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Analyses et actualités sur la geopolitique - Proche et Moyen-Orient - israel - conflit israel palestine - renseignement - diplomatie - Lutte contrela désinformation

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Proche et Moyen-Orient - Entre menaces et exercices - Menapress

Entre menaces et exercices 
Par Jean Tsadik
crepuscule
© Metula News Agency 
http://www.menapress.com/








Une région en sursis



 

Le fait de savoir si Israël attaquera ou n’attaquera pas les installations stratégiques iraniennes dépend uniquement de la décision que prendra le gouvernement de Jérusalem.

 

Ceci dit, il est indéniable que tous les protagonistes de la région se préparent au pire.

 

D’après Michaël Béhé, notre correspondant permanent à Beyrouth, Téhéran déploie, ces jours, une intense activité destinée à "coordonner" les activités militaires entre le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza.

 

Ouvertement, il s’agirait d’envisager une attaque limitée des zones frontalières israéliennes, au cas où il apparaîtrait évident qu’une opération de l’Etat hébreu ou des Etats-Unis contre l’Iran est devenue inéluctable.

 

Mais Béhé croit savoir que ce scénario ne constitue qu’une diversion rhétorique, visant à dissimuler l’objet authentique de la volonté des ayatollahs.

 

Selon lui, une agression préventive, comme l’Iran aimerait le laisser penser, est hors de question.

 

C’est une riposte que Téhéran s’emploie à organiser, dans le cas d’un assaut israélien contre son territoire. Suivant une analyse, qui est celle de la Ména depuis le début de la crise, s’ils étaient frappés, les Perses s’abstiendraient de tenter eux-mêmes de s’en prendre à Israël ou aux bases US dans la région.

 

Inutile d’être un immense stratège pour savoir que la "République" islamique ne possède actuellement pas les moyens militaires de soutenir un conflit de cette nature.

 

Aussi, en cas d’opération israélienne ou alliée, Téhéran se contenterait de tenter de défendre ses installations, sans s’engager dans des actions offensives.

 

De telles actions élargiraient l’étendue du conflit vers une confrontation généralisée, dans laquelle les Iraniens courent à une déroute certaine.

 

Dans ces conditions, et à moins de risquer tout son appareil militaire sans contrepartie, ce qui aboutirait à un véritable suicide, le régime chiite compterait sur les séides qu’il entraîne, qu’il finance et qu’il arme afin de répondre à une agression israélienne.

 

Encore, Téhéran souhaiterait une riposte symbolique et frontalière, pour ne pas exposer non plus ses acquis au Liban et à Gaza.

 

Elément supplémentaire à verser à ce dossier des menaces sémantiques, les déclarations émises hier par la junte de Damas. Le régime du président-dictateur syrien, Béchar Al Assad, a en effet fait savoir qu’ "il ne resterait pas inactif en cas d’attaque israélienne contre le Liban", et qu’il considérait toute opération contre le pays des cèdres comme "une agression contre la Syrie".

 

Dans le même communiqué, Damas a annoncé qu’il "suivait de très près les manœuvres israéliennes en cours" le long de notre frontière nord.

 

La Ména tient à préciser qu’elle ne constate aucun exercice militaire le long de la frontière israélo-libanaise, pas plus que sur le plateau du Golan, où elle a envoyé des observateurs samedi et hier, mardi.

 

Nos observateurs se sont approchés, sur la route abandonnée reliant la Galilée à Damas, jusqu’à une distance de trente mètres de la ville syrienne de la Nouvelle Kouneitra. Ils n’ont relevé aucune activité, des deux côtés de la frontière, permettant de conclure à un quelconque état d’alerte, voir au plus insignifiant des exercices.

 

Seule une activité aérienne de la Khei’l avir, l’armée de l’air frappée d’une étoile de David bleue, dans la zone séparant l’Etat hébreu du Liban, est perceptible depuis trois ou quatre jours. Mais là aussi, il s’agit de vols de routine.

 

Il ne faut surtout pas sous-estimer le potentiel militaire de Damas, non plus d’ailleurs, que ceux du Hamas et du Hezbollah.

 

Le scénario hypothétique qui ressort des déclarations d’intention de l’axe syro-iranien est le suivant :

 

1.      Attaque israélienne ou alliée – majoritairement aérienne – contre les sites stratégiques en Iran.

 

2.      Réplique du Hezbollah contre la Galilée et du Hamas dans le Sud.

 

3.      Intervention massive de l’armée israélienne contre les agresseurs.

 

4.      Ralliement de la Syrie au Hezbollah, par l’envoi de soldats au Liban, ou par l’ouverture d’un troisième front sur le Golan.

 

L’inconnue de ce scénario consiste à savoir si, à l’heure de vérité, le Hezbollah, le Hamas et la Syrie s’exposeraient volontairement à une confrontation directe avec Israël.

 

Contre une armée d’Israël autrement affûtée qu’en 2006, à l’occasion de la Seconde guerre du Liban, disposant de soldats bien entraînés en vue de conflits classiques, de renseignements à jour et de nouveaux équipements révolutionnaires !

