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Des officiers des Gardiens de la Révolution sont limogés
lundi 22 juin 2009 - 22h31, par Chawki Freïha - Beyrouth
Des sources iraniennes affirment ce soir, depuis Téhéran, que la capitale iranienne s’est transformée littéralement en une prison à ciel ouvert. La milice du régime, les Gardiens de la Révolution et la police arrêtent désormais les blessés sur leur lit d’hôpital. Certaines ambassades occidentales ont proposé d’accueillir et de soigner les blessés.
C’est sans doute ce qui explique la colère de Téhéran contre l’Occident, accusé d’ingérence dans les affaires intérieures. De peur d’une réaction violente, la Grande-Bretagne et l’Italie ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Iran.
Les rares sources iraniennes encore en liberté - les journalistes ont été expulsés, et les fonctionnaires qui laissaient filtrer les informations sont emprisonnés ou assassinés - affirment ce soir que plusieurs officiers et membres des forces de sécurité, refusent d’exécuter les ordres du régime, notamment concernant la répression de la population. Plusieurs appelés ont quitté les casernes dans lesquelles ils étaient affectés, pour rentrer dans leur famille. De même, ajoutent les mêmes sources citées par « Al Arabiya », des officiers ont été limogés pour avoir refusé de charger les manifestants, ces derniers jours. Leur loyauté au régime est mise en cause. Parmi les officiers limogés figurerait Ali Fadhel, le commandant de l’une des plus importante caserne des Gardiens de la Révolution à Téhéran.
Cette évolution, conjuguée au nombre de plus en plus important des manifestants tombés sous les balles des milices islamistes - certaines sources affirment que les combattants libanais du Hezbollah et palestiniens du Hamas, qui s’entrainaient dans les camps des Pasdarans, sont mis à contribution et tirent à balles réelles sur les manifestants - inquiète les observateurs quant à la suite des événements. De plus en plus d’experts estiment que la parenthèse des présidentielles aura du mal à se fermer rapidement, et qu’elle laissera de profondes plaies dans la société iranienne. La rupture est désormais irréversible entre la jeunesse qui constitue 70% de la population, et le régime des mollahs.
Enfin, Mehdi Karoubi, le candidat réformateur, a décrété jeudi prochain une journée de deuil et invité les Iraniens à organiser des obsèques nationales pour honorer la mémoire des manifestants tués par le régime. Le soulèvement semble être à ses débuts.
Chawki Freïha
source« MediArabe.info »