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Judaisme : Visions juives des Crises

Magnifique article, comme beaucoup d'ailleurs sur Yérouchalmi
http://yerouchalmi.web.officelive.com/Crise.aspx



Une leçon d’optimisme

Les protagonistes de cette crise planétaire sont souvent juifs, cela excitant un atntisémitisme poujadiste et dangereux (cf photo). 
Les argentiers : Greenspan, Bernanke, Wolfensohn, DSK, Wolfowicz, Rubin, Mandelson ; les PDG des banques en faillite : Blanfkein, Roach, Feldstein ; Grynberg, Fishman ; les riches Soros, Rotschild… 

Il convient de dépasser cette juxtaposition nauséabonde juifs/crise pour donner à ce dyptique sa signification philosophico-éthique. Le judaïsme est sur ce point d’une richesse inégalée. 

La Rupture

  
     La violence de la crise actuelle ne fait que mieux révéler les profonds déséquilibres sous jacents de notre monde. On a parlé de « krach » boursier puis de « crise » et enfin de « récession », annoncée comme conséquence des dépressions économiques, industrielles et in fine du moral, qui conduisent à une moindre consommation et à une accélération de la dite crise, avec effet boule de neige, comme chacun aura compris. 
Nous réentrons dans une de ces périodes de rupture à laquelle notre histoire nous a hélas trop souvent habitués. Rupture avec des habitudes de surendettement, mais aussi de surconsommation (voiture, produits haut de gamme ou de marques, voyages et vacances branchées,…) et cela, en phase avec les contraintes de développement durable, que la nature, relayée par des hommes courageux (comme les prophètes d’antan car parlant un peu aux murs), nous impose. Rupture qui, par définition de ce mot, marque le passage d’une situation à une autre : a) par l’arrêt de processus enclenchés de manière folle et, en même temps, b) par l’installation de nouvelles habitudes plus en phase avec les contraintes précitées. 

Pour le Talmud : Crise+Analyse = Opportunité = Espoir
La proximité de sens des mots rupture / crise leur donne en hébreu la même racine de trois lettres, Shin Beth Rech : ShaBeR / maShBeR. Notons que le mot français BriSuRe est aussi issu d’une telle racine B R S, … un hasard ? 
Le 
judaïsme, toujours optimiste, associe à la crise la sortie de crise, perçue comme opportunité de redémarrage. A la différence du christianisme, qui voit dans le péché originel une marque éternelle d’infâmie, il est dépassé dans le judaïsme par l’acceptation de la Thora ; la terrible Shoa n’a-t-elle pas été suivie de la création de l’Etat d’Israël ?
       
La sortie de crise est aussi l’occasion de rebondir, d’ouvrir de nouvelles portes, plus larges que celles que la crise aura fermées. En hébreu, cet optimisme de la sortie de crise est également signifié dans le vocabulaire lui-même, car le mot Espoir ouSaVaR dérive aussi de la racine SBR de rupture/crise (Beth et Veth désignant la même racine). Espoir des juifs à l’écoute des sonneries du Shofar (SheVaRim; racine : SVR), dont le son rappelle que le judaïsme (à la différence des autres religions monothéistes) donne le total libre arbitre et la possibilité à l’homme de rompre (SBR) avec son passé de fautes. 
       Avec la même racine que le mot 
"SaVoiR" en français, cette même racine hébreue désigne comme le mot français, l’analyse. Etonnante proximité du français par rapport à l’hébreu rencontrée ici pour la seconde fois ! Analyse (SVR), dont le non-humain est incapable et qui le rend menacé d’extinction à chaque crise, mais qui permet à l’homme d’échapper à ces détérminismes pour sortir (SBR) de la crise (SBR) et espérer (SVR). 

