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C’est le 11 août 1929 que fut fondée l’Agence Juive, la fameuse « Sokh’nout ». A la suite de la Déclaration Balfour de 1917 et de son acceptation par la Société des Nations en 1920, l’Organisation Sioniste Mondiale s’était attelée à la tâche de créer un organisme qui serait chargé de préparer et organiser l’Alya massive des Juifs venus du monde entier, et assurer leur intégration dans leur patrie retrouvée. L’article 4 du Mandat britannique spécifiait qu’« un organisme juif convenable serait officiellement reconnu et aurait le droit de donner des avis à l’administration de la Palestine et de coopérer avec elle dans toutes questions économiques, sociales et autres, susceptibles d’affecter l’établissement du foyer national juif et les intérêts de la population juive en Palestine, et, toujours sous réserve du contrôle de l’administration, d’aider et de participer au développement du pays. » Au début, ce fut l’Organisation Sioniste Mondiale qui joua ce rôle sous la dénomination « d’Exécutif Sioniste de Palestine », jusqu’en août 1929, où l’OSM crée l’Agence Juive, en y adjoignant des membres non-sionistes comme Léon Blum, par exemple, pour lui donner davantage de prestige, ce à quoi s’opposent les Sionistes de droite de Vladimir Jabotinsky. Bien qu’anti-sionistes, les milieux orthodoxes collaborent avec l’Agence Juive pour faire monter en Israël les Juifs des pays de l’Est soumis à un rude antisémitisme.
Le rôle central de l’Agence Juive fut prépondérant dans les années qui précédèrent et suivirent la création de l’Etat d’Israël, durant lesquelles elle servit d’abord de « gouvernement » officieux de la population juive de Palestine, le « Yishouv », puis en devenant la matrice du gouvernement légal et de ses institutions dès le 14 mais 1948. Dès lors, elle dut abandonner une partie de ses prérogatives au gouvernement dirigé par David Ben Gourion.
A partir de ce moment, elle se concentra sur l’Alya des Juifs, l’Education juive en Diaspora, sauvegarde des communautés juives en péril, implantation dans le pays, et dans une certaine mesure à l’Intégration en Israël, mais dans un rôle aux contours assez flous parfois, du fait de la présence d’un ministère de l’Intégration indépendant de l’Agence Juive.
Comme toutes les institutions nées avant la création de l’Etat, l’Agence Juive était soumise à une politisation inévitable notamment dans le choix de ses cadres. Depuis les années 1930 jusque dans le années 1980, ses Présidents et cadres supérieurs furent issus du Mapaï (Travailliste). Mais depuis l’alternance de 1977, les cadres sont choisis selon le gouvernement en place, dont la couleur a souvent changé. Le dernier Président en date est Nathan Sharansky.
L’Agence Juive est une organisation aux ramifications internationales mais dont le centre est à Jérusalem. Son histoire est indissociable de celle de l’Etat d’Israël et de la vie des Juifs du monde entier pour lesquels ses milliers d’employés et volontaires se donnent jour après jour pour aider à cette immense mais rude tâche de faire revenir le Peuple juif sur sa terre. Cela ne se fait pas sans accrocs, et l’Agence Juive est parfois « accusée » d’être une institution « lourde et hypertrophiée » dont l’efficacité s’est péjorée avec les années tant ses missions sont nombreuses…presque autant que ses bureaux !
Quoi qu’il en soit, l’Agence Juive est irremplaçable, et elle est la seule organisation de ce type au monde…car sa mission est elle aussi unique au monde.
par Shraga Blum
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