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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 20:28

 

 

 

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Au nom de l'alliance

Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - 

L'émergence du nationalisme antisémite (4/...)

(Feuilleton en ligne)

© 2011 www.aschkel.info

J'ai l'honneur et le plaisir de vous proposer l'écrit de Yoshuah ben Shalom en ligne, un écrit passionnant dont on ne sort pas indemne, qu'il vous faut lire, et garder précieusement dans votre bibliothèque virtuelle.

Un épisode vous sera proposé chaque semaine, vous pourrez retrouvez chacun des épisodes en cliquant sur la bannière ci-dessus, au fil des publications.

Je remercie Yoshuah Ben Shalom pour ce précieux partage.

Cet écrit est libre de diffusion, à la seule condition de ne procéder à aucune modification dans le texte, vous pourrez donc transmettre le lien URL de chaque article, en respectant le nom de l'auteur et de la source. Les textes de l'auteur sont sous copyright

Aschkel

 

 

L'émergence du nationalisme antisémite (4/...)

 

 

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Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - L'émergence du nationalisme antisémite (3/...)

 

 Les Juifs acceptaient ainsi à disparaître en tant que tels. Ils renaîtraient, espéreraient-ils, purifiés des stigmates judaïques qui marquaient encore en ces temps baignés d'insouciances comme la pire des infamies.

 

Ils penseront que sans leur judaïté nourriture de l'antisémitisme, tous les regards lourds de méfiance et d'aversion s'évanouiraient.

 

Ce cheminement devait les fondre dans le destin de leur nation, comme les y invitait l'identité nationale qu'on leur avait généreusement octroyée. Gorgés de ces certitudes, les Juifs vibreront bientôt d'un patriotisme sans équivoque.

Ils adopteront ainsi tous les idéaux de leur nation. Ils iront même, pensant s'en rendre méritant, jusqu'à agiter la même ferveur nationaliste que les autres concitoyens. Ils occulteront bientôt de façon déconcertante, les relents antisémites qu'elle ne tardera pas à véhiculer.

 

ls poursuivront, même au prix de cet aveuglement, leur scellement inamovible dans le ciment national. Un tel comportement mesurera la profondeur de leur identification aux génies des nations.

 

Ainsi, dans cette Europe conciliante de la fin du XIXème siècle, les dispositions des uns et des autres inauguraient un processus d'assimilation sans précédent. Il arrachera les Juifs d'Europe au destin d'Israël. Il ne subsistera bientôt plus en eux ni espoir, ni surtout désir de rédemption nationale spécifique. Le faible retentissement des idéaux sionistes en donnera la pleine mesure.

 

Cependant et malgré les convergences d'intérêts des Juifs et des Nations, cette nouvelle tentative de dilution se révélera une fois de plus mal aisée. Contre toute attente, le consensus déclaré d'absorption juive ne renversera pas l'antique barrière des préjugés antisémites. Elle se montrera au contraire tout aussi vivace que par le passé. Elle demeurera toujours prompte à transpirer le plus corrosif des antisémitismes.

 

L'Affaire Dreyfus en sera l'éclatante manifestation.  Ce sera l'ultime avertissement du nouvel égarement juif. Bien qu’éconduits sans ménagement par l’hostilité de l'environnement, les Juifs n'en réviseront pas pour autant leur effort d'intégration. La violence des réactions antisémites n'entamera aucunement leur volonté d'assimilation.

 

L'insistance juive à finaliser sa propre annihilation constituera dés lors un grave défi aux engagements de l'Alliance. Elle confirmait la volonté d’intégration des enfants d’Israël au corps des Nations. Cette fusion impossible  exacerbera alors, telle une union sacrilège, les plus bas instincts des peuples européens.

 

Une xénophobie nationaliste aux pulsions débridées, s’éveillera bientôt dans cette Europe des années 30. Elle attisera, par son souffle dévorant, l'ardeur antisémite enfouie sous les illusions d'un humanisme européen triomphant. Elle enflammera sans tarder toute cette Europe de l'intégration. Les nations les plus tolérantes ne verront plus alors dans le comportement juif qu'un dilemme aussi terrifiant qu'inextricable.

 

L'assimilation ne serait désormais qu'une forme de souillure entachant la pureté de la nation, alors que par sa seule présence l'entité juive deviendrait une profanation de l'unité nationale.

La politique d'ouverture et de conciliation qui avait défié la pérennité d'Israël par l’intégration nationale des Juifs, provoquait ainsi un terrible changement des mentalités. A nouveau la précarité de l'existence juive au sein des nations s'en trouvera confirmée.

 

"Et parmi ces nations mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d'appui pour la plante de ton pied." (Deut.XXVIII, 65)

 

Mais cette fois, l'alternative même de s'affirmer juif ou d'y renoncer en sera affectée. Ce terrible piège du non choix, aux engrenages cataclysmiques, constituera l'aboutissement de la dynamique assimilatrice inaugurée, un siècle plus tôt, par la Révolution française. Elle conduira les Juifs d'Europe dans une mortelle impasse d'où bientôt ils ne pourront plus se dégager.

 

L'Emancipation juive, généralisée à toute l'Europe, avait déstabilisé les fondements mêmes de l'inconscient juif. Elle avait ruiné le concept de nation qui soutenait les Juifs dans leur dispersion. Cette libéralisation suscitera de vigoureuses forces assimilatrices au sein du peuple juif. Elle annihilera ainsi, prématurément, la notion d'exil attaché à ses pérégrinations.

 

La volonté d’assimilation, qui atteindra d'abord l'élite intellectuelle, se répandra bientôt sur l'ensemble des masses juives. La dilution juive, au sein des peuples d'Europe, entrait à présent dans la logique des choses. Elle allait mettre un terme naturel à l'épopée singulière des enfants d'Israël. Une telle finalité aurait alors consacré la faillite de la Thora. Elle aurait rejeté les textes prophétiques dans le domaine des élucubrations.

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Published by Yoshuah Ben Shalom/Aschkel - dans HISTOIRE DU PEUPLE JUIF
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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 20:27

 

 

Tout chez les Juifs est histoire

par Nina 


Lorsque les cris d'orfraies de la gauche israélienne, des pacifistes du monde entier, des arabes et de leurs 25 pays et des 57 pays musulmans auront cessé de nous mettre les nerfs à vif, il nous faut sans hésiter, sans timidité nous accrocher à la justice et à la vérité autour du conflit qui est soit-disant le mal absolu pour la paix sur toute la planète.

Nous connaissons l'histoire d’Israël ? Vraiment ? FAUX.

Si, comme nous l'assurent les élites intellectuelles de gauche en France et dans le reste du monde, il suffisait de rendre la Judée Samarie pour avoir la paix avec les arabes, je demeure convaincue que c'est faux et qu'en plus,nous n'avons pas le droit d'abandonner le berceau du judaïsme à des arabes disposant déjà de 25 pays.

La radicalité ne devrait pas être l'apanage des seuls arabes pour défendre une cause. Il y a des erreurs qui ont conduit l'État d'Israël à ne pas revendiquer ce qui pourtant lui revenait de droit. Gagner des guerres, perdre des soldats et civils pour reculer sous la pression des pays arabes et des pays amis des arabes n'est pas une solution. Même les arabes ne comprennent pas cela.

Pourquoi, alors que nos patriarches et matriarches ne représentent rien pour les arabes, devrions-nous encore attendre des siècles avant de pouvoir nous y recueillir ?

Nous savons ce que deviennent nos lieux de pèlerinage, nos tombeaux entre les mains des musulmans : des mosquées ! Même notre Mont du Temple a été envahi par la mosquée d'Omar ! Que nous reste-t-il ?

Si dès le départ, le fameux « foyer national juif » dans la Palestine mandataire a été offert pour 80 % au futur état jordanien qui est une fabrication totale des britanniques pour faire plaisir aux saoudiens, nous n'aurions jamais du accepter que les arabes restent sur les 20 % restant.

Alors que certains se lamentent comme des couards sur les conséquences de la guerre des six jours et l'occupation de notre patrie historique, je n'y vois personnellement qu'une juste récupération.

Ariel Sharon, dans le livre de Uri Dan « Entretiens intimes » le dit bien mieux que moi.

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Question de Uri Dan : Un général de 39 ou 40 ans décide de transférer l'ensemble des bases militaires et vous parlez d'une armée qui ne se mêle pas de politique ? N'est ce pas un acte politique que d'installer des bases de l'armée en Judée-Samarie ? Obéissiez-vous à un intérêt sécuritaire, politique ou national ?

Ariel Sharon : A la fois historique, sécuritaire et national. Mais ma motivation première était et demeure historique. Ce fut d'ailleurs l'une de mes erreurs pendant trente ans, de ne pas assez souligner cette dimension historique. La Judée- Samarie est le berceau du peuple juif, et le sentiment d'avoir pour soi le droit – qui est un élément crucial de la sécurité – dépend avant tout du fait de vivre à l'endroit qui vous appartient.
L'idée que seul l'aspect sécuritaire importait était une erreur, pas uniquement la mienne, mais certainement aussi la mienne.


Uri Dan : En quoi consistait votre erreur ?

Ariel Sharon : D'avoir, pendant toutes ces années, mis plutôt l'accent sur l'argument sécuritaire pour justifier la nécessité de garder la Judée-Samarie et d'autres territoires.
A l'argument sécuritaire, on peut opposer quantité de réponses lénifiantes et à terme, acceptables : on vous donnera telle ou telle assistance, telle ou telle garantie, tels ou tels armements. La question de la sécurité a une dimension temporaire et il est facile d'en débattre, alors que l'aspect historique, qui est capital, est plus fort que tout.
La force d'attraction d'Eretz-Israel tient dans les récits bibliques, les fêtes, les saisons et les paysages.
Tout chez nous est histoire. Le Tombeau des Patriarches à Hébron, par exemple : aucun autre peuple au monde ne possède un tel monument, un mémorial de quatre mille ans d'âge où sont enterrés les ancêtres de la nation juive.
Abraham et Sarah, Isaac et Rébecca, Jacob et Léa.
Aux États-Unis, des millions de personnes viennent contempler avec émotion le tombeau de Jefferson ou le monument érigé en mémoire de Lincoln, vieux d'un ou deux siècles ; ici, nous parlons de sites plusieurs fois millénaires.
C'est un facteur de droit et de force.
Oui, je reconnais avoir commis l'erreur de n'avoir pas mentionné pendant des années que là est en réalité la question primordiale à laquelle l'argument sécuritaire ne se rattache que dans un second temps.


Alors que l'immense majorité des nations voient chez les israéliens installés en Judée-Samarie des extrémistes juifs, je ne vois moi que des hommes et femmes n'ayant pas renoncé à leurs valeurs, leur histoire et tout ce récit juif qui a fait de nous ce que nous sommes.

Que le débat sur le droit historique du peuple juif à demeurer sur sa terre, là où reposent nos patriarches et matriarches, là où se sont élevés nos deux temples soit à nouveau ouvert.

Jusqu'à ce jour, je m'estime encore dans un de ces navires desquels les britanniques n'ont pas voulu que nous débarquions. Nous ne pouvons accepter d'être encore à bord de l'Exodus et de contempler ce qui a fait notre peuple, notre identité, notre histoire. Osons reprendre notre histoire en mains.







Tombeau de Rachel sur la route de Bethléem :

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Encore des barbelés pour rester non loin du caveau de nos patriarches à Hébron...

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 18:48

 

Par Anita Varden - Jeudi 11 août 2011 à 12:43 

http://www.guysen.com/

 


L'excavation, commencée en 2007, d'un ancien tunnel de drainage qui court sous Jérusalem, dans un quartier aujourd’hui essentiellement arabe de la partie est de la ville, Silwan, a permis la découverte d'objets datant de la guerre livrée aux Romains par les Juifs il y a deux mille ans, ont indiqué la semaine dernière des archéologues.

 

 

Le tunnel était probablement destiné à évacuer les eaux de pluie, mais il aurait aussi servi de refuge aux rebelles qui se sont soulevés contre l'occupation romaine à l'époque du second temple, détruit en l'an 70 par les légionnaires venus écraser l'insurrection juive.


 

L'épée découverte le mois dernier par les archéologues de la Direction israélienne des antiquités mesure 60 centimètres de long et est accompagnée d'un fourreau de cuir intact. Elle appartenait probablement à un membre de la garnison romaine.


 

« Nous avons trouvé beaucoup d’objets dont nous pensons qu’ils appartenaient aux rebelles qui se cachaient ici et qui les avaient emportés avec eux, peut-être dans l’espoir qu’ils reviendraient », explique l’archéologue en charge des fouilles Eli Shukron.


 

Son équipe a également découvert une clé de bronze datant de la même période, des pièces de monnaie où les rebelles avaient inscrit « Liberté de Sion », et une représentation sculptée brute d’une menorah, le candélabre à sept branches qui était l’un des objets les plus sacrés du Temple.
 

Une clochette ornementale en or appartenant probablement à un prêtre avait été exhumée le mois dernier.



Le sort des insurgés a été solidement documenté par l'historien Josèphe Flavius, un général rebelle juif qui s'est rallié aux Romains pendant la révolte, et qui en a livré le plus important témoignage, toutefois mis en doute par nombre d’historiens contemporains.


 

Lorsque les Romains ont mis le feu à Jérusalem pour mater de manière définitive l’insurrection juive, les rebelles ont confié leur dernier espoir à ces galeries souterraines. Ils espéraient attendre, cachés, le départ des soldats ennemis, et retourner en ville, dit-il.


 

« Mais il s’est révélé que ce rêve était vain, et qu’ils n’étaient point destinés à échapper à Dieu ni aux Romains ». Ces derniers ont arraché les dalles de la rue et découvert leurs caches.


 

« Ils ont alors découvert les corps de plus de deux mille insurgés. Certains s'étaient suicidés, d’autres avaient été tués par leurs compagnons. La plupart étaient morts de faim », écrit-il, précisant que les vainqueurs se sont livrés au pillage « de tous les objets qu’ils trouvaient sur leur passage ».



Le nouveau tunnel sera ouvert au public au cours des prochaines semaines.
 

Il s'ajoutera au réseau de passages souterrains totalisant 1,6 kilomètre, accessible sous Jérusalem. Ces tunnels comptent parmi les principaux attraits touristiques de la ville puisqu’ils ont accueilli plus d’un million de visiteurs en 2010.



