Ce soir, 20h00, Université Bar-Illan. Tous les projecteurs seront braqués sur un homme, Binyamin Netanyahou. Le monde retient son souffle. Que nous promet le chef d’Israël ? Le discours va-t-en guerre. La paix et les concessions. De Washington à Paris. De Londres à Amman. Toutes les chancelleries de la planète auront les yeux rivés sur le pupitre de l’amphithéâtre de la faculté de Ramat-Gan. Tous écouteront le chef du gouvernement d’une oreille attentive.
Le moment est important pour l’avenir de la région, voire du monde. Le Liban a choisi la voie de la modération en élisant les Chrétiens au Parlement. Saad Hariri a annoncé, ce matin, qu’il serait vraisemblablement le nouveau Premier ministre du Pays du Cèdre. L’Iran va constituer une menace pour les quatre prochaines années. Mahmoud Ahmadinedjad a été réélu avec 62.6 % des voix. Netanyahou devrait en toucher deux mots aux chefs d’Etat de la planète dans son intervention. Pour le Premier ministre, l’Iran met à mal l’équilibre le monde et l’existence d’Israël. Bibi étudie toutes les options, voire une intervention armée.
Au sujet du conflit contre les Palestiniens, le chef du gouvernement a entendu avec attention le brouhaha cacophonique des dirigeants de la planète. Barack Obama et ses alliés ont expliqué pendant une semaine l’intérêt des Israéliens de se retirer des territoires de Judée Samarie. Ils sont convaincus que la paix avec les Palestiniens passe par l’arrêt des constructions dans les “colonies.” Ainsi, un Etat Palestinien pourrait voir le jour dans un avenir proche. Bien sûr, l’avis du Premier ministre israélien n’est pas aussi tranché. Binyamin Netanyahou veut, avant tout, préserver la sécurité de ses concitoyens. Il est prêt à certaines concessions et même à un “Etat palestinien aux frontières provisoires.” L’idée première de “Bibi” est de créer des “relations économiques et commerciales” avec ses homologues palestiniens. L’objectif est de venir en aide à une population déchirée entre les luttes intestines que se livrent le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas d’Ismail Haniyeh. Israël proposerait ses services. Reste à connaître la position du camp d’en face.
Si Netanyahou est prêt à des concessions, il se sait mis sous pression par sa propre coalition. Aujourd’hui, le Premier Ministre fait avec une majorité nationaliste. Des personnalités comme Liebermann, Benny Begin, Israel Katz ou Elie Yshai verraient d’un mauvais œil tout relâchement du chef de la coalition. Tous ces personnages sont favorables à la solution dure et ne veulent pas entendre parler d’une cession de territoires.
Ce soir, 20h00, le chef d’Israel a rendez-vous avec l’Histoire. A lui de ne pas manquer le tournant.
[Dimanche 06/14/2009 12:27]