| Il réclame des « pourparlers immédiats », une « paix durable » au Proche-Orient ou le« gel immédiat des colonies ». Au Proche-Orient, George Mitchell diffuse la voix de son maître, le président américain Barack Obama. En visite dans la région, l’ancien secrétaire démocrate du Maine négocie sur des questions parmi les plus conflictuelles : l’expansion naturelle des implantations en Judée Samarie, la situation humanitaire à Gaza et les relations avec la Syrie. Depuis la venue de Barack Obama au Caire, les négociations vont bon train. Lundi, le président américain s’est entretenu au téléphone avec Bibi Netanyahou. Une discussion de vingt minutes où les deux hommes ont abordé « un éventail de sujets » de manière « constructive », selon la Maison Blanche. Netanyahou a indiqué qu’il était disposé à dialoguer avec Mahmoud Abbas sur les questions économiques, politiques et sécuritaires. Selon le quotidien Al Sharq Al Awsat basé à Londres, le président Barack Obama aurait d’ores et déjà présenté un plan au ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit et au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, lors de leurs visites à Washington le mois dernier. Ce plan pour la paix israélo-palestinienne pose une solution à deux Etats. A cor et a cri, l’Egypte essaie de faire avancer le plan américain. Un sommet des ministres des Affaires étrangères arabes devrait être convoqué, le 17 juin, au Caire. Le Premier ministre israélien aurait lui « bénéficié » d’un ultimatum de six semaines pour se prononcer sur le plan. Ces palabres sont inégalement appréciés par la population israélienne. Selon les résultats d’un sondage réalisé après le discours d’Obama au Caire par le Dr Mina Tzemah, 56 % des Israéliens estiment que Netanyahou doit répondre favorablement aux exigences américaines. Mais ils sont aussi 53 % à voir d’un mauvais œil la nouvelle politique du président Obama sur le conflit israélo-palestinien. « Les Etats-Unis ne seront jamais en guerre avec le monde musulman », avait affirmé Barack Obama, le 4 juin au Caire. Un discours souvent considéré comme une main tendue au monde musulman. Et assez mal perçu par le gouvernement israélien. Selon certaines sources, Benyamin Netanyahou serait convaincu que le président américain souhaite une confrontation avec Israël. La fermeté d’Obama contre l’Etat juif aurait pour but d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe, écornées sous l’administration Bush. Dans ce changement de cap américain, la nomination de George Mitchell n’a été qu’une étape. Chrétien d’origine libanaise, cet ancien directeur de Walt Disney avait rédigé un rapport sur le conflit israélo-palestinien en 2001. Ce rapport remettait en cause la thèse israélienne selon laquelle la seconde intifada avait été planifiée dès les accords de Camp David. George Mitchell appelait, déjà, à un arrêt des implantations en Judée Samarie. Dimanche, à l’université de Bar-Ilan, Benyamin Netanyahou donnera la réplique à Obama. Et le dialogue prend parfois des allures de joute oratoire. Plusieurs officiels israéliens ont décrié le non respect par les Etats-Unis des accords passés au temps de Bush. Ces accords reconnaissaient à Israël le droit de construire dans les implantations existantes, au nom de la « croissance naturelle ». La semaine dernière, Benyamin Netanyahou avait affirmé « ne pas pouvoir geler la vie dans les implantations », jugeant certaines demandes d’Obama « inacceptables». Ce matin à Tel Aviv, George Mitchell a voulu rassurer le président Peres et le ministre de la défense Ehoud Barak. Selon l’émissaire, l’amitié entre Israël et les Etats-Unis est immuable. Les négociations des jours prochains seront à coup sûr agitées. Le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon (Likoud), a affirmé qu’Israël n’accepterait pas de s’engager à parvenir à un accord avec les Palestiniens en deux ans. “Cela provoquerait la création d’un Hamastan en Judée Samarie”, affirme le ministre. Et d’ajouter : “Une paix intensive n’a aucune chance de réussir à cause de la situation.” Yaalon a fait cette déclaration à l’Institut Washington d’études sur le Proche-Orient, où a eu lieu une cérémonie en mémoire du journaliste Zeev Schiff, zal. |
[Mardi 06/09/2009 21:32]