Des habitants palestiniens et nombre d’associations militantes pro-palestiniennes ont accusé les promoteurs de ce projet d’agir pour des motifs politiques et de créer des désordres. De nombreux Palestiniens et leurs soutiens occidentaux et arabes, rejetant la souveraineté israélienne sur cette partie de la ville, clament que ces trouvailles présentent un intérêt exagéré pour l’histoire juive ici, et qu’elles sont une menace sur leur revendication de Jérusalem, qui selon eux leur revient de fait et de droit.
 

En 1996, l’ouverture d’un nouveau passage de tunnel sous le quartier musulman de la vieille ville avait provoqué une rumeur, selon laquelle Israël avait l’intention de saper les fondations de la mosquée. Des affrontements avaient abouti à des dizaines de morts.
 

Ces dernières années, cependant, les fouilles ont peu se dérouler sans incident.

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 19:44

 

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Au nom de l'alliance

 

 

Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - L'émergence du nationalisme antisémite (3/...)

(Feuilleton en ligne)

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Je remercie Yoshuah Ben Shalom pour ce précieux partage.

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Aschkel

 

 

L'émergence du nationalisme antisémite (3/...)

 

 


Les Juifs s'égareront donc une fois de plus, de leur voie séculaire. Ils oublieront l'implacable destin qui leur commandait l'attente d'une rédemption nationale. Dans l'euphorie d'un début de XXème siècle lumineux et par métamorphose d'une espérance tant attendue qui apparaissait maintenant chimérique, les Juifs d'Europe ne croiront plus au caractère expiatoire de leur exil. Ils n'adhéreront plus à leur mission originelle. Ils se persuaderont par spéculation rationnelle et volonté d'affranchissement qu'ils ne s'étaient maintenus comme tels que parce que l'antisémitisme du milieu environnant les avait adaptés aux contraintes du cloisonnement. A présent que les esprits avaient radicalement changé et qu'ils étaient intégrés à la vie socio-économique de l'occident, il leur paraîtra aberrant de prolonger leur isolement par des mœurs désuètes. Ils s'affranchiront alors des obligations qui les singularisaient au sein des nations. Cette attitude entérinera leur volonté d'enracinement. Elle s'affichera dans tous les pays d'Europe, défiant délibérément l'antique avertissement mosaïque.

 

"Et parmi ces nations-mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d'appui pour la plante de ton pied."(Deut.XXVIII, 65)

 

Promus citoyens un siècle plus tôt par la Révolution, les Juifs français avaient affronté les premiers ce bouleversement. Ils ne dérogeront pas aux habituelles conséquences de l'ouverture de l'environnement. Ils y avaient répondu massivement par une intégration aussi rapide que possible. Beaucoup opteront pour une conversion au christianisme. D'autres, plus nombreux, se retrancheront derrière le concept, plus nuancé, d'appartenance religieuse. Les Juifs de France se revendiqueront désormais Français de confession israélite.

Les Juifs allemands connaîtront le même cheminement. Lors de la paisible République de Weimar, le caractère feutré de l'antisémitisme leur permettra de se greffer aisément dans le tissu national apparemment consentant. Ils parviendront ainsi à une parfaite intégration. Rien ne les distinguera plus de leurs concitoyens non-juifs. Cette identification les détachera entièrement de leur souche originelle. Leur cœur ne battra plus qu'en symbiose du génie allemand.

Ces Juifs s'adonneront bientôt, chacun selon sa sensibilité, au nationalisme le plus sectaire ou à l'internationalisme le plus cosmopolite. Ces hommes libérés des entraves d'une naissance estimée humiliante défendront alors avec ardeur ces valeurs nouvelles qui les sublimaient. Elles auront pour eux les dimensions exclusives de la foi passionnelle. Leur ferveur les conduira souvent au militantisme le plus extrême. Elle les poussera même à la tête des mouvements les plus radicaux. Ils se distingueront ainsi, un peu partout en Europe, dans ces actions populaires qui précéderont la montée du nazisme.

Pour ces Juifs politiquement engagés une revendication nationale spécifique était naturellement obsolète et anachronique. Ils la dénonceront violemment et rejetteront sans ménagement toutes les prétentions sionistes. Cette attitude, loin de demeurer isolée, se répandra dans tous les milieux y compris chez les Juifs traditionalistes nouvellement immigrés des pays de l'Est. Originaires de Russie, et surtout de Pologne, ils avaient fui les persécutions antisémites et découvraient ébahis la prospérité des Juifs de l'Ouest. Ils penseront à leur tour que le ghetto avait été responsable de tous leurs maux, qu'il les avait confinés dans une vie rituelle faite d'habitudes sectaires et de contraintes obscurantistes. Quant à ceux, des plus intellectuels, qui demeureront dans ces pays de l'Est, ils pactiseront intimement avec les idéaux marxistes. Ils se livreront ainsi entièrement aux mouvements de luttes sociales qui fleurissaient un peu partout dans ces pays. Souvent même, ils en deviendront le fer de lance. Passés maîtres dans la dialectique, ils ponctueront leur combat révolutionnaire de violentes réquisitions à l'encontre du judaïsme. Leurs diatribes, ils les justifieront par une approche analytique des plus consternantes. Ils voyaient dans le judaïsme un archaïsme élitiste dont les aspirations nationalistes ne pouvaient être, au regard de leurs ambitions universalistes, qu'éminemment condamnables. Ils dénonceront ainsi le judaïsme de leurs ancêtres comme la pire des autarcies réactionnaires. Comme telle, ils le combattraient.

Les Juifs européens, dominés à l'ouest par des valeurs nationalistes et à l'est par des idéaux cosmopolites, remanieront ainsi profondément leur identité originelle. Ils salueront dans ce réajustement la naissance de ce XXème siècle prometteur. Ce ralliement aux génies des Nations rendra obsolète les antiques aspirations juives. Leur désir d’assimilation condamnait à terme la pérennité d'Israël. L'attrait des nations, magnifié par un début de XXème siècle rayonnant, avait brisé les dernières résistances juives. Il désolidariserait les Juifs d'Europe de la destinée d'Israël.

Le Juif n'aspirait plus en ces temps prometteurs qu'à la tranquillité du citoyen anonyme. Il acceptera pour concrétiser son dessein de masquer d'abord, d'étouffer ensuite, les différences de toutes sortes qui le séparaient encore de ses concitoyens non-juifs. Cette adaptation, pensait-il, éteindrait toute velléité de rejet et rendrait enfin sincère son acceptation nationale.

Les Juifs se conformeront ainsi aux exigences des tempéraments nationaux. Cette identification conjurerait à leurs yeux les fondements mêmes de la ségrégation antijuive. L'abandon concerté de leurs préceptes séculaires donnera à toutes ces prévisions une grande efficience. L'irrésistible osmose qui en résultera, précipitera les masses juives dans le chemin irréversible de l'assimilation. Les mariages mixtes et les conversions se généraliseront alors à toute l'Europe. Ils mineront le peuple juif, atteignant à nouveau le souffle même d'Israël.

Un consensus révolutionnaire unissait cette fois les Nations et les Juifs. Il visait par l'absorption nationale des Juifs à extirper du sein des peuples, l'épineux problème de la pérennité d'Israël. Un tel accord allait constituer une véritable singularité depuis la Dispersion. Pour la première fois, les Nations acquises à la pensée humaniste des temps modernes et l'élite intellectuelle juive, maître d’œuvre de cette pensée, se rejoignaient. Elles avaient adopté d'un commun accord la solution naturelle de l'assimilation. Cette voie qui avait réussi de tout temps à toutes les minorités, sera désormais celle des Juifs débarrassés de leur particularisme.

Ainsi, en ce début de XXème siècle, dans cette Europe des lumières, une volonté juive clairement définie affirmait ses objectifs. Elle devait annihiler les résidus de l’antisémitisme environnant par la dilution d'Israël au sein des nations. 

                                                                                            

                                                                                                                                                    

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 11:26

 Par Catherine Stora

 

(suite de :  Université Populaire de Jérusalem, journal de bord de Catherine Stora )

 

Une troisième partie détaillée suivra...

 

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UPJ : Les petites phrases qui m’ont fait « tilt », florilège

 

 

I Généralités

 

« Il est capital d’interdire. Contrairement à ce qui se disait en France en 68, l’interdit est structurant. La personnalité ne se forme qu’en se confrontant à l’interdit. » B.Gross

 

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« Liberté, égalité, fraternité, c’est le message universel du peuple juif. » Y.Charbit


 Le va-et-vient identitaire

Le va-et-vient identitaire, Y. CharbitMarie-Antoinette HilyPoinard M

 

« Les Français ont pris pour devise Liberté, égalité, fraternité, mais il ont placé la liberté au fondement des deux autres ; dans cet ordre c’est la liberté qui rend possible l’égalité et la fraternité. Le judaïsme, lui, place la fraternité en premier, comme condition de possibilité du reste. C’est la fraternité qui fonde les deux autres. » B.Gross

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« Le spirituel doit être lié à une matérialité, et donc, à une terre ; c’est l’idée de la terre, d’un possible retour sur notre terre, qui nous a soutenus pendant deux mille ans. » B.Gross

 

« La Loi est constitutive de l’Humain. » B.Gross

 

« Il est possible de s’auto-éduquer (grâce au Moussar, aux Pirké Avot…) » G-E.Sarfati

 

G-E. Sarfati

« Il ne peut pas y avoir de vie spirituelle dans un être agité par des conflits internes. »

 

« Dans un pays musulman, il est interdit aux juifs et aux chrétiens d’occuper l’espace public pour les prières.» E.Cherki

 

 

 

 

 

« Ce que nous voyons est le résultat d’une émanation (quatrième degré de la structuration de la réalité) »  G-E.Sarfati

 

"Ionathan est assassiné à son tour, après avoir fortifié Jérusalem. Les phénomènes de traîtrise sont constitutifs de l’histoire juive, voyez J.Call aujourd’hui." G-E.Sarfati

                             

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II  Judaïsme et chrétienté, philosophie, histoire, littérature

 

« Mon Royaume est de ce monde, j’ai une vie sociale, une profession, des enfants, un quotidien, et dire « Mon Royaume n’est pas de ce monde »c’est abandonner ce monde au diable. » B.Gross

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« Si la prédication de Jésus a pris en Galilée, c’est parce que ces juifs étaient devenus semi-païens, ayant été mélangés à d’autres peuples par les Assyriens. (…) Les populations semi-païennes qu’ils étaient devenus n’ont fait aucune difficulté pour reconnaître la divinité de Jésus, et se sont laissés convertir. » G-E.Sarfati

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« Le Royaume du Nord est travaillé par l’idolâtrie et par le rétablissement du culte de Baal, principalement pratiqué dans la ville de Tyr. »  G-E. Sarfati

 

« Jusqu’où est-il légitime de faire de la philosophie ? est la question traitée dans le Guide des perplexes, écrit pour un disciple partagé entre la philosophie et le judaïsme.» G-E.Sarfati

 

«Le Maraval de Prague n’était pas intéressé au dialogue avec son environnement.»G-E.Sarfati

 

« Il y a ceux qui, comme le Maraval de Prague, ne sont pas disposés à dialoguer avec les « autres » philosophes, et ceux qui se confrontent aux philosophes non-juifs, en leur rentrant dans le chou grâce aux catégories de la pensée juive.» G-E.Sarfati

 

Avec le monde chrétien, la difficulté est d’ordre théologique : les chrétiens sont des idolâtres.

Y.Charbit

 

« Faut-il développer un esprit parfait (cf. Aristote, fin de l’Ethique à Nicomaque) ou un cœur parfait ? Le judaïsme répond un cœur parfait ».   G-E.Sarfati

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« La philosophie a été enfantée par l’univers païen. »  G-E.Sarfati

 

« Le midrash fonctionne comme un planétarium, où l’on projette des constellations : le midrash reconstruit, à sa manière, l’histoire humaine. » Y.Cohen-Yashar

 

Hava et Yochanan Cohen-Yashar

 

« L’historien n’a pas accès aux événements dont il parle : on ne peut pas reconstituer ce qui s’est passé en 67, au mieux, c’est de la littérature. » Y.Cohen-Yahar

 

« Flaubert est mort et enterré, mais madame Bovary est toujours parmi nous : il se peut que madame Bovary ait une consistance ontologique autrement plus forte que ce qu’on croit… »  Y.Cohen-Yahar

 

« La Bible n’est pas un livre d’histoire. Mais l’histoire n’est pas absente de la Bible, elle y est même omniprésente. » G-E.Sarfati

 

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III Narratif palestinien (palestiniste?)

 

« Si le narratif palestinien contient tellement d’incohérences, c’est parce qu’il nie le narratif juif, tout en le copiant. » E.Navon

 

Emmanuel Navon

 

« C’est devenu officiel : il n’y a jamais eu de Temple à Jérusalem. Et « Si je t’oublie Jérusalem » serait une expression des Croisés. » E.Navon

 

« La négation de l’existence du fait incriminé est une technique très répandue chez les islamistes : exemple, on demande un jour à Ahmadinadjad « pourquoi êtes-vous si durs avec les homosexuels, en Iran ? », réponse d’Ahmadinadjad : - Il n’y a pas d’homosexuels en Iran. » E.Navon

 

 

« Les ONG ne connaissent pas le problème des réfugiés juifs, seulement le problème des réfugiés palestiniens. » E.Navon

 

« Le 27 mai 2011, l’A.P déclare que  les Sionistes doivent admettre devant le monde entier qu’il n’y a aucun lien entre la terre d’Israël (la Palestine) et les Israéliens. »  E.Navon

 

« Organisation des Droits de l’Homme ou Organisation des Droits de l’Homme palestinien » ?

E.Navon

 

 

 

 

 

IV La véritable nature du conflit qui nous oppose aux chrétiens et aux musulmans

                            

 

« Dans un pays musulman, il est interdit aux juifs et aux chrétiens d’occuper l’espace public pour les prières. » E.Cherki

 

« C’est la colonisation qui a changé tout cela, c’est elle qui a libéré les juifs et les chrétiens de leur statut de dhimmis en terre d’Islam. »  E.Cherki

 

« On n’a pas le droit d’arrêter le jihad, chez les musulmans. Le jihad est une guerre de défense.

