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Elections présidentielles Afghanes : la cocotte minute


Par Raphaëlle Elkrief pour Guysen International News
Mardi 18 août 2009 à 22:18




A la veille des élections, les tensions se font vives en Afghanistan. Sa capitale, Kaboul, a été frappée à plusieurs reprises mardi 18 août. Quelques heures auparavant, une roquette s’était abattue sur le palais présidentiel et sur le quartier général des forces de police de la ville, sans toutefois faire de blessés, mais conduisant à de lourds dégâts matériels.
Et les talibans changent leur mode opératoire. Après avoir appelé les 17 millions d’électeurs à boycotter la seconde élection présidentielle du pays, ils prennent aujourd’hui un ton plus agressif, menaçant les Afghans qui s’aventureraient à donner du crédit à un ''jeu de dupes orchestré par les Américains'', ont –ils expliqué dans un communiqué.
 
’’Tous les combattants islamiques doivent conduire leurs opérations contre l’ennemi, d’après le programme qui leur a été assigné, pour faire échouer ce complot des ennemis de l’islam contre le pays’’… Des tracts ont été distribués, qui enjoignent la population à ’’ne pas participer aux élections pour ne pas devenir la cible de nos opérations’’. Désireux de torpiller les élections, les talibans menacent d’attaquer les bureaux de vote. ’’Nous utilisons de nouvelles tactiques visant les centres de vote. Quiconque sera blessé dans et autour des centres de vote en sera responsable car il en aura été informé à l’avance’’, explique un des portes paroles des talibans.
Inquiets pour leur sécurité, les électeurs, qui doivent aussi élire 420 conseillers provinciaux, risquent de ne pas se rendre aux urnes. 10% des bureaux de vote seront manifestement fermés pour cause d’insécurité.
 
Samedi 15 août, les talibans ont revendiqué un attentat suicide à la voiture piégée devant le quartier général de l’OTAN, qui a coûté la vie à sept personnes. Le message est clair : ils ont la volonté, et maintenant la capacité d’atteindre les zones les plus sécurisées du pays.
Face à cette montée des tensions, l’OTAN a décidé de suspendre ses activités, limitant son action à la protection des civils.    

Depuis 2001, les forces de la coalition ont perdu plus de 1300 soldats. Le Royaume Uni vient de passer le cap des 200 soldats tombés. Même si la question de la présence des troupes en Afghanistan ne divise pas autant l’opinion publique (et les partis politiques) que la question des opérations menées durant la guerre en Irak, les britanniques déplorent néanmoins le manque de moyens employés par leur gouvernement pour assurer la sécurité des soldats.

Alors que le ministre de la Défense de Grande Bretagne défend avec optimisme les actions de ses troupes sur le terrain, 82% des britanniques considèrent que Londres ne fournit pas d’efforts suffisants à ses troupes (selon un sondage YouGov pour la chaîne d’information britannique SkyNews). Pour le Premier ministre Gordon Brown, le cap des 200 tués est ’’tragique’’, mais la présence des troupes britanniques dans la zone n’en est pas moins indispensable.

Pour le président américain, la victoire contre les talibans ne sera ’’ni rapide ni facile’’. Dans un discours à Phoenix, il a affirmé que ’’l’insurrection en Afghanistan n’a pas commencé du jour au lendemain, nous ne pourrons pas la vaincre du jour au lendemain’’.

 La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a quant à elle salué la tenue de ces élections. Des élections qui s’annoncent difficiles et dont le crédit risque d’être entaché par le désir de sabotage des talibans.

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