 

Les califes de Gaza désirent-ils un second Plomb Fondu, qui pourrait signifier leur arrêt de mort ? Rien ne paraît moins sûr.

 

Le Hezb et la clique alaouite au pouvoir à Damas s’empresseraient-ils de mourir pour Téhéran, alors que leurs situations politiques, prédominantes et stables, leur donnent satisfaction ?

 

De ce côté-ci des frontières, l’accent est surtout mis à la défense des populations civiles contre d’éventuelles attaques chimiques et bactériologiques.

 

On évite d’identifier l’agresseur potentiel, afin de ne pas générer de panique ; on évoque vaguement, comme le brigadier général de réserve Zéev Snir, la "nécessité de préparer le pays à faire face à des attaques biologiques d’origine terroriste".

 

Evidemment, les observateurs avisés ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement que, s’ils ne disposent pas encore de l’arme atomique, l’Iran et la Syrie regorgent d’agents chimiques et bactériologiques destinés à la guerre, de même que de lanceurs capables de les transporter.

 

Pour parer à cette menace, le gouvernement a décidé de modifier ses plans originaux, et de doter toute la population de masques à gaz, à moyen terme. Un milliard de Shekels supplémentaire (environ deux cents millions d’euros) sera dévolu à cette affectation [1].

 

Elle remplace la conception en vigueur jusqu’à maintenant, qui voulait qu’on équipât uniquement 60% de la population la plus exposée, à savoir celle du Nord et du Goush Dan, la zone de Tel-Aviv.

 

L’aire de Dan, où va se dérouler, mercredi et jeudi de la semaine prochaine, le plus grand exercice de défense civile de l’histoire d’Israël, tout entier consacré à la gestion d’une attaque biologique "accidentelle ou terroriste".

 

L’exercice est intitulé "Flamme orange". Il aura lieu à Tel-Aviv, Holon et Ramat-Gan, et devra déterminer le degré de capacité de la Défense Civile, des services médicaux ainsi que des autorités municipales à répondre aux conditions générées par une attaque biologique.

 

Tous les grands centres médicaux de la zone concernée se prépareront à recevoir des milliers de blessés. De plus, un stade de foot, un country club et un troisième site seront transformés en centres d’accueil pour les personnes atteintes.

 

Plus de mille volontaires prendront également part à la Flamme orange. Ils joueront le rôle des blessés.