Le monde ne s’appellera Dar al Salam que lorsque la dernière portion de Dar el Harb (le monde non encore soumis à la loi islamique) aura été conquise, par le jihad. » E.Cherki

 

« Le jihad est un commandement, l’islam doit devenir planétaire, et le Dar el Harb être changé en Dar el Islam. Le jihad s’arrêtera seulement quand l’humanité entière aura été convertie à l’Islam, et que le monde s’appellera Dar al Salam. » E.Cherki

 

« Pour le musulman l’état normal de l’humanité c’est la guerre. Si je ne fais pas le jihad, je suis traître à Dieu. » E.Cherki

 

« La paix est possible avec les arabes : il faut les maintenir dans l’incapacité à soutenir le jihad, dégager les musulmans de leur situation d’obligation de faire la guerre (sainte). Tsahal doit être fort. » E.Cherki

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« Les Israéliens ne sont pas les enfants d’Israël, disent les arabes. Mais ils sont taraudés par ce niveau-là, et se demandent sans cesse « et si c’était Dieu qui les avait ramenés, quand même ? Et s’ils étaient finalement les véritables enfants d’Israël ? » E.Cherki

 

« La sourate 17 verset 106 du Coran contient la Promesse du Retour des exilés. » E.Cherki

 

« Aux généreux gauchistes, prêts à céder les terres ancestrales, les terres bibliques de Judée et de Samarie, ils (les arabes) disent : Si vous parlez comme ça, c’est que vous n’êtes pas les véritables enfants d’Israël. »E.Cherki

 

« Le 27 mai 2011, l’A.P déclare que « les Sionistes doivent admettre devant le monde entier qu’il n’y a aucun lien entre la terre d’Israël (la Palestine) et les Israéliens. »  E.Navon

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« Le retour d’Israël sur sa terre met en crise les théologies chrétienne et islamique, fondées sur l’effacement d’Israël. Pour elles, c’est un choc. » G-E.Sarfati

 

« Le conflit est évidemment spirituel et métaphysique, et non territorial et politique, comme on voudrait nous le faire croire. » G-E Sarfati

 

« De la croix à la croix gammée, la Chrétienté a préparé l’humanité à la Shoah. » Y.Charbit

 

« Le monde chrétien a préparé la shoah pendant 2000 ans. » G-E. Sarfati

 

« Jésus, Paul, Simon et les autres ont été des collaborateurs des Romains. » Y.Charbit

 

 

V Sionisme

 

« Israël, c’est la guérison de l’âme juive. » I.Feldman

 

Israël Feldman

 I. Feldman avec Aimé Césaire.

« L’exil à Babylone a duré un demi-siècle, et il a été plutôt bénéfique. » G-E.Sarfati

 

« Ionathan est assassiné à son tour, après avoir fortifié Jérusalem. Les phénomènes de traîtrise sont constitutifs de l’histoire juive, voyez J.Call aujourd’hui. » G-E.Sarfati

                             

« Modiin devient en 167 le foyer de la révolte juive. » G-E. Sarfati

 

« J’ai fait mon alya il y a 42 ans. Nous redevenons des Hébreux, en venant ici. » B.Gross

 

« Le sionisme, c’est l’histoire de la révolte des dhimmis ! »  E.Cherki

 

« Le sionisme semble dater du 19è siècle. En réalité il a 2000 ans, il a commencé dès l’exil.»                                                                                                                                                    

                                                                                                         B.Gross

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:57

 

 

 

Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - LE REVEIL SIONISTE

( 2/...)

(Feuilleton en ligne)

© 2011 www.aschkel.info

J'ai l'honneur et le plaisir de vous proposer l'écrit de Yoshuah ben Shalom en ligne, un écrit passionnant dont on ne sort pas indemne, qu'il vous faut lire, et garder précieusement dans votre bibliothèque virtuelle.

Un épisode vous sera proposé chaque semaine, vous pourrez retrouvez chacun des épisodes en cliquant sur la bannière ci-dessous, au fil des publications.

Je remercie Yoshuah Ben Shalom pour ce précieux partage.

Cet écrit est libre de diffusion, à la seule condition de ne procéder à aucune modification dans le texte, vous pourrez donc transmettre le lien URL de chaque article, en respectant le nom de l'auteur et de la source. Les textes de l'auteur sont sous copyright

Aschkel

 

 

 

 

 

Au nom de l'alliance

 

Episode précédent > Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - LE PHENOMENE ANTISEMITE (1/...)

 

Si le sionisme est une notion moderne, le thème du retour à Sion n’était pas nouveau. Il apparaîtra dés le premier effondrement national, en 587 av. J.C. Les Judéens, défaits par Nabuchodonosor et déportés à Babylone, en feront déjà l'antidote de leur captivité.

 

A l'instar de ce premier exil, ces deux derniers millénaires réactiveront avec plus ou moins d'actualité, l'imminence de ce retour. Néanmoins, en cette fin de XIXème siècle,  l'émancipation des Juifs d'Europe génèrera pour la première fois un grand scepticisme à l'égard de cette espérance. L'intégration nationale rendra bientôt obsolète cette attente rédemptrice, rompant ainsi les attaches originelles du peuple d'Israël avec sa terre ancestrale. Ce déviationnisme affectera gravement l'intime lueur qui soutenait jusqu'alors les générations de l'exil. Il corrompra irrémédiablement la subtile énergie de la pérennité juive. En occultant l'échéance providentielle qui devait mettre un terme à l'errance d'Israël, cette mutation détournera le peuple juif des engagements de l'Alliance.

 

La foi en ce retour se transmettait pourtant, d'année en année, lors de la célébration de la pâque. Le vœu sacré, "l'an prochain à Jérusalem", continuerait à symboliser l'exil juif. Il clôturait rituellement la commémoration de cette suprême libération. Curieusement, ce sera à l'aube de cette ère industrielle, à l'heure même où l'assimilation juive se ferait incisive, que l’option d'un retour à Sion réapparaîtra avec le plus d'acuité. Fille de l'adversité antisémite, elle se renforcera du développement sioniste.

 

L’idéologie sioniste naîtra avant tout de l'impasse socioculturelle à laquelle les Juifs se trouveront confrontés. Elle traduira leurs exaspérations devant les brimades et les persécutions qui perdureront malgré leur intégration nationale. Engendrée par les violences antisémites, elle aura, à ses débuts, une seule ambition : la création d'un asile où les Juifs persécutés pourront vivre et travailler en paix. L'arbitraire antijuif, répandu dans toute l'Europe, amplifiera fortement ce mouvement de sauvegarde.

 

Le concept sioniste aura d'emblée un retentissement considérable dans les couches intellectuelles les plus exposés aux exactions antisémites. Il brisera le joug de leur passivité. Il les affranchira de leur soumission aux violences et vexations.

 

Les Juifs russes seront les premiers concernés par le message sioniste. Ils étaient alors les plus exposés aux menées antisémites mais également les plus politisés. Ils adhéraient déjà, pour la plupart, aux mouvements de luttes sociales qui s'épanouissaient un peu partout dans les pays de l'Est européen. Beaucoup de ces Juifs seront le fer de lance du Combat Révolutionnaire.

 

Assez rapidement, le doute s’insinuera dans l’esprit de certains. Ils ne parviendront à croire que la Révolution prolétarienne apporterait la solution au problème juif. Pour ces dissidents de la première heure, elle ne pouvait dépendre que du peuple juif lui-même. Ces Juifs ne se désolidariseront pour autant du communisme. Ils continueront à croire aux vertus de cette idéologie qui apportait, selon eux, le salut aux peuples opprimés. En penseurs avisés, ils opteront néanmoins pour l'approche sioniste du problème juif. Ils pressentiront ainsi que seule la création d'un foyer national pouvait briser le sort du Juif si dramatiquement suspendu aux mouvements d'humeurs des populations.

 

Cette appréhension ne sera pas vaine. Les ambitions universalistes des idéaux bolcheviques ne tarderont pas à se révéler décevantes pour les juifs. Elles s'avéreront tout aussi impuissantes à maîtriser les fièvres du vieil antisémitisme tsariste. Les bouleversements de la Révolution d'Octobre ne modifieront en rien la condition profonde du Juif soviétique. Cette fatalité ancrera définitivement les idées sionistes dans ces milieux juifs révolutionnaires. C’est pourquoi leur essor ne procédera que de la seule pensée marxiste. Ce parrainage singulier assignera ainsi, au sionisme originel, sa dynamique laïque et politique. Il n'aura ainsi de motivation religieuse. L'abord marxiste du problème juif restera néanmoins circonscrit à la seule sphère russe. En Europe occidentale, l'atmosphère de progrès et de liberté poussera les Juifs dans la voie de l'assimilation. De nombreux penseurs,  parmi lesquels Théodore Herzl, proposeront même d'en hâter l'accomplissement par la conversion massive au christianisme ou le mariage mixte systématique.

 

La diffusion du sionisme à toute l'Europe ne s'amorcera qu'en 1894, à l'occasion du cataclysme psychologique provoqué par l'Affaire Dreyfus. L'éclosion de cette tragédie dans une France idyllique bouleversera la donne sioniste. Le déchaînement antisémite dans cette France de l'Emancipation et des Droits de l'Homme déstabilisera tous les projets d'assimilation. Il interrompra brutalement l'extraordinaire engouement suscité pour les solutions pragmatiques au problème juif.

 

L'Affaire Dreyfus retentira ainsi comme un véritable coup de semonce. Elle obscurcira les attraits de l'assimilation et assurera la promotion des aspirations sionistes. Le foyer juif évoqué par les révolutionnaires russes en sera le premier bénéficiaire. Il gagnera en pertinence et notoriété dans tous les milieux juifs d'Europe.

 

Le judaïsme occidental, en déliquescence accélérée, sera du même coup tiré d'affaire. L'environnement élevait un cloisonnement d'hostilité qui le préservera de l'annihilation.

Les retombées alarmantes de l'Affaire Dreyfus ne tiendront pas tant à ses débordements antijuifs. Elles proviendront surtout d'un constat d'évidence. Il consternera les Juifs de tous bords. Il révélait que même la plus parfaite des intégrations n'éteindra jamais l'antisémitisme. Le drame qui se déroulait dans le pays champion de l'intégration démontrait, que bien au contraire, elle l'exacerbera. Tel se voudra d'ailleurs le message dissimulé derrière la dégradation publique du capitaine Dreyfus. Cette humiliation en pleine place de l'Ecole militaire atteindra son but. Elle produira une amère désillusion dans tous les milieux juifs. Elle jettera la stupeur jusque dans les rangs les plus enclins à l'assimilation.

 

Le déferlement antisémite dans cette France de l'Emancipation aura un impact considérable. Il prouvait que les préjugés antijuifs persisteront jusque dans la plus parfaite des intégrations. Cette prise de conscience bouleversera profondément l'intelligentsia juive. L'iniquité qui frappait le capitaine Dreyfus, et les débordements antisémites qui l'accompagneront, lui fera reconsidérer son approche du problème juif. Elle saura dorénavant que l'intégration, voire l'assimilation qui chaque fois lui emboîtait le pas, n'éradiquera jamais le spectre antisémite. L'enracinement juif dans une quelconque patrie d'accueil ne parviendra jamais à ses fins. Il sera chaque fois interrompu par l'interposition inattendue d’événements contrariants.

 

"...je vous poursuivrai l'épée haute... " (Lev.XXVI, 33)

" Et parmi ces nations-mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d'appui pour la plante de ton pied."(Deut.XXVIII,65)

 

L'assimilation ne conjurera jamais l'exil d'Israël. Une telle option aboutira toujours à l'impasse, alors même que les conditions en sembleront éminemment favorables.

 

La fièvre antisémite dans cette France de l'Emancipation et de l'Intégration constituera une solennelle interpellation du peuple juif. Personne ne pouvait imaginer qu'elle sera un ultime avertissement pour les Juifs d'Europe.

Par son ampleur exceptionnelle, l'Affaire Dreyfus dépassera largement les aléas d'un antisémitisme national. Elle sera une dernière mise en garde à l'encontre du renoncement juif.

 

Le désarroi des Juifs d'Europe ne durera cependant longtemps. Il sombrera bien vite dans l'oubli une fois les remous du drame estompés.

 

Malgré son retentissement exceptionnel, la flambée antisémite de l'Affaire Dreyfus ne constituera que le pendant occidental des manifestations antijuives européennes. Depuis quelque temps déjà de violentes exactions secouaient régulièrement les pays de l'Est. En Russie notamment, elles prendront la forme de véritables ruées macabres déferlant inopinément sur les quartiers juifs. D'une rare brutalité, elles semaient terreur et désolation. Ces razzias dévastatrices caractériseront les pogromes de sinistres mémoires. Elles deviendront fréquentes et meurtrières surtout à partir de 1881.

 

En réponse à ces excès débridés, des comités juifs à caractère politique se constitueront dans plusieurs de ces pays. Ils considéreront que seule l'autonomie juive pouvait être une alternative efficace à toutes ces violences antisémites. Leur thème sera ainsi l'autogestion dans des régions qui pourraient encore leur être propices. Certains opteront d'emblée pour les terres délaissées de Palestine. Elles constituaient alors une lointaine province de l'Empire Turc. Ils y créeront sans attendre leurs premières colonies agricoles.

 

La portée de ces cellules de réflexions restait néanmoins limitée à leur seule sphère d'influence. Un fédérateur d'envergure s’avérait à présent nécessaire. Il donnerait corps à toutes ces pulsions libératrices.

 

L'histoire le désignera bientôt. Ce sera ce même Théodore Herzl, que rien pourtant ne prédisposait. Elle lui assignera alors le devoir révolutionnaire de concevoir la renaissance nationale du peuple juif. Une conviction mystique s'emparera en effet de cet homme. Elle le soumettra implacablement à l'entreprise exclusive de penser l'Etat juif. Pour Herzl, cette préoccupation deviendra bien vite une mission extraordinairement obsessionnelle. Elle s'insinuera au plus profond de son être,  capturant jusqu'au moindre de ses répits.

 

Une puissance stupéfiante, un charisme exceptionnel et une obstination sans faille feront de ce Herzl l'unificateur des velléités de libération juive. Il créera ainsi, en pendant à l'antisémitisme outrageant de cette Europe de l'Emancipation, la première organisation politiquement structurée du peuple juif. Elle proclamera bientôt à la face du monde les ambitions révolutionnaires du  Sionisme.

 

Cet homme, qui entrera dans la légende de l'Etat hébreu moderne, naîtra dans une famille assimilée de Budapest, en 1860. Une émigration précoce le fera grandir dans la ville de Vienne. Devenu juriste et journaliste, il sera intimement confronté au problème juif dans la société occidentale. Le sort des intellectuels et des couches moyennes le consternera tout particulièrement. Des carrières entravées pour seule raison confessionnelle le révolteront profondément. Cette ségrégation constituera pour Herzl une frustration aussi détestable qu'injuste. Elle expliquera ses premières positions en faveur de l'assimilation rapide des Juifs.

