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Artic Sea : un cas d’école de gestion de crise médiatico-diplomatique

Artic Sea : un cas d’école de gestion de crise médiatico-diplomatique


 par Gad pour Lessakel, sources Ynet.


A la suite de cet article, nous publions la traduction de l’enquête réalisée par lejournal israélien en ligne Ynet, sous la responsabilité de Ron Ben-Yishaï qui a réalisé, là, un travail remarquable de recherche et de mise en cohérence des faits connus ou supposés, de façon à ce que les parties engagées, à tort ou à raison, dans cette crise médiatico-diplomatique s’en sortent avec le moins de préjudice possible.


Par contraste, on peut alléguer que la façon, brouillonne et agitée, dont la Russie s’y est prise pour mettre fin à l’odyssée « mystérieuse » de l’Artic Sea, tout en voulant attester de la thèse du simple acte de piraterie en mer, est celle qui prêtait le flanc aux rumeurs les plus fantaisistes et nourrissait toutes les outrances conspirationnistes : quel besoin, en effet, d’exhiber sa toute-puissance et d’envoyer une armada de deux sous-marins nucléaires et quatre vaisseaux, pour régler leur compte et capturer 8 « pirates » estoniens, lithuaniens et apatrides ? De là, il devenait certain que de l’importance logistique donnée par la Russie à cette sombre affaire, il ne pouvait surgir que des impressions de nouvelle « guerre froide », à peu près, équivalente à l’affaire de « la baie des cochons », mais, cette fois, au large des côtes de l’Europe, puis de l’Afrique.


Mais la rumeur la plus redoutable provient notamment de journaux d’opposition russe, tels que Novaya Gazeta, reprise par certaines publications danoises et norvégiennes, jusqu’à très récemment, dans le Times-Magazine, par l’Amiral Tarmo Kouts rapporteur de la Commission Européenne sur le dossier de la piraterie. Elle a consisté à charger inutilement la barque, en introduisant la seule explication passe-partout : le mythe au dos large de « l’Institut » israélien, mis au centre des bavardages médiatiques, sur cette embarcation de planches pourries conçue et réalisée en Russie par des Russes ou assimilés. Un blog suisse, pays connu pour la tranquillité de ses pâturages verdoyants et son secret bancaire, en vient même à revendiquer la paternité de la « thèse », en prétendant, n’ayant pas froid aux yeux, que les acteurs susnommés s’en seraient directement inspirés, par les « indices de preuves » qu’il aurait étalés à leur discrétion (en fait, de simples supputations consistant à mettre « l’Institut » derrière chaque porte qui grince ou tout lapin russe qui couine).

 

Nous n’examinerons pas par le menu ce que peuvent être les motivations d’opposants russes ou de pays immédiatement limitrophes à passer aussi « spontanément » le « bébé » à Israël, en cette période de tensions moyen-orientales rythmées par les pulsions nucléaires iraniennes. Comme si l’Europe du Nord, connue pour la fraîcheur de son climat et la tiédeur de sa qualité de vie, redoutait d’être directement menacée par les gesticulations postsoviétiques. Il y a sans doute là, bien des façons de régler par procuration ses propres comptes avec la puissance rugissante de l’Ex-URSS, en se payant de la fausse monnaie de la désignation systématique d’un mercenaire attitré pour les basses œuvres : Israël, encore et toujours !


 

Soyons, un minimum, logiques :


 

-      quel besoin les services de renseignement israéliens auraient-ils eu de partir, la bite d'amarrage et le couteau suisse entre les dents, à l’accostage d’un navire finnois battant pavillon  maltais (et non « russe », comme le prétend une de ces cybergazettes, dans son dernier article contestant la version des faits exposée par Ynet), une première fois, dans les eaux territoriales suédoises ? Soit, à quelques encablures d’un retour de boomerang, de la part d’un appareil naval russe qu’on voit plus loin ne pas y aller avec le dos de la cuiller à caviar pour régler ses problèmes domestiques ?

 

-      Pourquoi, en d’autres termes, se jeter dans la « gueule du loup », quitte à créer un imbroglio diplomatico-sécuritaire de première main, à l’égard de la Fédération et des pays limitrophes, croisés par le sillon du navire ?

