Alors que pour la première fois dans l’Histoire d’Israël, un Premier ministre d’une coalition de droite a ouvertement évoqué la création d’un Etat Palestinien, l’Union Européenne a fait savoir “que le discours du Premier ministre israélien ne suffisait pas”. Utilisant un langage condescendant et péremptoire qu’ils n’utilisent jamais envers les organisations terroristes du Fatah ou le Hamas, les ministres européens des Affaires Etrangères réunis à Bruxelles, ont fait savoir “que le resserrement des relations entre l’Union Européenne et Israël ne se ferait que lorsqu’Israël obtempérerait à leur exigence de stopper totalement toute construction juive en Judée-Samarie”.
Le ministre français des Affaires Etrangères, le socialiste Bernard Kouchner, a déclaré “que le Premier ministre israélien n’avait même pas évoqué les localités juives de Judée-Samarie dans son discours. L’arrêt total de la construction juive est indipensable”. Même son de cloche chez son homologue britannique, David Milliband. Le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, est allé encore plus loin: “Il n’y aura pas de nouvelles négociations entre l’UE et Israël tant qu’Israël n’aura pas effectué des gestes concrets dans le sens que nous demandons”. Luxembourg, douze points…
Le ministre finlandais Alexandre Stubb, a lui aussi estimé “que les discours de Netanyahou était insuffisant”. Quant au Suédois Karl Bildt, “il a estimé qu’il s’agissait d’une tout petit pas en avant, car il est impossible de définir par avance ce que doit être un Etat”. Autrement dit, il faudrait attendre qu’un Etat palestinien soit créé pour ensuite lui demander gentiment et poliment d’être pacifique et amical…
Ce lundi soir, les ministres des Affaires Etrangères rencontreront leur homologue israélien Avigdor Lieberman, “afin de discuter des conditions émises par Netanyahou pour la création d’un Etat palestinien”. Il est fort probable qu’ils exigeront d’Israël “de se montrer souple et de ne pas placer la barre si haut”!!
Il semble que les pays Européens, influence locale oblige, aient été quelque peu influencés par les méthodes de négociations “par étapes” telles qu’elle se concoivent dans le monde arabo-musulman. En effet, il y a quelques mois encore, l’UE posait comme exigence l’acceptation par Israël de la solution des “deux Etats” pour entamer les négociations avec Israël sur l’amélioration de leurs relations. Maintenant que ce principe semble avoir été accepté par Israël, l”UE brandit une nouvelle condition, qui est l’arrêt total de la construction juive en Judée-Samarie. Il y a fort à parier que si Israël se montre docile et obéissant sur ce point aussi, de nouvelles exigences viendront sur la question de Jérusalem, des “réfugiés” ou des frontières.
[Lundi 06/15/2009 16:30]