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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 05:42

 

Bann C.E.NEPHTALI

 

 

 

Allons-nous être une deuxième fois réduites en cendres ?

Dis-nous, Chalom, est-ce que c’est vrai que……… ?

Par Charles-Etienne NEPHTALI

pour  © 2011 www.aschkel.info

 

La semaine dernière, un incendie se déclarait à Jérusalem menaçant Yad Vashem qui fut de suite évacué. On pensa immédiatement qu’il s’agissait d’un incendie criminel car 4 « départs de feu » furent décelés.

 

 

Est-ce cela qui me fit faire ce curieux rêve, moi qui dors si peu ? Un rêve au cours duquel j’eus l’impression « d’entendre des voix ». Mais quelles étaient donc ces voix ? D’où venaient-elles ? Que disaient-elles ? Pourquoi s’entretenaient-elles avec moi ? Pourquoi me questionnaient-elles ?

 

*

*      *

 

« Quoi ? Encore de la fumée ? Encore des flammes ? Allons-nous être une deuxième fois réduites en cendres ?Cela ne finira donc jamais ? Dis-nous, Chalom (1), quand cela se terminera-t-il ? » me « demandèrent » des millions de voix, me « demandèrent » plus de 100.000 photos qui « quittèrent leur palace et m’entourèrent ».

 

« Et ces 50 millions de documents, réunis avec patience et ténacité par des hommes remarquables tels MM. Wisenthal et Klarsfeld entre autres, vont-ils eux aussi être réduits en cendre ? Et le Hall des Noms avec des témoignages sur celles et ceux qui n’ont pas sépulture et que nous représentons, va-t-il être détruit lui aussi ? Que deviendra le Mémorial pour le million et demi d’Enfants assassinés où leur Nom, leur âge et leur pays d’origine sont entendus en permanence ? Et celui commémorant le souvenir de l’Héroïsme des Combattants des Maquis ainsi que celui des Résistants et Révoltés des différents Ghettos, que vont-il devenir ? Que va-t-il advenir du Jardin des Justes des Nations, ces courageux non-Juifs qui risquèrent leur vie pour sauver des Juifs ? Et le Wagon-Mémorial des Déportés, sera-t-il détruit ? Et le Monument rappelant la Révolte du Ghetto de Varsovie, va-t-il lui aussi disparaître totalement comme le fut le Ghetto ? Et la Place Janusz Korczak, que va-t-elle devenir ? »

 

« De celles et ceux que nous représentons, de toutes ces victimes de la barbarie sur les bras desquels des numéros furent tatoués, de ces « codes-barres » comme vous dites maintenant, il ne restait que nous pour ne jamais les oublier et pour pouvoir dire « Plus jamais ça ! » Est-il possible que tout cela puisse être englouti à tout jamais ? ».

 

Ainsi « parlaient » les photos des victimes de la Shoah en « voyant » la fumée et les flammes qui envahissaient la forêt de la colline du Souvenir à Jérusalem le jour même où, en France, nous commémorions les rafles des 16 et 17 juillet 1942, gigantesque et honteuse opération policière baptisée « Vent printanier » mais connue sous le nom de « Rafle du Vel’ d’Hiv’ » au cours de laquelle 13.152 Juifs (hommes, femmes, enfants) furent arrêtés par la police française du gouvernement de l’ex-Maréchal traître de Vichy (9.000 policiers et gendarmes) dirigée par les infâmes Leguay et Bousquet (ami d’un ancien Président de la République), 13.152 Juifs arrêtés comme de vulgaires malfaiteurs.

 Lire et garder ce document >  Déportés juifs de France Déportés juifs de France

5802 femmes, 3031 hommes et 4051 Enfants furent parqués plusieurs jours au Vélodrome d’Hiver dans des conditions inhumaines, entassés sur les gradins, dans une chaleur épouvantable, sans eau ni vivres avant d’être déportés vers des camps d’internement français puis des camps de concentration et d’extermination en Allemagne et en Pologne d’où la plus grande majorité d’entre eux n’en revint pas.

 

Pour reprendre les célèbres et courageuses paroles prononcées par le Président Chirac le 16 juillet 1995 « La France, patrie des Lumière et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, ce jour-là, accomplissait l’irréparable ». Des gens courageux s’indignèrent face à cette ignominie, risquant leur vie pour sauver des Juifs mais, malheureusement, pour d’autres, ces victimes n’« étaient que des Juifs après tout » (voir ci-dessous une partie d’un texte personnel écrit en 2004 relatant une anecdote remontant à août 1961).

