Un pas de plus va être franchi dans le départ de l’armée américaine du sol irakien et vers l’indépendance totale du pays. Demain mardi, plus de six ans après l’entrée des troupes américaines sur le sol irakien, les quelques 131.000 soldats US vont sortir des villes irakiennes pour se concentrer dans deux énormes bases près de l’aéroport de Bagdad. Ils laisseront la responsabilité de la sécurité aux forces de police et aux militaires irakiens. Ce geste de portée très symbolique, le plus imposant depuis la décision de quitter définitivement l’Irak, marque en quelque sorte le début des festivités de l’indépendance du pays, de Mossoul au nord jusqu’à Batsra au sud.
Cette décision a pu être prise après que le haut commandement américain ait jugé que les forces irakiennes étaient désormais aptes à prendre le relai. L’étape suivante est la réduction des troupes américaines d’ici les élections générales de janvier, la fin des opérations militaires d’ici la fin 2010, et le départ du dernier soldat étranger d’ici la fin 2011, comme s’y est engagé Barack Obama. Aujourd’hui lundi, lors d’une cérémonie solennelle au ministère irakien de la Défense, le général américain Daniel P. Bolger, commandant du secteur de Bagdad, a remis officiellement une clé de la ville au général Abud Gambar, lui déclarant « que cette clé représentait la fin de l’administration militaire internationale sur l’Irak ».
Dans les villes « libérées », les cérémonies et festivités se préparent activement, et aujourd’hui déjà, musiciens artistes ou simples citoyens ont commencé à se rassembler sur la Place Zwarah, au centre de Bagdad, pour un « happening » qui promet d’être grandiose. L’ambiance est à la liesse dans la capitale irakienne, même si l’on sait intérieurement que le départ des troupes étrangères ne résoudra pas la situation politique et ethnico-religieuse extrêmement complexe et explosive, au sens propre du terme. « C’est maintenant à nous de régler nos problèmes » est la phrase qui revient le plus souvent chez l’homme de la rue.
Le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maleki, s’est malgré tout réjoui « de ce début d’indépendance retrouvée », et a souhaité « construire un pays moderne qui connaisse la sécurité et le succès ». Ces paroles sonnent tout de même un peu faux après les récents attentats qui ont tué plus de 150 personnes, principalement des civils Les organisations terroristes du type Al-Qaïda ne considèrent pas le départ des troupes étrangères comme le signal de la fin de leur propre combat sur le sol irakien.

[Lundi 06/29/2009 22:26]