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Analyses et actualités sur la geopolitique - Proche et Moyen-Orient - israel - conflit israel palestine - renseignement - diplomatie - Lutte contrela désinformation

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Pollard détenu aux USA depuis près d’un quart de siècle




par 
Yéochoua Sultan

[Samedi 25/07/2009 23:31]

 


Jonathan Pollard, Juif américain, est né au Texas en 1954, de père microbiologiste et de mère au foyer. Bien que les communautés juives n’étaient pas très importantes dans leur région, ses parents ont tenu à le sensibiliser à l’identité du judaïsme. C’est à l’âge de seize ans qu’il effectue son premier voyage en Israël, à l’Institut Weizmann, avec le Mouvement de la Jeunesse Scientifique.

En 77, il remet une demande au CIA pour être incorporé dans ses services, mais elle est rejetée. En 79, il est admis dans les services secrets de la Marine Américaine, en tant que travailleur civil à Marin land. Deux ans plus tard, il est chargé de traiter la matière première recueillie par les services de renseignements. En 81, il épouse Anne Andersohn, jeune fille juive issue d’un milieu assimilé. Son grade en matière de sécurité est suspendu, en raison de contacts qu’il a eus avec les services d’espionnage sud-africains, puis il lui est rendu. En 84, il est placé dans le Nouveau Centre d’Alerte Antiterroriste des services d’évaluation des menaces, dans les services de recherches de la Marine

Un jour, dans le cadre de son travail, il découvre des documents qui concernent Israël, mais il est en but à ses supérieurs qui refusent d’en aviser les Israéliens, malgré un accord entre les deux pays en 1983. Considérant que les jours des citoyens d’Israël risquent d’être en danger, il fait pression pour que les renseignements soient transmis comme convenu. Voyant qu’il n’est pas écouté, il transmet de son propre chef les documents à l’Etat d’Israël, d’abord gratuitement, puis en recevant un salaire.

Les renseignements fournis par Pollard ont été d’un grand secours pour Israël, notamment en matière d’armes non conventionnelles de destruction massive en possession des pays arabes, ce qui lui a permis d’organiser sa défense et d’entreprendre certaines opérations offensives, la plus connue étant celle du bombardement du quartier général de l’Olp à Hammam-Lif, en Tunisie, le 1 octobre 85, pour mettre fin à une vague d’attentats entrepris par l’organisation terroriste.   

Le motif de l’action de Jonathan Pollard était de préserver la vie de citoyens israéliens qui auraient pu être assassinés en raison des renseignements cachés par les Américains. Selon le New York Time, Pollard aurait remis à Israël des renseignements sur les mouvements des forces soviétiques,  les capacités des Américains à suivre leurs sous-marins, et sur les codes secrets de l’armée soviétique décryptés par les services américains. Le procureur, lors du procès de Pollard, a soutenu que les renseignements fournis à Israël n’étaient pas critiques pour la sécurité de ce pays, mais il n’a apporté aucune preuve tangible lors des auditions du tribunal.

En 84, Pollard s’est adressé à A. Séla, général de l’armée de l’air israélienne de passage en Amérique et lui a proposé ses services. Des centaines de milliers de documents auraient été ainsi transmis par son intermédiaire, dans les années 84- 85.  Ces documents ont abouti dans les bureaux des services de renseignements du ministère de la Sécurité, sous l’égide de Raphi Eitan, qui dirigeait ce service à la même époque. Les supérieurs de Pollard l’ont soupçonné au courant de l’année 85. Ils ont averti le Fbi, le 21 novembre 85,  après avoir trouvé sur son bureau des documents qui n’étaient pas reliés directement à son travail. Les agents ont investi son domicile. Pollard et son épouse, comprenant qu’ils risquaient d’être arrêtés, se sont rendus rapidement à l’Ambassade d’Israël, à Washington, comme le leur avaient recommandé leurs contacts. Mais, sous l’ordre d’Elyakim Rubinstein, ils ont trouvé porte close et ont été appréhendés par les agents du Fbi.

Une négociation avec le juge sur les chefs d’accusation à retenir a été convenue à l’amiable entre Israël et les Etats-Unis. Dans le cadre du procès de Pollard, Israël a donc restitué les documents. L’accusé a reconnu les faits et a été condamné pour espionnage à l’intention d’un pays ami et sans intention de nuire aux EU. 20 ans de prison ferme ont été exigés.