 

La dimension réelle du problème juif, Théodore Herzl ne la saisira qu'à l'occasion de l'Affaire Dreyfus qu'il couvrira à Paris pour le compte d'un journal autrichien. Il en prendra conscience grâce aux convergences surprenantes de son approche analytique. Les implications qui en fuseront, l'interpelleront alors au plus profond de sa raison. Elles déstabiliseront son pragmatisme légendaire.

 

Ce Juif assimilé et confortablement installé dans la société autrichienne n'attendra pas cette fois l'apaisement de la crise française, comme le faisaient par fatalité et impuissance tous les Juifs de l'exil. Il s'insurgera au contraire contre ce drame antisémite. Il activera finalement les ambitions sionistes qui balbutiaient à peine dans les pays de l'Est européen.

L'Affaire Dreyfus réveillera ainsi l'étrange faculté accolée au destin juif. Elle faisait qu'à chaque période d'assimilation surgissait, immanquablement, un événement capable de réveiller la haine du juif. Ce coup du sort isolait brutalement les Juifs et ruinait imparablement cette nouvelle tentative de dilution. Le drame dreyfusard illustrera parfaitement cet obscur mécanisme. Herzl en sera cette fois le témoin éveillé.

 

Le pragmatisme de cet homme n'y résistera pas. Ce phénomène obstinément récurant lui révélera avec stupeur la dimension suprarationnelle du problème juif. Il comprendra alors que seule la création d'un Etat juif en assumera l'heureux dénouement. Cette clairvoyance prophétique stimulera l'enthousiasme d'Herzl. Elle le pliera inconditionnellement aux diktats de son engagement passionnel. Concevoir l'Etat juif lui deviendra bien vite une dévorante obsession. Pour cette entreprise, il délaissera sa famille et renoncerait à sa carrière de journaliste.

 

Le 14 février 1896, la publication d'un petit opuscule intitulé "l'Etat Juif" couronnera tous ses sacrifices. Cet essai aura d'emblée un impact considérable. Certaines idées sous la plume de ce rationaliste surprendront fortement. Elles introduiront des notions totalement étrangères aux milieux juifs intellectuels.

 

L'antisémitisme s'y démarquera ainsi de ses vieilles attaches raciales pour se recentrer dans un contexte social réactionnel. Il ne sera plus une simple expression de la xénophobie raciale mais un phénomène aux attributs complexes. Herzl en appréhendera pour la première fois la véritable nature. Il l'énoncera clairement comme une induction naturelle de la présence juive au sein de nations, l'un se nourrissant de l'autre au travers d'occultes interactions.

 

Il comprendra ainsi que l'un et l'autre perdureront indéfiniment tant que les Juifs conserveront leur statut social d'exilé. Il reconnaîtra même, au travers d'une étonnante lucidité, que cet état de fait ne sera jamais aboli. C'est pourquoi, conclurait-il, tant que ce statut persistera, l'antisémitisme existera et tant que l'antisémitisme perdurera les Juifs conserveront ce statut d'exilé.

 

 

"Les Juifs, attachés à leur foi, reviennent fièrement à leur peuple lorsque éclatent les persécutions... Or, plus l'antisémitisme tarde à se manifester, plus il éclate avec virulence." (L'Etat Juif - Introduction)

 

Cette formulation explicitait clairement les fondements de la pérennité juive au sein des nations. Elle traduisait le fatalisme inexpugnable de la condition juive à travers ses pérégrinations. Herzl savait désormais que la solution à cette quadrature infernale passait par la création d'un Etat juif. Il avait compris  que le peuple juif traînerait le boulet antisémite jusqu'au terme de son exil. Seule sa rédemption nationale en briserait résolument la lourde chaîne.

 

 

Cette conviction transcendera tout son être. Elle ne lui laissera désormais plus aucun répit. Elle l'exaltera nuit et jour, l'étreignant parfois jusqu'aux limites du tourment. Son sentiment se jouera dés lors des obstacles et des déceptions. Rien ne freinera plus sa démarche obsessionnelle. Réveiller son peuple deviendra sa mission princeps. Il ne s'en détournera plus. Il lui insufflera la volonté de sa libération. Il secouera le joug de son exil jusque tombe l'oppression antisémite.

 

 

Le projet sioniste d'Herzl était cependant éloigné du formalisme traditionnel de l’idée de rédemption. Il s'accordait du pragmatisme du personnage. La terre d'Israël n'y était ainsi qu'une option idéale. C’est pourquoi l'ambition d'Herzl ne résistera pas longtemps au réalisme politique. Elle s'accommodera bientôt des opportunités et des compromis éloignés des spécificités juives.

 

Les masses juives d'Europe, dans leur grande majorité, resteront néanmoins insensibles aux appels pathétiques d'Herzl pour son projet. Leur inertie et la difficulté de mobiliser des capitaux lui seront une grande source d'affliction. Elles le mèneront bientôt de désillusions en déceptions.

 

Cette idée de libération juive par la création d'un foyer national ne soulèvera ainsi d'enthousiasme général. Dans certaines communautés, elle suscitera même inquiétudes et réprobations. Celle de Munich notamment détiendra un troublant privilège. Elle empêchera la tenue dans sa ville du 1er Congrès Sioniste Mondial qu'elle prétendait provocateur pour leurs concitoyens non-juifs.

 

Elle tentera par son hostilité de conjurer les gênantes aspirations nationalistes de cette manifestation. Cette surprenante attitude trouvera ses fondements dans la parfaite intégration des Juifs allemands qui n'avaient alors que faire des prétentions sionistes. La ferme détermination des Juifs munichois obligera le déplacement en dernière minute des assises de ce 1er Congrès. 

 

Ce serait finalement en Suisse, dans la ville de Bâle que se déroulera, le 29 août 1897, cet événement historique. Lors de la clôture de ce 1er Congrès, le carnet intime de Théodore Herzl s'étoffera d'une fière remarque: "A Bâle, j'ai fondé l'Etat juif".

 

 

Cet Etat manquait cependant de l'essentiel: sa délimitation territoriale. Les premières lueurs avaient pourtant été prometteuses. Elles laisseront d'abord entrevoir les terres délaissées de Palestine. Mais bien vite cette espérance s'amenuiserait. Au fil des congrès, elle s'avérera même de plus en plus illusoire. Les difficultés qui en surgiront, ébranleront dangereusement l'édifice sioniste. Deux tendances en émergeront finalement. Elles s'affronteront âprement sur cette notion de territoire.

 

 

La première tendance défendait les positions du sionisme affectif. Elle préconisait la poursuite de l'infiltration juive en Palestine, commencée quelques années plus tôt par des groupuscules russes comme  "le Bilu" ou " les Amants de Sion".

La seconde tendance représentait le sionisme pragmatique. Elle cherchait avant tout l'obtention d'une charte internationale qui reconnaîtrait aux Juifs le droit de s'implanter dans le territoire que les puissances leur attribueraient.

 

 

Le mouvement sioniste, malgré tous ses efforts, ne parviendra finalement à mobiliser les masses juives d'Europe. Il donnerait bientôt des signes inquiétants d'essoufflement. Il ne résisterait encore longtemps aux frictions et atermoiements sionistes. Une crainte indicible se saisira alors d'Herzl. Une obstination juive pour les terres de Palestine ruinera, à coups surs, toute son œuvre.

 

L'urgence et le réalisme commandaient de trancher. Il n'hésitera pas. Il fera face au plus pressé. Son Etat juif devait surmonter l'obstacle de la terre ancestrale. Une autre contrée valait mieux que pas d'Etat du tout. Dans sa volonté d'ouverture, qui n’en sera pas moins un renoncement au patrimoine d'Israël, Herzl suggérera même l'allemand comme langue officielle du futur foyer juif.

 

 

Saisi de lassitude, laminé par l'usure, Herzl abondera finalement en faveur de la tendance pragmatique du sionisme. Il rompra ainsi délibérément les attaches sacrées du peuple juif pour la terre d'Israël. Il occultera de la sorte l'indéfectible adéquation qui reliait cette terre à son peuple. Cette décision résonnera comme l'approbation d'une union illicite. Elle illustrera les dispositions déviationnistes de la tendance pragmatique.

 

Certes, le constat sioniste était alors des plus sombres. Toutes les démarches pressantes d'Herzl pour un foyer juif en Palestine n'avaient pas abouti. Les interventions auprès du Kaiser, du Tsar, du Roi d'Italie, du Pape et du Gouvernement anglais étaient demeurées sans conséquence. Les nombreuses entrevues avec le Sultan de l'Empire Ottoman, alors maître de la Palestine, n’avaient rien donné de plus concret. L'histoire le voudra ainsi. La rédemption nationale juive sur sa terre ancestrale ne sera portée au crédit d'aucun grand de ce monde.

 

De jour en jour, des dissensions fondamentales élargissaient le fossé entre les deux tendances sionistes. L'une, dans l'orientation messianique, réclamait une renaissance nationale juive dans le respect de ses aspirations historiques. L'autre, plus encline au pragmatisme, acceptait toute enclave territoriale qui serait octroyée aux Juifs affligés. Les uns restaient fidèles à la sensibilité rédemptrice du peuple juif, les autres s'en démarquaient au nom du rationalisme.

 

L'histoire retenait son souffle. Une décision aux répercussions incommensurables allait bientôt être prise. Elle invaliderait pour la première fois les engagements réputés indéfectibles de l'Alliance. La légitimité des enfants d'Israël sur la terre d'Israël s'en trouverait irrémédiablement battue en brèche. Elle  rejoindrait alors l'utopie des croyances mythiques.

Les positions définies par le XIème Congrès Sioniste, de 1903, s’orientaient inéluctablement vers le réalisme politique. Elles rendaient inévitable l'acceptation de la solution"intérimaire" défendue par la tendance pragmatique.

 

Les récents pogroms russes et leurs cortèges de victimes innocentes précipiteront la décision. Magnanime, l'Angleterre proposerait à titre humanitaire, une province d'Ouganda comme foyer pour les Juifs persécutés. Une majorité de délégués, entraînée par Herzl, entérinera cette offre généreuse. Elle s'accommodera de l'opportunité du moment, comme en conviendrait Herzl. Il confiera en privé: "mon cœur est pour Sion, ma raison pour l'Afrique".

 

Le compromis sur l'Ouganda attentait néanmoins à la finalité du sionisme. Il constituait une grave violation des attentes ancestrales. Il corrompait les modalités attendues de la rédemption nationale du peuple juif. L'histoire ne l'admettrait pas. L'inattendu surviendrait et rétablirait comme chaque fois la destinée d'Israël.

 

En 1904, peu après ce XIème Congrès, Herzl mourra subitement à l'âge de 44 ans. Cette soudaine défection laissera le mouvement sioniste en plein désarroi. Elle décapitera néanmoins les orientations de la tendance pragmatique et rétablirait l'unité sioniste.

 

La tendance affective en sortira renforcée. Elle focalisera bientôt toutes les espérances du judaïsme traditionnel. Leurs prétentions n'avaient alors rien d'utopique. La Palestine demeurait une région étrangement disponible malgré les deux millénaires écoulés.

 

De nombreux peuples y séjourneront certes, mais pas un seul n'y prendra souche. En ce début de XXème siècle, il sera encore une province délaissée aux confins de l'Empire Ottoman. Ce désintérêt des occupants successifs pour Eretz Israël expliquera le délabrement des terres découvert par les premiers défricheurs juifs. Venus dés 1880, sous l'impulsion de mouvements russes comme le "Bilu", ils ne trouveront qu'étendues désertiques, abandonnées à l'érosion et aux marécages. Le pays d'Israël, dévasté et renommé Palestine, ne s’était jamais relevé du désastre romain.  

 

"... votre pays restera solitaire, vos villes resteront ruinées."(Lev. XXVI, 33)

Alors, quand les générations futures, vos descendants qui naîtront plus tard et l'étranger venu d'une contrée lointaine, observeront les plaies de ce pays-là et les calamités dont le Seigneur l'aura affligé: terre de souffre et de sel, partout calcinée, inculte et improductive, impuissante à faire pousser une herbe..."(Deut. XXIX, 21, 22)

 

La terre d'Israël ruinée par Rome assumera ainsi, jusqu'au bout, la vacance de son peuple. En n'exhibant que des oripeaux affligeants d'un dramatique veuvage, elle se déroberait aux convoitises des autres peuples. Elle se préserverait ainsi, pendant prés de deux millénaires, pour l'ultime génération de l'exil.

Sur cette terre d'Israël tragiquement mortifiée, aucun peuple ne succédera aux Juifs chassés par Titus. S'il en avait été autrement, ce peuple y aurait naturellement constitué au fil des siècles une entité nationale spécifique. Elle aurait alors interdit aux Juifs la moindre prétention sur un territoire perdu depuis deux mille ans.

 

L'idée même d'un retour à Sion aurait été définitivement impensable et à jamais réalisable. La France d'aujourd'hui s'inquiéterait-elle d'une récurrence gauloise? Les Etats-Unis d'Amérique s'alarmeraient-ils des revendications indiennes?

 

En aspirant aux terres de Palestine, le sionisme originel ne défiait aucune nation différenciée sur Eretz Israël. Cette région attendait dans le dénuement le plus complet le retour de son peuple exilé. Elle demeurerait malgré les deux millénaires écoulés, l'héritage incessible des enfants d'Israël.

 

En œuvrant de la sorte, la mouvance sioniste constituait le support historique de la rédemption nationale juive sur sa terre ancestrale. En planifiant la fin de l'errance, elle mettait un terme à l'exil d'Israël.

 

Cette fabuleuse singularité sera cependant contrariée par les grands bouleversements de la Révolution française. L'Emancipation de 1789 avait entraîné, dans toute l'Europe, un profond remaniement du statut des Juifs. Ils ne devaient plus être ces individus honnis soumis à l'arbitraire des nations mais des citoyens à part entière, engagés dans le plus sincère des patriotismes.

 

De tels changements inauguraient une ère d'intégration, qui transformera profondément les mentalités juives. La notion même de rédemption nationale spécifique deviendra incongrue. Sur les onze millions de Juifs européens de ce temps, seuls deux cents milles adhéreront à l'idée de retour à Sion. La renaissance nationale juive, espérance de longs siècles d'exil, perdra bientôt tout écho. Subjuguée par les caresses d'une émancipation enjôleuse, l'âme juive se livrera ainsi à la société-hôte. Elle s'affranchira de ses préceptes et s'identifiera entièrement au peuple d'accueil. Cette mutation emplira les Juifs européens de vanité.

 

Aucune inquiétude ne troublera plus la sérénité de leur identification nationale. Toutes les secousses antisémites, préludes aux débordements nationalistes de ce deuxième tiers de XXème siècle, n'assombriront plus le ciel de leur intégration.

