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Caracas, Hezbollah et Téhéran, terrorisme et poudre blanche.






Caracas, Hezbollah et Téhéran, terrorisme et poudre blanche.





Par Gilles RAPHEL, pour Aschkel.over-blog.fr et Lessakele.over-blog.fr



Un récent rapport de l’US GAO (United States Government Accountability Office),publié le 5 juin dernier et intitulé : DRUG CONTROL, US Counternarcotics Coopération with Venezuela Has Declined  met en avant et analyse la chute de la coopération américano-vénézuélienne dans le contrôle du trafic de cocaïne.

http://blog.kornemuz.com/images/200806/20080624d_sous_marin_trafic_drogue.jpg

Il s’agit d’un euphémisme, le passage de la cocaïne colombienne par le Venezuela vers les Etats Unis et l’Europe s’élevait à 60 tonnes en 2004 pour atteindre 260 tonnes en 2007 (soit plus de 17% de la cocaïne produite) et près de 400 tonnes en 2008.

http://www.lepoint.fr/content/system/media/2/20071107/2007-11-07T194723Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRWR-AFRIQUE-COCAINE-20071107.jpg


Trois principales raisons à cet échec sont identifiables : l’éloignement politique entre Washington et Caracas, l’implantation progressive du hezbollah au Venezuela, le rapprochement stratégique entre Caracas et Téhéran.

L’éloignement politique entre Washington et Caracas : le rapport de l’US GAO rappelle que depuis 1996 les Etats-Unis identifient le Venezuela comme un plaque tournante du trafic de cocaïne, si une collaboration bipartite a pu se développer entre les années 2002 et 2005, elle s’effrite ensuite pour s’effondrer en 2007 quand le Venezuela refuse l’entrée sur son territoire des agents anti-drogues étasuniens les accusant d’espionnage. La crise atteint son paroxysme quand, en 2008, Chavez expulse l’ambassadeur Américain et rappelle le sien de Washington. Depuis juin 2009, les ambassades respectives sont de nouveau ouvertes sans que, pour autant, les relations entre les deux pays ne se soient vraiment améliorées.

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L’implantation progressive du Hezbollah au Venezuela : l’Amérique du Sud abrite une forte diaspora libanaise chiite, en particulier au Brésil et au Venezuela, le Hezbollah y est implanté depuis les années 90 et développe des activités de trafic d’êtres humains, de contrebande (contrefaçons et cigarettes), rackets (impôt obligatoire chez les commerçants d’origine libanaise), fraude financière, blanchiment d’argent et bien-entendu trafic de drogue.

Suite à l’action défensive lancée par Israël au Sud Liban en juin 2006, le mouvement terroriste libanais a accentué son activité en Amérique du Sud et principalement au Venezuela afin de renflouer ses fonds et pouvoir se réarmer.

Pourquoi le Venezuela? : c’est au plus haut niveau gouvernemental que le Hezbollah trouve son soutien au Venezuela, en effet, le ministre de l’Intérieur et de la Justice de Caracas n’est autre que Tarek el Ayssami.

El Ayssami est un vénézuélien d’origine syrienne qui a occupé auparavant le poste de vice-ministre de l’Intérieur attaché à la sécurité publique. Son père, Carlos el Ayssami, représentait au Venezuela le parti Baas irakien et peu de temps avant la seconde guerre contre de l’Irak a tenu une conférence de presse dans laquelle il s’est présenté comme un taliban et a parlé de Ben Laden en ces propos : «  le grand moudjahidin, Sheik Oussama ben Laden », lui rendant ainsi allégeance. Le grand oncle de Tarek, Shibli el Ayssami était l’idéologue et le secrétaire général du parti Baas durant le régime de Saddam Hussein  (c.f : http://www.soberania.org/Articulos/articulo_4768.htm)


http://www.noticiascentro.com/fotosWeb/1183_1235860939.main.jpg

En 2003, Tarek el Ayssami a été nommé, avec un autre étudiant radical de l’Université des Andes (ULA) de la ville de Mérida, Hugo Cabezas, à la tête du service des passeports et de la naturalisation du pays, l’Onidex. Ceci alors que leurs liens avec les mouvements de guérilla à l’ULA étaient parfaitement identifiés.

En effet, déjà, en tant que leader étudiant à l’ULA, el Ayssami dirigeait (contrôlait) la politique de la résidence universitaire, cette fonction lui a permis de masquer des vols de voitures utilisées ensuite dans le trafic de drogue et d’héberger dans les dortoirs universitaires des membres de la guérilla. A cette époque, sur les 1122 personnes vivant dans l’une des résidences universitaires de Mérida seulement 387 étaient des étudiants, les autres des trafiquants et des terroristes …


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Sous la houlette du ministre el Ayssami, deux membres du Hezbollah, les libanais naturalisés vénézuéliens, Gahzi Nasserdine (ex chargé d’affaires en poste à l’ambassade du Venezuela à Damas et son frère Ghasan Atef Nasserdine sont chargés de recruter de jeunes vénézuéliens d’origine arabe et affiliés au parti de Chavez, le PSUV (Partido Socialista Unido de Venezuela) pour les envoyer dans des camps d’entraînement au Liban et les préparer à la lutte asymétrique contre les Etats-Unis. Une fois de retour, les jeunes terroristes sont pris en charge par les membres du parti affiliés à l’UNEFA (université gérée par les forces armées) et l’université bolivarienne du Venezuela afin de poursuivre leur formation dans la manutention des armes à feu et des explosifs. Les camps d’entraînement sont situés dans les Etats de Monagas, Miranda, el Paramo, Falcon, Yaracuy, Yumare etTrujillo ainsi que dans les districts de Maturin, Los Teques, El Jari, Churuguara et de la Sierra de San Luis. Les groupes de jeunes sont pris en charge et surveillés par le Hezbollah vénézuélien, des Irakiens liés à Al Qaeda, ainsi que le Front démocratique palestinien dirigé par Salid Ahmed Rahman dont le siège social se trouve au Central Park de Caracas.
(Investigation de Patricia POLEO)

http://www.theatrum-belli.com/images/medium_Hezbollah09.jpg


De plus, des visas vénézuéliens temporaires ont été accordés grâce à el Ayssami à des terroristes du Hezbollah tels Mohammed Yassine Adnan, Amin Taha, Falah Alwan Muhi Mohammed Al Qaisi. Ceux-ci supervisent le trafic de drogue dans la région des trois frontières (Brésil – Argentine – Paraguay) ainsi qu’au Nicaragua. (La région des trois frontières est la zone où furent préparés les attentats anti-juifs exécutés en Argentine, 18 juillet 1994)


http://www.interet-general.info/IMG/Argentina-Buenos-Aires-Attentat-1994-1.jpg

D’autres terroristes ont pu ainsi suivre cette filiale pour trouver un havre de paix au Venezuela : l’expert libanais en explosifs Suleiman Abdul Ghani Wanked, bras droit de Nasrallah, ainsi que Rada Ramel Assad et Abouchanab Daichoum Dani, deux responsables sud-américains du Hezbollah.

Le 17 juin 2008, le département américain du Trésor gelait les avoirs de deux agents du Hezbollah au Venezuela propriétaires d’agences de voyages, nous retrouvons Ghazi Nasserdine (ou Nasr al Din) puis un certain Fawzi Kan’an.

Ghazi Nasserdine est accusé d’avoir « utilisé sa fonction de diplomate vénézuélien et de président du Centre islamique Shi’a installé à Caracas pour fournir un soutien financier au Hezbollah. ». Devenu directeur  politique à l’ambassade vénézuélienne au Liban, il a facilité des aller-retour de militants vers le Venezuela et a organisé le déplacement de militants de Hezbollah en Iran pour y suivre un entraînement. Ghazi Nasserdine, né au Liban en 1962, naturalisé vénézuélien, carte d’identité n° 18.190.527, passeport n° : B-0472561.


Fawzi Kan’an est accusé d’être un soutien du Hezbollah au Venezuela ainsi qu’un important fournisseur d’aide financière, d’avoir « organisé des voyages pour les militants du Hezbollah, d’avoir adressé au Hezbollah du Liban des fonds récoltés au Venezuela, d’avoir rencontré les leaders du parti au Liban pour envisager des actions tels de possibles enlèvements et des attaques terroristes et d’avoir aidé d’autres membres du Hezbollah à aller s’entraîner au Liban. ». Fawzi Kan’an, né au Liban en 1943, naturalisé vénézuélien, passeport n° : 0877677, adresse : Calle 2, Residencias Cosmos, Fifth Floor, Appartment 5D.

http://www.hacer.org/report/uploaded_images/hezbollah-778948.jpg

Le Hezbollah vénézuélien organise le trafic de la cocaïne depuis le Venezuela vers les Etats-Unis via Haïti, la république Dominicaine, le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala et le Mexique, il organise, par voie aérienne et maritime, le trafic de la cocaïne vers l’Europe via l’Afrique de l’Ouest (Guinée Bissau, Guinée et Sierra Leone) principalement et aléatoirement par l’Espagne et le Portugal. L’aide du Hezbollah portée au narcotrafiquants se rémunère à hauteur de 12% des bénéfices. L’argent ainsi récolté au Venezuela suit les voies des paradis fiscaux (Panama, Hong-Kong …) pour aboutir dans les caisses du Hezbollah à Beyrouth.

http://www.charlesgancel.com/wp-content/uploads/2006/12/hk3.jpg

De plus, au Venezuela, le Hezbollah est très présent dans l’île Margarita qui est une zone franche où il tient une réputation de faussaire (passeports, visas, dollars …)

Le rapprochement stratégique entre Caracas et Téhéran : les deux ont trouvé le diable : les Etats-Unis, les deux soutiennent l’organisation terroriste Hezbollah, ils ne pouvaient que se rapprocher.

A l’instigation d’Ahmadinejad, la compagnie nationale iranienne, Iran Air, effectue chaque samedi un vol direct Téhéran-Caracas, chaque semaine ce vol est déficitaire d’un demi million de dollars.


http://www.worldairroutes.com/images/IranAir_Cover_500.jpg

A l’instigation de Chavez, la compagnie nationale vénézuélienne, Conviasa, effectue chaque samedi un vol Caracas – Téhéran avec une escale à Damas en utilisant un Airbus A330 complété en réservoirs, vol tout autant déficitaire.


Les membres du Hezbollah ainsi que les Pasradan peuvent voyager tranquille, à l’arrivée au Venezuela, munis d’un passeport vénézuélien, ils empruntent une sortie qui leur est réservée afin d’éviter les services d’immigration et de douane.


http://spartakism.files.wordpress.com/2007/08/pinkspadaran2.jpg



Les deux pays, membres actifs de l’Opep, ont signé, fin juillet, des contrats de coopération dans l’exploitation pétrolière afin de développer le champ pétrolifère d’Ayacucho (4 milliards de dollars mis en commun). Ils ont prévu, de plus, la création de deux complexes pétrochimiques, l’un dans chaque pays ainsi que la création commune d’une compagnie maritime pour le transport des produits pétroliers.

Iran – Hezbollah – Venezuela, Venezuela – Hezbollah – Iran, la triade par laquelle la guerre viendra !




 
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