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Antisémitisme « à la Jordanienne »

[Vendredi 07/10/2009 12:34]

 


Il est d’usage de donner en exemple le traité de paix qui a été signé entre Israël et la Jordanie, pays entre lesquels il n’existe aucun contentieux territorial, et dont les échanges sont un peu plus fructueux que ceux qu’Israël entretient avec l’Egypte. Chose peu commune et que beaucoup de gens ignorent, c’est l’existence en Jordanie d’un tourisme biblique organisé par des agences israéliennes, et qui proposent aux touristes juifs de se rendre sur les hauts-lieux de l’histoire ancienne d’Israël, à l’est du Jourdain, sur les traces de la Bible, comme par exemple le Mont Nebo, sur lequel mourut Moïse.

Mais certains détails indiquent que c’est davantage Israël qui a signé la paix avec la Jordanie que l’inverse – comme c’est d’ailleurs le cas avec l’Egypte. Alors que dans le monde entier, les communautés musulmanes revendiquent haut et fort leur liberté de culte et leur droit à la différence sans contrepartie, les pays arabo-musulmans, eux, ne sont pas encore prêts à accepter « les signes extérieurs » d’autres religions, de surcroit, la juive. L’histoire qui va suivre en est un exemple édifiant.

Le Dr. Shmuel Bornstein, physicien religieux habitant la région du Goush Etzion avait décidé la semaine dernière de se rendre en Jordanie avec son fils. Arrivé au poste frontalier jordanien, il s’est vu refuser l’entrée dans le pays, après que les policiers eurent fouillé dans ses affaires, et trouvé une paire de Tefilines (Phylactères) dont tout le monde connaît le caractère dangereux et nocif…Selon le Directeur du poste frontière jordanien, « il ne pouvait entrer en Jordanie muni d’objets de culte (juif) aussi ostentatoires ». Le touriste et son fils s’en retournèrent alors de l’autre côté du Jourdain, pour y laisser les Tefilines, et retentèrent leur chance. C’est au moment où leur taxi démarrait pour Petra qu’un policier en uniforme se précipitait vers eux et leur barrait la route, et intimait aux deux touristes de retourner en Israël. Après clarification entre les Directeurs des deux postes-frontières, il s’est avéré que ce qui » dérangeait les Jordaniens » était…l’apparence religieuse du Dr. Bornstein et son fils : kippa et barbe. Pour le père, ce fut « un moment très humiliant pour lui et son fils de devoir ainsi rebrousser chemin une deuxième fois ».

Une fois chez lui, le Dr. Bornstein a envoyé une lettre de protestation à l’ambassade de Jordanie à Tel Aviv. Un diplomate jordanien lui a alors téléphoné pour « lui assurer que son courrier avait attiré toute l’attention de l’Ambassadeur, et qu’en principe son pays était prêt à accueillir tout touriste, sans distinction de religion ou de nationalité ». Issam, (c’est le prénom du diplomate) a ensuite rappelé au Dr. Bornstein que « l’interdiction d’introduire des Tefilines et une kippa en Jordanie n’était pas nouvelle, que les autorités israéliennes étaient au courant, et qu’il s’agissait d’une mesure destinée…à protéger les touristes juifs religieux contre des menaces sur le territoire jordanien ». Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a bien entendu démenti ces propos de manière catégorique, déclarant « que l’Etat d’Israël n’a jamais accepté une telle ségrégation entre religieux et non religieux au passage entre les deux pays ».

Moralité de l’histoire : la paix a été signée entre Israël et la Jordanie, mais cette dernière veut bien accepter l’arrivée de devises, pardon, de touristes israéliens, mais pas de ceux qui symbolisent « l’Etat juif », qu’aucun des pays arabes, ni même ceux qui sont en « paix » avec nous, n’est prêt à accepter. La réponse arabe à l’exigence de Binyamin Netanyahou dans son discours de Bar-Ilan, se lit déjà dans des faits-divers tels que celui vécu par le Dr. Bornstein et son fils. « Nous acceptons à la rigueur une entité israélienne laïque, mais pas d’un Etat juif ».

Lorsque le Dr. Bornstein a demandé au Consul jordanien s’il pourrait un jour retourner visiter la Jordanie, il lui a tout simplement répondu : « Oui, sans Tefilines et sans kippa, il n’y aura aucun problème »…

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