 

Dans ce concert de renoncement, seuls les Juifs de Galicie, de Russie et des provinces orientales de l'Empire Austro-hongrois resteront attachés au projet sioniste. Ils y verront la seule réponse aux agressions antisémites dont ils étaient encore trop souvent les victimes.

 

 

L'audience sioniste restera finalement limitée dans tous les pays d'Europe. Elle ne suscitera aucun enthousiasme débordant. Les Juifs se montreront très peu concernés par le message rédempteur. Ils avaient déjà trouvé dans les principes égalitaires de 1789 les fondements mêmes de leur salut.

Pour la bourgeoisie, "la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" constituait une charte si prometteuse qu'elle y répondra massivement par une politique d'assimilation. Un foyer national juif lui semblerait dès lors totalement insensé.

 

Pour les milieux ouvriers, la solution au problème juif passait par la révolution prolétarienne. Seul le renversement du capitalisme sera le sésame qui mettrait fin aux causes mêmes de l'antisémitisme. Leur analyse s’appuiera sur les affirmations du penseur juif Karl Marx, développées dans "La Question Juive".

 

Ce pamphlet publié en 1843 dénonçait avec véhémence, l'existence d'une nationalité juive. Pour le père du marxisme, cette revendication était à l'origine de tous les maux. Elle reposait, selon lui, sur la prédisposition naturelle des Juifs à se démarquer des non-juifs. Il ne percevra, à l'instar d'Herzl, la réciprocité occulte qui pérennisait la présence juive au sein des nations.

 

 

Dans cette Europe de la Belle Epoque régnait ainsi un consensus général d'assimilation. Les Juifs et les Nations se détournaient résolument des premières lueurs de rédemption nationale juive. Ce concept de renaissance spécifique sera tout particulièrement rejeté par les Juifs de France et d'Allemagne. Pour ces Juifs déjà parfaitement intégrés dans un environnement national homogène, il apparaîtra désormais obsolète.

 

En ces temps euphoriques d'un début de siècle prometteur, les Juifs et les Nations adoptaient ainsi une politique délibérée de dilution nationale. Cette paisible intégration laminera bientôt le particularisme juif. Elle le mènera doucement à sa disparition. Cette émancipation conduisait Israël à son extinction naturelle. Après deux millénaires de pérégrination, l'impossible se produisait finalement. La spécificité juive, sauvegardée de génération en génération, s'évanouissait au sein des nations. L'étrange pérennité du peuple juif connaîtrait bientôt son terme.

 

Cette résorption du problème juif par une politique nationale d'intégration n’était pas une tentative nouvelle. Elle avait été inaugurée, un siècle plus tôt, par l'Abbé Grégoire mais l'initiative souffrirait de son manque de maturité. En ce début de XXème siècle, elle se présentait sous de bien meilleurs auspices. Les nations absorbaient sereinement leurs Juifs et ces derniers se montraient des plus empressés. Rien ne s'opposait plus à la fusion des deux entités.

 

Le trouble et l'égarement s'emparaient à nouveau d'Israël. Ils susciteront une vague d'assimilation et de conversions qui submergerait toute l'Europe. Elle emportera d'abord les milieux intellectuels pour lesquels la différenciation juive n’était qu'une vieille invention antisémite. A leurs yeux, une saine intégration nationale abolira rapidement cette sordide rumeur. Ils délaisseront alors leur judaïsme et s'engouffreront soulagés dans l'ouverture nationale.

Le souffle du modernisme forgeait ainsi de nouvelles identités juives dans la diaspora d'Europe. Il produira bientôt les premières scissions nationalistes qui briseraient le concept d'unité du peuple juif. L'attente rédemptrice d'Israël n'y résisterait pas. Seules subsisteraient encore par delà les frontières quelques réminiscences religieuses.

 

Le Juif français se déclinera désormais Français de confession israélite et le Juif allemand, Allemand d'ascendance juive. Cette métamorphose annihilera toute conscience nationale originelle. Les Juifs s'observeront dorénavant avec le détachement, voir la même hostilité, que le Français ou l'Allemand catholique ou protestant. La Synagogue et les rabbins, par mimétisme de circonstance, se résoudront alors aux apparences de l'Eglise.

 

Le judaïsme se vidait ainsi de sa substantifique moelle. Il ne cimentait plus les Juifs les uns aux autres. Il ne soutenait plus la confiance de ce peuple en sa rédemption nationale sur la terre d'Israël.

 

Les Juifs européens, dont les valeurs spécifiques se transformaient en aspirations nationalistes ou internationalistes, n'adhéraient plus aux attentes ancestrales. Ils se dérobaient aux contraintes de leur destinée. Ils n'assumaient plus les engagements de  l'éternelle Alliance.

 

L'histoire comme chaque fois réagirait. Elle induirait un antisémitisme stéréotypé dont l'intensité serait proportionnelle à la gravité de l'égarement.

 

La virulence antisémite, exacerbée par le redoutable fléau des nationalismes, se révélerait sans précédent.

 

 

Yoshuah Ben Shalom - visionhistoire © 2011 www.aschkel.info 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 15:00

 

 

 

 


Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom - 
LE PHENOMENE ANTISEMITE (1/...)

(Feuilleton en ligne)

© 2011 www.aschkel.info

J'ai l'honneur et le plaisir de vous proposer l'écrit de Yoshuah ben Shalom en ligne, un écrit passionnant dont on ne sort pas indemne, qu'il vous faut lire, et garder précieusement dans votre bibliothèque virtuelle.

Un épisode vous sera proposé chaque semaine, vous pourrez retrouvez chacun des épisodes en cliquant sur la bannière ci-dessous, au fil des publications.

Je remercie Yoshuah Ben Shalom pour ce précieux partage.

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Aschkel

 

 

 

 

 

Au nom de l'alliance

 

 

I) LE PHENOMENE ANTISEMITE:

 

 

 

 

 

 

Une hostilité à l'encontre du peuple de la Loi a toujours existé même si le terme d'antisémitisme n'apparaît qu'en 1873 sous la plume de Wilhelm Marr. Ce journaliste de Hambourg cherchait alors, dans un pamphlet aux accents belliqueux, "Victoire du judaïsme sur le germanisme", à exhiber l'antithèse juive à l'avènement du pangermanisme.

 

Dés la plus lointaine antiquité, l'histoire en témoigne, les Hébreux ont souffert d'incompréhension et d'intolérance pour leur mode de vie exclusif. Leurs institutions singulières en feront en effet, de tout temps, un peuple différent des autres peuples.

 

Dans le polythéisme du monde antique, cette différence apparaîtra si flagrante que les Hébreux eux-mêmes ne l'assumeront avec constance. Ils sombreront encore trop souvent dans les méandres de l'idolâtrie. Les exhortations des voix prophétiques, parfois soutenues par l'aiguillon redoutable des rétorsions, les ramèneront chaque fois dans l'enclos de leurs obligations.

 

L'histoire l'exprimera clairement. En cas de défaillance, ce sera toujours dans la tourmente que les Hébreux expérimenteront chaque renoncement au destin scellé pour l'éternité dans l'Alliance d'Abraham.

"Si vous dédaignez mes lois et que votre esprit repousse mes institutions au point de ne plus observer mes préceptes, de rompre mon Alliance, voici ce que je vous ferai: je susciterai contre vous d'effrayants fléaux..."(Lévitique XXVI, 15-16)

 

Le vécu réitéré de ces sombres prédictions conduira finalement le peuple hébreu à endiguer ses trop fréquentes faiblesses. Il se protégera dés lors de ses propres tentations, en apprenant à se préserver de la séduction des Nations.

 

Les impératifs de l'Alliance forcent ainsi les Hébreux, dés l'antiquité, à vivre en îlot clôturé parmi les autres peuples. Cette contrainte assurera la pérennité d'Israël et s'imposera à toutes les générations. Elle prévaudra plus encore pour celles de l'exil.

 

Cette obligation de cloisonnement, associée aux calomnies, sarcasmes et spoliations d'un christianisme puis d'un islam conquérants, cristallisera rapidement le Juif sous les traits d'un être occulte dégénéré. Les imaginaires dogmatiques l'investiront bientôt de tous les maléfices.

 

Le concept antisémite, né de cette genèse singulière, se démarquera ainsi du racisme usuel. Il n'aura aucun fondement génétique. Un antisémitisme basé sur des critères psycho-morphologiques aurait d'ailleurs été une aberration tant pour le chrétien, qui révère l'esprit et le corps du Juif Jésus, que pour l'arabo-musulman, qui est lui-même un sémite.

 

Il est donc clair, ne serait-ce que pour ces raisons, que l'antisémitisme ne peut se superposer aux définitions du racisme. Il n'aura de la xénophobie raciale que les seules apparences. Il faut bien s'en pénétrer.

 

Les capacités d'adaptations de cette expression antijuive en interdisent, d'ailleurs toute approche rationnelle. Avec l'Emancipation des Juifs, par exemple, l'antisémitisme abandonne ses oripeaux d'amoralisme religieux pour s'accoutrer d'un tissu de méfiance et de haine chauvines. Il proviendra d'un concept nationaliste délirant qui attribuait aux Juifs la toute puissance intellectuelle et matérielle dans le but pernicieux de dominer le monde. La croyance en un tel pouvoir juif aboutira au fantasme du complot international permanent. Il s'insinuera dans les esprits comme un mal insidieux rongeant sournoisement toutes les intégrités nationales. Cette dérive obsessionnelle resurgira à chaque flambée nationaliste. Elle produira les angoisses et les phobies spécifiques des comportements antisémites. Ces dispositions antijuives, exacerbées par un consensus socio-politique ségrégatif, conduiront aux excès les plus outrageants.

 

Cette terrifiante hostilité poursuivra les Juifs pendant tous les âges de l'exil, depuis la dispersion d'Israël imposée par Titus Flavius. Elle surviendra après la laborieuse victoire des légions romaines sur le dernier état juif en l'an 69 du calendrier chrétien. Cette guerre de Judée aboutira à la complète dévastation du pays, à la ruine du Temple de Jérusalem et à l'exil des tous ses habitants. Elle consommera l'irrémédiable effondrement de la nation juive.

 

Cette tragédie, une des plus terribles subie par le peuple d'Israël, est retracée avec force détails dans les écrits de Flavius Josèphe. Ce combattant juif, devenu historien par la force de ses témoignages, demeurera dans l'oubli pendant prés de deux millénaires. L'Eglise le délaissera parce qu'ayant vécu à l'époque présumée du Christ, il n'en fera mention dans aucun de ses ouvrages. Les Juifs le banniront de leur mémoire parce que jugé traître à sa nation.

 

Après sa capture dans la forteresse de Jotapath, cet intrépide dirigeant du combat juif se ralliera aux forces romaines. Il acceptera même, lors des ultimes assauts contre Jérusalem, d'exhorter ses compatriotes à la reddition. Elle devait, lui avait-on assuré, sauver la ville et le Temple de la ruine.

 

Ce troublant comportement ne se voulait par là même, qu'une manoeuvre désespérée de sauvegarde nationale. Josèphe le justifiera par sa vision aiguë des terribles dévastations qu'allaient entraîner l'inévitable victoire de Rome. Aux yeux des assiégés juifs, cette attitude délibérée n’apparaîtra qu’éminemment renégate. Elle caractérisera la traîtrise de Josèphe mais ne traduira aucunement son retournement à l'encontre de son peuple. Tous ses écrits l'attestent, Josèphe ne reniera jamais la foi de ses pères. Il démontrera au contraire toute sa vie, un attachement aussi constant qu'éclairé au judaïsme.

 

Ses origines sacerdotales l'avaient versé, dés son plus jeune âge, dans la connaissance des textes sacrés. Elle l'éclairera sur la finalité des événements dramatiques qui se dérouleraient sous ses yeux. Elle en fera le témoin éveillé de la marche implacable de l'histoire. Cette lucidité le confrontera à une terrible réalité. La ruine et l'exil qui allaient bientôt s’abattre sur le pays d'Israël, n’étaient que l'accomplissement de l'antique sentence déclamée par Moïse.

 

Celle-ci menaçait le Peuple de la Loi de ces deux châtiments, en sanction d'égarements qui le corrompraient irrémédiablement.

 

"Le Seigneur lancera sur toi une nation lointaine, venue des confins de la terre, rapide comme l'aigle en son vol, nation dont tu n'entendras point la langue, nation inexorable qui n'aura point de respect pour le vieillard, point de merci pour l'adolescent! Elle se repaîtra du fruit de ton bétail et du fruit de ton sol, jusqu'à ce que tu succombes;... jusqu'à ta ruine entière. Elle mettra le siège devant toutes tes portes, jusqu'à ce que tombent, dans tout ton pays, ces murailles si hautes et si fortes en qui tu mets ta confiance...

...et vous serez arrachés de ce sol dont vous allez prendre possession. Et l'Eternel te dispersera parmi tous les peuples, d'une extrémité de la terre à l'autre..."(Deut.XXVIII, 49-64)

 

Josèphe savait que cette fatale échéance était maintenant imminente. Il ne doutait plus que les violentes crises qui pervertissaient le monde juif en diverses factions plus ou moins rivales, constituaient l'ultime et inacceptable involution des enfants d'Israël. L'antique avertissement mosaïque s'activait sous ses yeux et Rome n'en constituait que l'invincible agent.

 

Cette clairvoyance prophétique remplira Josèphe de consternation. La Providence, qui avait empêché son suicide dans la forteresse de Jotapath pour l'élever au rang de confident de Titus, lui indiquait son devoir. Il ne s'y dérobera pas. Il obtiendra de son éminent protecteur l'assurance que la reddition de Jérusalem amènerait la mansuétude de Rome sur toute la Judée. Il ira alors au péril de sa vie désamorcer le désastre qui s'annonçait. Du bas des remparts de Jérusalem, avec la vigueur du désespoir, il appellera ses frères à la raison. Il ne recevra, pour toute réponse, qu'une pierre meurtrière qui le blessera gravement. Elle mettra un terme à l'ultime tractation qui pouvait encore sauver Israël de la ruine. Par ce coup du sort, la démarche visionnaire de Josèphe faillira. Elle ne parviendra pas à infléchir le cours de l'histoire. Elle restait trop éloignée du schéma salutaire qui avait, de tout temps, secouru les Hébreux.

 

Impuissant à rassembler spirituellement son peuple, alors profondément corrompu et diviser, Josèphe ne tenta d'intervenir que sur la seule composante militaire du cataclysme. Il savait pourtant que dans l'histoire d'Israël, celle-ci n'avait toujours eu qu'un caractère intermédiaire.