 Deportes-juifs-de-France.png

Photo Georges Wojakowski FFDJF

 

Et les photos « ajoutèrent » : « Si Israël avait existé avant l’arrivée au pouvoir d’un monstre et de sa clique de criminels, en plein milieu du XXème siècle, en plein milieu de l’Europe, dans un des pays le plus civilisé, le pays de la culture et de la musique, un monstre qui transforma, « un peuple débonnaire en un peuple de chiens enragés de près ou de loin associé à l’entreprise de la gigantesque extermination »,(2)  6 millions de Juifs, dont 1 million et demi d’Enfants, ne seraient pas devenues des photos et des dossiers après avoir été humiliés, traqués, affamés, mis dans des wagons à bestiaux et transportés comme du bétail lors de voyages sans retour, inhumains et interminables, avant d’être gazés, brûlés et transformés en cendres ».

 

Dans la « Vallée des Communautés perdues », cette vallée dédiée aux Communautés juives détruites en Europe par des sauvages, par des Allemands et leurs complices, l’angoisse était la même, les pierres, muettes elles, mais portant gravées sur elles 5.000 noms de Communautés à jamais anéanties, « pleuraient ». Les lettres hébraïques composant ces noms s’élevaient dans le ciel et se mêlaient à la fumée de l’incendie.

 

Si la thèse de l’incendie volontaire se confirmait, voulaient-ils, ces criminels, faire également coïncider leur acte odieux, à l'approche du 17 Tamouz, avec ce qui se passa à Jérusalem en 69 de l’ère actuelle, ce sinistre jour où fut percée par les Romains une première brèche dans les murailles de la ville, 3 semaines avant la destruction du Temple le 9 Av par Titus et ses légionnaires ?

 

Les photos « continuèrent à m’interroger » « Qui es-tu Chalom ? D’où viens-tu ? As-tu des membres de ta famille parmi nous ? » A ma réponse « Je suis Français » et avant même que je ne puisse dire autre chose, elles me « demandèrent » :

 

« Dis-nous, Chalom, est-ce que c’est vrai que depuis quelque temps il y a de plus en plus d’actes antisémites en France et dans le monde ? Est-ce que c’est vrai qu’un homme s’appelant Sarkozy,  Président de la France, est d’accord pour que la moitié de Jérusalem appartienne aux Arabes ? Est-ce que c’est vrai qu’un autre homme s’appelant de Charrette a qualifié Israël d’Etat-voyou ? Est-ce que c’est vrai qu’en France et dans le monde les produits israéliens sont boycottés ? Est-ce que c’est vrai qu’en France et dans le monde il y a des manifestations dans lesquelles des gens crient « mort aux Juifs, mort à Israël » et que les gouvernements et les associations antiracistes ne disent rien ? Est-ce que c’est vrai qu’un organisme international (3)vient d’interdire à Israël d’effectuer des fouilles en Israël même et que le monde entier se tait tout comme il se tut lorsque celles et ceux que nous représentons furent assassinés ? Est-ce que c’est vrai qu’en France l’Éducation Nationale veut interdire le mot Shoah et qu’une enseignante (4) fut sanctionnée pour l’avoir beaucoup employé ?»

 

« Dis-nous, Chalom, est-ce que c’est vrai qu’en France un homme s’appelant Juppé, responsable des relations internationales, dit, tout comme un professeur d’université israélien (5),  qu’Israël ne doit pas et ne peut pas être un Etat juif car il y a 20% d’Arabes qui y vivent ? Est-ce que c’est vrai que ce même homme ainsi que d’autres en France et dans le monde, sont d’accord pour qu’il y ait un nouvel état arabe avec Jérusalem comme capitale, un pays qui sera interdit aux Juifs ? Est-ce que c’est vrai quece même homme, ne sait pas, ou ne veut pas savoir, ou oublie, que l’ONU vota en 1947 le partage de la Palestine en un ETAT JUIF et un état arabe et que M. Ben Gourion, le 14 mai 1948, lut la Déclaration d’Indépendance de l’ETAT JUIF s’appelant ISRAËL ».(6) 

 

Abasourdi, sidéré par toutes ces questions, je fus soulagé en me réveillant d’apprendre que les flammes furent vaincues grâce à la diligence des responsables de la lutte contre le feu, forts de la malheureuse expérience de l’incendie de Haïfa (44 morts) il y a quelques mois. Mais je fus cependant contrarié qu’il y eut quand même 8 personnes indisposées 8 personnes indisposées

 

et contrarié (c’est un euphémisme) également en réalisant que ce que me « disaient » ces voix n’était que la triste et lamentable vérité et qu’à toutes leurs interrogations je ne pouvais que répondre OUI !

 

Et les photos des victimes de la Shoah « reprirent leur place » !!!

