Une interview de Farouk Kadoumi, haut responsable historique du Fatah et n°2 de l’OLP, a provoqué l’ire et la consternation au sein de l’Autorité Palestinienne qui est pourtant de la même ligne « politique » que lui. Dans une interview accordée à la chaîne Al-Jazeera depuis la Jordanie, Kadoumi a formellement accusé Abou Mazen d’avoir comploté avec Ariel Sharon et Muhamad Dahlan pour attenter à la vie de Yasser Arafat, lors de son enfermement dans la Moukataa ! Suite à cette diffusion, l’Autorité Palestinienne a ordonné de suspendre jusqu’à nouvel ordre sa coopération avec la chaîne arabe en Judée-Samarie.
Dans le communiqué diffusé par l’Office palestinien de « l’information », il est précisé que « la chaîne Al-Jazeera s’active depuis un certain temps pour calomnier l’Autorité Palestinienne, malgré ses assertions officielles d’une impartialité dans le traitement de la situation intra-palestinienne ». Dès lors, « l’Autorité Palestinienne va engager des poursuites contre Al-Jazeera et interrompre le travail de la chaîne jusqu’à ce qu’une décision judiciaire soit prise ».
Al-Jazeera a publié elle-aussi un communiqué faisant état de « son étonnement face à la réaction de l’AP alors que tous les médias arabes ont traité de ce sujet ». La chaîne « assure qu’elle continuera à couvrir l’actualité palestinienne avec professionnalisme et neutralité ».
Cette diffusion a également créé des tensions entre l’Autorité Palestinienne et la Jordanie, accusée d’avoir « donné une tribune à Farouk Kadoumi pour y déverser ses calomnies ». Abou Mazen pense envoyer des émissaires à Amman pour discuter de la question avec les responsables jordaniens.
Il est quelquefois difficile, pour certains, de suivre les méandres de la politique israélienne. Alors que le Premier ministre Binyamin Netanyahou invitait dimanche matin Mahmoud Abbas à le rencontrer, lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman mettait clairement en doute le lendemain, dans une interview accordée à la radio israélienne, la légitimité du chef de l’Autorité palestinienne.
S’exprimant sur les ondes de Reshet Bet, Lieberman a tenu à souligner que sa légitimité devenait de plus en plus problématique et qu’il durcissait ses positions. Et de préciser : « Nous avons conclu un accord avec toute l’Autorité palestinienne mais à présent, nous avons d’une part le « Fatahland » en Judée-Samarie et de l’autre le « Hamasland », à Gaza. Qui donc représente-t-il ? Dans le meilleur des cas, la moitié de son peuple ».
Quant à la nomination de Shaoul Kamissa, d’Israël Beteinou, très controversée par ses adversaires, au poste d’ambassadeur d’Israël au Caire, Lieberman a tenu à indiquer qu’il l’approuvait pleinement. Il faut préciser que pour l’instant, Kamissa n’a pas encore présenté officiellement sa candidature et que la question n’a pas encore été soumise à la commission chargée des nominations.
De leur côté, de hauts responsables du ministère des Affaires étrangères se sont plaints dimanche soir auprès de leur directeur, Yossi Gal, et ont prétendu qu’il ne fallait pas désigner Shaoul Kamissa, de crainte d’envenimer les relations entre Israël et l’Egypte. La raison en est simple: Lieberman est pour l’instant persona non grata en Egypte en raison des propos peu amènes qu’il a tenus, avant sa nomination, sur le président Moubarak. Les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères ont encore estimé qu’il fallait confier le poste « à un professionnel et non à un homme politique ».
[Mercredi 07/15/2009 22:26]