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le 28.05.2009 04h00
Masqués par la crise économique et les conflits récurrents au Proche-Orient et en Afghanistan, le regain de tension en Corée et la guerre civile au Pakistan engagent deux puissances nucléaires. Décryptage
La Corée du Nord, capitale Pyongyang, 21 millions d'habitants, est le dernier réduit communiste version stalinienne de la planète. Un pays reclus dans un recoin d'Asie avec un peuple qui crève la faim entre un défilé militaire et des travaux forcés dans les rizières. A sa tête un dictateur-marionnette souffreteux; à ses côtés un grand frère protecteur la Chine. Et surtout dans ses bases militaires, des armes nucléaires. Dimanche, l'armée nord-coréenne a procédé à un essai nucléaire, mardi à des tirs de missiles de courte portée. Hier, le gouvernement a estimé qu'il n'était plus lié par l'armistice de 1953 avec la Corée du sud. Il a menacé le voisin du Sud d'une attaque militaire alors que depuis 20 ans échanges et liens se renouent doucement. Comme d'habitude, l'ONU condamne, l'Onu réprouve. Mais l'Onu ne bouge pas un soldat même si la Corée du Nord possède un bel arsenal de destruction massive, une armée bien entraînée, des soldats conditionnés... De là à faire la guerre. Coutumier de ces démonstrations militaires, le gouvernement de Pyongyang poursuit plusieurs objectifs. Comme toujours, il négocie des livraisons de nourriture gratuites. Les généraux au pouvoir se prémunissent d'une chute façon empire soviétique à force d'ouverture vers le cousin «capitaliste» du sud. Enfin, la Chine est aussi à la manœuvre car le soldat nord-coréen ne tire jamais un coup de fusil sans demander la permission à Pékin. D'où la réaction rapide et ferme de Barack Obama, jusque-là concentré sur l'Irak, le Proche-Orient et l'Afghanistan. Le Président n'a pas envoyé de GI supplémentaires sur la DMZ, cette ligne de barbelés et de casemate qui sépare les deux Corée. «On existe» font signe les Nord-Coréens. Et on sait faire marcher la bombe.
Comme le Pakistan. Car ailleurs en Asie dans les zones montagneuses de la frontière entre Pakistan et Afghanistan, une vraie guerre oppose l'armée fédérale aux combattants d'Al Qaïda coalisés avec les Talibans et des tribus locales surarmés. Depuis un an les attentats suicide comme celui d'hier à Lahore (30 tués) se sont soldés par près de 2000 morts. Les combats auraient fait le double de victimes selon les observateurs. L'enjeu, c'est le contrôle de la force nucléaire et des installations atomiques installées dans les années 1970 par... la Chine pour contrebalancer la technologie indienne. Si le Pakistan bascule, le choc en Afghanistan entre extrémistes islamistes et armées de l'Otan deviendra frontal. Si la Corée du Nord bombarde le Sud, les puissances dites occidentales devront bien soutenir militairement leur ami et allié du sud. Or tout ce monde possède l'arme nucléaire et la Corée du nord peut même vendre sa puissance à Al Qaïda. Gare aux engrenages.
Pascal Jalabert