Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyses et actualités sur la geopolitique - Proche et Moyen-Orient - israel - conflit israel palestine - renseignement - diplomatie - Lutte contrela désinformation

Publicité

Le Prophète venu de Rome L'imam Palazzi - interview

Le Prophète venu de Rome

[Lundi 18/01/2010 23:58]


Le Salut viendra-t-il de Rome? Rassurez-vous chers lecteurs, je n’ai pas entrepris de quelconque processus de conversion, et je ne nourris aucune estime particulière pour le Pape Benoît XVI. Mais au creux de ces vagues d’actualités grises et pessimistes, je veux juste évoquer un fait d’une extrême importance qui s’est déroulé en Israël il y a une dizaine de jours, dans un quasi-silence médiatique, mais qui m’a sacrément réchauffé le coeur : le Sheikh Abdul Hadi Palazzi, Imam et de la Grande Mosquée de Rome a effectué une visite en Israël.
Ce fait rarissime et insolite aurait normalement dû attirer les meutes de journalistes israéliens toujours prompts à couvrir les faits et événements qui vont dans le sens de la « paix et la réconciliation au Proche-Orient». On les imaginait déjà jouant des coudes pour qui arriverait le premier à placer son micro devant la bouche du dignitaire, et espérer de lui un message qui satisferait leurs attentes et ceux de leurs amis politiques. Mais seulement voilà : Abdul Hadi Palazzi n’est pas un Imam comme les autres. Dire qu’il est « modéré » sur la question israélo-palestinienne serait lui faire injure car cet homme – qui est toujours vivant ô miracle – est un fervent ami d’Israël, et défend des thèses qui feraient rougir de honte nos « likoudnikim » parfois trop timorés !
Voyez plutôt ce que ce responsable religieux dit, écrit et enseigne aux Musulmans dont il a la charge dans la « Ville Eternelle » : « Nous Musulmans, devrions nous réjouir que les Juifs soient retournés en Israël et qu’ils y aient fondé un Etat ». Ou encore : « il est évident que les Juifs retournés en terre d’Israël font reverdir les terres de Palestine, comme si cette terre reconnaissait ceux à qui elle appartient ». Grandiose ! Vous comprendrez donc que nos grands journalistes qui ont juré fidélité au post-sionisme et au palestinisme, ne pouvaient décemment pas mettre en exergue la visite de cet Imam atypique et aux idées gênantes, qui leur ferait en plus la morale sur leur abandon identitaire !
Abdul Hadi Palazzi n’a d’ailleurs pas eu besoin d’eux pour se rendre au Musée du Goush Katif, à Jérusalem, d’où il a « espéré que les gouvernements israéliens cesseraient de céder des territoires aux Palestiniens », puis à Hevron, depuis laquelle il a lancé un appel solennel au peuple juif : « N’abandonnez pas Hevron !»
Et alors que le mot « sionisme » est devenu une grossièreté dans le monde entier, et que ceux qui s’en réclament (encore) sont assimilés à des monstres, l’Imam de Rome déclare fièrement « Je suis sioniste » et ne se gêne pas pour dire « qu’il se sent proche des idées défendues par des formations de la droite religieuse telles que le Ihoud Leoumi ».
La 1ere chaîne de télévision israélienne a été la seule à proposer une interview à Abdul Hadi Palazzi. Répondant à Yaakov Ahimeïr sur la question kitch des « deux Etats pour deux peuples » (à l’ouest du Jourdain), il a été sans ambiguïté : « Israël ne doit pas permettre la création d’un Etat palestinien supplémentaire ! Le Jourdain est une frontière naturelle qui coupe la Palestine historique (la vraie) : à l’Ouest l’Etat juif, et à l’Est, un Etat palestinien puisque la Jordanie est majoritairement peuplée d’Arabes palestiniens ». Ce n’est ni du Eldad, ni du Landau ni même du Marzel, c’est du Abdul Hadi Palazzi !
Et à propos de la question centrale, celle de Jérusalem, Palazzi a adopte une position unique parmi les dignitaires musulmans, comme ceux de la Chrétienté d’ailleurs : « La seule manière de préserver les libertés religieuses des trois principales religions, est qu’Israël soit seul à avoir la souveraineté sur la Vieille Ville ».
Ils ne sont ni majoritaires, loin s’en faut, ni trop visibles ou bruyants – et pour cause – mais ils existent. Il y a dans le musulman des personnes qui sont du même avis que cet Imam, qui condamnent avec la plus grande vigueur les dérives de leur religion, et manifestent leur sympathie pour l’Etat juif. Ils ont pour nom Wafa Sultan, Nonie Darwish, créatrice de l’association « Arabs for Israel », Abdel Khader Amlou, Joseph Farah, Irshad Manji et bien d’autres encore. Le courageux Mufti Palazzi a créé en Italie la Société d’Amitié Islamo-israélienne, et dispense son enseignement à qui veut l’entendre. Chacun dans sa sphère poursuit son travail de fourmi face à tous ceux qui détiennent pour le moment le haut du pavé, et s’expriment par la violence, l’intolérance et le mensonge.
J’avoue que j’ai ressenti comme un goût de félicité et de « Fin des Temps » lorsque j’ai entendu ce Juste parmi les Nations parler d’Israël et des Juifs. Il y a des moments comme cela où l’on cesse de désespérer du monde qui nous entoure.