Cependant, quelques jours plus tard, le Secrétaire de la Défense Américaine, Kaspar Weinberger, a présenté un document secret de 46 pages au juge. Selon lui, les preuves des dommages causés à l’Amérique étaient aggravantes, car il faisait intervenir des relations avec l’URSS. Il a exigé d’alourdir la peine. Le tribunal s’est donc dédit de son engagement de traiter l’affaire avec indulgence, et a décrété l’emprisonnement à vie. L’avocat de la défense a fait appel, mais sa requête a été rejetée. C’est le 4 mars 1987 que la sentence a été prononcée. La date de la remise en liberté hypothétique est fixée au 21 novembre 2015, mais rien ne prouve que les services pénitenciers se sentent contraints de s’y plier.

Des efforts sont investis pour tenter d’obtenir la remise en liberté de Pollard, aussi bien au niveau diplomatique qu’auprès de l’opinion publique qui, aujourd’hui encore, lutte pour empêcher ce prisonnier de Sion, qui a obtenu la nationalité israélienne en 98, de tomber dans les oubliettes de l’histoire.

par Yéochoua Sultan

A
ctu.co.il

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A
J'étais bien petite lorsque tout cela se produisit mais je sais que sur cette affaire il y eu un sac de noeud, et oui je crois sa femme lorsque'elle prétend que son mari a été sacrifié puis abandonné.<br /> <br /> J'estime même que la peine est terrible par rapport aux faits qui lui sont reproché, je penses qu'il a assez payé et pour lui, mais aussi pour d'autres.
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G
Le problème est qu'on ne sait jamais comment évaluer avec certitude les différentes responsabilités des intermédiaires. <br /> Ce que raconte la "légende" noire, c'est que Raphi Eytan, officier traitant, aurait agi indépendamment et sans rendre compte à ses supérieurs ni à l'ensemble de la communauté du renseignement israélien, créant une sorte de "service parallèle", sans visage et sans filet. <br /> La teneur des infos aurait été aussi importante que lui ou d'autres auraient été prêts à presque n'importe quoi pour les obtenir, les autres se contentant de ne pas poser trop de question. <br /> De fait, sans exempter Elyakim Rubinstein, alors en poste aux USA, d'une part, il n'était ni forcément clairement informé et aurait pu vouloir sauver les relations diplomatiques au nom de l'intérêt supérieur.<br /> Raphi Eytan prétend avoir été "malade", opéré au moment des faits, ne pouvant prendre de décision d'exfiltration ou autre... <br /> De fait, le statut de "prisonnier de Sion" est très beau, mais dans un tel contexte, il est très possible aussi, que Jonathan Pollard ait été sacrifié sur l'autel de l'intérêt d'Etat, que ses contacts aient précisément fait ce que l'armée enseigne qu'il ne faut jamais faire : couper les liens qui les rattachaient à Pollard et l'avoir abandonné sur un terrain ni"ami ni ennemi" dans cette affaire, pensant certainement l'en sortir ultérieurement en négociant à haut niveau. Ce que jusqu'à présent, ils (aucun haut dignitaire) se sont montrés parfaitement. incapables de faire. <br /> Diplomatiquement, on peut relier cette "vieille épine" dans le pied, aux suspicions permanentes et accusations diverses, de la part d'Etats-Unis réputés pour leur paranoïa (mais qui ont sûrement de bonnes raisons de l'être). <br /> Dans la continuité, reste l'affaire non-décidée Larry Franklin, où il semblerait que ce seraient plutôt les Israéliens qui auraient doné des infos aux Américains que l'inverse, un citoyen américain en fournissant à un pays étranger mais allié. <br /> Ce n'est pas à un moment où les USA parlent de multiplier les pressions sur Israël, même si on peut penser que cela pourrait bientôt se calmer pour cause d'intérêts communs face à l'Iran, qui peut espérer que Jonathan soit libéré à l'amiable... Quoi qu'il ne faille jamais désespérer. <br /> Quant à Raphi Eytan, il est peinardement patron de son parti à moitié dissout des "retraités" : tout un symbole. Mais il aurait pu sans doute s'exposer un peu plus pour lui tendre la main...
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