Optimisme Juif
       
Les économistes confirment cet optimisme juif devant l’après crise, en mesurant notamment :
   - la baisse incroyable du prix du pétrole qui avait atteint des sommets (de 140 à 60 http://yerouchalmi.web.officelive.com/Crise.aspxXXnbsp;!)
   - les impacts favorables sur le développement durable d’une baisse de la croissance des pays émergents de 10% à 4% ou moins (bien bien supérieurs aux mesures des européens, eussent-elles toutes été suivies à plein !)
   - la baisse des prix des céréales (+ 40%, menaçant de famine des millions de gens).
Crise douloureuse mais dans l'espoir
Cela dit, la crise reste douloureuse et fait bien des malheureux, un peu comme l’accouchement épuise la mère durant des jours. Job ne passe pas de bons moments dans sa tourmente, ni les juifs pendant la destruction de Jérusalem (cf. Les Lamentations dans des paysages proches de la Shoa), pendant la Shoa, ou au cours de leurs exils ou persécutions. 
L’optimisme du judaïsme, loin de négliger ces terribles souffrances (on l’accuse parfois d’être la religion de la Shoa), amorce le cercle vertueux de la reprise, inverse de celui dépressif de la crise et donne les forces d’investigation ou d’adaptation à l’homme pour un redémarrage dont il a la foi qu’il sera prometteur de nouvelles opportunités. 
Optimisme du Misrach
       a) Devant les deux 
Yod anormaux du mot VaYYetser de la Genèse (décrivant la Création de l’homme), les rabbins, y voyant le signe de l’existence inéhrente à l’humain duYetser Tov ou instinct du Bien ET du Yetser Ra ou instinct du mal, ne s’affligent pas de la condamnation éternelle de l’homme au péché (à la différence des autres monothéismes), mais, au contraire, voient dans l’instinct du mal, l’aiguillon de l’homme pour progresser (instinct sexuel pour la reproduction ou ego pour l’effort personnel,…) et la condition essentielle de son libre arbitre. 
      b) Autre exemple : à des anomalies du texte de l’Exode, les Sages juifs associent la force des parents de Moïse qui, aux pires moments de l’esclavage égyptien (dureté, assassinat des enfants mâles) n’hésitent pas, malgré tout, à concevoir et cela, en redonnant de l’élan à leurs pulsions sexuelles, par le recours à un certain auto érotisme du miroir. 
      
