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Analyses et actualités sur la geopolitique - Proche et Moyen-Orient - israel - conflit israel palestine - renseignement - diplomatie - Lutte contrela désinformation

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Un mardi à L'ONU

Transmis par Thérèse.

Un Mardi à L'ONU 

Par Bernardo Stenhof 




...tous les enfants penseraient que les alliés étaient des monstres, et les Allemands des victimes innocentes

 

Rappel : Bernardo Stenhof est diplomate auprès des Nations Unies à Genève.

 

Malgré l’été indien que nous connaissons à Genève, un épais nuage noir flottait ce matin, à 10 heures, au-dessus de la salle XX du Palais des Nations, celle des droits de l’homme. Un amphithéâtre dont la décoration a été complètement refaite à grands frais par l’Espagne.

 

C’est aujourd’hui que le « Rapport Goldstone sur les droits de l’homme en Palestine et autres territoires arabes occupés, rapport de la mission d’enquête sur le conflit de Gaza » va être présenté et commenté.

 

L’espace est immense et les Etats sont représentés au niveau des ambassadeurs. Avant l’ouverture de la session, les discussions de lobby sont allées bon train. Les débats sont dirigés par son Excellence Alex van Meeuwen, des Pays-Bas. Celui-ci informe les participants qu’il ne tolérera aucun dérapage de langage, de la part de quelque délégation que ce soit.

 

Le président donne d’abord la parole à l’ambassadeur de l’Etat d’Israël, son Excellence Aharon Leshno Yaar, qui distille un discours en tous points exemplaire. 

 

Après avoir parlé de la substance du Yom Kippour et de son importance pour qui vivra et qui mourra cette année, et qui aura la paix ou la guerre, il aborde le sujet au fond :

 

« …Il y a cinq ans, lorsque, par un geste admirable de paix, Israël a retiré tous ses soldats et près de 8000 personnes de Gaza, nous avons transféré des hôpitaux, des jardins d’enfants, des synagogues et même des cimetières, nous avons laissé des serres intactes, afin de permettre à la société palestinienne de démarrer une activité productive.

 

A ce moment là, vous, le Conseil, aviez applaudi notre geste et vous nous aviez assurés, dans des termes sans équivoques, que, dans le cas d’un scénario de cauchemar, si le terrorisme s’installait, vous nous soutiendriez dans notre droit à nous défendre.

 

Aujourd’hui, cinq ans plus tard, les serres ont été détruites par des casseurs du Hamas, plus de 8000 roquettes et obus de mortier sont tombés sur des écoles et des jardins d’enfants de Sdérot et d’autres villes Israéliennes.

 

Des centaines de tunnels permettent la contrebande incessante d’armes venant de pays soutenant le terrorisme, tel que l’Iran. Lorsque nous avons tenté d’établir un cessez-le-feu, cette proposition a été saluée par des volées supplémentaires de roquettes tirées par le Hamas, augmentant leur portée, mettant en danger un million d’enfants, de femmes et d’hommes, qui ont du vivre à moins de quelques secondes des abris pour pouvoir protéger leurs vies… ».

 

L’ambassadeur parle ensuite des millions de tracts et des dizaines de milliers téléphoniques pour prévenir les civils palestiniens de l’imminence de l’attaque de Tsahal, cependant que le Hamas avait pour principe d’envoyer des femmes et des enfants sur les toits des immeubles des quartiers généraux ou des usines d’armements.

 

Le rapport Goldstone est épais de 575 pages mais ne fait pas mention, ne serait-ce qu’une seule fois, des tunnels, pas plus que du droit de chaque pays à défendre ses citoyens.

 

Il donne la part belle aux terroristes, qui savent utiliser la souffrance de civils et en touchent encore les dividendes.

 

Aharon Leshno Yaar conclut en citant une partie de l’adresse que le Premier ministre Binyamin Netanyahou a prononcée à la tribune de Nations Unies de New York, la semaine dernière :

 

« La même assemblée des Nations Unies, qui s’était félicitée lorsque nous avons quitté Gaza et nous avait promis de nous soutenir dans notre droit à l’autodéfense, nous transforme maintenant en accusés… de crimes de guerre ?

 

Pour quelle raison ? Pour avoir agi en légitime défense… Israël a utilisé la légitime défense contre la terreur.

 

Le rapport n’est pas équitable et pose une question fondamentale : allez-vous être du côté d’Israël ou du côté des terroristes ? Car si l’on exige d’Israël de prendre encore plus de risques au nom de la paix, nous devons alors être certains que vous serez à nos côtés demain. Nous ne pourrons prendre de plus grands risques pour la paix que si nous savons que nous pourrons nous défendre. ».

