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Monsieur,
Nous vous remercions de votre courriel concernant l’article paru dans l’édition du 17 août du quotidien suédois « Aftonbladet ». Nous comprenons que son contenu ait pu susciter des vives réactions. De nombreuses personnes ont demandé un désaveu formel de cet article par le gouvernement suédois.
Il est de notre devoir, à tous, d’être vigilants face à tout ce qui peut être perçu comme de l’antisémitisme. Les partis politiques représentés au Parlement suédois sont unanimes à condamner toute forme d’antisémitisme. En Suède la publication de déclarations antisémites tombent sous le coup de la loi contre l’incitation à la haine raciale, un délit passible d’une peine de privation de liberté allant jusqu'à deux ans.
Dans mon pays, un travail considérable d’information est effectué dans les établissements scolaires notamment sur l’Holocauste. Il existe également une institution d’État, le Forum pour une histoire vivante, dont la mission est de diffuser les connaissances sur l’Holocauste.
Dans la situation actuelle, plusieurs membres du gouvernement suédois ont souligné que toute dérive vers l’encouragement de l’antisémitisme et toute autre forme d’intolérance, y compris l’islamophobie doit être fermement combattu.
Mais en Suède, selon notre constitution, la vocation du gouvernement n’est ni de critiquer, ni de s’excuser, ni de condamner des articles publiés dans des organes de presse indépendants.
Seul l’éditeur d’un organe de presse peut être tenu pour responsable de ce qui y est publié. La constitution suédoise qui détermine la manière dont se répartissent les responsabilités en matière de publication dans les médias, précise que le rôle de l’éditeur ne peut, en aucun cas, être endossé par le gouvernement ou une administration.
Uniquement le Chancelier de la justice – procureur général indépendant en cas d’accusation publique concernant la liberté d’expression et la liberté de la presse - peut engager des poursuites pour infraction à la Loi sur la liberté de la presse, qui forme une partie de la Constitution suédoise. Toute personne estimant qu’une infraction a été commise, a la possibilité de porter plainte auprès du Chancelier de la justice.
Les poursuites engagées peuvent notamment porter sur des incitations à la haine raciale. Mais même s’il existe d’une manière ou d'une autre de telles présomptions sous forme par exemple de déclarations ou condamnations, ni le gouvernement, ni un ministre spécifique ne sont autorisés à essayer de modifier le cours de la justice dans l’instruction de l’affaire.
Les particuliers s’estimant victimes de calomnies ou d'injures ont la possibilité de s’adresser à un tribunal. Outre les dispositions de la Loi sur la liberté de la presse, les médias sont soumis au contrôle d’une Commission de déontologie de la presse, devant laquelle quiconque peut porter plainte concernant le contenu d’un article.
Les Services du Chancelier de la justice se livrent actuellement à l’examen de l’article incriminé afin d’apprécier s'il est passible de poursuites.
Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma parfaite considération.
Gunnar Lund
Ambassadeur