 

-      Pourquoi errer un mois durant par les mauvais vents agitant la disparition du vraquier, au risque, là aussi, d’être tracé et repéré, du fait du système LRIT (Long Range Identification Tacking) dont il est équipé et qui rend compte de sa position toutes les 6 heures, au centre d’Etat autorisé d’immatriculation, c’est-à-dire à Malte[1] ?

 

-      Vers quelle destination, en ce cas peu probable, le navire est-il alors détourné ? Vers le lointain port d’Haïfa, un à deux mois plus tard ? Le détour de l’Afrique par le Cap vert paraît, effectivement, le plus court chemin pour être à peu près certain de ne jamais y parvenir…


-      Puisqu’il est censé se diriger, via l’Algérie, vers la Syrie ou l’Iran, le plus pratique n’est-il pas de l’attendre sereinement dans les eaux internationales, entre la Crète et Chypre, par exemple, et de palier facilement toute situation malencontreuse ou défavorable par un repli stratégique ?

 

-      En quoi ce vraquier, en tant que tel, peut-il être d’un intérêt quelconque pour un service de renseignement ? Au mieux, seuls les présumés équipements militaires clandestins peuvent le concerner : soit il s’en débarrasse en mer, soit il les achemine par un autre navire ami et exfiltre ses agents aussi vite qu’ils étaient montés à bord.Mais alors, il faut passer à l’arme automatique l’ensemble de l’équipage pour être certain que ses membres ne témoigneront pas avoir assisté à ces allers et venues, transferts…


-      Les hommes de main passant pour des « pirates », ensuite exhibés comme des trophées par la glorieuse armada russe, ont tout, sauf le profil de l’emploi pour passer le concours de recrutement de ce genre de services. Par contre, ils ont toutes les qualités requises (connus pour leurs liens avec la maffia russo-estonienne[2]) pour parvenir aisément à se faire passer pour les malfrats qu’ils sont censés être.

 

-      Identifiant, de près ou de loin, quelles peuvent être les parties impliquées, les navires et sous-marins russes partis en chasse doivent se douter que la cargaison précieuse est, à tout le moins, passée par le fond ou déjà acheminée par d’autres moyens. Ainsi appareillée par le must de son arsenal, elle ne va pas, non plus, coincer des « agents sionistes » en pleine mer, au risque qu’ils aient révélé ce qu’ils étaient venus chercher ; ou/et d’en faire, ensuite, des prisonniers d’Etat, dans un conflit à rebondissements, avec révélations médiatiques à la clé.  Là, encore, l’équipage est appelé à disparaître dans des conditions non-élucidées, pour qu’un jour, le témoignage d’un de ses membres ne soit pas acheté par une partie ou l’autre…


La thèse impliquant Israël sous cette formule-là du coup de main frontal, serait, pour le moins, grossière, allant contre tout principe de discrétion élémentaire, et pour tout dire, résulterait du travail parfaitement bâclé de fieffés amateurs. Reste celle de recruter des malfrats vraisemblables afin de les sacrifier aux Russes. Quel est alors « l’intérêt » de ceux-ci, excepté de subodorer qu’ils vont mal finir –même si des pensions généreuses sont versées à leurs collatéraux- ? Quel intérêt, pour un Etat lambda, de se servir d’une telle couverture cousue de fil blanc pour masquer qu’il se serait, en fait, déjà débarrassé de l’objet de son accostage : les fameux « missiles » ? Il n’a pas, plus, jamais eu besoin d’eux. Et de prétendus « autres », soit sont doués d’invisibilité, soit ne sont jamais montés à bord, à moins d’inoculer des drogues puissantes à l’équipage, au point de le plonger dans l’amnésie à vie…


Rien ne tient, dans la thèse d’un conflit frontal entre la Russie et Israël. Ils ont des moyens bien plus subtils de se faire des guerres secrètes ou discrètes, sans ameuter tous les paparazzi en mal d’adrénaline, de Kaliningrad jusqu’au Cap Vert et plus loin encore.