 

Le représentant palestinien s’est lancé, pour sa part, dans une diatribe conçue dans la rhétorique habituelle, demandant pourquoi Israël était encore et toujours accepté dans l’enceinte des Nations Unies. Il poursuivit en lisant une longue liste de massacres qu’Israël aurait commis et qui n’ont jamais été punis.

 

J’ai été surpris par la position prise par le groupe des pays arabes. L’intervention effectuée en leurs noms par la Tunisie n’a pas suivi les sentiers du délire ouverts par le Palestinien. Elle se limita à la demande de l’établissement d’un Etat Palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec El Quds comme capitale.

 

La Jordanie a fait la même demande.

 

Le représentant de Cuba, a, comme de coutume, noyé l’auditoire sous son agressivité, parlant de l’héroïque résistance des Palestiniens de Gaza.

 

Le Venezuela a surenchéri.

 

Trois autres interventions ont, pour ainsi dire, fait sensation :

 

Celle du délégué du Soudan, qui a expliqué qu’il fallait une punition exemplaire à l’encontre d’Israël, afin de réduire le risque de récidive. Le comble de l’hypocrisie venant du représentant de ce pays, qui a exterminé impunément au moins un demi-million de ses propres ressortissants.

 

Il est vrai que la Ligue Arabe fait barrage contre toute idée de sanction contre ce régime génocidaire.

 

Puis ce fut le tour de la Lybie, qui mentionna le désir du « roi des rois » de l’Afrique, Mouamar Kadhafi, qu’il n’y ait qu’un seul pays pour les deux peuples, palestinien et israélien.

 

L’ambassadeur d’Iran a prononcé, sans doute par inadvertance, le mot « Israël », à la place d’ « entité sioniste », tel qu’il se l’impose. Cela certainement a dû générer d’insupportables contractions labiales dans la bouche de l’impénitent défenseur des acquis de la « République » islamique.

 

J’ai discuté, en marge de la réunion, avec un ambassadeur africain ; celui-ci m’a confié deux remarques intéressantes : depuis plusieurs sessions, les pays africains commencent à ne plus suivre les injonctions de vote du groupe des pays africains, lui-même systématiquement aligné sur celui des pays arabes.

 

Il m’a dit également, ce qui n’est un scoop qu’à l’extérieur des rencontres onusiennes, que personne n’a rien à faire des droits de l’homme.

 

Reste qu’Israël risque d’être traîné devant le Tribunal de la Haye ; je m’attends toutefois à des rebondissements qui pourront, je l’espère, éviter ce nouvel affront au bon sens.

 

Plus le temps passe, plus je me dis que les Juifs demeurent sempiternellement les boucs émissaires du monde entier.

 

Si vous me demandez ce que je pense du rapport pour lequel on nous a réunis, je me dis que Goldstone a été piégé, que, pour l’instant, il essaye de se convaincre qu’il a fait un bon rapport, mais que cette tentative est vaine.

 

Pour la raison qu’a exposée l’ambassadeur d’Israël : le rapport Goldstone omet, fort malhonnêtement d’ailleurs, de démontrer que l’opération israélienne « Plomb Fondu » a constitué la réplique à huit ans de bombardements incessants du Hamas, dirigés exclusivement, et sans mobile défendable, contre les populations israéliennes civiles.

 

Ledit rapport ne dit pas que les islamistes palestiniens ont tout fait pour conduire à la confrontation armée, tandis que les Israéliens ont tout fait pour qu’elle n’ait pas lieu.

 

Que c’est le Hamas qui a rompu la trêve généralement respectée par les parties, et qu’il a fait tomber un déluge de roquettes sur les agglomérations du Néguev, pour bien signifier qu’il n’avait pas reconduit la Hudna.

 

Si on ne montrait à des enfants que l’assaut russe sur Berlin en 1945, sans évoquer ce que les nazis avaient généré durant les six années précédentes, tous les enfants penseraient que les alliés étaient des monstres, et les Allemands des victimes innocentes.C’est cela, le rapport Goldstone et c’est la raison pour laquelle il ne tient pas l’eau.

 

Avec, au surplus, un bilan d’un millier de morts, des miliciens pour la plupart, dans la prise d’une cité d’environ un million d’habitants. Personne ne fera vraiment croire à des personnes douées d’intelligence, que cela caractérise une tentative de massacre.

 

C’est, au contraire et de très loin, la guerre la moins létale de ces cinquante dernières années, ce qui laisse à penser à des diplomates professionnels, que Goldstone est peut-être en train de commettre un énième procès d’intention contre les Juifs.

 

Pour être totalement honnête, j’avoue volontiers n’avoir fait que feuilleter le rapport, n’en ayant reçu ma copie que ce matin. Ce que j’en ai lu me confirme que les Arabes sont de bons communicateurs, qui connaissent fort bien les points sensibles de nous autres, les Occidentaux…

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