 

 

Charles Etienne NEPHTALI

Le 28 juillet 2011

 

 

 

 

 Mon prénom en Hébreu

 Phrase du Professeur Vladimir Jankélévitch dans « L’Imprescriptible »

(3)  L’UNESCO

(4) Catherine Péderzoli

(5) Shlomo Sand

(6) Le 29 novembre 1947, l’ONU adopta la résolution 181 sur le partage de la Palestine mandataire. C’est malheureusement ce même organisme qui, le 10 novembre 1975, vota la résolution 3379 assimilant le sionisme au racisme oubliant par là-même que c’est pour échapper au racisme que des Juifs se firent sionistes. 16 ans plus tard, l’ONU reviendra sur cette inique décision (résolution 46/86 du 16 décembre 1991).

 

*

*      *

 

C’étaient des Juifs après tout !

 

……………….. En 1961, arrivant de mon Maroc natal, il me fut attribué une HLM à Bobigny, face à la gare de voyageurs d’où partirent tant de convois de Déportés. Un dimanche, au hasard d’une promenade, j’arrivai, avec ma femme et Jean-Luc, mon fils âgé de 2 ans, à Drancy distant de quelques kilomètres. Je reconnus de suite le bâtiment en U dont j’avais vu les photos sur un livre, « Drancy la Juive » lu au Maroc. Sur ce bâtiment, une plaque de marbre, maculée d’encre, indiquait ce que fut ce lieu il y avait tout juste 16 ans.

 

Une dame âgée nous demanda si nous cherchions quelque chose. Lui répondant que non, je lui fis part cependant de l’émotion de me trouver en ces lieux. Elle nous conta avec force détails ce qui s’y était passé de fin 1941 jusqu’au début de 1945 : le carrousel des autobus amenant hommes, femmes et enfants, les cris, les pleurs, la police française (ce que jusque là j’ignorais). Elle n’arrêtait pas de ponctuer son récit de « c’était affreux, Monsieur, c’était horrible ». Lui demandant d’où elle tenait tous ces détails, elle me déclara qu’elle habitait dans un pavillon juste en face et que plusieurs voisins furent témoins de ces « scènes terribles, atroces ». Et à mes questions « Vous ne disiez rien ? Vous ne faisiez rien ? », elle ne me répondit que « C’étaient des Juifs, après tout ».

 

« Des Juifs, après tout ». Des gens normaux, comme vous et moi, d’honnêtes gens, vraisemblablement de bonnes mères et de bons pères de famille se comportèrent et raisonnèrent de la sorte, restant muets face à l’horreur, muets comme cette Cité qui porte comme nom, quelle ironie, « La Muette » !

 

Pire encore, si au moment des faits, cette vieille dame ne connaissait pas encore le sort qui attendait ces malheureuses gens, au moment où elle me dit « C’étaient des Juifs, après tout », elle savait certainement ce qu’il en était advenu.

 

Les paroles de cette vieille personne, me demandant ensuite poliment de l’aider à traverser la rue, résument bien l’ambiance de l’époque parmi certaines gens. 60 ans après, face à des actes antisémites, des gens se comportent de façon similaire, allant même jusqu’à rendre les Juifs responsables de leurs malheurs.

 

Moi, « l’écorché juif », qui ne suis ni descendant, ni ascendant, ni collatéral d’une des très nombreuses victimes de cette barbarie absolue, je me considère en deuil de 6 millions des miens dont 1 million et demi d’Enfants. Je ne suis qu’un militant de la Mémoire qui…………………..

 

Charles Etienne NEPHTALI

Avril 2004

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 19:38

Merci Jean-Marc

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Commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv par Jean-Marc Moskowicz

 


 

 

 

Convoi N°20 en date du 17 aout 1942 :

Simon Goldstein 2 ans, Bernard Goldstein 7 ans, Georges Goldstein 8 ans, Dora Binenstock 5 ans, Henri Binenstock 9 ans, Chana Binenstock 12 ans, Paul Skorupka 5ans, Samuel Skorupka 6 ans, les jumeaux Jacon et Henri Skorupka 8 ans, Denis Cynaber 6 ans, Lucien Cynaber 10 ans, Georges Cynaber 12ans, Ginette Moszkowisz 2 ans, Rachel Moszkowisz 10 ans, Marcelle Moszkowisz 11 ans, Marguerite Jakubovitch 2 ans, Armand Jakubovitch 4 ans, Rebecca Jakubovitch 6 ans, Anna Jakubovitch 7 ans,……..

C’est le second convoi par lequel les petits enfants juifs quittent la France vers le plus terrifiant des voyages : 207 garçons et 323 fillettes de moins de 16 ans.

