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Freud et le Déni d'Israël ......à l'épreuve de l'archéologie

Un excellent article de Yérouchalmi
http://yerouchalmi.web.officelive.com/Freud1.aspx







 avec Gérard Huber, Psychanalyste et Philosophe 




Avec l’antisémitisme et l’antisionisme, l’archéologie devient de plus en plus un enjeu politique. 
          La psychanalyse ne manque pas de lui apporter son concours, en comprenant le récit juif des origines d’Israël à travers ses interactions impensées jusqu’à ce jour entre l’Égypte et Israël.

     
G. Huber vient d'écrire 
"Si c'était Freud-Biographie psychanalytique"  
éditeur     
contact@editionsbdl.com    ou     www.editionsbdl.com
Freud entre bonheur et souffrance ; du Juif errant de Freiberg à l'ambitieux du lycée, puis dans son cabinet à Vienne où il invente la psychanalyse… Un créateur qui se veut au-delà de Nietzsche ; avec sa judéité, ses combats contre l’antisémitisme ou sa maladie. 
     Vaste enquête qui fait tomber les clichés en croisant archives et biographies et révèle les sources juives et des aspects jusque là ignorés, comme ses angoisses de séparation, son obsession de la masturbation ou sa défense de l’homosexualité. Huber insiste aussi sur sa lutte contre la barbarie, son sens du sionisme, et son judaïsme ultralibre.




Israël/ l'Egypte/ l'Archéologie
La seule preuve archéologique de l’existence d’Israël au XIIIe siècle avant l’ère chrétienne était la stèle de Méneptah, preuve qui s’effondre depuis que le nom lu «Israël» y est lu «Ayssyriae». Comme aucune trace archéologique n’atteste de l’Exode, Freud en conclua qu'Israël était issue des égyptiens, puis s'était séparé d'eux pour échapper à leur la décadence polythéiste. 
        Depuis, les connaissances se sont développées qui croisent la Bible avec les archives égyptosumériennes, les traces archéologiques, les historiens de l’Antiquité et la Tradition juive. Lorsque le professeur Mazar, de l’Université de Jérusalem, découvre un sceau de 2600 ans, portant un nom de la Bible  «Gedalyahou Ben Pashehour» sous les murailles de la Vieille Ville, la science du judaïsme est bien en marche.
Freud et le Judaïsme
        Au départ, sa découverte de l’inconscient avait conduit Freud à rompre avec l’esprit allemand (qui séparait les sciences de la nature et celles de l’esprit), en construisant la psychanalyse plus indépendante que réellement « juive ». Son judaïsme n’était alors pas plus qu’une origine sans actualité, une religion ; une illustration de « la névrose de contrainte universelle de l’humanité » qu’il n’y avait donc pas lieu d’actualiser. 
        Dans un contexte hostile, Freud se proclamant néanmoins exclusivement « Juif », se soucie de développer une vraie science du judaïsme, q’autant plus qu’il se sait être considéré comme l’une des grandes personnalités juives de son époque (avec Einstein et Bergson). Freud est sans doute conscient que ses analyses de la «
haine anti-juive nourrie du complexe de castration réactivé par la circoncision» sont bien superficielles pour expliquer l’antisémitisme omniprésent. 
Freud/ Moïse/ l'Egypte
Dans "L’homme Moïse et la religion monothéiste", Freud décrit Moïse, haut personnage égyptien sous Akhenaton, 1er Pharaon monothéiste, dont, après le renversement, Moïse aurait sauvegardé sa religion en créant ex nihilo, le peuple juif.
         Depuis de nombreuses années, Freud se procure des statuettes égyptiennes. C’est alors, qu’il cherche à liquider le fantôme du Pharaon égyptien en campant le personnage de Moïse, comme un héros non biblique, dans "Le Moïse de Michel-Ange" et son invention de la psychanalyse en dépend (notamment, l’effacement du nom de son père - Akhenaton – témoigne pour lui d'une pulsion parricide). 
        Et c’est la question de l’origine qui l’obsède qui va être à la source de son travail sur le judaïsme. Notamment à partir des récits sur Israël en Égypte, que la découverte du monothéisme d’Akhenaton (antérieur à celui légendaire des juifs), vient ébranler. Et Freud tient donc à rétablir, de l’intérieur du judaïsme, la mémoire de cet Akhenaton monothéiste dans le judaïsme. C’est un conflit entre deux approches monothéistes rivales qui, seul, permet de comprendre la vivacité de le controverse biblique entre Pharaon et Moïse. Si, le Dieu de Moïse l’emporte c’est parce qu’il dévore les dix dieux du panthéon. Et, bien qu’aucune trace historique n’ait été retrouvée, Freud s’en tient à l’idée que la religion juive garde la trace d’un grand homme, Moïse, qui a réellement existé : Akhenaton a été renversé par ceux qui préparent le retour d’Amon en la personne du futur Toutankhamon.
Les Motivations de Freud
        Akhenaton, en renversant Osiris, s’est instauré dieu des vivants et des mort, effaçant toute distinction entre la vie et la mort. Sous son règne, les Égyptiens ne savent plus s’ils sont morts ou vivants faisant écho à l’angoisse de Freud relative à la mort de sa mère et à la sienne propre. Tout commence, pour Freud, par un cauchemar d’enfance : sa mère morte portée par 2 égyptiens dont les becs d’oiseaux l’ont sans doute tuée (?). Image sans doute inspirée d’une illustration connue d’une Bible juive de son enfance.
      Les travaux de Freud en direction de l’Égypte se développaient dans une certaine insouciance de la mort, car l’angoisse qu’il en avait était plutôt liée à son amour pour sa mère qu’à sa prise en compte sur le plan pulsionnel. Avec la disparition de sa fille Sophie, de son ami von Freund, il va découvrir la réalité de la mort (lui donnant un statut pulsionnel aussi important que celui de l’amour), en comprenant que le sens de sa vie se trouve dans sa propre survie : chez tout normal, la pulsion de vie est assez forte pour contrebalancer la pulsion de mort, pour ne perdre ni le plaisir de vivre, ni le rapport à la bonté. 
        Y compris dans sa lutte contre un fort antisémitisme ambiant qui lui fera alors inscrire la psychanalyse dans la postérité de la vie de l’esprit hébraïque.   
 Tradition Juive et Egypte Antique
        Pour Freud,entre le 6e et le 2e siècles avant l’an 0, il y a nécessité pour le peuple juif en devenir, de construire l’existence rétroactive d’un personnage composite, Moïse (dont, nous le savons, il n’y a quasi aucune nomination dans la Aggadah de Pâque). 
        Cette mythologie a pris une place importante en Egypte, lors de l’accession de Ramsès, car la reconstruction spirituelle postérieure à la mise à mort de l’ancienne sainteté par Akhenaton permet le retour des âmes mortes vers la vie. De même que Pharaon doit éviter la seconde mort, les âmes doivent triompher de toutes les épreuves qui leur sont envoyées dans le monde de la mort qu’est le désert, pour espérer fonder un nouveau peuple, pour accomplir un nouveau progrès dans la vie de l’esprit. Car ce progrès résulte pour l’âme d’avoir échappé à l’anéantissement. 
        Et, c’est la spiritualité du futur peuple juif qui va porter cette idée forte égyptienne de  la victoire de la vie sur la mort (
pourtant oeuvre des successeurs d’Akhenaton et bien que les les Égyptiens en aient oublié l’existence et le sens). 

Monothéisme Juif et Egypte : apports de Freud
        Il serait erroné de confondre spiritualité monothéiste juive et spiritualité égyptienne et l’invention du d.ieu et du sens de l’histoire reste purement juive. Mais pour en comprendre l’originalité, ne doit-on pas absolument la distinguer de ce à partir de quoi elle a émergé ? Et c’est en quoi comprendre les réflexions de Freud et les resituer peuvent nous aider. 
        En posant les jalons d’une science du judaïsme, Freud explique que tout auteur peut avec la psychanalyse et à partir de son histoire individuelle ou collective, se défaire de l’illusion religieuse et s’engager dans la formation d’une science de son héritage spirituel. 
NB - de Renaud de Spens : La religion atonienne est très différente de celle des Hébreux . Pour intolérante qu'elle soit, elle n'est pas complètement monothéïste au sens des religions du Livre, alors que celle des Hébreux avant l'unification de David (au tournant du premier millénaire), bien que mal connue, se rapproche plus des religions traditionnelles du Proche-Orient. De plus, même si l'on admettait (hypothèse dénuée de fondements matériels) que des partisans d'Akhénaton se serait exilés au Proche-Orient, ils se seraient fondus dans la masse des peuples de la région. La langue des Hébreux, leur culture, sont assez différentes des Egyptiens pour écarter la thèse de Freud.
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