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L’Iran constitue toujours pour l’Occident, et plus particulièrement pour Israël, une menace sérieuse qui se précise encore avec l’intronisation, pour un second mandat, du président Mahmoud Ahmadinejad. Mis à part les dangers de son programme nucléaire, l’Iran, comme on le sait, soutient les organisations terroristes du Proche-Orient et apporte notamment une aide importante au Hezbollah, au Liban.
Ahmadinejad aurait obtenu la majorité des voix lors des dernières élections qui ont eu lieu il y a deux mois dans son pays mais l’opposition a contesté immédiatement les résultats du scrutin et a organisé des manifestations violentes qui ont été durement réprimées par les forces locales.
A présent, après avoir fait taire les voix appelant à la révolte, Ahmadinejad a donc été confirmé à son poste mercredi matin, lors d’une cérémonie solennelle qui s’est tenue à Téhéran. Des centaines de policiers ont été déployés autour du parlement afin d’empêcher la tenue de manifestations sur les lieux et ont dispersé avec des gaz lacrymogènes la foule des protestataires qui se sont rassemblés plus loin pour exprimer leur réprobation.
Il faut tout de même souligner que des dizaines de députés ont refusé d’assister à la cérémonie pour marquer leur désapprobation. Selon des sites internet réformistes, ils n’étaient que 242 à être présents sur un total de 290.
Dans le monde, même si certains chefs d’Etat ont décidé de ne pas envoyer de félicitations à Ahmadinejad pour sa réélection, comme la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Nicolas Sarkozy ou le président américain Barack Obama, l’Iran est doté d’un président considéré comme « légitime » et dont il faudra tenir compte à l’avenir.
Les Etats-Unis ont tenu à préciser ce point par l’intermédiaire du porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs. Interrogé mardi sur la question, il a répondu : « Il s’est agi d’une décision et d’un débat en cours en Iran, de la part d’Iraniens. Il est le dirigeant élu ».
La Grande Bretagne a pour sa part envoyé l’adjoint de son ambassadeur à la cérémonie d’intronisation, ce qui a d’ailleurs suscité la réaction de son opposition qui estimait qu’il fallait boycotter l’événement.
C’est le chef du système juridique iranien, l’ayatollah Seyyed Mahmoud Hashemi Shahroudi, qui a ouvert la séance avant de faire prêter serment au président. Dans le discours qu’il a ensuite prononcé, Ahmadinejad a appelé la population à « serrer les rangs » et, réagissant à la réticence de certains chefs d’Etat à le congratuler, a déclaré que « personne en Iran n’attendait les félicitations de qui que ce soit ».