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Selon les textes anciens, les rois Hiram et Salomon ne partageaient pas la même terre mais parlaient la même langue...
Les juifs anciens auraient vécu sur la côte, dans les plaines et sur les montagnes du pays du Cèdre avant les communautés musulmane et chrétienne qui l’ont peuplé quelques décennies plus tard.
Le tremblement de terre qui a détruit la ville de Beyrouth en l’an 502 a démoli une synagogue âgée de plusieurs dizaines d’années que les juifs de l’époque avaient bâti.
Au septième siècle, sous le règne du calife Mouawiya, une partie de la communauté juive s’est établie à tripoli, puis à Sidon en 922 et à Tyr en 1070. Sous la protection de l’émir Béchir, la communauté juive du Chouf (Deir el Qamar, Barouk, et Hasbayah) possédait un cimetière, des écoles et plusieurs synagogues dans le Mont Liban.
Une synagogue a été édifiée à Aley en 1890, une autre à Bhamdoun en 1915. Vers le début du 19ème siècle, on comptait plus de 4000 juifs au pays du Cèdre venus, des contrées voisines (Syrie, Irak, Turquie, Perse, Grèce), s’installer sur ces terres. La communauté juive du Liban a connu l’apogée de sa prospérité et de son épanouissement durant le mandat français (création du journal « Le Monde Israélite » et du journal « Le Commerce du Levant » ; création de « Safra bank » et de « Zilkha bank »).
Le quartier de Wadi Abou Jmil est devenu le centre économique, social, culturel (plusieurs écoles) et religieux de la communauté (construction de la synagogue « Magen David Abraham » qui existe toujours). Peu après la création du Grand Liban (1920), la communauté juive du Liban était la première et la seule communauté juive au Moyen orient à jouir d’une reconnaissance et d’une protection constitutionnelle. Dans les années trente, et avec le soutient d’Emile Eddé, président de la république libanaise, l’idée d’octroyer un siège parlementaire à cette communauté fit son chemin.
Elle a aussitôt été rejetée par le Haut Commissaire de la France, représentant le mandat français au Liban. Avec l’éclatement de la guerre arabo-israélienne de 1948 et la création de l’Etat d’Israël, des mouvements de migrations vers le Liban en provenance des pays environnant avaient, paradoxalement, renforcé la présence juive au Liban. En effet, la majorité des juifs libanais affichaient un certain scepticisme envers la vie dans un Kibboutz et envers l’Etat d’Israël en général (certains juif libanais ont servi dans l’armée libanaise durant la guerre de 48 ! ), malgré les efforts de certains mouvements de recrutement sionistes locaux.
Cette méfiance était confortée par le sentiment de pleine appartenance à la « nation » libanaise. La guerre et l’amalgame entre « juifs » et « sionistes » ont contraint cette communauté à adopter un profil bas (célébrations discrètes des fêtes religieuses, démission des officiers juifs de l’armée libanaise, restriction de la liberté d’expression, etc.). La guerre civile porta un coup dur à la communauté la réduisant à moins de 3000 membres en 1970.
La désintégration de la nation libanaise à travers la multiplication des conflits interconfessionnels eût pour effet l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat. L’incapacité à protéger les membres de la communauté encouragea les atteintes répétées envers les personnes et les intérêts juifs (harcèlement de professeurs accusés de prêcher le sionisme, commerçants menacés, etc.). Angoisse, insécurité et pessimisme sont devenus le quotidien des juifs du Liban.
La communauté n’eût d’autre choix que d’organiser l’immigration. Curieusement, la destination favorite des expatriés n’était pas Israël mais certains pays européens et américains (France, Italie, Etats-Unis, Canada). Le déclenchement de la guerre civile de 1975 contribua à la détérioration d’une situation déjà critique. Des massacres furent commis contre des juifs libanais. L’emplacement géographique de Wadi Abou Jmil, au sein de la zone de conflit militaire, exposait la communauté aux risques d’enlèvement d’otages. La vie des juifs libanais n’était plus la même.
La plupart des centres religieux, culturels et commerciaux étaient contraints de fermer. Israël envahit le Liban en 1982. A cette époque, le Liban traversait la période la plus violente depuis son existence. Malgré tout ce que cette communauté avait subi, une grande partie de la communauté refusa l’offre d’Israël de renoncer à la nationalité libanaise en contre partie de la nationalité israélienne.
Ce fût une décision courageuse mais coûteuse : les enlèvements et les massacres continuèrent malgré cette prise de position patriotique. Aujourd’hui, avec une quelques dizaines de vieillards discrets, la communauté juive du Liban a pratiquement cessé d’exister.
Une histoire triste… l’histoire des juifs du Liban.
Source : aboussil.spaces.live.com
Témoignage émouvant : http://www.guysen.com/articles.php?sid=5432
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