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L'antisémitisme et les mouvements de gauche

L'antisémitisme et les mouvements de gauche

Encore peu explorée dans ses formes et ses composantes, cet ouvrage nous présente une stimulante introduction à l'histoire de l'antisémitisme politique à gauche.

L'ANTISÉMITISME À GAUCHE. HISTOIRE D'UN PARADOXE, DE 1830 À NOS JOURS
Un livre de Michel DREYFUS aux Editions LA DECOUVERTE

Source : http://www.nonfiction.fr/

Et sur l'excellent site :
http://antisemitisme-antisionisme-du-web.over-blog.com/article-35639077.html







L'antisémitisme n'est pas le monopole d'une catégorie politique et l'engagement contre l'antisémitisme dans l'histoire de la gauche n'est pas un postulat qui va de soi. C'est sur cette constatation historique que Michel Dreyfus a réalisé cette étude synthétique – de 1830 à nos jours - sur les différentes formes d'antisémitismes situées à gauche de l'échiquier politique français, au sein des courants socialiste, marxiste, anarchiste, communiste, syndicaliste, etc. 
L'homme à gauche  n'était pas plus immunisé contre l'antisémitisme qu'aujourd'hui.

 

 

Le socialisme des imbéciles



Au dix-neuvième siècle, une certaine gauche reprit toute une série de poncifs antisémites existant dans des espaces politiques autres que le sien tout en y intégrant des éléments spécifiques provenant de son champ particulier. Elle fut à la fois passive, en se laissant " imprégner par l'antisémitisme virulent de la droite et de l'extrême-droite " (p. 13)), mais aussi active en produisant ce que Auguste Bebel a nommé " le socialisme des imbéciles ", venant à son tour nourrir indifféremment les antisémitismes de tous bords.

Le discours antisémite a toujours ignoré les frontières politiques et sociales. Faut-il pour autant penser que l'homme de gauche  (ou  l'homme à gauche ) ait eu si peu d'intelligence et tant de préjugés, individuellement ou associé, pour qu'au moment où " les organisations ouvrières font leurs premiers pas : leur faiblesse, leur inexpérience contribuent à expliquer que de nombreux militants, socialistes et anarchistes notamment, se laissent séduire par les arguments antisémites "   et qu' " en l'absence de tradition, ayant tout à inventer, les premiers penseurs socialistes vont souvent reprendre à leur compte les stéréotypes de l'époque et les intégrer à leurs analyses "   ? Cette relative et discutable immaturité n'a pas empêché que " cette hostilité innove aussi sur plusieurs points " . Faut-il vraiment penser que l'homme de gauche ait eu tant de haine de l'autre pour que " durant ces années de formation, le socialisme utopique accaparé par l'analyse de la situation ouvrière se préoccupe peu de ces questions "   ? Faut-il penser qu'il a été un idiot culturel pour être si " peu à même de s'interroger sur ces idéologies nouvelles que sont nationalisme, xénophobie et antisémitisme "   ? Un certain nombre de penseurs allaient préparer les esprits à accepter et à intégrer l'antisémitisme - comme la xénophobie - à gauche.







