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Hommage à la femme juive

Hommage à la femme juive
Sarah Perez-Japhet de Jérusalem
http://yerouchalmi.web.officelive.com/Yer84.aspx



Eugène Delacroix - Femme juive d'Alger










La Tradition juive impose au mari de rendre chaque vendredi soir un hommage à la femme juive avec sa récitation du ‘Eshet H'aïl’ (la femme parfaite), extrait du chapitre 31 du livre biblique de Michlé, qui vante les mérites de la femme vertueuse. Or, ce texte, hélas trop peu commenté, contient des symboles et une signification profonde.
NB. Charles Aznavour chantait aussi dans son ‘Yiddishe Mame’ : 
"La Yiddish Mame, gardienne de la Tradition ; la Yiddish Mame c'est le trésor de ma maison ; dès notre premier cri elle organise, elle décide ; tout au long de sa vie nous couve mais nous guide".



Conseils reçus de la mère
          Au début du chapitre dont est extrait le texte, l’on découvre déjà la ‘leçon solennelle que le roi Lemouel reçut de sa mère’. Ce roi donne quelques conseils à son fils sur la façon de se tenir vis à vis de lui même et de sa femme, conseils reçus de sa propre mère.
          Décrivant à son fils le droit chemin, il lui recommande d'éviter la luxure, d'être juste, et de donner la charité (Tsedaka) aux pauvres ; c'est-à-dire d’éviter les excès et d'avoir un rôle proactif dans ce monde.


Rôles sans limite de la femme

          Le texte du ‘Eshet H'ayl’ décrit la femme vertueuse comme travaillant dur dans des situations de pauvreté mais également dans des situations de richesse et la perçoit comme dirigerant l’ensemble de sa maison dans la voie de la Thora.Ainsi,” dans les périodes d'abondance, les ressources ne lui font pas defaut... dans les périodes de necessité, elle confectionne des tissus qu’elle vend
          Ces passages montrent ainsi que si l'homme joue un rôle bien défini dans l'action, la femme y dispose d’un rôle sans limite. Rappelons que de nombreux passages de la Thora montrent des femmes qui influencent positivement les actions de leurs maris aux moments déterminants de l’Histoire : parmi d'autres, Sarah dicte à Abraham le renvoi de l’aîné Ishmaël qui devient dangereux pour Isaac, Rebecca influence Itaac pour qu’il bénisse Jacob plutôt qu’Esaü son préféré, Michal aide le Roi Saül à gagner de l'assurance...


Femme vertueuse et vaillante

          L'adjectif « H'ayl » ou vertueux, est mentionné plusieurs fois dans la Bible. Nous en citerons deux exemples, l'un attribué à la femme, le second à l'homme.
- Le Livre de Ruth (3,11) qualifie cette dernière de femme « Hayl » (dans ce passage : femme vaillante) par le biais de Naomi, sa belle-mère : "Maintenant, ma fille, sois sans crainte; tout ce que tu me demanderas, je le ferai pour toi, car tous les habitants de notre ville savent que tu es une vaillante femme". Les commentateurs nous apprennent que Ruth est la seule femme à avoir recu explicitement ce qualificatif du fait : 
(a) - de ces mérites qui l’ont conduite à relier la notion D.ieu avec celle de Peuple lorsqu’elle répond à Naomi lors de sa conversion "Ton peuple est mon peuple et ton D.ieu est mon D.ieu" 
(b) - de son comportement  «c'est elle qui allait aux champs glaner des gerbes sans jamais se plaindre de son sort». Le verset 27 du Echet Hayl ne dit-il pas “Elle dirige avec vigilance la marche de sa maison, et jamais ne mange le pain de l'oisiveté." 
- Le Livre de Samuel 2 (24,9) décrit ce qu'est un homme “vaillant”: "comme Joab remit au roi le résultat du dénombrement du peuple: Israël comptait huit cent mille hommes vaillants (ou valides, selon les traductions), pouvant tirer l'épée, et Juda en comptait cinq cent mille." L’homme “vaillant” doit ainsi pouvoir se battre pour ses idéaux.


Femme pour l'élévation spirituelle

          Rappelons que dans la Genèse, la femme aurait reçu lors de la création du monde l’élévation spirituelle (Bina Yetera), tandis que l'homme aurait reçu la sagesse (Daat) signe de réflexion et de pragmatisme et refechi c’est ce qu’on appelle le Daat.
          Michlé dans son 'Echet Hayl' revient justement sur cette différence de perception entre l’homme et la femme «écoute mon fils la morale de ton père et ne délaisse pas les instructions de ta mère». Selon nos commentateurs, la femme a un rôle de fond : c'est à travers l'amour qu'elle va transmettre, qu'elle inculquera les fondations mêmes de la morale et du sentiment, autrement dit, la foi dans leur irrationalité même !
          Tandis que l'homme se voit attribuer un rôle plus formel : à travers son enseignement de la pratique et de l'etude, il va inculquer un judaisme plutôt pragmatiste.


Femme et Homme : Côte à Côte...

          Ainsi l’homme et la femme ont-ils besoin l’un de l’autre du fait de leur complementarité ; pour avancer, ils doivent etre côte à côte. D’ailleurs cette expression francaise «
côte à côte» est probablement tirée de la Bible qui décrit la 1ère femme créée à partir de la côted’Adam
«
côte à côte» avec lui donc ! 
          D’ailleurs à ce propos le Rav Shimson Raphael Hirsch rapporte que D.ieu a créé une seule et même personne avant de la séparer en Adam et en Eve par la suite, comme si l'on séparait des frères siamois.


Conclusions

          Pour conclure, on remarque au début du 'Eshet Hayl' que l'homme est heureux : "Combien chanceux et fortuné, celui qui a reçu la femme vaillante". 
          A la fin du texte c'est précisément de la femme que se propage ce bonheur, grâce a la reconnaissance même de son mari : "Ses fils se lèvent pour la proclamer heureuse". 
          La gratitude incessante entre époux, illustrée par l’obligation de réciter hebdomadairement le Echet Hayl, est une vertu fondamentale du couple. 


La condition féminine en débat à l’Institut Français de Tel-Aviv 

(pour ce point, basé sur Israël Valley, M. Ben-Avraham)
          La journée internationale de la femme a été marquée, à l’Institut Français de Tel-Aviv, par des débats d’un niveau exceptionnel, réunissant, autour de l’Ambassadeur de France, Jean-Michel Casa, des personnalités féminines de premier plan, confrontées aux  diverses formes de violence faites aux femmes. Le panel incluait : les Députées Zehava Gal-On et Colette Avital, au combat incessant; Anat Gur, auteur d’un ouvrage sur les femmes et la prostitution; Shulamit Almog, professeur de droit à Haïfa, assistant les femmes victimes de trafic; Rita Haikin, de “Isha le Isha”, lauréate d’un prix Hillary Clinton; Ruth Rasnik, fondatrice des accueils aux femmes battues et, Orit Iron, pour la prévention de la violence.
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