 C’est dans cet optimisme de tous les instants, dont les plus difficiles, que l’on mesure la force d’une pensée et que l’on peut comprendre l’unique pérennité de la religion juive, seule à avoir survécu des milliers d’années ! 
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G
Oh, elle ne plaira sûrement pas à quelques ultra-libéraux dérégulateurs, tels qu'ils s'expriment en croyant y comprendre quelque chose, en hurlant comme des putois : "C'est la faute à l'Etat, les Etats-Unis et l'Union Européenne sont "communistes", et autres salades suisses protégeant leurs magots et dividendes de dents en or de toute supervision critique. <br /> Mais dans leur univers (souvent sous un vernis superficiel s'auto-réputant "chrétien-Sioniste"!), il n'y a guère place pour une réflexion construite et constructive!<br /> Alors, ils peuvent bien s'étouffer dans leur coin...
Répondre
A
Incroyable Gad !<br /> <br /> Et voilà une superbe leçon d'économie.<br /> <br /> Merci !
Répondre
G
Je me demandais aussi d'où pouvait bien me provenir cet inextinguible optimisme, même dans les coups les plus rudes ou face à une actualité a priori désespérante! <br /> <br /> Texte excellent, puisqu'il redonne du sens à ce qui, a priori, n'en aurait que pour nous nuire... <br /> <br /> Ah, au fait, Obama qui n'en finit pas de fustiger Israël seul, sait aussi nommer des éminences grises juives pour le conseiller et diriger face aux dossiers épineux : en ce mment, l'affaire des "bonus" empochés par les Traders, même quand le navire coule. C'est le "Tzar" Kenneth Feinberg qui se charge d'essayer de remttre de l'ordre contre vents et marées (vertes de dollars) : <br /> <br /> Les rémunérations des dirigeants: le silence de l’Europe<br /> <br /> money.1248957125.jpg<br /> <br /> Les Etats-Unis ont commencé leur offensive contre les contrats d’emploi jugés excessifs. Apres avoir nommé un « Tsar » des rémunérations, Kenneth Feinberg, les mesures commencent à prendre corps. Quelle est la philosophie derrière cette approche ?<br /> <br /> Tout d’abord, elle vise les entreprises faisant l’objet d’une assistance gouvernementale. Sept d’entre elles, des banques et entreprises automobiles, ont jusqu’au 13 aout pour présenter leurs propositions. Mais ce qui est particulièrement astucieux, c’est que l’autorité du gouvernement s’étend aux 100 dirigeants les mieux payés. On y retrouvera le sommet mais aussi certains traders et professionnels.<br /> <br /> C’est un exercice délicat ! Il faudra trouver un équilibre entre la nécessité de pouvoir rémunérer les compétences nécessaires et le devoir de modération face a une opinion publique qui est légitimement outrée de ce qu’elle a découvert.<br /> <br /> Un des paramètres sera la proportion entre espèces et actions. Il s’agit bien évidemment de la rémunération totale, et non seulement des salaires. Derrière ce qui semble être un aspect technique, se profile une philosophie qui tente d’aligner le système de rémunération sur les résultats à long terme des firmes qui octroient les bonus. Les actions ainsi distribuées ne sont en effet pas libres et ne peuvent être vendues qu’après un temps plus ou moins long, généralement trois à cinq ans.<br /> <br /> Un autre paramètre est la base de ces rémunérations : une des faiblesses du système présent est de rémunérer en fonction des activités immédiates de la personne concernée, mais aussi favorise l’ « accélération » des commissions pour les transformer en bonus immédiat.<br /> <br /> L’absence d’un tel système a créé un imbroglio invraisemblable, amenant Merrill Lynch à la fin 2008, par exemple, après des pertes de plus de $ 10 milliards, à distribuer à 750 de ceux qui n’étaient pas concernés par ces pertes un montant de $3,6 milliards .avant la fusion avec la Bank of America (ce sujet fait l’objet d’une investigation par le District Attorney de New York). Il est désormais prévu de distribuer des rémunérations variables basées non seulement sur les activités spécifiques, mais aussi sur les résultats de l’entreprise.<br /> <br /> Le troisième paramètre sera la transparence : il s’agira pour les sociétés « publiques »c’est-à-dire cotées en Bourse, de donner des explications détaillées sur les rémunérations de leurs principaux dirigeants, y compris le panier aux crabes : les conditions d’engagement qui prévoient diverses « indemnités » de sortie. On espère que cette obligation de publier aura un effet modérateur sur les rémunérations. Cela semble possible, mais le cynisme de Wall Street est tellement ancré qu’il serait audacieux d’y compter.<br /> <br /> Ces trois éléments, un lien avec les performances à long terme et une rémunération plus collégiale et moins individuelle, et le tout étant publie en détail, sont de nature à diminuer certains des excès. Mais, si nous en avions besoin, un cas concret frappe à notre porte. Une fois de plus, c’est la Citi qui est épinglée. Elle doit contractuellement a l’un de ses traders un bonus en cash de $ 100 millions. Et elle est sous perfusion du Trésor américain.<br /> <br /> Tout ce débat est en première ligne de la reforme que le Président Obama tente de faire approuver. Dans ce contexte, l’Europe semble une fois de plus complètement absente : les exclamations de scandale contre Goldman Sachs ne doivent pas nous faire perdre de vue que, en douceur et probablement sans publication, Deutsche Bank, HSBC, BNP Paribas ,UBS et bien d’autres, sont en train de mettre de coté des milliards d’euros de bonus pour leurs dirigeants.<br /> <br /> Décidément la transparence n’est pas une valeur européenne, et c’est cependant d’elle que dépend un changement des attitudes et des valeurs. Ne critiquons pas les Etats-Unis sur des informations que nous gardons soigneusement sous le boisseau de peur de créer des remous sociaux et politiques.
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