 

Le 16 juillet 1942 à 4 heures du matin débute la plus grande arrestation massive des Juifs réalisée en France durant la Seconde Guerre mondiale.

La rafle a été préparée de longue date. Depuis la Conférence de Wannsee, en janvier 1942, Eichmann organise les convois de déportation dans toute l'Europe. Il sollicite les représentants nazis dans les territoires occupés pour exécuter des rafles et organiser des convois vers Auschwitz.

 En France, c'est le SS Obersturmführer Danneker, le chef du service juif du SD en France occupée de fin 1940 à juillet 1942, qui est chargé d'organiser la rafle. Il est sous les ordres du général Oberg, chef des SS et de la police allemande en France. Eichmann est venu les voir à Paris et déclare : « Le rythme prévu jusqu'ici de trois transports hebdomadaires contenant chacun 1000 Juifs devra être intensifié rapidement, en vue de libérer totalement et le plus vite possible la France de ses Juifs. » (Compte-rendu rédigé par Eichmann, à l'issue de sa visite de 48 heures à Paris, 1er juillet 1942).

Pour cela, il négocie avec la police française qui accepte de collaborer et d'organiser seule la rafle !

Les policiers Jean Leguay (délégué de la Police de Vichy en zone occupée) et René Bousquet (secrétaire général de la Police française) négocient avec Dannecker. Ils mettront la police française à la disposition des Allemands pour faire la rafle.

Ainsi, le 10 juillet 1942, Dannecker télexe à Eichmann que la rafle sera conduite par la police française du 16 au 18 juillet et que l'on peut s'attendre à ce qu'il reste environ 4 000 enfants après les arrestations.

En fait, seule la police française et quelques officiers nazis seront dans les rues, les soldats allemands ont presque disparu de la circulation durant deux jours. Ils laissent faire leurs amis policiers français.

Les policiers français, dès l'aube, frappent à la porte des appartements où on leur a dit d'arrêter les Juifs. Ils les conduisent ensuite vers des autobus. De là, ils sont emmenés au Vélodrome d'hiver.

Le Vélodrome d'hiver, en abrégé « Vél' d'hiv' », était comme son nom l'indique une piste pour des courses de vélos, dans un stade couvert.

C'est là, dans les gradins, que furent emmenés les Juifs arrêtés. Le lieu fut choisi parce qu'il pouvait contenir un grand nombre de personnes.

Dans tout Paris, des cars de police sillonnent les rues. Les policiers investissent les immeubles et les pavillons, réveillent les familles, les obligent à faire hâtivement leurs bagages avant de les emmener dans les camions qui les mèneront au centre de rétention. Parfois, des suicides se produisent : une mère jette ses enfants par la fenêtre du quatrième étage et les rejoint dans la mort, une autre petite fille fait de même, un médecin de Montreuil s’empoisonne avec sa famille. Les rumeurs couraient en effet depuis quelques jours sur une "grosse opération" contre les Juifs. Mais rares seront ceux qui avaient pris les mesures adéquates en vue d’échapper à la rafle. "Si on nous en donnait le pouvoir, on les trouverait bien, tous ces juifs qui restent planqués chez eux", s’exclamera un agent de police. 

 

Rafle du Vel d'Hiv

"Si nous avions su que c’était pour faire ce travail !" reconnaîtra toutefois un autre garde mobile. La plupart d’entre eux sont jeunes, ou anciens prisonniers de guerre et, dans l’ensemble, la police française s’acquitte de sa tâche sans zèle particulier, sans véritable opposition non plus, souvent avec brutalité. Quelques cas de compassion seront néanmoins recensés. 

Les familles sans enfants sont immédiatement envoyées à Drancy, tandis que les familles avec enfants sont parqués au Vel d’Hiv’, le complexe sportif de la rue Nélaton.

Prévu pour abriter 12.000 personnes, l'établissement en reçoit 7.000, dont 4.051 enfants… dès le premier jour de la rafle !

Les conditions d’accueil sont indescriptibles : pas de nourriture, pas de place, pas assez de sanitaires, une ambiance de terreur et de chaos. "La nuit, relate un rescapé, nous étions tous recroquevillés pour dormir et beaucoup de personnes criaient. C’était affreux." 
Un médecin dépêché sur les lieux relate : "L’atmosphère était tellement saturée de poussière qu’elle devenait par moments irrespirable et provoquait des phénomènes de conjonctivite". La chaleur estivale est écrasante. 

