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IL FOGLIO du 12 août 2009 -
| 12.08.2009 | Che cosa ci fanno 18,5 miliardi dell’Iran in un container ad Ankara? Cronaca e analisi della Rezione del Foglio, Pierluigi Battista, Isabella Bossi Fedrigotti Testata:Il Foglio Autore: La redazione del Foglio - Pierluigi Battista - Isabella Bossi Fedrigotti |
Traduit de l’italien par Gilles Raphel
Rome.
Durant cet été iranien se déroule une histoire en forme de thriller hollywoodien et personne n’en connait encore la fin. Le 7 Octobre 2008, un homme d'affaires iranien nommé Esmael Safarian Nasab a envoyé en Turquie une cargaison de 20 tonnes d’or et des dollars en coupure de 100 pour une valeur totale de 18,5 milliards de dollars. Selon certaines sources le conteneur a fait une première étape en Allemagne, selon d’autres il est arrivé directement à Ankara. Quel qu’en soit le parcours, une fois arrivé en Turquie, le Trésor de Nasab n’a pas été déclaré aux autorités. Selon Senol Oseb, l’avocat turc de Nasab, son client a évité de fournir des détails sur le contenu de l'expédition « afin d'éviter les retards et les ennuis ». Deux partenaires de Nasab ou tout simplement deux messagers auraient dû récupérer le conteneur dès l'arrivée, mais flairant le danger ont fui au premier doute. Découvert au cours d'une vérification de routine, le containeur a été saisi par les autorités turques.
Le conditionnel est maintenant de rigueur car les versions diffèrent. Le premier à essayer de dissiper le brouillard fut le journaliste turc Ibrahim Yazici qui dans son scoop a soutenu que Recep Tayyip Erdogan non seulement était au courant de l'expédition précieuse, mais l’a également approuvée et soutenue. Yazici a fait allusion au fait que M. Erdogan, parlant des investissements étrangers en Turquie au cours de la récession, a mentionné le chiffre de 18,5 milliards de dollars. Un petit peu comme une preuve.
Le ministre Yazici Hayati a nié les accusations, affirmant même que la fortune de Nasab n’était jamais arrivée en terre turque. Rapidement, le ministère du renseignement iranien (Vevak) a demandé à l'Ambassade iranienne à Ankara de vérifier les faits. Le "clarification" est arrivée en un temps record. « Il n’existe aucun conteneur ! » et immédiatement un message a mis en garde contre toute volonté de publier ces nouvelles tendancieuses et fausses. Selon Oseb « Nasab est un homme d'affaires estimé ayant transféré son argent en Turquie légalement, il voulait bénéficier de la nouvelle législation turque sur les investissements étrangers » un droit en vigueur en novembre un mois après l'expédition. En d'autres termes explique l'avocat "le conteneur existe, et comment !". de plus, son expéditeur est prêt à venir en Turquie pour réclamer sa propriété. Des sources iraniennes indiquent, elles, que la cargaison ne devait pas s’arrêter à Ankara. Mais Oseb n’a rien à ajouter et précise modestement "n’être pas au courant de la dimension internationale de la question".
Parmi les nombreuses questions non résolues, les questions les plus importantes restent sans réponse. Qui est vraiment Esmael Saffarian Nasab ? Qui couvre-t-il, pour qui travaille-t-il ? Quelle était la destination finale de ces 18,5 milliards de dollars et pour qui ?
En Iran des montagnes d’hypothèses des plus fantaisistes sont émises : le trésor de Nasab est la pierre angulaire d'une Alliance turco-persanne, la preuve d'une tentative des mollahs d'acheter Obama ou plus prosaïquement un fond pour les urgences des dirigeants iraniens ou le résultat d'une volerie de quelques mollahs rebelles ou d’une agence pasdaran.
Ou bien est-ce la guerre au sein du ministère du renseignement, il existe en effet une autre histoire d’espionnage dans ce dense été iranien, pendant que les enturbannés mangent ensemble et que les capitaux fuient à la recherche de havre plus sûrs. C'est la guerre pour régner sur l’espionnage, la lutte pour le contrôle du ministère du renseignement. Avec comme Casus Belli la suppression de la tête du département, Gholam Hossein Ejei. Selon les journaux conservateurs d’anciennes rancunes ont pesé sur le limogeage d’Ejei : le soutien à l'égard de Hossein Mousavian, ancien négociateur nucléaire qu'Ahmadinejad voulait accuser d'espionnage ou la douceur excessive apparente par le ministre dans le conflit concernant les citoyens américains, l’universitaire Esfandiari Ḩalah et la journaliste Roxana Saberi (bien que, dans ce dernier cas même Ahmadinejad se soit montré favorable un geste de clémence).
Mais dans les règlements de comptes au siège du renseignement pèse en particulier la rivalité entre le Vevak et les pasdaran. Avant des élections les membres du ministère des affaires étrangères ont souligné qu'un nombre suspect de personnes arrivaient en Iran depuis le Royaume-Uni, mais les hommes d’Ejei n’en ont pas tenu compte. Selon les conseillers du Président la conséquence a été que les agitateurs de la Reine ont pu agir sans être dérangés. Il est également question de la gestion de la crise post-électorale qui n’a pas été approuvée par Ahmadinejad qui pense non sans quelques raisons que beaucoup de membres de ce ministère soutenaient Mir Hossein Moussavi, qui fut l’un des fondateurs du Vevak. Ejei a été décrit comme "inefficace et négligent", mais plus encore il a été insisté sur sa prétendue générosité, un portrait très peu probable pour ceux qui ont suivi sa carrière depuis son passage au Haqqani, tribunal spécial redouté et rigide pour le clergé, jusqu’à sa dévotion de ministre pour Khamenei. Au lieu de faire des rapports au président pendant les jours chauds des manifestations, Ejei n'a adressé des navettes qu’au Bureau de Khamenei critiquant les initiatives non concordantes des Gardiens de la révolution. Ensuite, un groupe de fonctionnaires du Vevak a démissionné en publiant un document accusant Ahmadinejad d'avoir ordonné de supprimer de la data-base du ministère toutes les données sensibles concernant ses collègues, amis et membres de sa famille.
La tension avec Ejei a atteint son paroxysme lors de la nomination comme vice-président de Esfandiar Rahim Mashai, décrit par Ahmadinejad comme "pieux, honnête et créatif" en opposition avec les conservateurs et Khamenei jugeant cette nomination « inopportune » en raison de certains commentaires "trop conviviaux" à l'égard d'Israël. La purge autour d’Ejei participa à limiter son influence. Les uns après les autres les chefs, cadres et responsables du service furent déchus tels Habibollah, Khazai, Firuzabadi et Mansouri. Hassan Yunesi, fils de Khatami, le ministre du renseignement a parlé de licenciements "irréguliers et inquiétants, causant de grands dommages à l'Agence". Par la loi le leadership du ministère est nécessairement confié à un enturbanné, mais Ahmadinejad choisira soigneusement son mollah.
En patientant pour l'émergence du nom que tout le monde attend afin de spéculer sur la ligne du prochain gouvernement, le président iranien a trouvé deux parfaits alliés pour encadrer ce service que l’on appelle en privé "le nid de vipères": Hassan Taeb et Ahmad Salek. Anciens fonctionnaires du ministère et en même temps étrangers aux affaires récentes en relation avec Ahmadinejad - Taeb est un chef de la milice bassiji, Salek un représentant de Khamenei dans l'unité de la milice pasdaran - deux expériences solides et des penchants qui font déjà trembler les dissidents à l'intérieur et à l'extérieur du ministère.