Ce fabuleux témoin de l'effondrement national juif ne trouvera sa réhabilitation que vingt siècles plus tard, lors de la renaissance de l'Etat d'Israël. Le témoignage émouvant qu'il transmettra à la postérité dans la "Guerre des Juifs", y prendra alors la dimension inattendue d'un plaidoyer rédigé en sa faveur. Cet ouvrage, par la qualité de ses analyses et l'intensité de ses narrations, deviendra l'indispensable référence dans la compréhension des événements complexes de cette obscure période. La mémoire juive, dans son grand désarroi, en avait occulté jusqu'aux moindres souvenirs.

 

Un fait demeurera incontestable et Josèphe en avait eu la prescience: de la confrontation avec Rome sortirait la plus redoutable des sanctions: désolation de la terre d'Israël et exil de ses habitants.

"... votre pays restera solitaire, vos villes resteront ruinées."(Lév. XXVI, 33)

 

La désolation du pays sera assurée par la hargne des assaillants, trop longtemps contenue par la vigoureuse résistance juive. L'exil des habitants sera imposé en rétorsion des longues années d'efforts et des lourdes pertes consenties pour mâter les rébellions juives.

 

Les Romains, qui connaissaient trop bien l'extrémisme juif pour l'avoir expérimenté  sous le règne d'Hérode le Grand, savaient que la Judée vaincue ne se rangerait jamais dans l'obéissance à Rome. Les Juifs, soucieux de leurs mœurs exclusives, briseraient leur joug à la première occasion. Ce risque ne sera pas encouru. Il conduira à la déportation des populations et la prévention de leur retour. Le pays d'Israël se figera bientôt en un monceau de ruine sinistre que le temps, dans sa clémence, recouvrira d'un linceul de terre. Il voilera pour longtemps le passé glorieux d'Israël.

 

La plus irrémédiable des prédictions mosaïques venait de s'accomplir. Elle procédera de la logique historique.

Attaqué dans ses intérêts, Rome avait réagi. L'Empire se prémunissait contre les redoutables révoltes juives, par le démantèlement de la Judée. Pratiquant la politique de la terre brûlée, les Romains ne laisseront sur leur passage que ruines et cendres. Ils iront, dans leur rage, jusqu'à effacer le nom même de cette contrée. Elle sera renommée, ultime outrage, Palestine en mémoire des Philistins, ennemis ancestraux des Hébreux.

 

La ruine de la terre d'Israël, conséquence de la défaite militaire, et l'exil des habitants, entorse aux pratiques romaines, accomplissaient alors, dans la plus parfaite analogie, les prédictions bibliques. Le couperet de l'histoire tombait ainsi, consommant l'effondrement de la nation juive.

Jamais désastre aussi irrémédiable n'avait encore atteint Israël. Pas même le Babylonien Nabuchodonosor, qui détruisit le Premier Temple de Jérusalem et exila l'élite de ses habitants, ne compromettra les chances d'une reconstitution nationale. Elle interviendra à peine soixante dix ans plus tard.

 

Activé par les Romains, l'effritement de la nation juive aura une finalité insoupçonnable. La dispersion d'Israël ouvrira une ère nouvelle dans l'histoire des Nations. Elle transformera la face du monde antique. Cette tragédie aux implications incalculables constituera une véritable stèle pour la compréhension du code biblique. Elle en traduira la simplicité des termes: les événements de l'histoire interviendront selon une logique apparemment naturelle, mais ceux-ci intégreront toujours le schéma déterministe. Suscités en leurs temps, ils activeront finalement la situation prédite.

"Le Seigneur lancera sur toi une nation lointaine, venue des confins de la terre, rapide comme l'aigle en son vol, nation dont tu n'entendras point la langue, nation inexorable qui n'aura point de respect pour le vieillard, point de merci pour l'adolescent! Elle se repaîtra du fruit de ton bétail et du fruit de ton sol, jusqu'à ce que tu succombes;... jusqu'à ta ruine entière.

 Elle mettra le siège devant toutes tes portes, jusqu'à ce que tombent, dans tout ton pays, ces murailles si hautes et si fortes en qui tu mets ta confiance...

...et vous serez arrachés de ce sol dont vous allez prendre possession. Et l'Eternel te dispersera parmi tous les peuples, d'une extrémité de la terre à l'autre..."(Deut.XXVIII 49-64)

 

Ces passages du Deutéronome identifiaient Rome et soulignaient son comportement dans la guerre de Judée. La version historique de la tragédie, rapportée par Flavius Josèphe dans "la  Guerre des Juifs", se superposera parfaitement à cette prédiction des événements. Ce drame traduira la rigueur des ingérences providentielles dans la destinée d'Israël. Il en caractérisera aussi les modalités: les sentences arrêtées dans un but défini s'intégreront toujours dans le cours naturel de l'histoire.

 

Cet exil des Juifs ne provoquera cependant, comme l'escomptaient les Romains, puis beaucoup d'autres après eux, la disparition d'Israël par intégration aux Nations.

 

Il aurait dû pourtant en être ainsi. De tous temps et en toutes circonstances cette évolution naturelle du mélange des peuples s'était vérifiée. Force est de constater qu'il s'agira dans ce cas précis d'une anomalie caractérisée du devenir naturel d'un peuple antique, renversé et dispersé. Seule cette dérogation de l'histoire permettra au peuple juif exilé de perdurer unifié dans la dispersion. Une telle destinée ne sera jamais accessible à la pensée rationnelle. Elle défiera les attendus de la logique humaine. La mystérieuse pérennité d'Israël ne trouvera ses fondements, que dans les seules facultés du verbe prophétique. Elles plieront l'histoire  aux engagements de la Parole.

 

"Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir, de dissoudre mon alliance avec eux, car je suis l'Eternel, leur Dieu!" (Lév.XXVI, 44)

 

Dans l'âme du Juif exilé persistera ainsi, à travers les âges, un subtil sentiment, fait de nostalgie et d’espérance, qui la rendra réfractaire à toute corruption. Plongeant ses racines dans un inconscient collectif, ce sentiment maintiendra les Juifs dans leur spécificité originelle. Il identifiera ce peuple à son destin singulier dont l’accomplissement associait l'humanité toute entière, aux félicités de la Rédemption Universelle.

 

Ce sentiment univoque se transmettra malgré le morcellement d'Israël, dans toute sa vivacité originelle. Rien ne l'atteindra. L'époque, le lieu géographique, la violence ou la séduction ne pourront jamais l'affecter au point de l'annihiler. L'histoire y veillera scrupuleusement.

 

La spécificité juive se perpétuera ainsi, dans sa plénitude, de génération en génération. Elle provoquera, dans tous les pays d’accueils, d’abord de l'incompréhension puis de l’hostilité qui se déclinera sur tous les modes. Elle produira un processus de rejet comparable à ceux déclenchés par une entité hétérogène. Cette réactivité antijuive sera remarquablement commune à tous les peuples. Elle perdurera à travers tous les âges de l'exil. Elle constituera finalement un premier mécanisme efficace du cloisonnement juif.

 

Cette interaction excluante, pivot de la pérennité juive au sein des nations, caractérisera les temps de l'exil. Elle affublera les Juifs d'un particularisme occulte qui suscitera méfiance et suspicion. Ces ressentiments confineront alors les enfants d'Israël dans le fantasme et la caricature. Ils isoleront les Juifs de la communauté environnante. Dans l'inconscient des peuples d'accueil, le Juif deviendra très vite un être fondamentalement différent, impossible à identifier et à assimiler.

 

De ces individus ainsi marginalisés émanera pourtant l'insidieux pouvoir de sensibiliser la société d’accueil. Cette influence juive, ressentie dans toutes les sphères d'activités, finira toujours par provoquer l'exacerbation des instincts xénophobes. Ces derniers veilleront à ne jamais inclure les Juifs dans la trame intime du tissu national. La croyance en un pouvoir occulte juif, capable d'infiltrer et de contrôler tous les niveaux de la société, en sera le corollaire naturel. Elle suscitera l'implacable hostilité antisémite dont les bornes seront repoussées en fonction du degré de vulnérabilité des Juifs. Elles atteindront mêmes, en ce XXème siècle, les extrêmes barbares que la pensée ne pouvait imaginer.

 

Le sentiment antisémite n'aurait pu cependant se développer, dans l'excès qui sera le sien, sans la tutelle du Christianisme sur tout l'occident. Cette religion, qui s'affirmait la Nouvelle Israël, développera ostensiblement, pour sa propre promotion, la notion de déchéance du Peuple du Livre. Dans ce sens, elle recourra aux plus vils outrages pour rabaisser ce peuple déjà brisé par l’exil. Pour l’Eglise, l’avilissement des juifs concrétisait leur renversement. Ils ne devaient plus prétendre à leur élection. Le malheur juif devait prouver aux yeux du monde la répudiation d'Israël. Cette dépossession légitimera toutes les prétentions chrétiennes. L'Eglise exhibera même les tourments juifs comme juste peine du crime absolu de déicide. La Chrétienté, pendant des siècles, couvrira ainsi d'opprobre celui qu'elle décriait dans la mort du Sauveur. Sous le poids vengeur du dogme nouveau, le Juif deviendra très vite cet être déchu de la Création, ce suppôt de tous les vices et de toutes les ignominies. Son rejet de la conversion en alourdira encore plus les ardeurs répressives. L'exil juif en supportera bientôt toutes les conséquences. La synagogue expiera durement son "aveuglement obstiné".

Cette confrontation inégale mortifiera durablement le peuple du Livre. La foi chrétienne en sortira, au contraire, raffermie en faisant de la misère juive son indéniable faire valoir. L'Eglise proclamera l'éviction d'Israël des desseins de l'Histoire. Elle rétrogradera la Thora de Moïse au rang d'Ancien Testament. Elle légitimera de la sorte sa fonction de Nouvelle Elue et hissera les Evangiles au degré universel de Nouveau Testament divin.

 

Colporté par l'Eglise, le crime de déicide marquera d'infamie toute l'hérédité juive. La terrible accusation martelée dans les esprits transfigurera le génie de ce peuple. La vieille hostilité envers les enfants d'Israël en subira la plus effroyable des mutations. Elle s'établira bientôt dans tout le monde chrétien en principe d'aversion  pour l'être juif.

 

Un fils d'Israël aura suscité le monde chrétien. L’épopée de sa crucifixion  scellera le devenir du peuple juif, au moment même où s'abattaient sur lui les affres de l'exil. Ce drame mythique engendrera, dans cet occident devenu chrétien, l'environnement approprié aux redoutables prédictions bibliques. Par sa conformation antijuive, le monde chrétien assurera l'expiation, mais aussi la pérennité du peuple d'Israël.

"Et parmi ces nations-mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d'appui pour la plante de ton pied."(Deut.XXVIII, 65)

"... je vous poursuivrai l'épée haute..." (Lév.XXVI, 33)

"Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir, de dissoudre mon alliance avec eux, car je suis l'Eternel, leur Dieu!" (Lév.XXVI, 44)

 

Les brimades, les humiliations et les persécutions seront le lourd fardeau des fils de Jacob exilés. Elles dégraderont le génie hébreu en cette mentalité diasporique faite de crainte, de soumission et de compromission. Les sévices tant physiques que moraux aboutiront, inexorablement, à la régression des enfants d'Israël. Les violences incessantes les lamineront en ces êtres apeurés qu'excelleront à amplifier les caricatures antisémites. Ils ne seront bientôt plus ce peuple "rebelle à la nuque roide", mais un peuple craintif soumis aux caprices et aux mépris des gentils. L'indignité et l'humiliation seront le lot des Juifs exilés. Cette dégénérescence du Peuple Elu vérifiera  alors la stupéfiante prédiction de Moïse:

 

"Là, le Seigneur te donnera un cœur effaré, mettra la défaillance dans tes yeux, l'angoisse dans ton âme, et ton existence flottera incertaine devant toi et tu trembleras nuit et jour, et tu ne croiras pas à ta propre vie."(Deut. XXVIII, 65,66)

Ce conditionnement découlera des pressions séculaires de l'Eglise, puis de l'Islam, sur l’existence même des juifs de l’exil. Il perdurera jusque dans un passé récent. Il induira à l'encontre d'un peuple terrassé et avili, tous les sarcasmes et railleries. 

"Et tu deviendras l'étonnement puis la fable et la risée de tous les peuples chez lesquels te conduira le Seigneur."(Deut. XXVIII, 37)

Toutes ces calamités, malgré leurs violences et leurs pugnacités, ne parviendront pourtant à annihiler le déterminisme juif.

 

Même les temps modernes, avec l'épanouissement des idées humanistes et le déclin du pouvoir clérical, ne sonneront le glas du phénomène antisémite. Certes, des périodes de rémission feront parfois croire à l'avènement d'une ère nouvelle. Elles seront toujours de courte durée. Une telle espérance s'observera ainsi en cette deuxième moitié de XIXème siècle. Les Nations susciteront un environnement des plus propices à l'intégration des Juifs et ceux-ci y adhéreront massivement. Dans ce climat d'absorption idéale surgira pourtant un antisémitisme ravageur dont les soubresauts intempestifs ouvriront la voie à l'impensable shoah.

 

L'antisémitisme exhibera à nouveau ses redoutables prérogatives. Il réaffirmera son caractère exclusif. Il se nourrira cette fois d'une effervescence chauvine qui fustigera le Juif et le repoussera hors des enceintes nationales. La  finalité d'une telle exclusion transparaîtra clairement de cette fin de non-recevoir. A nouveau, elle refoulera Israël dans l'enclos de ses obligations.

L'antisémitisme se révélera ainsi le corollaire nécessaire, sinon obligatoire, de la pérennité juive au sein des Nations. Les Juifs, morcelés et disséminés, n'auraient longtemps résisté aux attraits d'un environnement bienveillant. Ils auraient finalement été absorbés, comme toutes les autres minorités, tout au plus en deux ou trois générations.

 

La destiné naturelle des peuples antiques renversés, est de disparaître dans le courant civilisateur dominant. Seuls quelques vestiges de pierre témoigneront encore de leur grandeur passée. Une telle annihilation, appliquée au peuple juif, aurait relégué les Ecritures dans l'antre de la mythologie. Elle aurait établi l'utopie des prophéties.

 

La Thora et la pérennité d'Israël se valideront ainsi mutuellement. Elles assumeront, l'une envers l'autre, les obligations de leur union symbiotique.