André Baur, qui dirige l’U.G.I.F. sur Paris (l'Union générale des Israélites de France, le "conseil juif" instauré à l'initiative allemande), a l’occasion de rendre visite au Vel d’Hiv’, dans l’après-midi du 16 juillet, soit le premier jour de la rafle parisienne :

"La vaste enceinte grouille de haut en bas. Avant d’y pénétrer, nous voyons à l’extérieur dans une courette un pompier distribuer de l’eau à des enfants, au bout d’un tuyau d’incendie qui s’alimente dans la rue. Il n’y a donc pas d’eau à l’intérieur. Dès l’entrée, de nombreux ballots épars, des hardes enveloppées dans des édredons ficelés, des valises, des sacs de tous genres. Interrogés, les gendarmes répondent : objets perdus. Nous pénétrons sur la piste centrale par le tunnel. Spectacle. Une foule énorme dans des tribunes où les fauteuils paraissent tous occupés.

A l’examen, on constate des milliers de gens assis, occupant avec leurs ballots et valises les fauteuils autour d’eux. Sur le terre-plein central, des enfants courent et semblent jouer, pourchassés par des gendarmes qui ont l’ordre de les faire remonter dans les gradins. De temps en temps, des jeunes gens apportent des baquets d’eau et tous s’y précipitent pour remplir leurs quarts, leurs casseroles, ou de simples boîtes de conserve. Sur la piste, à droite en sortant du tunnel, des brancards sont posés où geignent des femmes et des enfants étendus.

Dans une petite enceinte à gauche, la Croix-Rouge a installé une ambulance où s’affairent des infirmières et les deux médecins. On a l’impression qu’il n’y a que des enfants et des malades. Pour cet ensemble, on n’a amené qu’une cinquantaine de brancards et matelas. [...] Une femme, devenue folle, est liée sur un brancard ; une autre a cherché à tuer son enfant avec une bouteille. Un autre enfant fut amené, les veines du poignet presque sectionnées par sa mère."


 

 

 

rafle8.jpeg

Annette Muller, survivante, témoigne: 

"Cependant, mon petit frère et moi avions soif. Nous voulions aller aux cabinets. Mais impossible de passer dans les couloirs de sortie et, comme les autres, nous avons dû nous soulager sur place. Il y avait de la pisse et de la merde partout. J’avais mal à la tête, tout tournait, les cris, les grosses lampes, suspendues, les haut-parleurs, la puanteur, la chaleur écrasante. Assise près de nous sur les gradins, une femme très belle serrait un petit garçon de deux ans dans ses bras. Un garçon aux boucles brunes, au teint mat délicatement rosé.

Je voyais sa mère l’enlacer sauvagement, couvrir son visage de baisers. Je pensais : comme elle l’aime. Il n’y avait plus rien à boire et à manger. Un jour, des femmes au voile bleu sur la tête ont distribué de la nourriture. Au milieu des cris et de la bousculade, on nous donna une madeleine et une sardine à la tomate. J’ai grignoté le dessus bombé de la madeleine en laissant fondre lentement les miettes sucrées dans ma bouche, j’ai mangé la sardine en léchant d’abord la tomate qui la recouvrait.

C’était délicieux. Je ne me souviens pas avoir mangé autre chose au Vel d’Hiv’. Rien d’autre. Après, nous avons eu très soif. Les lèvres et la langue étaient desséchées, mais il n’y avait rien à boire. Sur les gradins, près de nous, une femme s’est subitement affaissée. Elle était morte."

 

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12 884 Juifs sont arrêtés : (4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes). Un nombre indéterminé, prévenu par la Résistance ou bénéficiant du manque de zèle de certains policiers, parvient à échapper à la rafle.

Selon la préfecture de police, le nombre d'individus arrêtés s'élève à 13 1525. C'est aussi ce nombre qui est gravé sur la stèle commémorative située à l'emplacement du vélodrome. Sur les 13 152 juifs raflés, seuls 25 adultes et quelques enfants ont survécu.

Le 16 juillet 1995, le président Jacques Chirac a reconnu devant le monument commémoratif la responsabilité de la France dans la rafle et dans la Shoah. Il a notamment déclaré :

«  Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français.

Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 4 500 policiers et gendarmes français, sous l'autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis.

Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police.

La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.  »

Aujourd’hui, 17 juillet 2011 peut-on encore commémorer la Rafle du Vel d’Hiv quand dans certains établissements scolaires il n’est déjà plus possible d’enseigner l’histoire de la Shoah ?

 

Rafle2.jpg

Combien de temps encore pourrons-nous commémorer la Rafle du Vel d’ Hiv et la déportation avant que la mémoire disparaisse au profit d’un clientélisme nouveau refusant toute évocation des Juifs en France ?

Déjà des manuels d’histoire de certains éditeurs omettent de parler de la Shoah, effaçant ainsi de la mémoire collective l’histoire des Juifs en France, une histoire vieille de 2 000 ans pendant lesquels les Juifs furent toujours présents sur le territoire national.

