Où sont passées les chancelleries mondiales ? Depuis une semaine, la police iranienne réprime avec violence les manifestations d’opposition au régime d’Ahmadinedjad. Les forces de l’ordre tirent à balle réelle sur la foule venue contester les résultats du vote de la présidentielle. Des morts en pagaille, du sang, des martyrs de la cause démocratique. Les milices « bassidjis » favorables au camp Ahmadinedjad saccagent les campus d’université. Les bibliothèques sont mises à sac. Et alors, rien. Le monde condamne mollement sans s’ingérer dans les affaires iraniennes. Pourtant, au mois de février dernier lors de l’Opération « Plomb durci », les organisations de gauche, les démocrates, les gouvernants s’étaient indignés du « carnage de Gaza ». Des manifestants vomissant leur haine des Juifs et d’Israël pullulaient aux quatre coins de la planète. On appelait au boycott. On appelle toujours d’ailleurs. La police iranienne transforme la contestation en bain de sang. Peu importe. A Paris, 200 personnes se sont réunies pour exprimer leur soutien à l’opposition iranienne. On est loin des hordes de jeunes encagoulés dans leurs kheffiers, place de la République, soutenant avec véhémence le peuple palestinien. Ou ces Australiens perturbant le match de la joueuse israélienne de tennis, Shahar Peer, lors du tournoi du Grand Chelem à Melbourne.
Non, nous n’avons pas encore vu fleurir dans ce monde occidental prompt à condamner Israël de pancarte ou tee-shirt portant l’inscription « Where is my vote ? » (Où est mon vote, en français). Les Iraniens ont pourtant voté, exprimé leur sentiment personnel. Ils ont été floués et ont réagi « de manière proportionnelle à la tromperie » comme l’a déclaré, le président français, Nicolas Sarkozy. N’est-ce pas là le symbole de la démocratie pure ? Apparemment non. Le monde se délecte de voir sur Internet ou autres médias, les images de jeunes en sang, frappés et torturés. On constate que lorsqu’un Juif tue un terroriste du Hamas une association se crée pour condamner l’acte. Par contre lorsque deux Musulmans s’entretuent, plus personne. Les gouvernements se taisent. Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, l’a d’ailleurs affirmé : « Il faut respecter le choix du peuple iranien ». Pour l’ONU donc, peu importe les répressions sanglantes, peu importe l’équilibre de la région, pourvu qu’on soit en paix. Lorsqu’il s’agit d’Israël et la défense de son lopin de terre, l’ONU brandit son bouclier de résolutions. Elle est prête à la faire juger par un tribunal spécial. Où est l’Espagne dans l’affaire iranienne ? Le tribunal international de la Haye est-il réservé à Israël ? Le régime Ahmadinedjad et ses milices ne méritent-ils pas des sanctions exemplaires ? On croit le contraire.
Les médias ont fait croire aux opinions mondiales la désolation à Gaza. Tout le monde est du même avis. La révolte iranienne est réprimée dans le sang, images à l’appui. La planète ferme les yeux. Qui a dit : « Je ne crois que ce que je vois » ?
[Lundi 06/22/2009 11:21]