 

La persistance de l'entité juive, exilée, disséminée et persécutée au sein des Nations, relèverait ainsi d'une exceptionnelle anomalie de l'histoire. Aucune explication rationnelle ne parviendrait jamais à en élucider les fondements. Cette surprenante déviation ne reposerait que sur les références incontournables de l'existence juive: les Ecritures.

 

La Thora l’explicite clairement. Un exil expiatoire frappera la génération qui négligera les Lois assignées, pour l’éternité, aux enfants d'Israël. Les Hébreux savaient donc, avant même leur établissement sur la Terre Promise, que la rupture des engagements de l'Alliance les vouerait aux rétorsions les plus implacables.

"Mais si vous n'écoutez point, et que vous cessiez d'exécuter tous ces commandements; si vous dédaignez mes lois et que votre esprit repousse mes institutions, au point de ne plus observer mes préceptes, de rompre mon Alliance,à mon tour voici ce que je vous ferai: je susciterai contre vous d'effrayants fléaux... Et je vous disperserai parmi les nations, et je vous poursuivrai l'épée haute..."(Lév.XXVI, 14-16, 33)

 

Elles comporteraient un douloureux exil, fait d'errance et de persécutions, que rien ne conjurerait.

"Et parmi ces nations-mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d'appui pour la plante de ton pied."(Deut. XXVIII, 65)

 

Les Nations ne pourraient être une échappatoire. Elles ne parviendraient jamais à assimiler Israël. Elles seraient au contraire le support de son expiation.

 

L'histoire l'atteste, toutes ces menaces s'accompliront en parfaite concordance des avertissements bibliques.

 

La sanction s'étendra jusqu'aux dernières générations de l'exil. Elle ne connaîtra d'apaisement, ni par l'espace, ni par le temps.

 

L'exil juif, secondaire à un effondrement guerrier, n'exécutera ainsi qu'une sentence annoncée. Elle condamnera Israël aux malheurs de la dispersion, sans cependant consentir à sa perdition. Ce peuple, malgré son errance et ses tourments, ne disparaîtra jamais. La sanction le rachètera. Elle aura valeur d'expiation. La rédemption d'Israël se trouvera ainsi au terme de l'épreuve. La mémoire juive aura à ne jamais l'oublier.

 

Cette renaissance nationale demeurera naturellement assujettie à la pérennité juive. Israël ne pourra trouver de consolation pour la perte de son héritage. L'histoire y veillera attentivement.

 

L'hostilité des Nations, constante et univoque à travers les âges de l'exil, lui en interdira tout oubli. Elle lui insufflera par là même l'énergie de sa pérennité.

 

L'antisémitisme concrétisera cette sauvegarde coercitive de l'histoire. Il constituera l'invincible rempart qui brisera les velléités de dilution juive. Ce dispositif, tapi dans l'environnement non-juif s'activera à chaque renoncement. Sa virulence s'avérera toujours proportionnelle à la gravité de l'égarement. Déclenché par les tentatives d'assimilations, il refoulera les Juifs dans l'enceinte de leur judaïté. Ce mécanisme, subtil et redoutable, les reconduira chaque fois dans l'enclos de leurs prérogatives.

 

La persécution, inhérente à l'expiation et l'errance inhérente à la rédemption, restera le lot de cet exil. Ces dispositions modulées tout au long de ces deux derniers millénaires constitueront le tribut de la pérennité d'Israël.

La barrière de l'antisémitisme, contraignante et douloureuse, témoignera ainsi de la spécificité originelle du peuple juif. Les accablements de l'exil n'affecteront jamais le sceau de l'Alliance. Il demeurera pour l'éternité gravé sur le fronteau d'Israël. Seul ce Pacte légitimera la pérennité juive au sein des Nations. Il ne s'accommodera jamais des attitudes déviationnistes qui attenteront à sa validité.

 

Le peuple juif ne connaîtra ainsi d'échappatoire. Forcé de l'intérieur par des lois spécifiques et de l'extérieur par l'hostilité des nations, il devra demeurer le Peuple du Livre. Il ne pourra en être autrement. Une autre alternative aurait réduit les Ecritures à des supercheries et les croyances monothéistes à des utopies.

 

C'est pourquoi, malgré la mutation des esprits, les temps modernes ne compromettront pas la virulence de l'antisémitisme. Elle continuera à cloisonner Israël, à en délimiter les contours dans toutes les Nations. La composante religieuse de ce nouvel antisémitisme ne s'amenuisera que pour mieux s'adapter au rationalisme de l'époque.

 

L'antisémitisme focalisera désormais tous les griefs de l'extrémisme nationaliste. Ils reprocheront au particularisme juif de miner les harmonies nationales. Cette accusation cristallisera bientôt toutes les hantises du nationalisme. Elle bouleversera l'approche de l’antisémitisme ancestral dans l'Europe tout entière.

 

Pour le Juif européen de cette fin de XIXème siècle, l'identification nationale sera pourtant une sincère aspiration. Il en fera même, au prix de toutes les concessions, son objectif primordial.

Cet engagement n'apaisera pourtant pas le discours antisémite. La plus conséquente des assimilations n'en modifiera aucunement les ardeurs. Toutes les concessions juives ne l'infléchiront pas. Elles le radicaliseront au contraire alourdissant son verbe et renforçant ses calomnies.

 

L'accession des Juifs aux secteurs les plus convoités exacerbera plus encore les rancœurs. Le réalisme social n'en contiendra les débordements qu'au dessous d'un certain seuil d’ingérence. Son dépassement soulèvera sans tarder l'indignation des forces conservatrices.

 

Elles s'insurgeront alors contre cette participation juive et en trancheront sans ménagement la dynamique nationale.

 

Cette attitude chauvine, par ses effets pervers, aboutira au redoutable concept de la responsabilité juive. Elle fera du Juif cet être sacrificiel de tous les désarrois nationaux.

 

En temps de crises, le Juif supportera désormais le fardeau de tous les maux. Il sera le bouc émissaire de tous les désespoirs. A l'opposé, dans les périodes de croissance, les Juifs se verront diabolisés pour leur intelligence et leurs réussites. Elles en deviendront les arguments mêmes de leur perversion. Elles constitueront les attributs pernicieux de la détention du pouvoir national. Cette dérive fantasmatique ira jusqu'au délire du complot juif international dont l'objectif insidieux serait la domination du monde.

 

Les conséquences nuisibles de cet antisémitisme nationaliste se devineront très précocement.

 

Elles se dévoileront désastreuses pour l'ensemble de la collectivité nationale. Les flambées antisémites, récurrentes et stériles, n'induiront que déstabilisations sociales, néfastes aux intérêts mêmes de la nation. Une telle prise de conscience se fera, pour la première fois, à la veille de la Révolution française. Elle établira l'impérieuse nécessité d'extirper du milieu national le fléau antisémite.

 

En 1787, la publication d'une étude intitulée "Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs", fera l'effet d'une bombe. Cet ouvrage de l'Abbé Grégoire soulignera l'impasse idéologique que représentait pour toute la nation l'endémie antisémite. Le retentissement de cet essai aboutira à une décision politique sans précédent. Le 27 septembre 1791, sous l'impulsion de ce député avisé, l'Assemblée nationale constituante votait la loi sur l'Emancipation des Juifs. Elle octroyait, pour la première fois en Europe, un droit égalitaire aux Juifs de France.

 

Cette loi d'Emancipation, très favorable au citoyen Juif, le sera beaucoup moins pour la pérennité d'Israël. Son but déclaré visait en effet à ruiner le concept de peuple juif qui perdurait obstinément malgré l'exil et la dispersion. Elle ne le dissimulera aucunement. Centrée sur la promotion individuelle du Juif, l'Emancipation annihilera, de l'aveu même de son promoteur, le particularisme juif dans la société nationale. Elle devait résoudre le problème juif par la solution naturelle de l'assimilation.

 

En insistant, du haut de la tribune, sur l'intérêt de cette loi, qui apportera  "tout pour l'individu Juif, rien pour le peuple juif", l'Abbé Grégoire en fixait clairement l'esprit.

L'Emancipation française produira comme prévue une grande vague d'intégration. Elle atteindra surtout les milieux bourgeois et intellectuels, pour lesquels l'Emancipation désenclavait la condition juive demeurée trop longtemps humiliante.

 

La promulgation de cette loi, malgré ses bonnes intentions, ne tardera pas à révéler ses insuffisances. Si elle octroyait bien l'égalité civique aux Juifs français, elle ne parviendra pas à modifier les mentalités. Elle ne fera disparaître ni les calomnies, ni les préjugés. Le milieu d'accueil restera fidèle à lui-même. Il refusera d'entériner l'égalité du Juif. Il rejettera ainsi le préambule nécessaire au succès de l'absorption juive. L’opposition populaire limitera d’elle même les prétentions de la loi. Elle fera échouer l'objectif premier de l'Emancipation. La solution au problème juif, prônée par les révolutionnaires français, n'aboutirait pas totalement.

 

Cet échec relatif vérifiera, une fois encore, le principe de cloisonnement attaché au peuple du Livre. Il participait de la convention d'éternité établie par l'Alliance.

 

Dans l'occident chrétien, désormais moins sensible aux anathèmes religieux, apparaîtra bientôt un nouvel antisémitisme. Il se gorgera de redoutables griefs, sociaux et politiques, à l'encontre des Juifs. Ils seront dorénavant stigmatisés dans tous les conflits nationaux, voire internationaux.

 

En ces temps de revendications et de luttes de classes, toutes les couches sociales adhéreront promptement au concept de nuisance juive. Ce dernier légitimera les émeutes antijuives qui déferleront bientôt sur toute l'Europe. Elles constitueront dorénavant l'expression nationale de l'antisémitisme moderne.

 

Le vieux démon, tapi dans l'inconscient chrétien, s'en trouvera libéré. Il pénétrera à travers tous les pores de l'esprit nationaliste. Il envahira chaque mentalité européenne. Une rétention haineuse s'accumulera ainsi sous le ciel des nations. Elle menacera les entités juives dont la présence contrariait les aspirations nationalistes. L'extermination nazie y puisera, en son temps, l'énergie de ses mortelles pulsions. En nourrissant cette effroyable entreprise, cette haine exacerbée assurera le succès européen du génocide allemand.

 

Le forfait nazi, amplifié par la complicité des pays européens, constituera finalement le terrible épilogue du long exil d'Israël au sein des Nations. Des cendres encore fumantes de la Shoa jaillira la plus fabuleuse des mutations.

 

Sous la démesure du sinistre linceul masquant les restes calcinés du peuple juif, émergeront les espérances d'une ère hébraïque nouvelle. Impétueuses comme une source de vie, elles entrouvriront l'avenir juif sur des lendemains prometteurs. Elles insuffleront à la face du judaïsme agonisant l'énergie de sa rédemption.

 

La perspective d'un Etat juif rétabli sur la terre d'Israël apaisera, tant soit peu, le cœur hébreu de ses ultimes et odieuses meurtrissures. Elle seule affranchira l'âme juive des contraintes de l'exil. Elle seule dissipera ses doutes et allégera ses souffrances.

 

La restructuration prodigieuse du pays d'Israël bousculera le concept juif enraciné dans l'esprit des nations. Les Juifs ne seront plus ce peuple brisé, assujetti à toutes les violations. Ils ne seront plus ces êtres résignés soumis aux exactions les plus outrageantes.

 

L'Etat d'Israël restaurera la dignité des Juifs. Il recentrera le génie hébreu dans le concert des nations. Comme prédit par Théodore Herzl, la renaissance nationale juive stérilisera l'endémie antisémite au sein des Nations. Le renouveau hébreu annihilera l'arbitraire antijuif des peuples de la terre. Plus jamais, il ne connaîtra les débordements du passé. Plus jamais, il ne s'exercera impunément.

 

Yoshuah Ben Shalom - visionhistoire © 2011 www.aschkel.info 

 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 12:37

 

 

 

Au Nom de l'alliance par Yoshuah Ben Shalom -

(Feuilleton en ligne)

 

 

© 2011 www.aschkel.info

 

J'ai l'honneur et le plaisir de vous proposer l'écrit de Yoshuah ben Shalom en ligne, un écrit passionnant dont on ne sort pas indemne, qu'il vous faut lire, et garder précieusement dans votre bibliothèque virtuelle.

Un épisode vous sera proposé chaque semaine, vous pourrez retrouvez chacun des épisodes en cliquant sur la bannière ci-dessous, au fil des publications.

 

Je remercie Yoshuah Ben Shalom pour ce précieux partage.

Cet écrit est libre de diffusion, à la seule condition de ne procéder à aucune modification dans le texte, vous pourrez donc transmettre le lien URL de chaque article, en respectant le nom de l'auteur et de la source.

Aschkel

 

 

Au-nom-de-l-alliance-copie-1.jpg

 

 

AVERTISSEMENT

 

 

Cet écrit découle de l'interrogation de l'homme devant le destin exclusif des Nations, dont la mise en jeu concourt à orienter l'humanité vers une indéniable finalité.

         

  J'exprime ici la conviction profonde que les péripéties de l'histoire, souvent encombrées de corrélations aussi étranges qu'impératives, ont pour fonction de susciter les conditions nécessaires aux mutations d'un monde en devenir.

         

Dans cette voie délibérément déterministe, la quête d'une réponse crédible  impose à la pensée de se garder des abîmes de l'imaginaire et à la réflexion de se prémunir contre l'utopie. Elle veillera ainsi à ne jamais s'écarter des connaissances patentées, fussent-elles traditionnelles, et s'appuiera toujours sur des événements incontestables dont la signification pourra étonner, laisser sceptique ou faire frémir.

         

Le code biblique, par sa dimension intemporelle, servira de référence permanente. Il interprétera les situations qui ont infléchi le cours de l'histoire et éclairera l'analyse par sa vision synthétique des événements.

         

Dans cette optique, et bien que cet essai ne revendique aucune prétention ésotérique, il y régnera implicitement une Force dirigeante que certains appelleront D.ieu et d'autres Destin.

         

D'aucuns auront alors la tentation de reléguer cet ouvrage dans les brumes du mysticisme. Ils seront dans l'erreur car, à aucun moment, l'approche analytique ne se départira du rationalisme le plus rigoureux.

         

La seule prétention de cet essai réside dans la tentative de décodage d’événements historiques incontestables, dont la finalité interpelle le raisonnement universel. 

         

Cette entreprise n'aurait pu aboutir sans l’aide d’une inspiration obstinée, intégrant les fluctuations de l'histoire dans le dessein existentialiste.

         

L'exploration d'une telle voie, en relativisant le comportement des Nations, a le mérite d’écarter les silences de la raison devant les aléas de l'histoire. Elle n'en subtilisera pas, pour autant, la responsabilité des hommes devant leurs actes.

