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On ne nait pas noir (ou juif) on le devient

 

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Par ARIé

Lu par Aschkel

Les Américains ne sont pas frileux comme les Européens; quand il s’agit d’effectuer un recensement, ils n’hésitent pas à demander aux recensés s’ils se considèrent comme Indiens, Hispaniques, Blacks et même « Nègres ». Le mot « Negro » a été introduit pour la première fois pour permettre aux plus âgés de s’identifier à un vocable qui leur est familier parce que « Afro-Américain » est un concept plutôt ésotérique. Mais les Américains sont aussi subtils; ainsi ils invitent les citoyens à cocher plusieurs cases, s’ils le désirent. Ainsi Tiger Woods, fier de son sang très mêlé pourrait en cocher au moins quatre: Black, Chineese, Indien, White…

Ainsi un individu né d’une Visage pâle et d’un Africain, tel qu’Obama, devrait en toute logique cocher deux cases, voire plus, s’il le désire. Le Président a choisi, et c’est parfaitement son droit, de ne cocher qu’une seule. Le recensement n’est pas conçu comme une vérité objective mais comme un choix personnel: qui veux-je être ? Le recensement n’aborde que l ‘aspect ethnique et non la religion du sondé. C’est dommage parce que l’on additionne des torchons et des serviettes. Ainsi Juifs, Arabes, Perses, Afghans, sont tous à ranger sous la rubrique de White; la race caucasienne, quoi ? Heureusement qu’il existe une case libre qui s’intitule « some other race » qui permet de divaguer à sa guise. Ainsi, si je suis la logique de Shlomo Sand, je descendrai des Khazars et non d’Abraham, puisque le peuple juif n’existe pas. Par ailleurs il y quelque chose d’injuste dans ce sondage, puisque les « American Indian » ont eux la possibilité d’indiquer leur tribu: Apaches, Cheyennes, Sioux, Comanches, Crows, etc. Ils sont pistonnés, mais quelque part ils le méritent.

Je suggère aux têtes d’œufs qui ont conçu ce sondage de l’affiner d’avantage s’ils souhaitent en tirer des enseignements opérationnels. Sinon il ne sert à rien.

Donc, Obama a choisi de se définir comme « Black, African Am. or Negro ». On ne saura jamais auquel des trois vocables il souscrit. Quoiqu’il en soit, bien qu’il ait été élevé par une mère et des Grands- Parents blancs de chez white, il décide de faire l’impasse sur la case.

Quand on a lu attentivement son premier livre « Les rêves de mon père », on n’est pas vraiment surpris par cette réponse. Le livre est une longue digression, pas mal faite d »ailleurs, sur ce que feu Aimée Césaire, une de mes idoles, a intitulé « la Négritude ». C’est bien simple, à travers 600 pages il ne parle que de sa recherche personnelle, quasi obsessionnelle, de son identité de Noir. Le point d’orgue dans cette recherche, fort courageuse et parfois pénible, est sa rencontre de Jérémy Wright, le Pasteur qui a su lui tirer des larmes et qui l’a encré dans une Négritude faite de Jésus, de Congrégation baptiste composée à 100 % de Noirs, et d’une identité enfin assumée. Tout cela serait fort sympathique si ce Pasteur n’était pas un Anti-Blanc, un Anti-Americain et un Anti-Israël. Pour lui, un vrai Noir ne peut se concevoir que s’il s’oppose à la « Blancitude », peu importe le degré de bronzage comme dirait le sieur Berlusconi. Il est donc logique qu’Obama n’ait coché qu’une case.

Tout ceci ne porterait pas à conséquence, si ce Monsieur n’était pas devenu, comme dit Anne Sinclair, le Roi du Monde.

Un roi, qui, en analysant le parcours de son père, a compris une chose fondamentale, qui peut se résumer en un mot: compromis. Son père était un individu brillant, qui, comme le dit l’expression consacrée, est parti de rien pour arriver à pas grand chose, parce qu’il n’avait pas compris, admis ou voulu, composer avec le Pouvoir en place. Au Kenya il s’agissait de pouvoir tribal, aux Etats-Unis c’est un peu plus complexe, mais si on apprend les règles du jeu et si l’on est futé et patient, comme sait l’être Obama junior, on arrive forcément à ses fins.

