Parmi les nombreux éléments qui rendent fort heureusement impossible la création d’un Etat palestinien, il y a la scission au sein du mouvement palestinien, entre les « terroristes modérés » du Fatah et les « terroristes extrémistes » du Hamas. Hormis des inimitiés et des rivalités personnelles, le nœud de la discorde entre ces factions se situe dans la tactique à adopter envers Israël, et qui remonte à de nombreuses années : avancer pas à pas et masqué dans la « libération » de toute la Palestine historique, ou se montrer « jusqu’au-boutiste » dès le début. Les réactions des deux organisations terroristes concurrentes après le discours de Binyamin Netanyahou à l’Université Bar-Ilan auront finalement dévoilé que leurs intentions sont les mêmes et que seule la tactique change.
Pour les Etats-Unis, l’Union Européenne et le monde arabe, il est très important que la population arabe palestinienne ne soit représentée que par une unique instance lors de négociations avec Israël. L’argument justifié soulevé par chaque Premier ministre israélien est « qu’il est vain de négocier un accord avec l’Autorité Palestinienne, s’il n’est pas reconnu et appliqué ensuite par le Hamas », dont ont connaît la tradition démocratique…
Jusqu’à ce jour, les diverses tentatives de réconciliation entre Fatah et Hamas, sous l’égide de l’Egypte notamment, ont échoué. Le Fatah estime qu’il est le seul représentant légitime reconnu par la Communauté internationale, alors que le Hamas clame qu’il a obtenu la confiance de la population palestinienne lors des dernières élections.
Ces derniers jours, un nouveau plan d’origine arabe a vu le jour, et qui propose notamment de créer une commission mixte de 12 membres, formée de représentants du Fatah, du Hamas, d’organisations sœurs et de personnalités de la société « civile ». Cette commission ne serait pas placée sous les directives du chef de cabinet Salam Fayyad, mais de manière indirecte sous l’autorité d’Abou Mazen. Son domaine d’activité serait circonscrit à la Bande de Gaza. Cette commission serait responsable de la reconstruction de la Bande de Gaza, et aurait pour mission principale de mener les réformes institutionnelles nécessaires à la tenue d’élections présidentielles et législatives qui doivent avoir lieu en 2010. Toutes les parties prenantes s’engageraient à respecter le résultat des urnes, et à permettre le contrôle des vainqueurs sur la Bande de Gaza comme sur les territoires sous autorité palestinienne en Judée-Samarie.
Ce plan propose aussi l’introduction d’une force arabe à Gaza qui oeuvrerait en coopération avec les services de sécurité du Hamas. Elle serait formée de soldats égyptiens, saoudiens, marocains, des Emirats et d’autres pays arabes. Les Etats-Unis soutiennent ce plan et ont demandé aux Syriens de faire pression sur le Hamas pour qu’il accepte ces propositions.
L’intention affichée des initiateurs est aussi de faire pression sur Israël qui selon eux « a beau jeu de jouer sur les dissensions inter-palestiniennes pour maintenir le blocus sur la Bande de Gaza et refuser de poursuivre les négociations avec l’AP ».
Les Egyptiens ont fixé une (nouvelle) date butoir, au 7 juillet, jour lors duquel une grande rencontre de « réconciliation » avec signature d’accords devrait avoir lieu en présence d’Abou Mazen et Khaled Mesahaal.
[Mardi 06/16/2009 11:09]