         

Ainsi, certains événements de ces deux derniers millénaires peuvent sembler des plus obscurs. Ils contribueront, néanmoins, à sauvegarder les conditions de la réunification du peuple juif, sur la terre de son indéfectible héritage. Ils traduiront la subordination contractuelle des enfants d'Israël aux engagements de l'Alliance.

          

  Il faudrait être peu perspicace pour ne pas remarquer que l'enchevêtrement des vicissitudes de l'histoire s'est fait et continue de se faire, par paliers inexorables, vers le rassemblement d'Israël sur sa terre ancestrale. Il donnera en ce 14 mai 1948 une ampleur frémissante à la prédiction tri-millénaire de Moïse:

"L’Eternel ton D.ieu, te prenant en pitié, mettra un terme à ton exil, et Il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels Il t'aura dispersé."(Deut.XXX, 3)

         

De même qu'après la crue d'un fleuve soumis à l'impétuosité des éléments, les eaux regagnent progressivement leur lit, Israël revient, lui-aussi, des quatre coins du monde. Le poids de ces deux longs millénaires d'exil, passés au sein des Nations, n’aura jamais éteint la pulsion rédemptrice chez les rejetons des Juifs chassés par Titus.        

         

Cette terrible tragédie, déjà prédite du temps de Moïse, s'accomplira en la deuxième année du règne de Vespasien, père de Titus. Elle prendra place en l'an 70 du calendrier chrétien.

"...et vous serez arrachés de ce sol dont vous allez prendre possession. Et l'Eternel te dispersera parmi les peuples d'une extrémité de la terre à l'autre..."(Deut.XXVIII, 63,64)

         

Comme pour l'épreuve babylonienne qui consolidera le monothéisme hébreu, ce dernier exil ne se comprendra que sous l'angle régénérateur de l'expiation. Il sera, par là-même, d'une rigueur constante et implacable. Il vérifiera, dans les tourments les plus exécrables, les caractères intemporel, coercitif et irrévocable de l'Alliance abrahamique contractée aux noms de toutes les générations d'Israël.

         

Les Juifs de l'exil ne pourront ainsi concrétiser les velléités naturelles d'assimilation. La dilution d'Israël au sein des Nations restera une option fermée. En attentant au caractère inaltérable de l'Alliance, elle aurait affecté le sens même de l'Histoire.

           

La notion de délivrance prochaine demeurera indissociable de l'exil juif. Elle sera le substratum de la promesse qui s'accomplira en ce milieu de XXème siècle.

 

"Et il te ramènera, l'Eternel ton Dieu, dans le pays qu'auront possédé tes pères, et tu le posséderas à ton tour."(Deut.XXX, 5)

 

         

Appuyé sur les Ecritures, cet essai n'en reposera pas moins sur des faits indéniables. Leurs liens se retrouveront dans la trame d'un destin singulier, tissé dans la finalité impressionnante des prophéties bibliques.

         

Dans son ultime évolution, l'histoire des hommes réalisera l'unification de l'humanité sous le règne de la Connaissance Ineffable.

           

         

Libre à chacun de croire ou de ne pas croire en cette Force Universelle gouvernant l'histoire du monde, mais si d'aventure, de cet ouvrage, le lecteur en ressort troublé et s'en convainc, il pourra l'appeler comme il l'entend.

 

Yoshuah Ben Shalom © 2011 www.aschkel.info

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:30

 

Des blogs franco-israéliens accusés d’être “antisémites” (?) par le cercle Hoffenberg

 

Par Marc Brzustowski


Pour © 2011 aschkel.info et © 2011 lessakele 



La campagne pour l’élection des députés des français à l’étranger n’a pas débuté qu’elle donne lieu à des dérives hésitant encore entre l'accès de paranoïa et de mégalomanie :

Dans un article daté du 8 mai 2011 (jour d’armistice!),http://www.israelvalley.com/news/2011/05/08/31581/

Daniel Rouach, sous la rubrique : « scandaleux ! », fait un procès d’intention à certains « blogs francophones israéliens » d’utiliser « les techniques propagandistes de la presse d’extrême-droite ». Il dit de “ces sites internet hébergés en dehors-de-France, qui seraient certainement interdits dans l’hexagone en raison de propos homophobes et racistes » (?).


Il reproche aux textes incriminés l’utilisation du nom de jeune fille (seulement?) de la candidate Valérie Hoffenberg. Il s’autorise cette grosse colère au seul motif que la « presse antisémite a longtemps nommé « Benguigui Patrick Bruel ». Ces sites seraient “donc” : « homophobes, racistes”, fascistes et“antisémites”. Fermer le ban.


On peut croire que c’est sur commande officieuse [le texte est repris comme soutien de Daniel Rouach à la candidate, sur le site de celle-ci : 

 http://valeriehoffenberg.wordpress.com/2011/05/09/Le brave homme a, sans doute, été la victime consentante d'une manipulation. Son article a des allures téléphonées, des arguments fallacieux, "disproportionnés" (!) là où il n'y a pas mort d'homme. Daniel Rouach sera le "modérateur" des débats du Forum de Madame Hoffenberg. Il s'exerce, ici, à jeter de l'huile inutilement sur le feu. Y sera t-il juge et partie?

 

Il explique ce phénomène par l’Aliyah récente d’Olim d’Hénin-Beaumont sur le Yarkon : « Réponse : les “Amis de Le Pen” prennent racine en Israël et utilisent des techniques de pure désinformation. ».


Le procédé est bien connu, en revanche, des officines de presse et des politiciens manipulateurs : il s’agit d’assimiler le contradicteur à l’ennemi de toujours, par reductio ad hitlerum pour faire taire tout débat. De cette façon, tout autre candidat que Valérie Hoffenberg sera, de facto, assimilé aux propos prêtés, et, de fait, rendu illégitime. Le “hic” est qu’aucun des candidats en lice n’est soutenu par, ni ne soutient, Marine Le Pen, n’a le moindre lien avec elle, pas plus les sites vilipendés. Et que tous sont Juifs.

 

Madame Hoffenberg, de son côté, a la mémoire courte : elle devrait connaître ce procédé, puisque c’est ainsi, précisément, via les Badiou, Montebourg ou d’autres, à gauche, qu’on a collé l’étiquette de “Vichyste” à son Président, pour cause de : débat sur la laïcité, sur l’identité nationale, sur les Roms, et j’en passe. Ce terrorisme intellectuel, expression de sectarisme à l’état pur, est, de façon cardinale, ce qui empêche tout débat en France! Et c’est par là qu’elle inaugure sa campagne! L’UMP se déballonne face aux questions de société, mais reprend le procédé! Cette dérobade chronique face aux électeurs fait monter le "front". Ceux qui agissent ainsi manquent de tripes et font payer leur fiasco au quidam.

 

Pour ce qui nous concerne, voilà dans quel contexte le nom de jeune fille de cette candidate est apparu. Le titre, seul, de l’article suffit à comprendre le motif du juste courroux de ses auteurs. Il a un nom : la duplicité :

http://lessakele.over-blog.fr/article-hoffenberg-met-en-selle-les-islamistes-pro-iraniens-d-el-wasat-en-egypte-71909726.html

Sous couvert de « dialogue avec le Printemps arabe », Mme la candidate tient un double-langage dont les Juifs d’Europe ou du Maghreb ont eu soupé : « faîtes la paix avec les extrémistes “modérés”, dissidents des Frères Musulmans, qui soutiennent l’Iran des Mollahs et le Hamas ! ». En invitant ces porte-parole du parti « El Wasat », le Quai d’Orsay a menti -ou s'est laissé dupé, c'est selon- sur les conditions d’entrée à ces formations : la condition sine qua non « officielle » était qu’ils ne remettent pas en cause les traités de 1979 avec Israël.


 Pas “d’antisémitisme” dans ce texte. Pas plus que l’origine tunisienne de la candidate ne saurait faire l’objet d’infamie, bien au contraire. De la fierté de son origine et de son nom, Mme Hoffenberg devrait, aussi, se souvenir des siècles de dhimmitude auxquels les Juifs du Maghreb ont été soumis. Valérie Hoffenberg, plutôt que de s’expliquer, recourt à des procédés de campagne sectaires. Ils feront taire, croit-elle, ces critiques fondées d’une politique désastreuse, à long terme, pour Israël : voir s’installer progressivement des dominions pro-iraniens au nord, au sud, à l’est.

Informer sur ces risques de dérives, c’est vouloir que cette campagne soit l’occasion de mettre tous les sujets de contentieux grave à la disposition du public.

Madame Hoffenberg a la mémoire courte (bis) : mais, lorsque Daniel Rouach, dans son pamphlet contre « l’extrême-droite » (= tous ceux qui ne courtisent pas les Frères Musulmans ?) élève Valérie Hoffenberg au rang de « Juste parmi les Nations », au même titre que « Simone Veil »[1]on atteint le summum dans la manipulation des consciences et des mémoires. La farce tourne à la mégalomanie !

Mme Hoffenberg aurait dû s’insurger contre cette usurpation extravagante qui retire toute dignité à l’article. Mais, non, elle en est fière et le colle sur son blog de campagne !

Valérie Hoffenberg s’auto-congratule. Les survivants de nos familles, s’il en reste, savent exactement ce qu’est un ou une « Juste parmi les Nations ». Ils apprécieront un orgueil à la démesure de ses ambitions. Il est vrai que les morts ne votent pas, sauf en République bananière. Le piston de l’Elysée n'ouvre pas droit de s’auto-discerner un titre qui est le prix incalculable, de la préservation de la vie humaine contre la Barbarie.


Nous ne répondrons pas, ici, pour d’autres blogs incriminés en tant « qu’anti-Français » (sic. : il faudrait savoir à la fin ! On « roule pour Le Pen » ou on a droit au qualificatif classique sortant tout droit de sa bouche ?)

Ces flagorneries font oeuvre de vanité (L’Ecclésiaste) : Mme Hoffenberg devrait savoir que tout ce qui est exagéré est insignifiant. Le débat qui s’annonce, orchestré par les parachutés de la Présidence, risque de confiner au grotesque. D.ieu préserve!


[1] Je salue, en passant, la mémoire de Marie B. (1925-2003), étudiante de 19 ans, déportée du convoi 76 du 30 juin 44, dont on m'a rapporté, ensuite, qu'elle a connu Simone Veil lors des évènements les conduisant d’Auschwitz à Bergen-Belsen, désignés sous le funeste nom de "Marche de la Mort".

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 09:40

 

 

Israël - La solution est chez nous, car...

Par Avraham Azoulay

Editorial de leptithebdo

pour © 2011 www.aschkel.info

Merci Guitel, Merci Avraham,

 

L'actualité, locale comme internationale, explose dans tous les sens.

Faire son Alyah n'est pas donné à tous ; à l'étranger, nos frères juifs gardent sur nous un regard à la fois bienveillant, inquiet et admiratif. Ils nous voient jongler avec un quotidien riche en émotions, celles de la réalité israélienne. Nous vivons notre vie à deux cents à l'heure, en dépit des agressions incessantes de nos ennemis.

Vivre en Israël réclame de grandes capacités d'adaptation aux situations inhabituelles, voire surnaturelles : la vie courante en Israël. Parmi les miracles quotidiens, l'un des plus étonnants est sans doute celui qu'on peut observer avec un peu de recul : plus ces capacités  sont mises à l'épreuve, plus les immigrants s'attachent à leur terre ; ici, personne ne souhaite échanger sa place contre aucune autre dans le monde. Et encore moins avec nos voisins, que d'ici, nous pouvons observer avec quelque cynisme : les personnalités puissantes et respectables d'hier sont désormais terrées dans les bunkers, d'où ils ordonnent à leurs armées de mitrailler leur propre peuple.

Assad, le gentleman au style british, prend conseil auprès de son "collègue" Kadhafi. "Tire dans le tas et tire-toi" a dû lui dire ce tyran.  

Assad n'est pas contrariant, mais on n'a jamais vraiment su ce qu'il pensait, à part répandre sa haine et soutenir le terrorisme. Est-ce que Nicolas Sarkozy va aussi bombarder la Syrie ? Quand on pense qu'au dernier dîner du CRIF, le président français a appelé les Israéliens à être enfin raisonnables... Parlez à ce bon Assad aux yeux bleus, ce génie des temps modernes, et dites lui clairement que vous le laisserez tremper les pieds dans le lac du Kinnereth... La question  est  comment les Juifs ont-ils réagi ? Ont-ils applaudi, ri, se sont-ils tu, ou ont-ils sifflé cet appel grotesque à la paix ? Retenons plutôt nos leçons d'histoire et cessons de nous laisser influencer par des conseils meurtriers... Hillary, sous les ordres du boss, nous pousse sans cesse dans les bras d'un Abou Mazen qui flirte avec le Hamas de plus en plus... Voilà qui devient intéressant, allons-nous bientôt devoir sortir les parapluies anti-missiles à Jérusalem, comme à Ashdod, Béer Shéva et Ashkelon ? Pour faire plaisir à l'oncle Sam, que ne ferions-nous pas ?

Mais enfin, qu'est-ce qui rend le monde si aveugle ? La peur ? La haine du juif ? Peut-être l'illusion qu'une solution de type Irak ou Liban résoudra leur propres problèmes ?

Le Rav David Ben Ezra de Jérusalem, connu pour sa sagesse et son érudition, a proposé dernièrement une solution plus que pertinente. Je vous la rapporte en avant première, et surtout, amis de Face book, n'hésitez pas à la partager et à lui faire traverser les mers…

La seule manière de faire taire le monde quant à notre avenir, est entre nos mains, et ne dépend que de nous autres, juifs du monde entier. Parce que lorsque le Golan sera peuplé d'un million d'habitants juifs au lieu de quinze mille, qui osera encore parler de le donner ? Lorsque la Judée-Samarie en abritera un autre million, quelqu'un prendra-t-il au sérieux les caprices d'Abou Mazen ? Quand le Néguev comptera une majorité juive plutôt que bédouine, sera-t-il encore source d'inquiétude pour notre pays ? La solution du Rav : l’Alyah de masse, d'une simplicité évidente, d'une logique imparable, est celle qui résoudra tous nos problèmes, démographiques, géographiques, économiques et politiques, et elle ne peut venir que de nous.  Il suffit de purifier sa pensée, de détacher son esprit des considérations matérielles, de retrouver son identité juive et d'entamer une montée en puissance, le voyage vers la vraie liberté, vers nous mêmes : vivre chez soi, en Israël. 

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