balles.

Voulant faire de l'"Exodus 1947" un exemple, les Anglais transférèrent les passagers dans trois bâtiments de transport de la marine qui retournèrent en Europe. Les navires accostèrent tout d'abord à Toulon, en France, où ordre fut donné aux passagers de débarquer. Les autorités françaises refusèrent de les faire débarquer de force. Lorsque les passagers, dont de nombreux orphelins, protestèrent en entamant une grève de la faim, les Britanniques furent obligés de les renvoyer à Hambourg, dans la zone d'occupation britannique de l'Allemagne. L'opinion publique mondiale cria au scandale, et les autorités britanniques ordonnèrent alors aux passagers de débarquer ; ils furent débarqués du bateau par la force. Les Juifs furent ensuite transférés dans des camps de personnes déplacées en Allemagne.

Lorsqu'elles prirent connaissance de ces événements, les personnes déplacées qui étaient dans des camps dans toute l'Europe protestèrent vigoureusement et déclenchèrent des grèves de la faim. Des manifestations importantes eurent lieu des deux côtés de l'Atlantique. Les autorités Britanniques furent mises dans l'embarras ; le voyage de l'Exodus joua un rôle majeur dans le revirement diplomatique de sympathie envers les réfugiés et dans la reconnaissance de l'Etat d'Israël en 1948.

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