Aujourd’hui plus que jamais le devoir de mémoire est important car le danger n’est pas tant l’oubli que l’on craignait quand les derniers survivants auront disparus mais bien l’effacement pur et simple de la mémoire française de la présence des Juifs et de leur déportation.

De l’extermination d’hier jusqu’au révisionnisme historique d’aujourd’hui l’œuvre commencée par Hitler semble avoir trouvé de nouveaux relais.

Depuis plus de 2000 ans, la folie irrationnelle de l’esprit humain se focalise sur le peuple juif pour tenter de le faire disparaître. Cela relève de la psychanalyse de groupe. Le peuple juif est devenu le « bouc émissaire » par essence, coupable de tous les maux, de toutes les misères, de toutes les calamités qui s’abattent sur le reste de l’humanité.

Beaucoup se sont interrogés depuis la Shoah sur la complicité silencieuse des peuples, des populations occupées, des gouvernements.

Cette complicité d’une partie de l’Europe reste un mystère au regard de l’Europe des Lumières, des valeurs des Droits de l’Homme, des valeurs mêmes du judéo-christianisme.

Si une seule leçon peut-être tirée de la Shoah c’est celle de l’irrationnelle folie du Monde qui, en certaines conditions, peut focaliser toute sa haine sur un peuple si petit soit-il. Phénomène de masse, fonction nécessaire à toute société que celle du bouc émissaire ?

Ainsi Hitler dans « Mein Kampf » désigne pour cause de la situation tragique du peuple Allemand les juifs et le fameux complot juif mondial.

Au-delà du peuple Allemand, une partie de l’Europe s’est ralliée à cette idée que les malheurs du monde étaient dus à ce peuple juif et ainsi devenait complice de l’extermination.

Aujourd’hui se dessine au niveau planétaire le même schéma : Israël devient le fameux « bouc émissaire » mondial, focalisant tous les ressentiments, toutes les haines, toutes les frustrations des peuples.

Si l’on peut facilement comprendre qu’une partie du tiers monde et des peuples arabes, volontairement maintenus dans l’obscurantisme et l’absence de culture et d’éducation, n’ait pas les « armes » intellectuelles nécessaires pour comprendre que si l’on désigne Israël comme bouc émissaire c’est pour mieux occulter à quel point les dirigeants de ces pays maintiennent leur peuple en état de sous-développement, il n’en est pas de même pour l’Occident et les pays développés.

Or l’on assiste bien à une nouvelle « bouc émissairation » d’Israël désigné comme le pays responsable de tous les maux planétaires, fonction qu’occupait précédemment le peuple juif.

Israël n’est autre que le pays des juifs et par glissement, parce qu’après la Shoah il ne serait pas politiquement correct de continuer à s’en prendre aux juifs, c’est donc naturellement le pays des juifs, l’Etat Juif lui-même qui est désigné pour occuper cette fonction.

Alors que le monde arabo-musulman focalise sa violence contre Israël, le même phénomène saisit l’Occident par « capillarité ».

La vieille Europe, en proie à une crise économique mais aussi une crise de ses propres valeurs, s’est à son tour lancée dans la désignation d’Israël comme responsable de tous les maux et coupable par essence.

Comme pour la Shoah, l’Occident devient ainsi complice de cette entreprise irrationnelle de destruction à terme de l’Etat d’Israël car, ne nous y trompons pas, à terme il s’agira bien de détruire cet état paria, comme l’on a tenté de détruire ce peuple maudit.

Une irrationnelle folie mondiale coure sur tous les hémisphères. Irrationnelle car aucune des accusations contre Israël n’est fondée. Il suffit d’un œil objectif et d’une connaissance des faits et de l’histoire pour comprendre que rien de ce qui est reproché à Israël n’est fondé.

Déjà certains manuels d’histoire sont manipulés de façon propagandiste afin de présenter l’Etat d’Israël comme un Etat illégitime au Moyen Orient. Cette nouvelle forme de révisionnisme après avoir touché la Shoah s’attaque aujourd’hui à l’Etat Juif cette fois par pur clientélisme afin de ne pas froisser certains élèves d’origines étrangères.

 

rafle9.jpg

Près de 10 000 Juifs n'ont pas été arrêtés pendant la Rafle du Vel d'Hiv grâce à des Parisiens courageux qui les ont aidés. Nombre de français se sont illustrés en protégeant et sauvant des familles juives.

Le peuple français attaché à son histoire et sa culture saura comprendre les aspirations du peuple Juif à ne pas voir son histoire bafouée et disparaitre de la mémoire nationale française.