par Shraga Blum
http://www.actu.co.il/ 


 
A ce propos excellente interview de Gurfinkiel en 2001


L'islam est en pleine ascension. Mais trop souvent sous une forme extrémiste...

IMAM PALAZZI. L'islam contemporain vit une tragédie. Il a été kidnappé par une hérésie née voici trois siècles dans le désert du Nejd, le wahhabisme,  aujourd'hui au pouvoir en Arabie Saoudite, et par ses nombreuses variantes, des Frères musulmans (al-Ikhwan al-Muslimun) aux confréries dites "islamistes". L'islam connaît sans doute actuellement un essor numérique et géographique. Mais il subit en même temps une profonde décadence interne, au moins dans son c ur historique : le monde arabe et les autres pays du Proche et du Moyen-Orient. Son salut viendra peut-être de la périphérie : des islams d'Afrique ou d'Extrême-Orient, ou d'un nouvel islam en gestation dans les pays pluralistes et multiculturels d'Occident, en Europe et en Amérique.


En quoi le wahhabisme et l'islamisme sont-ils hérétiques ?


Lors de leur apparition,  les wahhabites  ont été rejetés avec horreur par la quasi-totalité des autorités musulmanes, et combattus par les pouvoirs musulmans légitimes, notamment  le sultan-calife ottoman. En raison de leur doctrine : ils rejetaient  la Sunna, la tradition séculaire de l'islam, au profit d'une lecture littéraliste du Coran. Et en raison de leurs actes : ils se livraient, sous couvert de religion, aux pires excès, du saccage des Lieux Saints, notamment à La Mecque et Médine, au massacre de populations musulmanes entières, femmes et enfants compris. Ce rejet du wahhabisme a persisté jusqu'à notre époque, tant qu'il s'est trouvé des chefs religieux capables de s'exprimer à ce sujet. Les clones modernes du wahhabisme, qu'il s'agisse des Frères musulmans, du néo-wahhabiste Oussama Ben Laden, des taliban, ou des autres réseaux dits islamistes ne se différencient du wahhabisme proprement dit qu'en formulant un projet politique de domination mondiale, analogue sur bien des points au fascisme et au communisme, et en mettant en place, comme leurs modèles totalitaires européens, des réseaux hiérarchisés de militants professionnels.

Comment expliquer que ces hérétiques aient pris le pouvoir dans une partie importante du monde musulman ?