 

Reste l’objet du litige médiatique : puisque l’histoire a pris une telle ampleur, puisque la flotte russe est de sortie, il ne peut y avoir qu’un mobile militaire et sécuritaire majeur pour avoir réussi à mettre tout ce monde fringant en émoi. « Donc », les « missiles » existent, ont existé, sous une forme ou sous une autre, et la Russie ne peut plus se cacher derrière son petit doigt aussi fin et léger que la poupe de « l’Amiral Kouznetzov » vue d’en bas sur le quai.

 

Notre propos n’est pas, ici, de savoir ou de prétendre savoir si oui ou non, en définitive, ces fameux missiles S-300, X-55 ou X-500, selon l’investigation d’Ynet, ont bien fait partie du chargement du vraquier. Parce que nous avons la modestie de croire que jamais le moindre indice de leur présence, photographie, trace de poudre au fond d’une cale désaffectée… n’émergera dans la grande presse ou la cyberpresse conspirationniste aux petits pieds. Parce que nous savons aussi que l’avidité des opinions et de ceux qui s’en autoproclament les faiseurs, est telle qu’il faut bien leur laisser un os à ronger. Ce dont nous sommes, par contre, sûrs, désormais, c’est que la maladresse russe dans la ges(-ticula-)tion de crise, son besoin intermittent de faire étalage de sa puissance militaire (de Beslan à la Géorgie), plutôt que de traquer les « pirates » avec des moyens légers, de type vedettes, comme une armée moderne, puis toute la mise en scène de l’arraisonnement du navire et de l’arrestation des brigands des mers, ne laissent pas d’autre choix aux communicants conscients que d’établir qu’il se peut bien que la Russie et elle-seule ait eu quelque chose de monumental à dissimuler, en prenant tous les moyens requis pour ce faire.

 

L’investigation que propose Ynet, que nous soyons ou non tous bien conscients que nous sommes, de toutes les façons, « manipulés et roulés dans la farine », nous paraît tenir toutes les ficelles bout à bout, de façon à ne pas esquinter le pouvoir russe, tenu à l’écart de la moindre accusation de velléité de fournir, par quelque moyen, de telles armes, à l’Iran et/ou la Syrie. La responsabilité en revient à des « hommes d’affaires » liés à l’industrie militaire et/ou, disons-le plus simplement, à une quelconque maffia assez proche des leviers du pouvoir pour établir les marchés qui lui chantent. Elle ménage également nos « amis conspirationnistes », puisqu’elle suggère une information anonyme transmise par une « agence » au pouvoir russe, pour qu’il prenne les mesures appropriées afin de mettre fin à la course folle de l’Artic Sea.

 

Reste que la maîtrise des zones de fret de l’armement sensible et les individus qui l’exercent ne sont pas sans faire pâlir d’inquiétude par leurs mauvaises habitudes. Si le pouvoir russe n’est pas impliqué, mais que des « hommes d’affaires » possèdent une telle liberté d’action et d’utilisation-revente de n’importe quel type d’armement, selon leurs propres besoins de trésorerie, et que la politique de la Fédération peut dépendre (pâtir ou bénéficier indirectement) de ces comportements maffieux, alors la Russie n’est pas prête de trouver la stabilité et la fiabilité à l’endroit de ses partenaires que le monde est en droit d’attendre d’une « grande puissance » dans le cadre du règlement des crises internationales. La thèse de la maffia russe reste la plus vraisemblable pour expliquer le long détour par la Mer du Nord, la Manche, l’Atlantique et la Méditerranée avant de parvenir à bon port. Elle offre, de plus, en alibi en or à la non-implication du pouvoir dans cette affaire, puisqu’elle laisse sous-entendre que de telles coteries sont dans l’impossibilité technique de faire transiter les objets de leurs détournements par terre jusqu’à la Caspienne, infiniment plus proche et moins risquée, pour atteindre, ensuite, les rives de la Syrie ou de l’Iran. C’est d’ailleurs là que la thèse des « missiles » est la plus fragile : pourquoi faire simple (Caspienne, entièrement, sous contrôle maritime russe), quand on peut faire compliqué (le détour par des mers improbables) ? Ce ne peut être vraisemblable que parce que les maffieux y sont contraints par une sécurisation relative du reste de l’immense territoire russe. Et l’Etat central s’en tire avec un satisfécit. Mais peut mieux faire.

 

Quel a été le rôle de l’Europe maritime dans cette histoire ? Vraisemblablement, d’avoir fourni les éléments dont elle disposait à la marine russe, de façon à ce que, rattrapant le coup, elle honore rétrospectivement ses engagements et évite un scandale diplomatique de portée plus grave.

 

Qu’est-ce à dire ? Plutôt que le montage de coups de mains qui tiennent, ici, du Grand Guignol et ridiculiseraient le service se comportant de la sorte, cette enquête laisse envisager que bien des coups tordus se résolvent préventivement entre Etats conscients de leur pouvoir et de leurs limites, par le bon vieux « téléphone rouge » de la négociation diplomatique. Que ces fameux services qui feraient rêver James Bond, coopèrent activement et de façon responsable au dénouement de ce genre de crise à composantes, pour le moins, explosives. Et que leur métier n’est pas la recherche de l’exploit improbable dans des conditions démentielles et avec des moyens pitoyables, mais de l’économie des conflits inutiles par les solutions les plus efficaces, les plus payantes et les plus courtes.

 

Voici ce que nous expose Ron Ben-Yishaï de son enquête, indépendamment de tous les détails que nous ne connaîtrons, donc, jamais. Deuil auquel nous consentons, car ils a aussi, incidemment, vertu d’éviter de jouer les boutefeux :

 

 

 

Investigation : la Russie a détourné son propre bateau.

 

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3771296,00.html

 

Une investigation d’Ynet révèle que le renseignement russe a utilisé des agents secrets pour stopper le vaisseau Artic Sea, qu’on a supposé avoir été détourné par Israël, après l’obtention d’un « tuyau » selon lequel il était en train de violer les accords internationaux, car il transportait des armes de « déstabilisation » (régionale) en direction de la Syrie ou de l’Iran.

Par : Ron Ben-Yishai

Publié le: 

09.02.09, 19:03 / Israel News


Une investigation d’Ynet a révélé mercredi que le détournement du vaisseau (vraquier) “Artic Sea” a, en fait, été ordonné par le Gouvernement russe.


 Les agences de presse à travers le monde ont publié des reportages liant Israël au détournement, du fait que le bateau était supposé convoyer des armes vers le Moyen-Orient, et vraisemblablement vers l’Iran.


L’Artic Sea a été déclaré perdu en mer en juillet, alors qu’il était en route entre la Finlande et l’Algérie. Sa disparition a servi d’étincelle à des reportages sur le premier incident de piraterie des temps modernes dans les eaux européennes.


L’Amiral Tarmo Kouts, le rapporteur européen sur la piraterie, a confié au Times Magazine qu’il pensait que l’Artic Sea avait été intercepté par Israël, alors qu’il transportait un cargo secret de missiles anti-aériens S-300 et de missiles sol-mer X-500 vers le Moyen-Orient.


Une enquête d’Ynet fondée sur de nombreuses sources russes, européennes et moyen-orientales a conclu que la thèse de l’Amiral n’est pas plausible pour de nombreuses raisons.


 Par exemple, l’acheminement des missiles vers la Finlande demeure obscur, de même que les motivations du Mossad à détourner le navire plutôt que de le stopper à mi-chemin et de décharger ses fournitures.


Le Kremlin a, jusqu’à présent, gardé le silence à ce propos, après avoir capturé les présumés pirates de la mer, le 18 août, et les avoir inculpés de kidnapping et piraterie. Il n’a fait aucun commentaire sur les reportages spéculant sur la présence d’Israël derrière ces actions, et Jérusalem a fait de même.


L’enquête a révélé que la première étape de navigation ne provenait pas de Finlande, mais bien plutôt de l’enclave russe de Kaliningrad. Localisée sur les rives de la Baltique, cette zone côtière est  historiquement considérée comme une zone militaire fermée.


 http://www.24heures.ch/files/imagecache/468x312/story/arctic.jpg

Le vraquier Arctic Sea (Photo: AP)

 

Le port de Kaliningrad, contrôlé par la Marine (militaire) russe, entrepose des batteries de missiles, parmi lesquelles des armes anti-aériennes S-300. Le Kremlin a déclaré que la ville était une zone de libre-échange commercial, mais on considère qu’elle demeure dirigée et organisée par des syndicats émanant d’anciennes forces de sécurité, et constitue une pépinière de trafics illégaux, dont celui de types d’armes en tous genres.


 Les sources confient que l’Artic Sea a fait escale à Kaliningrad pour subir diverses réparations. Les mêmes sources affirment qu’un contrat aurait préalablement été passé entre des hommes d’affaires (NdT : on parlera de « maffia ») russes et moyen-orientaux, concluant la vente de plusieurs missiles S-300, entreposés dans le port.


Certaines sources prétendent que l’industrie d’armement militaire russe était impliqué dans le contrat et avait transféré un certain nombre de nouveaux missiles, dont des X-500, vers ce port, afin qu’ils fassent partie de la vente. Cependant, le Kremlin n’était pas directement impliqué et, apparemment, le contrat avait été établi en secret entre des hommes d’affaires du secteur privé.  

Un "tuyau" anonyme.

Après l’exécution du contrat, une agence de renseignement dont l’identité reste dissimulée jusqu’à présent, a appris que le départ du bateau avec sa cargaison d’armes se dirigeait vers l’Algérie, un pays situé sur une voie régulière pour le transfert des armes vers l’Iran et la Syrie.


 Cette agence de renseignement a alors transmis une information anonyme aux autorités russes, selon les enquêteurs.

 

Puis, deux jours après que l’Artic Sea ait navigué depuis un port finlandais où il a apparemment pris sa cargaison de bois de façon à dissimuler les missiles en-dessous, une vedette transportant 8 hommes a accosté le navire et a demandé à monter à bord au motif qu’ils se seraient perdus en mer.


Ensuite, les 8 hommes se seraient identifiés comme étant de la police suédoise et auraient arrêté l’équipage sous la menace de leurs armes. Les marins russes servant sur l’Artic Sea ont déclaré que les officiers parlaient russe entre eux. 


12 heures plus tard, l’équipage du navire a raconté l’incident aux autorités suédoises et dit que des pirates avaient extorqué l’identité de policiers suédois. L’équipage a alors affirmé que les pirates avaient quitté le navire, mais en réalité, ils étaient demeurés à bord, tenant l’équipage en otage.


Le 28 juillet, les garde-côtes britanniques ont contacté le navire, dont le capitaine a déclaré que tout allait bien à bord. On a autorisé le bateau à continuer à naviguer vers l’Algérie et peu de temps après, tous les contacts avec lui ont cessé.

 

 http://www.24heures.ch/files/imagecache/468x312/depeches/6122694.jpg

Les soldats russes conduisent les “pirates” vers le rivage 


Selon des sources russes, les “pirates”, qui étaient en réalité des officiers du renseignement russe, sont restés à bord du bateau et ont informé leurs supérieurs qu’ils avaient bien trouvé les missiles en cale.


Le 12 août, la Russie annonçait avoir envoyé des officiers de la Marine pour se lancer à la rescousse du navire et de son équipage.

 

Ces sources expliquent que le délai entre le moment du piratage et le lancement de la mission de secours était dû à la volonté du Kremlin de capturer le navire loin de la curiosité des médias, de façon à éviter un incident embarrassant qui aurait pu affecter ses relations avec l’Iran et l’Algérie.


Mais la Russie désirait aussi éviter un incident (diplomatique) avec Israël et les USA, selon les mêmes sources. Il y a 4 ans, le pays a signé un accord avec ces deux nations alliées, en promettant de s’abstenir de tout transfert d’armes « de déstabilisation » vers la Syrie ou Téhéran. Les missiles S-300 étaient spécifiés explicitement dans l’accord.


Le 18 août, les forces des commandos russes ont pris d’assaut le navire et arrêté les « pirates ». Les photos diffusées dans la presse montrent les soldats russes contraignant sans ménagement les 8 hommes jusqu’à terre. Le cargo a été envoyé vers une localisation plus discrète en Russie, entouré par 8 avions-cargos, immédiatement après que l’incident ait été rendu public.

 



[1] Voir : Gilles Raphel : http://www.lepost.fr/article/2009/09/02/1679208_l-affaire-de-la-disparition-de-l-artic-sea-conspirationisme-mediatique-et-manipulations-russes.html

[2] Ibid.


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