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G
<br /> Autrement dit, en couchant l'Iran comme sur la défensive, la MENA n'a pas vu partir la guerre préventive, à fort contenu psychologique, qui est d'ores et déjà en cours, déclenchée depuis les<br /> élections irano-hezbollahnies de 2009, 7 et 12 juin.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> La quasi-légitimité acquise du Hezb, voire du Hamas, tenant les rênes de régions entières, contrairement à ce que dit la MENA, n'embourgeoise pas seulement les chefs, moins prompts à suivre les<br /> directives de Téhéran.<br /> Il s'agit, au contraire, de devenir tellement indistincts par rapport à un "Etat normal" pour susciter et déclencher des "opérations" d'intoxication des chancelleries et des opinions et de les<br /> entraîner à des condamnations unilatérales : puisque c'est le Liban qui est attaqué et non le seul Hezbollah, puisque c'est la "pauvre population plaestinienne" qui en fait les frais et non les<br /> caciques planqués sous l'hôpital Shifa, services des enfants malades!<br /> Le but est de freiner toute prise d'initiative, de la rendre aussitôt "barbare" et "disproportionnée".<br /> Le dernier "otage" du genre est le peuple iranien lui-même qui a eu le mérite de provoquer, à lui tout seul, les "nouvelles sanctions ciblées" de M. H.Clinton, réfutant par là qu'on soit en guerre<br /> ou à la veille d'une guerre, simplement en période de "troubles"...<br /> Qu'en serait-il,s'il fallait pilonner toutes les entrées souterraines sous Ispahan, sous Qom, au risque de répandre quelque poison mortel à la surface?<br /> "Mais comment Kheyl Ha'Avir n'a t-il pas neutronner seulement le Régime en laissant intact tout ce qu'il y avait autour?"<br /> La quasi-légitimité consiste à se rendre intouchable. Et ça marche, puisqu'aucun "politique" n'a jamais vraiment fait les frais d'une frappe en bonne et due forme, pour les leviers qu'il actionne<br /> sans avoir l'air d'y toucher.<br /> <br /> <br />
Répondre
G
<br /> Je me demande jusqu'à quel point cette analyse, planchée sur le modèle de guerres conventionnelles ou quasi, n'est pas un tantinet "naïve".<br /> La Ména ne s'aveugle t-elle pas quelque peu, en voulant à tout prix considérer Hamas et Hezbollah comme de quasi-partis politiques classiques, redoutant de risquer leurs gains parlementaires dans<br /> un "grand jeu" qui les dépasserait?<br /> Ainsi place t-elle d'emblée l'Iran comme réduit à une position défensive, alors même qu'on n'est pas sans savoir que des décisions ont été prises, depuis un certain temps déjà, concernant le<br /> renforcement de ce que les Mollahs veulent appeler "les groupes progressistes se battant contre les agissements occidentaux"!<br /> De quoi s'agit-il? D'envoyer et d'activer des agents Pasdaran un peu partout sur la planète, auprès de groupes moins détectés ou évidents.<br /> <br /> Or qui sont ces "groupes progressistes"? Sont-ce seulement le Hamas et le Hezbollah, presque trop "visibles", par leurs implications politiques?<br /> <br /> Ou sont-ce, plutôt, des groupes moins réputés, voire des individus plus isolés?<br /> <br /> Enumérons-en quelques-uns qui, tiens, viennent justement, de faire parler d'eux : Shabab de Somalie, Africains du Nigéria prenant l'avion depuis le Yémen, informateurs retournés par al-Qaeda<br /> trompant leurs hôtes sur une base Chapman dans la province de Khost, l'ouverture intempestive et empoisonnante de nouveaux fronts chi'ites dans les pays du Golfe, sur le modèle des Houtis, qu'on<br /> vient de voir à l'oeuvre durant plusieurs mois au Yémen, au coude à coude avec al-Qaeda et où il a fallules forces saoudiennes, le soutien égyptien,les commandos jordaniens et la supervision et<br /> l'argent de l'Amérique, pour commencer de calmer le jeu...<br /> Ou encore, pour se rapprocher d'Israël, les quelques 1500 salafistes qui ont rejoint par dizaines Gaza et les camps palestiniens du Sud-Liban, mais encore capables d'essaimer leurs forces dans les<br /> Balkans, si on en croit Avigdor Lieberman, san compter sur l'embourbementaméricain en AfPak, l'impuissance relative de "l'allié" d'Islamabad, le rythme des attentats en Irak...<br /> <br /> A quoi servent, actuellement, ces poissons-pilotes? Tout simplement à tester les failles d'un dispositif sécuritaire ET politique global.<br /> <br /> En effet, on voit, par les dires même de la mère Clinton, qu'il ne s'agit plus que de saupoudrage, en matière de sanctions. On est bien loin, par là, d'un "feu vert", toutes les mesures précédentes<br /> ayant été épuisées : en clair, l'Amérique n'a pas d'agenda ou ne le respecte pas : parle du 31 décembre, puis dit encore qu'elle veut négocier : en fait, elle a accepté la perspective de devoir<br /> vivre et faire vivre avec un Iran nucléaire et réprimant.<br /> Et on peut aussi présupposer qu'elle a mis Israël en "liste d'attente", pouvant toujours faire diversion avec une paix qui ne vient pas, côté "palestinien" (de Gaza, de Ramallah ou du Jihad<br /> global?)<br /> Certes, Israël est une forteresse, mais implicitement lié à ce que vivent les contingent d'Afpak, d'Irak ou d'ailleurs.<br /> Le Hamas et le Hezbollah ont, entre autres ordres, de pilonner, non pas seulement les villes, mais également les bases militaires et aériennes, les stocks de missiles, voire Dimona, etc. En ont-ils<br /> les capacités? Les deux précédents rounds laissent penser que non, ou qu'ils tirent essentiellement à l'aveugle... En attendant, on ne sait toujours pas sur qui ça tombera, malgré les dispositifs<br /> récemment mis au point...<br /> Et l'ensemble de ce "campoccidental" est bien loin d'être en ordre de bataille : si l'on projette ce que dit la MENA sur l'état d'esprit régnant dans les Chancelleries, de Washington, en passant<br /> par Londres ou Paris, difficile de discerner qui a le plus peur du loup que l'autre! Qui est le plus disposé à jouer le jeu politique et diplomatique, voire de tenter d'interrompre ipso facto un<br /> engagement : qu'a t-on vu lors des deux précédents conflits? Des résolutions 1701 (poufff!) et des rapports Goldstone.<br /> On ne peut pas faire comme si, la prochaine fois, force resterait à la guerre uniquement. Dès le premier avion, la petite aiguille de l'ONU s'affole!<br /> <br /> Sincèrement, le plan qu'envisage la MENA ressemble bien plus à une guerre napoléonienne, voir à la bataille de Fontenoy, 1745 -"mais tirez les premiers, Messieurs les Iraniens! Mais je n'en ferai<br /> rien, Messieurs les Israélo-américano-otano"-ce qu'on voudra- qu'aux non-règles d'engagement de la guerre moderne asymétrique.<br /> <br /> L'objectif préalable serait d'éroder tout soutien moral à une frappe quelconque en égrenant de ci de là des menaces globalement conçues comme astronomiques : inflation pétrolière, crise du détroit<br /> d'Ormuz, zones incontrôlables en banlieues de l'Occident (Maghreb-Afrique-Amérique du Sud-), crises répétées dans les "rues arabes"... démultiplication des zones de crise de faible intensité,<br /> sophistication des coups tordus et instabilité des explosifs.<br /> Il n'entre pas dans le computer que les "faiblesses militaires" apparentes de l'adversaire, la fragilité des alliances, permettent de développer des systèmes de compensation redoutables...<br /> <br /> <br />
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