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A
Merci Gad pour ton excellent commentaire, et oui je pense que tu as raison lorsque tu évoques la dimension de la transmission et l'idée que les juifs utilisent des méthodes conservatrices pour établir un pont entre les générations.<br /> <br /> Je suis en train de lire un ouvrage assez ardu sur les juifs et l'impôt, appelé comme cela dans les sociétés occidentales, et cet ouvrage met en relief précisément la structure sociale et égalisatrice de ce qu'on appelle la dîme , les lois du maaseer et de trouma que l'on trouve dans le livre de dévarim (deutéronome.<br /> <br /> Je ne connais ce livre de Dreyfus en tous cas il me semble qu'il serait bien de se pencher sur ces dites lois sociales et communautaires que l'on trouve dans le pentateuque.
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G
Je ne connais pas l'orientation idéologique ou "l'habitus" de ce ce Monsieur Michel Dreyfus, mais le peu que nous donne à voir cette introduction à son ouvrage, c'est une sorte d'adhésion a priori, qui ferait qu'une idéologie"justicialiste" et bonne en soi est, progressivement, ou originellement (dans la formation des cadres et des militants), dévoyée par des préjugés courants. On en revient toujours un peu au même : partant de "bons sentiments", l'idéal se fige et déchoit, parce que "l'homme est l'homme", et que les stéréotypes d'appartenance font leur chemin, tels qu'ils étaient avant de prétendre "faire table rase du passé".<br /> Il ne semble pas là question de se demander si, d'une certaine façon, le vers n'est pas aussi dans le fruit et que c'est aussi l'idéal lui-même qui est, pour partie, corrompu, dans la mesure où tout universalisme vit au dépend du particularisme et de toute singularité qui l'écoute, et que l'égalitarisme à outrance conduit peu ou prou les têtes qui dépassent à l'échafaud!<br /> <br /> Pour instaurer la "justice redistributive" (ce qui d'ailleurs peut être directement connecté aux Michpatim et au dixième des richesses prélevées pour les prêtres-Cohanim, Lévites-, dans l'obligation religieuse, y compris de korbanot au Temple, à la notion de Don sans retour et d'amour inconditionnel, de respect de son prochain, etc.), il faut d'abord accepter de la créer, la richesse!<br /> Eventuellement accepter que des corps de métiers se spécialisent dans le comptage, l'évaluation et le prélèvement : que l'impôt n'est pas seulement une corvée qui dessert, mais un moyen de survie et que l'équité impose qu'on ne trafique pas les poids et les mesures, pour que la balance atteigne son équilibre...<br /> <br /> Or, je ne sais pas s'il le fait ensuite, mais c'est peut-être aussi les racines de ce postulat "révolutionnaire" qu'il convient d'examiner. <br /> De tous temps de leur Exil en particulier, les Juifs se situent plutôt au sein de classes sociales intermédiaires, "spécialisés" dans les strates intellectuelles ou artisanales, liées aux milieux de l'échange et de l'abstraction, interdit de culture de la terre ou d'autre possession ou échange que de biens meubles. La Chrétienté, longtemps fondée sur l'économie de subsistance et les privilèges (avant l'émergence du protestantisme) méprise l'argent considéré comme impur, source de corruption et non comme outil de création de richesse.<br /> <br /> Traditionnellement utilisés par les noblesses féodales et les rois, les Juifs se retrouvent pris entre le marteau du pouvoir et les plaintes ou révoltes des sans-grades, et servent d'exutoires ou de paravents aux uns comme aux autres. Ils n'édictent ni les lois iniques ni ne les discutent, ont encore moins pouvoir de les ajuster ou rectifier. <br /> Le prolétarianisme de la gauche (marxiste), le désir de mettre à bas tout ordre, surtout justifié comme de "Droit D.ivin", un moment ou un autre, met forcément les classes intermédiaires à spécificités ethniques et religieuses au centre de l'attention et de la haine. <br /> Le matérialisme comme mode d'interprétation du monde tend à dénier tout retour sur soi et toute relation à une entité ou un systèmes de valeurs transcendantes comme la marque d'un "complot" contre les "autres", le collectif égalitariste, toute spécificité de peuple ou appartenance à une Nation est emporté par les sirènes de "l'Internationale" indicriminante. <br /> "La question juiv" de Marx est l'un des pamphlets antisémtes les plus achevés du XIXè, quand on connaît le succès de la théorie marxiste et l'étendue de sa diffusion. <br /> Restent les réformateurs socialisants, vite taxés de déviationnisme, parmi lesquels bon nombre de Juifs plus menschéviques que bolchéviques, seront emportés comme ayant toujours "quelque chose" à cacher ou à conserver. <br /> La tradition juive est "conservatrice" en son essence, dans la mesure où un pont est à construire entre les générations et les époques, que la survie de la Nation doit être assurée, "ni de droite ni de gauche" en quelque sorte, puisque la justice redistributive, les projets humanitaires de long terme y sont présents et acquittés au quotidien, mais parce que les mérites de chacun y sont reconnus, ici-bas ou ailleurs, que la réparation des Vases, Tikoun Aolam est un processus incessant de renouvellement...<br /> Les idéologies qui entendent résoudre une fois pour toutes la question humaine et synthétiser l'ensemble de ses dimensions achoppent forcément sur un tel "discours" ou systèmes de croyances et d'action.
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