Jean-marc MOSKOWICZ

A mon père, l'un des derniers survivants de la Rafle du Vel d'Hiv, arrêté le 16 juillet 1942 à l'age de 10 ans avec sa mère et son frère.

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 16:06

Pensées pour ma famille

 

 

 

 

 



 

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Il y a quelques mois Europe-Israël écrivait aux 11 membres de la Commission du Dictionnaire de l’Académie Française afin de suggérer que le mot « Shoah » rentre enfin dans le dictionnaire. Nous avons déjà reçu 5 réponses positives dont celle de Mme Hélène CARRÈRE d’ENCAUSSE, Présidente de la Commission du Dictionnaire.

Notre lettre à l'Académie Française :

Europe Israël demande à l’Académie Française de faire rentrer le mot Shoah dans le dictionnaire

En effet, contre toute attente le mot « Shoah » ne fait pas partie du Dictionnaire de l’Académie Française. Cela peut sembler aberrant mais c’est pourtant ainsi, l’un des évènements majeurs du XXème siècle n’est toujours pas entré officiellement dans le Dictionnaire.

Si notre demande auprès de l’Académie Française aboutie le mot « Shoah » pourrait rentrer dans la dixième édition du Dictionnaire de l’Académie Française.

Rappelons que le mot « Shoah »,  (שואה  ), est un nom commun qui signifie "anéantissement", mais aussi "cataclysme", "catastrophe", et qui a été pour la première fois employé en 1944 parle juriste Raphaël Lemkin afin de désigner l'extermination des Juifs d'Europe.

Claude Lanzmann qui cherchait un titre pour son film choisit de ne pas utiliser le terme couramment employé à l’époque pour désigner l’extermination des Juifs d’Europe, le terme « Holocauste », en raison de sa connotation religieuse et sacrificielle   impropre. Ne trouvant pas de titre approprié pour désigner ce qu’il appelait « la Chose », il décida d’utiliser le mot « Shoah » terme utilisé par des Rabbins après la guerre pour désigner cet évènement.

C’est ainsi que le mot « Shoah » commença à rentrer dans le langage usuel français mais aussi mondial. Il est désormais ancré profondément dans notre culture nationale à tel point qu’il existe à Paris un Mémorial de la Shoah. Même les correcteurs orthographiques des logiciels reconnaissent le mot « Shoah »…

Aujourd’hui, le mot « Shoah » fait partie intégrante de notre langage mais aussi de notre héritage historique. L’extermination systématique par l’Allemagne Nazie des trois quarts des Juifs de l’Europe occupée est un évènement majeur du XXème siècle qui a profondément marqué les générations successives.

Le terme « Holocauste » employé tout de suite après guerre a peu à peu été abandonné en raison de sa connotation religieuse et sacrificielle

Le terme « génocide » utilisé dans les manuels scolaires pour évoquer l’extermination des Juifs est aujourd’hui largement dévoyé de toutes parts. En effet, si vous tapez dans Google le mot génocide vous trouverez 15 700 000 pages de résultats.

Or en explorant les premières pages de résultats, aucune ne parle du génocide des Juifs d’Europe. Vous y trouverez le Rwanda, le génocide Arménien et bien d’autres mais ce n’est qu’en seconde page du premier moteur de recherche mondial que l’on trouve enfin une page liant le mot génocide et l’extermination des Juifs… Signe des temps.

Le mot génocide est par ailleurs employé largement pour qualifier toutes sortes d’exactions meurtrières ou morts de populations civiles, banalisant ainsi comme « un génocide de plus » l’extermination systématique des Juifs en Europe occupée.

C’est ainsi que l’on peut lire des défenseurs de la cause Palestinienne que le sort des Gazaouis est comparable au sort des Juifs dans les camps d’extermination.

Par ailleurs, si le mot « Shoah » rentre dans le Dictionnaire de l’Académie Française l’extermination des Juifs d’Europe ne pourra décemment plus disparaitre des manuels d’histoire et les professeurs ne pourront plus être accusés d’enseigner la « Shoah ».

Si le mot « Shoah » rentre dans le Dictionnaire ce serait ainsi un symbole fort de l’Académie afin de « sacraliser » historiquement par un terme particulier cet évènement majeur de notre histoire française et européenne.

Le mot « Shoah » reconnu enfin par tous « sanctuariserait » l’Extermination des Juifs d’Europe et empêcherait toute tentative révisionniste.

Nous espérons que le Mémorial de la Shoah, qui fait un travail admirable de mémoire, et le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France appuieront notre demande auprès de l’Académie Française afin qu’elle aboutisse.

Jean-Marc MOSKOWICZ
Président d’Europe Israël

Copies à Yad Vashem et United States Holocaust Memorial Museum

A mon grand-père mort à Auschwitz en mai 1942 et à mon père survivant de la Rafle du Vel d'Hiv.

