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REFUS PALESTINIEN D'un Etat Juif (1) - Analyse -
http://aschkel.over-blog.com/article-34420494.html
Shmuel Trigano
http://www.controverses.fr/index.htm
Source : http://www.controverses.fr/pdf/n7/trigano7.pdf
Contrairement à ce que pensait Abba Eban, ministre des affaires étrangèresd’Israël en 1967, les Palestiniens n’ont pas excellé à rater de nombreuses occasions historiques de voir leur Etat se créer.
L’histoire a démontré, bien aucontraire, qu’ils ne voulaient pas d’un tel Etat. La politique palestinienne détonne, de ce point de vue, dans l’histoire des mouvements nationaux.
Elle a refusé systématiquement un Etat chaque fois que l’occasion s’en est présentée, depuis le projet de création de deux Etats par la Commission Peel de 1937, le plan de partition de l’ONU de 1947, l’autonomie promise par le traité de paix israélo-égyptiende 1979, les initiatives diplomatiques de 1985, 1993, 2000, 2001,2003.
Un mouvement national, conséquent avec lui même, aurait considéré que son objectif primordial est l’indépendance nationale.
Cette politique de refus d’un Etat, incompréhensible sur le plan de la logique du nationalisme devient cohérente si on la replace dans la perspective de l’islamisme.
On peut se demander en effet si les Palestiniens se conçoivent comme une « nation », à la façon dont on le comprend en Occident, ou plutôt comme appartenant à la « communauté islamique », la Oumma.
La Charte nationale palestinienne (1968), jamais abolie juridiquement, l’exprime clairement.
(Art.1) :
« la Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien ; c’est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une part intégrale de la nation arabe…
(Art.12) : Le peuple palestinien croit en l’unité arabe. Afin de contribuer à sa part dans l’atteinte de cet objectif, il lui faut cependant, à cette étape de la lutte, sauvegarder l’identité palestinienne et développer sa conscience de cette identité…
(Art. 13) L’unité arabe et la libération de la Palestine constituent deux objectifs complémentaires… Le peuple de Palestine joue le rôle d’avant-garde dans la réalisation de ce but sacré ».
Aucun militant des droits de l’homme n’a trouvée choquante cette célébration incantatoire de l’arabité et de l’islam. Par contre l’expression d’Etat juif lui semble un scandale 4.
Le destin palestinien ne serait donc pas celui d’une nation. C’est ce qui explique aussi l’inexplicable : quoique faibles sur le plan du rapport des forces, les Palestiniens se comportent comme si ils étaient les plus puissants: ils s’identifient en effet au milliard 400 millions de membres de la Oumma.
La meilleure démonstration nous en a été donnée lors du retrait de Gaza : un vrai mouvement national palestinien n’aurait pas détruit sauvagement les serres achetées aux Israéliens par des bienfaiteurs internationaux, un véritable bien national qui pouvait donner du travail à 5 000 personnes et avoir un rapport économique considérable.
La raison du conflit n’est pas le conflit de deux nationalismes, un conflit « israélo-palestinien», ni celui de « l’occupation », mais celui de la reconnaissance d’Israël par le monde arabo-islamique, un conflit « israélo-arabe », voire « judéo-arabe », ce que confirme le fait que l’islamisme, après l’arabisme (qui a conduit à l’exclusion des Juifs de ces pays où il n’y a plus de communautés 5), exerce une influence de plus en plus grande dans cet univers et avant tout dans l’Autorité palestienne.
C’est autant un conflit politique qu’un conflit mettant en jeu des systèmes de valeurs inhérents à des civilisation. La grande question qui se pose est la capacité du monde islamique a accepter l’autre.
Une telle conclusion n’est pas réjouissante mais tel est l’enseignement de l’histoire du siècle dernier, la leçon de l’expérience. A son examen, on ne peut plusconsidérer la réalité de la même façon.
POST SCRIPTUM
Le site dirigé par Itamar Marcus, Palestinian Media Watch, rapporte, sur la foide discours télévisés, visibles sur le site (vidéo 123061), que les représentants de l’Autorité Palestinienne, après Annapolis et le mal nommé « processus de paix » déclarent publiquement à leur auditoire arabe palestinien qu’Israël disparaitra et qu’une seule Palestine unifiée verra le jour, régnant sur tous les territoires.
Itamar Marcus démontre que même les leaders «modérés » n’ont aucune intention réelle de faire la paix ou même de reconnaître le droit d’Israël à exister. Au même moment, leurs discours en anglais et pour les caméras occidentales font l’apologie d’un Etat palestinien indépendant coexisteant aux côtés d’Israël.
2)Mahmoud Zahhar, réputé « ministre des affaires étrangères » du Hamas déclare (The Economist, 31/1/2008) que le Hamas pourrait accepter une offred’une solution de « deux Etats » mais ce serait purement illusoire car il n’accepterait jamais la « réalité d’Israël ». Ce serait « un problème éternel ».
Surtout il déclare que, regardant vers un futur éloigné, « comme votre Union Européenne », la nation arabe constituera un seul Etat rassemblant tous ses territoires historiques, s’unissant à d’autres nations musulmanes comme la Turquie.
« Nous Palestiniens n’avons jamais constitué un Etat indépendant dans l’histoire »… Nous étions une partie d’un Etat arabe et d’un Etat islamique ».
CQFD.