La tentative avortée de son père de prouver dans son pays qu’il était le meilleur, l’audace d’espérer que lui a communiqué son père adoptif, le Révérend Wright, plus sans doute quelques coups de pouce de la part d’amis affluents, musulmans pour la plupart, additionné au caractère farouche de sa femme, l’ont propulsé à la Maison-Blanche.

Une fois installé, Obama continue le travail entamé en tant qu’organisateur, assistant social, dans la banlieue de Chicago, à savoir offrir la couverture sociale aux plus démunis de ses frères de couleur. Il y parvient, réalisant ainsi en partie le rêve de Négritude sociale de son père. Il ne lui reste plus qu’à s’atteler aux problèmes de la planète terre, qu’il aborde selon le même modèle. Il y-a ceux qui souffrent ou qui prétendent souffrir et il y a ceux qui les exploitent parce qu’ils sont forts, blancs, riches et éduqués. Il se trouve que souvent ils sont juifs de surcroit. « Israël is a dirty word , disait son mentor Jérémy Wright, les inspirateurs et amis de Wright, qui sont Musulmans pour la plupart, mais la frontière est extrêmement tenue entre Chrétiens et Musulmans chez les frères de couleur. Farrakhan et feu Malcolm X, évoqués dans les « Rêves de mon père » n’aiment pas les Blancs et encore moins les Juifs. Le modèle d’Obama épouse la nouvelle équation Nègre = Palestinien = opprimé / Blanc = Israélien = oppresseur = usurpateur de Jérusalem. La suite est connue et se transforme en une obsession à faire plier Israël.

Obama a choisi en toute conscience de devenir un Black ou un Nègre, comme le juif Trotski, au début du XIX e siècle a choisi de devenir communiste révolutionnaire. La naissance et la couleur de la peau ne fait rien à la chose; on choisit ce que l’on veut devenir et on coche la case où l’on s’identifie le mieux dans le questionnaire de recensement.

Le problème, c’est que les rêves de son père qu’Obama junior a pris à son compte et la haine du Pasteur Wright ont produit un président qui réfléchit comme l’opprimé-redresseur des injustices qu’il a choisi de devenir, et alors, pauvre planète, pauvre Israël et surtout pauvre Amérique.

Pour la petite histoire je vous rappelle le passage biblique développé par le Pasteur Wright qui a permis à Obama de trouver la Lumière. Je n’invente rien, c’est écrit noir sur blanc dans son premier livre et constituera le titre de son second : « L’audace d’espérer ». Il s’agit d’un passage du Livre de Samuel que les juifs lisent le premier jour de Roch Hachanah. Hannah pleure et se lamente devant Dieu, sur l’esplanade du Temple de Jérusalem( c’est à l’Est) parce qu’elle ne peut avoir d’enfant. Son appel sera entendu et elle donnera naissance à Samuel, l’un de nos grands Prophètes. Jérémy Wright brode autour de la souffrance de Hannah et la rend universelle. Passages de son sermon : « l’on devine le roulement de tambour de la guerre, dans un monde gémissant sous les conflits et la misère …. où la cupidité des Blancs dirige un monde de pauvreté, l’apartheid dans un hémisphère, l’apathie dans l’autre hémisphère …. »

Hannah, dans la Torah, se plaint de sa stérilité. Full Stop. Dans la mesure où elle prie c’est qu’elle espère que sa prière sera entendue ; il n’y a aucune audace la dedans. Mais tordre le cou à la Torah a toujours constitué l’exercice favori de certains.

Le monde est gouverné aujourd’hui par un homme qui a réappris les Relations internationales dans l’Eglise Unie du Christ du Révérend Wright. Rappelons qu’Obama a quitté officiellement cette congrégation le 30 Mai 2008 alors qu’il était toujours en concurrence contre Hillary Clinton, dans les Primaires Démocrates. Il remporte dans la foulée les deux Etats qui lui manquaient pour atteindre le quorum. Drôle de timing pour se fâcher avec un mentor quelque peu dérangeant.

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