Aux 6 millions de Juifs exterminés dont 1,5 millions d'enfants…

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 14:46

 

 

 

Priorité aux personnalités pour se réfugier

aux Etats-Unis. 1940-1941.

 

Par Marc-André Charguéraud

 

pour © 2011 www.aschkel.info et © 2011 lessakele


Est-il moral de choisir quelles vies doivent être sauvées ?

 

Le 26 juillet 1941, Albert Einstein, l’éminent savant, écrit à Eleanor Roosevelt, l’épouse du président des Etats-Unis : « La politique qui est actuellement poursuivie rend pratiquement impossible de trouver refuge en Amérique pour de nombreuses personnes de mérite qui sont victimes de la cruauté fasciste en Europe. »[1] Einstein pense d’abord au sauvetage des « gens de mérite ». Ceux qui possèdent « un ensemble de qualités intellectuelles et morales particulièrement dignes d’estime ».[2] Cette attitude discriminatoire correspond pourtant à la politique suivie par le président des Etats-Unis.


Dès juillet 1940, Roosevelt a donné une priorité à l’accueil des « culture carriers » européens en péril. Il demande à James McDonald, qui dirige le President Advisory Committee on Political Refugees( PACPR), de préparer une liste d’éminents réfugiés auxquels le ministère des Affaires étrangères donnera un visa temporaire salvateur. Des personnes « ayant une réussite intellectuelle hors pair, un courage indomptable, prouvant être de vigoureux supporters d’un gouvernement libéral et étant en danger de mort entre les mains de la dictature », précise un communiqué de presse du gouvernement.[3]


Des listes sont soumises par le PACPR et différentes organisations juives. Sur 3 268 visas accordés, seuls 1 236 pourront être utilisés, avant qu’en janvier 1941 déjà le plan soit interrompu sous la pression des isolationnistes du Département d’Etat. Dans de nombreux cas, les réfugiés sélectionnés n’ont pas été à même d’atteindre un port d’embarquement en pays neutre.[4]


Ces dispositions en faveur de l’immigration des intellectuels ne sont pas nouvelles. Les lois américaines permettent l’entrée hors quota de professeurs qui ont enseigné les deux années précédentes et auxquels un poste d’enseignement est garanti aux Etats-Unis. L’Emergency Committee in Aid of Displaced Foreign Scholars,[5] en grande partie financé par la Fondation Rockefeller, a aidé au transfert de quelques centaines de professeurs et leur installation. Parmi eux figurent dix prix Nobel de physique qui vont contribuer de manière significative à la défense des Etats-Unis pendant et après la guerre.[6]


En 1940 et 1941 un nombre important d’intellectuels en péril se trouvent immobilisés dans la sud de la France. Parmi eux de nombreuses personnes d’origine allemande peuvent être réclamées à tout moment par les Allemands et livrées par les Français aux termes de la Convention d’armistice. Beaucoup sont des réfugiés juifs. Il faut leur obtenir un permis de sortie de France, un visa de transit en Espagne et au Portugal ainsi qu’une place sur un navire. Et si ce n’est pas possible, on aura recours à une exfiltration illégale.


Une organisation sur place devient nécessaire. Le Comité américain de secours (CAS) s’installe à Marseille en août 1940. Il est financé par l’International Rescue Committee, créé par un groupe privé américain au début de l’été 1940. Le CAS sera dirigé pendant deux ans par l’entreprenant Varian Fry. Il est l’artisan infatigable de la fuite de la zone libre française de quelque 1 500 personnalités du monde scientifique, politique, religieux et syndical. Parmi eux, on citera les artistes Marc Chagall et Max Ernst, le poète André Breton, le sculpteur Jacques Lipchitz J, la harpiste Wanda Landowska, les écrivains Heinrich Mann, Lion Feuchtwanger et Franz Werfel, la philosophe Hannah Arendt. [7] 


Ces sauvetages sont certes admirables, mais ils posent une question fondamentale sur le plan moral. Dans son livre, Le chemin des Pyrénées, Liza Fittko relate une conversation qu’elle eut avec Varian Fry au cours de l’hiver 1940 : « Vous avez aidé des centaines de gens, et beaucoup d’autres mettent tous leurs espoirs en vous. Mais il y a aussi tous les autres : ceux qui ne sont pas célèbres, qui n’ont pas de relations. Et ils ne sont que trop nombreux, tous ceux que vous ne pouvez pas aider…En partant je pensais : je n’aimerais pas avoir le pouvoir de décider quelle vie doit être sauvée. »[8] Un chiffre donne l’immensité du nombre de ceux « qui ne peuvent être aidés ». