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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 05:36

Série d'explosion. 
Quelques perspectives pour 2010 (1) 30 décembre 2009 – 20:27

Au vu des faits et des décisions prises en 2009, l’année 2010 s’annonce délicate quant à la sécurité internationale. Tour d’horizon exhaustif des principaux points chauds qui seront à surveiller.
Première partie : l’Afrique

République démocratique du Congo

Riche en ressources minières, la République démocratique du Congo n’en a pas fini avec l’instabilité. Certes, l’époque où ses voisins s’affrontaient sur son territoire – on pouvait alors parler de « guerre mondiale africaine » – est révolue. Il n’empêche que la situation au Nord-Kivu, un territoire situé à l’extrême est du pays, reste préoccupante.

L’année 2009 aura été marquée par un retournement d’alliance. En effet, en janvier, le Rwanda a lâché le général Laurent Nkunda, alors chef du Congrès national du peuple (CNDP), principal mouvement rebelle actif dans la région du Nord-Kivu. Ce dernier a été remplacé par son second, le général Bosco Ntaganda, alias « terminator », accusé de crimes de guerre et visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).

Conséquence de cette nouvelle situation : le CNDP a intégré les Forces armées de RDC (FARDC), lesquelles se sont retournées contre leur ancien alliés hutus des Forces démocratiques du Rwanda (FDLR).

Dernièrement, les troupes loyalistes ont lancé l’opération Kimia 2, commandée par le général Ntaganda, soutenue par les casques bleus de la MONUC et visant à désarmer les rebelles du FDLR. Seulement, il semblerait qu’elle n’ait pas atteint tous ses objectifs.

Par ailleurs, le général Ntaganda soutiendrait en sous-main un nouveau groupe rebelle, le Front pour la libération et l’émancipation du Congo ( FLEC), actuellement en gestation. Autre organisation active dans le secteur : les Maï-Maï, des miliciens autochtones dont l’intégration au sein des FARDC a été un échec.

Toujours est-il que ce sont les civils qui payent un lourd tribut à ce conflit. En moyenne, 50 à 60 d’entre eux ont été tués par les FDLR en 2009. Pire encore, selon l’organisation non gouvernementale Human Right Watch, les forces gouvernementales se seraient également livrées à des massacres. De janvier à septembre 2009, 1.400 civils ont perdu la vie et 7.500 cas de violences sexuelles ont été constatés.

Le président de la RDC, Joseph Kabila, n’aura donc pas réussi à mettre un terme à la violence qui secoue le Nord-Kivu et qui risque de s’amplifier en 2010. Très dépendant de l’aide internationale, il a demandé l’appui de la Chine pour que le mandat de l’ONU dans son pays soit renouvelé.

Nigéria : accalmie au sud, tensions islamistes au nord

Principal pays africain producteur de pétrole, le Nigéria doit faire face à deux foyers d’instabilité. Au sud, à dominante chrétienne et où est localisée la production d’or noir, une trève a été établie entre le gouvernement et le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend), un groupe armé dont les actions violentes ont perturbé, ces dernières années, l’industrie pétrolière. En revanche, le nord du pays, à dominante musulmane, est traversé par le phénomène islamiste, bien que la charia soit en vigueur dans une douzaine d’Etats depuis 2000, provoquant des heurts intercommunautaires.

En juillet dernier, les taliban nigérians ont lancé une offensive générale dans les Etats de Bauchi, Borno, Yobe et Kano. Cette dernière a été vite réprimée par les forces gouvernementales. Bilan des opérations : 600 tués, dont au moins 300 combattants islamistes, après cinq jours de violences. Les principaux deux dirigeants du mouvement taleb nigérian, créé en 2002, ont été éliminés.

Cependant, cet épisode tragique n’a pas entamé l’ardeur des rebelles islamistes. Le 28 décembre, des affrontements entre factions rivales ont fait 70 morts à Bauchi. La secte islamiste Kala-Kato, encore appelée Maitatsine, serait à l’origine de cette nouvelle flambée de violence. Ce mouvement, connu depuis longtemps, a été impliqué dans les émeutes meutrières de Kano, en 1980 et à Yola, en 1992.

La persistance de mouvements extrèmistes constitue l’un des principaux risques que devra affronter le Nigéria en 2010, d’autant plus que l’auteur de la tentative d’attentat contre l’Airbus de la Northwest Airlines, le soir de Noël, est de nationalité nigériane.

Piraterie au large du Bénin

On connaissait le phénomène de la piraterie au large de la Corne de l’Afrique. Il faudra aussi sans doute compter sur les pirates du golfe de Guinée. En effet, en novembre, ces derniers ont attaqué le Cancale Star, un pétrolier habituellement basé à Monrovia (Liberia), alors qu’il se trouvait à 18 milles nautiques des côtes du Bénin. Lors de l’assaut, les malfrats n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur l’équipage, tuant ainsi le chef mécanicien du navire, de nationalité ukrainienne.Contrairement à ce qu’il se passe en Somalie, les pirates n’ont pas détourné le bâtiment afin de demander une rançon : ils se sont contentés de prendre l’argent qui se trouvait à bord avant de prendre la fuite.

Selon le Bureau maritime international (IMB), la situation dans le delta du Niger est devenue « préoccupante », d’autant plus qu’il n’a pas pris en compte 50% des attaques déclarées dans cette région par les compagnies privées.

Côte d’Ivoire : le calme avant la tempête?

Maintenant que la situation politique semble calmée en Côte d’Ivoire, il reste à régler la question de l’organisation de la prochaine élection présidentielle. Or, pour le moment, aucune date n’a été avancée pour leur tenue. En tout les cas, ce scrutin permettrait, sans doute, de mettre un terme à la crise qui a secoué le pays en 2002.

Cela étant, un rapport des Nations unies, publié le 27 octobre dernier, a indiqué que « les parties ivoiriennes dans le Nord et le Sud se réarment ou se rééquipent avec du matériel connexe », en dépit de l’embargo sur les armes. Ainsi, il semblerait que les Forces nouvelles (ancienne rébellion) soient aidées par le Burkina Faso qui leur fournirait ainsi des équipements militaires. Les forces gouvernementales ne sont pas en reste puisque, selon le document de l’ONU, refusent la visite des experts internationaux venus les contrôler.

« Si la situation politique du pays venait à se détériorer, menaçant les intérêts économiques de certaines parties », on « ne peux exclure la possibilité d’une escalade rapide de la violence armée, en particulier dans le Nord » a prévenu l’ONU. Actuellement, près de 900 militaires français sont déployés en Côte d’Ivoire dans le cadre de l’opération Licorne.

Soudan : Vers une reprise de l’affrontement Nord/Sud?

Pour l’International Crisis Group, la reprise des hostilités entre le Nord et le Sud du Soudan serait probable. Ces dernières avaient été interrompues en 2005, après la signature d’un accord de paix prévoyant l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans le Sud, à majorité chrétienne et animiste, en janvier 2011.

« Le Soudan glisse vers une confrontation violente. A moins que la communauté internationale ne fasse respecter l’accord de paix global de 2005 et n’encourage de nouvelles négociations vitales, le retour à la guerre Nord-Sud est probable » avertit l’ICG. Le conflit entre le Nord, à dominante musulmane, et le Sud  a déjà fait près de deux millions de morts depuis 1983.

Par ailleurs, un rapport de Small Arms Survey a mis en évidence que les deux parties se livrent actuellement à une course aux armements et que leurs relations sont rompues. L’armée nordiste, forte de 225.000 hommes, serait équipée essentiellement par l’Iran et la Chine, Pékin lorgnant sur les réserves pétrolières soudanaises. L’Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), qui dispose de 125.000 combattants, a reçu des équipements ukrainiens, notamment des chars en 2007 et 2008, via le Kenya et l’Ethiopie.

Tchad : La rébellion ne renonce pas

Malgré un cuisant revers infligé en mai par l’armée tchadienne, mieux équipée, les combattants des forces de la résistance (UFR) ne désarment pas, même si ils ne peuvent plus compter sur un quelconque effet de surprise. Il faut dire qu’ils sont à chaque fois attendus par les troupes gouvernementales, qui connaissent leur point de départ, à savoir le Soudan, et leur objectif.

En décembre, de nouveaux affrontements ont encore opposé l’UFR et l’armée tchadienne. Et même motif, même punition : les rebelles ont été une nouvelle fois été mis en déroute après des raids aériens et des combats au sol dans la région du village de Gadar. Les militaires tchadiens « sont en train de se redéployer sur les différents postes d’observation tout au long de la frontière » avec le Soudan, avait indiqué, au moment des faits, le ministre de la communication tchadien, Mahamat Hissène.

Toujours est-il que la persistance de cette rébellion, qui a établi ses bases arrières au Soudan, empoisonne toujours les relations entre N’Djamena et Khartoum.

Guinée : En route vers l’inconnu

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… Et cela se vérifie une nouvelle fois en Guinée. Après le coup d’Etat qui a porté à la tête du pays le capitaine Moussa Dadis Camara, suite au décès du président Lansana Conté, dont le « règne » a été marqué par une dérive autocratique, des élections devaient être organisées. Seulement voilà, la junte au pouvoir n’a pas tenu ses engagements et au contraire même, elle a violemment réprimé la manifestation des mouvements démocratiques le 28 septembre dernier, ce qui lui a valu l’accusation de crimes contre l’humanité de la part des Nations unies.

Depuis, le capitaine Moussa Dadis Camara a été victime d’une tentative d’assassinat. Actuellement soigné dans un hôpital marocain pour un « traumatisme crânien », c’est le général Sékouba Konaté qui assure l’interim. Le pouvoir guinéen est allé jusqu’à accuser la France d’être à l’origine du complot contre Camara, ce que Paris a catégoriquement nié.

Reste que l’avenir de la Guinée-Conakry, dont le sous-sol est riche de matières premières et précieuses, est sombre et qu’il est fort peu probable de voir ce pays s’engager dans un processus démocratique. En novembre, les Etats-Unis s’étaient dits « profondément préoccupés » par la présence de mercenaires sud-africains et israéliens. « Nous considérons ces activités comme un affront direct aux aspirations démocratiques du peuple guinéen et comme étant contraires aux efforts de la communauté internationale pour parvenir à une résolution pacifique de la crise actuelle, ainsi que comme une action calculée par la junte pour se maintenir au pouvoir en s’appuyant sur les forces armées et la division éthnique » avait alors estimé un diplomate américain.

Sénégal : La Casamance sur le sentier de la guerre?

Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) réclame l’indépendance de cette région fertiles sénégalaise depuis 1982. Cette organisation, alors dirigée par l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, s’était radicalisée au cours des années 1990 et les affrontements avec les forces gouvernementales furent à la fois plus nombreux et plus violents.

En 2004, un accord de cessez-le-feu a mis un terme à cette rébellion armée. Seulement, plusieurs incidents récents peuvent laisser penser que les armes vont à nouveau parler. Ainsi, en octobre, six soldats sénégalais ont perdu la vie au cours d’une embuscade tendue par des « éléments armés supposés appartenir au MFDC ». Un autre accrochage, qui n’a fait aucune victime, a eu lieu quelques semaines plus tard dans les environs du village de Bessire, à 45 km environ de Zinguinchor.

Ce conflit en Casamance s’explique par plusieurs facteurs. Outre la revendication indépendantiste, il existe aussi des explications d’ordre éthniques, les casamançais appartenant à l’éthnie des Diola, de religion animiste, contrairement au reste de la population sénégalaise, qui est majoritairement musulmane. Enfin, les « autochtones » vivent mal la venue de populations venues du nord du pays et qui garde la mainmise sur le commerce et les activités touristiques. De quoi alimenter les rancoeurs et les hostilités…

Afrique sahélienne : La menace d’al-Qaïda au Maghreb islamique

Jamais la Mauritanie n’avait connu d’attentat suicide sur son territoire. Jusqu’en août 2009, avec l’attaque d’un kamikaze contre l’ambassade de France à Nouakchott. Depuis quelques années, l’ancien GSPC algérien, devenu aujourd’hui al-Qaïda au Maghreb islamique depuis son allégeance à l’organisation d’Oussama ben Laden, s’est implanté en Afrique sahélienne, c’est à dire en Mauritanie, au Niger et au Mali.

Les différents groupes appartenant à l’AQMI actifs dans cette région sont plus portés, apparemment, sur le banditisme que le terrorisme. En effet, leurs opérations concernent le plus souvent le trafic d’armes et, surtout, le rapt de ressortissants étrangers. Dernièrement, encore, un citoyen français, ainsi que des travailleurs humanitaires espagnols ont été enlevés dans la région.

