Tout ce qui touche à Jérusalem prend une ampleur démesurée tant l’enjeu de l’identité de la ville est important. Le ministre des Transports, Israël Katz a donc décidé de faire changer tous les panneaux indicateurs du pays, et les remplacer par des panneaux qui tout en continuant à présenter les indications en trois langues, ne maintiendront que l’appellation hébraïque du lieu. A Jérusalem, par exemple, les fameux panneaux verts qui indiquent « Yeroushalaïm » en ivrit, mais « Al-Quds » en arabe et en anglais, seront remplacés par des panneaux trilingues mais qui mentionneront « Yeroushalaïm» en anglais et en arabe également. Cette prescription sera la même pour tous les autres lieux du pays.
Le ministre des Transports a expliqué sa décision comme suit : « Si quelqu’un veut transformer ‘Yeroushalaïm la juive’ en ‘Al-Quds la Palestinienne’, ce ne sera en tous cas pas dans ce gouvernement, ni dans ce ministère. Les Arabes savent tous ce qu’est Yeroushalaïm, peut-être n’aiment-ils pas ce fait, mais ils le savent».
Curieusement – ou peut-être pas – la première réaction hostile à la décision du ministre émane de son propre gouvernement : le ministre travailliste aux Minorités nationales, Ishaï Barverman, s’oppose fermement à cette mesure : « Les panneaux indicateurs ne font pas partie de la bataille politique. La langue arabe est une langue officielle de l’Etat d’Israël, et au lieu d’éloigner la population arabe, il vaut mieux la rapprocher. Le ministre ferait mieux d’installer des noms de rues dans de nombreux villages arabes où elles ne sont pas indiquées !».
Ahmad Tibi (Raam-Taal) n’est pas en reste : « Al-Quds restera Al-Quds, Yaffo restera Yaffo et Shfar’am restera Shfar’am. Ce n’est pas avec un rouleau compresseur sémantique que Katz arrivera à effacer le lien des Arabes avec leurs villes et villages !»
Le Président du parti communiste arabe, Muhammad Baraké a eu des mots très durs : « Katz s’est-il érigé en ministre de l’Histoire ?! Le Satan lui est monté à la tête ! Katz disparaîtra de l’Histoire, mais nos villes resteront ce qu’elles sont ! »
Jamal Zahalka (Balad), utilisant comme d’habitude le langage extrême et l’approximation a déclaré que « celui qui veut faire disparaître la langue arabe, veut en fait faire disparaître les Arabes eux-mêmes », alors qu’il n’est nullement question de supprimer les inscriptions en langue arabe, mais à dénommer les lieux selon leur réelle identité..et d’après leurs propriétaires légitimes. Il a poursuivi ses injures en « appelant à remplacer Israël Katz et non les panneaux indicateurs, avant que le ministre ne fasse brûler les écrits de Maïmonide qui furent rédigés en arabe». Il conclut en attaquant le gouvernement « dont chaque ministre veut prouver qu’il est plus raciste que son collègue », et avertissant que « si cette mesure est appliquée, les Arabes israéliens mettront de panneaux avec les noms arabes à côté de chaque panneau existant ».
Ibrahim Tsarsur (Balad), chef de file du Mouvement islamiste arabe israélien (section sud), a quant à lui déclaré « qu’il ne servait à rien aux Israéliens de modifier la dénomination de Jérusalem, puisque la ville est arabe et sera arabe pour toujours ».
Une déclaration qui justifie d’autant plus la décision du ministre !
[Lundi 07/13/2009 15:52]