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Analyses et actualités sur la geopolitique - Proche et Moyen-Orient - israel - conflit israel palestine - renseignement - diplomatie - Lutte contrela désinformation

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LA GUERRE ......Par manque de Claivoyance ?

© Metula News Agency 

Israël : dans une attente sereine 
Par Stéphane Juffa


http://www.menapress.com/


Pour une fois au moins, on partage à Riad et à Yerushalaym la même opinion...



 

Israël vit ces temps dans une situation transitoire délicate.

 

Au premier plan de ses préoccupations, l’assemblée des Nations Unies qui s’ouvrira le mois prochain.

 

A Jérusalem, on craint que la nouvelle administration américaine n’y énonce un plan irréalisable destiné à établir la paix ; un plan à deux volets, l’un palestinien, l’autre syrien et panarabe.

 

En ce qui concerne les relations avec les Palestiniens, on sait déjà que l’administration Obama prônera un gel total des implantations juives, aussi bien en Cisjordanie qu’à Jérusalem.

 

Ce qui pose problème, c’est la volonté de Washington de régir l’activité d’Israël dans ce que cette dernière considère être sa capitale éternelle ainsi que dans ce qu’on appelle ici les "trois gros secteurs d’implantation". Des zones compactes, relativement auxquelles, lors des discussions avec l’Autorité Palestinienne, il était déjà clair pour tout le monde qu’elles demeureraient sous souveraineté israélienne.

 

Le sujet de la discussion à l’égard de ces zones couvrait ce que l’AP recevrait en échange du "renoncement" à ces territoires. Et, à cet égard, les deux partis n’étaient pas loin de s’entendre.

 

Depuis l’avènement du Président Obama à la Maison Blanche, le changement politique lié au différend avec les Palestiniens réside en cela que la nouvelle administration US s’est rangée sous la bannière du plan saoudien, qui provisionne qu’Israël doit renoncer à tous les territoires qu’elle a conquis sur la Jordanie en 1967, à d’infimes exceptions près, qui n’incluent ni Jérusalem, ni les grands blocs d’implantations.

 

Cette nouvelle optique d’Outre-Atlantique est toutefois incompatible avec, à la fois les réalités présentes sur le terrain, le projet de retrait tel qu’envisagé par Israël, et le sentiment de l’énorme majorité des habitants de l’Etat hébreu.

 

Ici, il n’est pas envisageable de détruire les foyers des trois cent mille compatriotes résidant dans la région de Goush Etzion, de Modiin et d’Ariel, et encore moins de les soumettre aux bons soins des Palestiniens.

 

L’idée de règlement retenue à un degré ou un autre par tous les gouvernements israéliens en vue d’un accord de paix définitif est déjà passablement difficile à réaliser, en raison de l’opposition de l’extrême droite et des Edennistes.

 

Elle consiste à démembrer les nombreuses implantations isolées et à reloger la plupart de leurs habitants dans les grands blocs homogènes.

 

Or non seulement cette option est antinomique de celle retenue par les nouveaux patrons de Washington, encore encourage-t-elle nos adversaires-partenaires à la négociation à durcir leurs positions. On l’a encore remarqué lors du congrès du Fatah à Bethleem qui s’est achevé cette semaine.

 

Le plan d’Obama est négatif à ces titres. Il a tendance à raviver les tensions et à éloigner les protagonistes d’un accord, plutôt que le contraire. Ce qui est particulièrement regrettable, est que le rattachement des gros Gushim (blocs) à Israël n’est pas très pénalisant pour les Palestiniens, s’agissant de territoires très peuplés mais n’occupant pas une superficie considérable.

 

De plus, ces blocs de peuplement ne sont pas établis sur des régions indispensables à un futur Etat palestinien, tant économiquement, qu’au niveau des symboles, ou encore dans un souci de continuité territoriale.

 

Pour ce qui est des négociations impliquant la Syrie, le fait de répéter à l’ONU la nécessité de trouver un accord, et de fixer un laps pour y parvenir, ne fera pas forcément bouger les choses. Or les choses de ce genre, lorsqu’elles n’évoluent pas favorablement, ont parfois des effets déstabilisants nocifs. Rappelons-le une fois encore, au Moyen-Orient plus qu’ailleurs, les mots et les initiatives basées sur la seule énonciations de vœux pieux tuent.

 

Pour qu’une transaction entre Damas et Jérusalem soit réalisable, il faudrait au contraire que la communauté internationale pousse les gouvernements au compromis. Alors qu’en l’état – ce que l’annonce d’Obama ne viendra pas modifier –, l’exigence de la dictature alaouite du retour de l’entièreté absolue du Golan sous souveraineté syrienne, ne mène pas à la paix.

 

L’idée de la Maison Blanche, c’est aussi que, durant les négociations auxquelles elle va appeler, en échange d’un hypothétique gel des implantations juives, le monde arabe effectue des gestes de normalisation en direction d’Israël.

 

Las, les pays arabes dominants ont répondu par la négative à l’invitation washingtonienne dans les heures qui ont immédiatement suivi son articulation.

 

Dans ces conditions, faute de la participation arabe à la dynamique suggérée par Barack Obama, on peut effectivement appréhender l’instauration d’un processus déséquilibré, dans lequel la pression ne s’exercerait que sur Jérusalem afin qu’elle soit seule à accepter des compromis.

 

En valeur absolue, pour que ce ne soit pas le cas, si les Arabes rejettent la dynamique enceinte dans la nouvelle proposition américaine et indivisible d’icelle, il faut que la Maison Blanche revoie sa copie et s’abstienne de promulguer son plan, pour le moment du moins.

 

Nous ne sommes d’ailleurs pas seuls à établir ce point de vue, puisqu’un très important agrégat de sénateurs étasuniens, Démocrates et Républicains parfaitement mélangés, vient d’interpeler le Président afin qu’il exerce sa pression – dans le cadre que je viens d’énoncer – non sur Israël mais sur les pays arabes.

 

Autre hantise du cabinet de Bibi Netanyahou, celle de voir l’administration Obama détourner l’attention du monde du péril de la bombe iranienne, pour la focaliser sur les négociations de paix israélo-arabes.

 

Pour une fois au moins, on partage à Riad et à Yerushalaym la même opinion : la paix entre nous peut encore attendre un an ou deux, mais non le traitement de la menace persane.

 

Et cette communauté d’inquiétude, qui échappe visiblement au nouveau président des USA, bien qu’elle puisse constituer une planche d’élan plus productive à un rapprochement qu’une initiative sans matière, va bien au-delà des déclarations d’intention.

 

Sans être tombés dans les bras les uns des autres lors d’une effusion fraternelle et chaleureuse, ça n’est pas à l’ordre du jour, l’Egypte, l’Arabie Saoudite ainsi que les Etats côtiers du Golfe Persique ont passé une alliance stratégique discrète avec Israël pour faire front commun contre Téhéran.

 

Si on ignore officiellement la teneur spécifique de ces accords, on en distingue cependant leurs effets dans la liberté logistique, de déploiement et de mouvement dont disposent la marine, l’aviation et les commandos hébreux.

 

Et ces arrangements militaires, impliquant diverses autorisations d’utilisation par Israël des espaces territoriaux de ces pays, vont très loin ; beaucoup plus loin, en tout cas, que ce qu’il nous est permis de reproduire dans un article sans interférer dans des processus que nous jugeons essentiels.

 

Contentons-nous donc d’écrire, qu’en cas d’opération militaire israélienne contre l’Iran, nos confrères moins bien informés tomberont des nues.

 

On peut, que dis-je, on doit encore tout faire pour obtenir des ayatollahs qu’ils renoncent à la bombe sans avoir à recourir à la force. Cela dépend également de Barack Obama, et de ce qu’il va faire durant la session de septembre de l’ONU :

 

s’il isole le problème iranien comme étant le plus urgent à résoudre dans le calendrier international, s’il impose à Khameneï une date butoir pour annoncer son renoncement à la bombe, et s’il explicite ce que les Etats-Unis feront si Khameneï n’obtempère pas, on évitera probablement l’embrasement.

 

Si cela n’est pas le cas, en dépit des efforts des capitales européennes qui exercent leur part de pression sur Obama, on aura très vraisemblablement la guerre. La guerre, parce que les régimes de la région, de même que certains gouvernants européens éclairés, n’ont aucunement l’intention de passer les décennies à venir sous la menace nucléaire perpétuelle des fous furieux de Téhéran.  

 

Ca n’est pas uniquement que les Arabes redoutent de voir leurs sociétés pulvérisées par un gigantesque champignon islamique et mortel, mais ils refusent aussi d’assister, impuissants, aux tentatives impérialistes de l’Iran visant à renverser leurs régimes.

 

Exactement comme cela s’est déroulé au Liban, laissant les Européens, "Français protecteurs du Liban" en tête, regarder ailleurs, tandis que les porte-flingues de Khameneï s’emparaient de Beyrouth, condamnant à l’incapacité le gouvernement légal et l’armée libanais.

 

Ces jours, Nasrallah, le roquet de Khameneï au Liban, se remet à aboyer des menaces improbables contre Israël. Actes de provoc le long de la frontière, face à notre rédaction, où des milliers de mongols ont scandé des insultes et des menaces à l’encontre de nos femmes et de nos enfants.

 

Que voulez-vous que le Hezbollah fasse d’autre que semer les graines de la guerre ? Par temps de paix, les chiites du pays au cèdre ne représentent qu’un peu plus de trente pourcent de la population – encore que tous ne marchent pas derrière le Hezb -. Par temps de paix, dans un système démocratique, ils feraient partie de l’opposition et seraient écartés du pouvoir décisionnel.

 

Le contraire de ce à quoi aspirent leurs maîtres d’outre-Mésopotamie : on ne prend pas le pouvoir par l’exercice de la démocratie, lorsque l’on est minoritaire. Mais en invoquant la menace militaire imaginaire des Hébreux, que l’on s’emploie à créer et attiser, en criant ensuite à la résistance armée, et en muselant le cabinet, en tenant l’armée en joug, c’est ainsi que la milice du Hezbollah est en train de livrer le Liban aux ayatollahs.

 

Le tout sous le regard bovin des soldats de maintien de la paix de l’ONU. Des soldats qui ne reconnaissent pas leur ordre de mission dans la résolution 1701 du Conseil de Sécurité ; celle qui, pourtant, les a envoyés poser discrètement leurs tentes sur les rives du Litani.

 

La FINUL est un scandale, tout comme l’armée libanaise. Ces homme armés servent de paravents légitimateurs aux préparatifs de guerre des séides de Khameneï : ils sont là, ils ne voient pas les préparatifs, la massive contrebande d’armes, s’abstiennent d’intervenir contre les miliciens, ne mettent pas en garde le Conseil de Sécurité, c’est donc que tout va bien, que rien d’inquiétant ne se passe.

 

Certes, à la tête de l’Etat de poupées qui fait semblant d’exister à Beyrouth, on ne commande pas à l’armée depuis longtemps. Et à la tête de l’armée, on n’engage pas la milice pour protéger sa peau et par peur que la troupe ne se désagrège par appartenances ethniques.

 

Mais ça n’est que modérément le problème du gouvernement de Jérusalem : s’il y a un gouvernement au Liban, qu’il gouverne. S’il y a une armée, qu’elle assure la souveraineté des Libanais sur l’ensemble de leur territoire et qu’elle exécute les injonctions du cabinet. De plus, entre voisins, il ne peut régner que la paix ou la guerre, à l’exclusion de tout statut tiers de voisinage, fût-il fruit ubuesque mais dangereux de la lâcheté des Moyen-orientaux.

 

Ce que l’on ne veut pas voir, à Jérusalem, c’est un déferlement de roquettes terroristes en provenance du Nord, au cas où on serait contraint de lancer une opération contre les installations nucléaires et militaires perses.

 

Alors on avertit les Libanais : soit ils exercent leurs responsabilités internationales en intervenant afin que personne ne puisse tuer des Israéliens depuis leur territoire, soit ils partageront la responsabilité et le châtiment de la milice qu’ils protègent, bien qu’elle les terrorise.

 

Et cette fois, la situation régionale étant beaucoup plus sérieuse qu’en 2006, la lâcheté légendaire des Libanais ne pourra plus leur servir d’excuse. Au cas où ils prendraient la mauvaise décision, ou s’ils n’en prenaient pas, ils risquent de voir leur beau pays ressembler à une mer lunaire, à l’instar de la Bande de Gaza.

© Metula News Agency 










 

 

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