Ils se sont imposés par la force et la terreur : soit en renversant les pouvoirs musulmans établis, soit en les faisant chanter. Au fur et à mesure qu'ils consolidaient leur emprise sur des pays musulmans, leurs ressources financières s'accroissaient, et donc leur capacité de subvertir d'autres pays ou communautés. Je dois ajouter que les Occidentaux portent également leur part de responsabilité. Ignorants en matière islamique, les Britanniques et plus tard les Américains ont cru que les wahhabites et les islamistes n'étaient que des musulmans conservateurs, " intégristes ", et les ont soutenus avec l'idée de s'appuyer sur eux en retour. En 1991, l'Amérique a fait la guerre du Golfe pour sauver l'indépendance du Koweit et à plus long terme celle de l'Arabie Saoudite. L'émir du Koweit les a remerciés en accordant un énorme soutien financier au mouvement islamiste et terroriste Hamas, puis en participant à la création, à Lugano, du Nada Management Group, c'est-à-dire du holding de Ben Laden. J'espère que les événements du 11 septembre ont ouvert les yeux des dirigeants de Washington.

Où peut-on encore trouver des musulmans orthodoxes ?

Dans la plupart des pays arabes, l'islam sunnite orthodoxe a été remplacé par un mélange instable d'islamisme et de nationalisme arabe non-religieux. Dans d'autres pays, comme le Pakistan, il a été marginalisé par le wahhabisme. En ce XVe siècle de l'Hégire, il survit surtout dans des pays périphériques, en Afrique noire, en Inde, en Indonésie, en Malaisie, dans l'ancienne Asie centrale soviétique. Le critère, c'est l'affiliation des Docteurs de la Loi coranique, des oulémas. Là où les wahhabites et les islamistes sont l'exception plutôt que la règle, l'islam est encore authentique. Là où ils sont la règle plutôt que l'exception, l'hérésie a gagné.

Une bataille cruciale est en train de se dérouler à cet égard. Elle concerne les matrices intellectuelles de l'islam, les séminaires théologiques. Dans le monde arabe, en  Europe et en Amérique du Nord, ils sont aujourd'hui financés et donc actuellement contrôlés par les Saoudiens d'abord, par les Frères musulmans ou d'autres confréries islamistes ensuite. Avec toutes les conséquences que cela implique à moyen ou à long terme.

La guerre sainte est-elle la finalité de l'islam ?

La "guerre sainte", comme vous dites, n'est pas un concept musulman, mais chrétien, dont les Croisades ont été l'application la plus célèbre. L'islam parle seulement de "djihad", c'est-à-dire d'effort vers le bien. La littérature islamique classique range dans cette catégorie des actes aussi différents que le pèlerinage à La Mecque pour les femmes, la nécessité de prendre soin de ses parents âgés ou le perfectionnement éthique. C'est seulement par extension que le "djihad" recouvre également la guerre juste. Mais cette guerre, à son tour, n'est pas nécessairement menée dans le seul intérêt des musulmans : selon le Coran, elle peut être décrétée "pour protéger les mosquées, les synagogues, les églises et les monastères", ou même en vue de repousser un envahisseur, même musulman. Dans le langage politique d'aujourd'hui, elle peut parfaitement s'appliquer à une guerre menée pour la défense des droits de l'homme.

Un musulman peut-il accepter l'existence d'Israël ?

Rien, dans l'islam sunnite orthodoxe, ne s'oppose à l'existence de cet Etat. En tout cas, rien dans la période actuelle, qui a commencé avec  la disparition du sultanat-califat ottoman et qui ne s'achèvera que lors de l'arrivée de l'Imam al-Mahdi, c'est-à-dire du Messie.

En 1919, l'émir Fayçal, chef de la famille hachémite, docteur de la Loi et musulman pieux, avait approuvé la déclaration Balfour, signé un pacte d'amitié avec l'Organisation sioniste, et félicité les immigrants juifs pour leur "retour" dans la patrie de leurs ancêtres. Ce sont les Britanniques qui ont créé de toutes pièces un conflit judéo-musulman, en trahissant Fayçal et en favorisant sottement à sa place le soi-disant mufti de Jérusalem, Amin El-Husseini, qui n'était en fait qu'un agitateur nationaliste irréligieux, et qui a fini par passer du côté des Italiens et des Allemands. Par la suite, la cause dite palestinienne a été manipulée par tous les ennemis de l'islam : les régimes arabes irréligieux ou hérétiques, le communisme athée, etc. 

L'idée selon laquelle les musulmans auraient un devoir particulier envers la "Palestine arabe" n'est pas plus fondée. D'abord parce que la notion même de "Palestine" est étrangère à la littérature islamique orthodoxe, qui ne connaît que le Bilad as-Sham, une entité comprenant  les Etats actuels du Liban, de Syrie, d'Israël et de Jordanie. Et ensuite parce qu'un pays, arabe ou non, n'a pas d'existence en soi: ce n'est qu'une circonscription territoriale et politique, établie dans l'intérêt de ses habitants, pour l'administration de la justice et du bien. Dans la mesure du possible, un musulman souhaitera que cette circonscription soit dirigée par des musulmans pieux. Mais entre un pouvoir non-musulman juste et respectueux de l'islam, et un pouvoir musulman hérétique, injuste et oppresseur, il doit préférer le premier. A supposer qu'une obligation de remplacer l'Etat juif par un Etat palestinien musulman soit actuellement en vigueur, la même obligation serait valable a fortiori pour la Syrie, puisqu'elle est dirigée par des alaouites,  considérés par les sunnites comme des renégats polythéistes, donc bien plus infidèles que les juifs monothéistes...

La démocratie est-elle compatible avec l'islam orthodoxe ?

Depuis la dissolution du califat, les musulmans ont le devoir, autant que possible, de vivre dans un Etat qui ne pratique pas l'oppression, assure la justice et protège l'islam et les autres religions révélées. La démocratie occidentale est actuellement le régime qui se rapproche le plus de cette définition. Des régimes à la fois démocratiques et musulmans fonctionnent déjà dans certains pays. Je constate que les droits politiques, sociaux et religieux des non-musulmans, Indiens hindouistes et Chinois bouddhistes, sont parfaitement garantis dans la Malaisie musulmane, par exemple, alors que dans mon propre pays, l'Italie, les droits des musulmans sont toujours définis par une loi restrictive de 1929, édictée par Mussolini, aux termes desquels l'islam, le bouddhisme et le christianisme orthodoxe ne sont que des "cultes autorisés", c'est-à-dire tolérés.

Un musulman vivant dans un pays démocratique doit accepter la loi civile tant qu'elle ne le contraint pas à violer la loi religieuse, la Charia. Par exemple, il peut se résigner à une loi autorisant l'homosexualité ou d'autres comportements sexuels interdits par le Coran tant qu'il ne sera pas lui-même contraint de les pratiquer. En sens inverse, il doit renoncer à des pratiques permises par la Charia mais interdites par le gouvernement démocratique,  comme la polygamie. Je ne pense pas que la situation soit tellement différente pour les fidèles d'autres religions, notamment les
catholiques et les juifs.

Les gouvernements occidentaux doivent-ils jouer un rôle dans la désignation des chefs religieux musulmans ?

Du point de vue musulman, un pouvoir légitime, musulman ou non-musulman, a le droit et même le devoir de désigner les chefs religieux et les éducateurs de la communauté islamique, du moment qu'il les choisit parmi des hommes pieux et savants. C'est donc aux gouvernements  occidentaux qu'il faut renvoyer la question, compte tenu de la séparation des Eglises et de l'Etat ou de tout autre considération de ce type. Voulez-vous un islam compatible avec la démocratie et avec les droits de l'homme ? Si la réponse est oui, choisissez les responsables musulmans en conséquence.

Propos recueillis par Michel Gurfinkiel

© Michel Gurfinkiel et Valeurs Actuelles, 2001
 

islamsioniste.over-blog.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article