Généralement, les otages sont libérés après le versement d’une rançon – cela a été notamment le cas en 2003 avec la très médiatisée affaires des touristes allemands, suisses et autrichiens enlevés dans le Sahara. Seulement, l’an passé, un ressortissant britannique, Edwyn Dyer, a été exécuté par le groupe dirigé par un certain Abou Zeïd.

Pour les pays concernés, la lutte contre l’AQMI est compliquée. Le manque de moyens l’explique en partie. Tout comme les vastes étendues de leurs territoires qui font qu’il est extrèmement  difficile de tout contrôler, ce dont profitent les groupes de l’AQMI, dont la présence dans la région a conduit à délocaliser le rallye Paris-Dakar en Argentine.

Somalie : Entre piraterie et islamisme

La Somalie n’a plus connu la paix depuis 1991. Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, le gouvernement fédéral de transition (TFG) ne contrôle plus qu’un quartier de Mogadiscio, le reste du territoire étant, en bonne partie, passé entre les mains des partis islamistes. Parmi ces derniers, on en distingue deux : le Hezb-al-Islam et les milices Shebab. Et l’on ne peut pas dire que l’entente soit de mise entre eux étant donné qu’ils n’hésitent pas à se combattre quand il s’agit d’exercer une autorité sur une zone stratégique, comme cela a été le cas pour le port de Kismayo.

En mars dernier, Oussama ben Laden a appelé les djihadistes à s’occuper plus particulièrement de la Somalie, susceptible d’offrir un nouveau point de chute à l’islam radical. C’est dans ce contexte que les Shebab – qui détiennent toujours un agent français – ont fait allégeance à al-Qaïda. Ces milices ont recours aux attentats suicides pour arriver à leurs fins. Les troupes de l’Union africaine, déployée sous la bannière de l’AMISOM pour protéger les autorités somaliennes, en ont fait les frais à l’automne dernier. Récemment encore, à Mogadiscio, trois ministres ont été tués par une bombe portée par un kamikaze, lors d’une cérémonie de remise de diplômes. Cette attaque n’a pas été revendiquée par les Shebab, même si le mode opératoire employé les désigne. Seulement, il semblerait surtout pour cette milice d’éviter de s’attirer les foudres de la population, lasse de ces années de conflit. En effet, cet attentat suicide a suscité des mouvements de protestation contre les djihadistes.

Pour lutter contre la progression des djihadistes, une intervention militaire des Occidentaux en Somalie n’est pas envisageable. D’où la décision de l’Union européenne, prise en novembre, de former les forces de sécurité somaliennes et la planification de raids ciblés, comme l’ont fait les forces spéciales américaines en septembre pour éliminer le kenyan Saleh Ali Saleh Nabhan, soupçonné d’être impliqué dans l’attentat de Mombasa en 2002.

Dans le cas où les islamistes l’emporterait en Somalie, l’attitude de l’Ethiopie sera à regarder de près. L’armée éthiopienne, qui y était intervenue en 2006 pour contrer la progression des Tribunaux islamiques avant de s’en retirer au début de l’année, pourrait bien réviser ses plans, même si son expérience somalienne n’a pas été concluante. Il est en effet hors de question pour Addis-Abeba de voir s’installer à ses frontières un régime islamiste qui lui serait hostile.

Enfin, l’autre problème somalien est la piraterie maritime. Malgré le déploiement, au large de la Corne de l’Afrique, de forces navales conséquentes (Atalante pour l’Union européenne, Ocean Shield pour l’Otan, sans oublier les marines américaine, russe, chinoise ou encore indienne), les pirates réussissent quelques « coups » mais ils sont dans le même temps contraint d’opérer toujours plus loin de leurs bases. Ainsi, de plus en plus d’actes de piraterie se produisent dans les environs des Seychelles, voire – et c’est plus rare – près des côtes yéménites. Cela étant, le taux d’attaques réussies par les pirates est tombé de 40% en 2008 à 19% en 2009. Au 27 décembre, neuf navires ainsi que 209 otages étaient encore entre les mains des bandits des mers.

http://www.opex360.com/ 

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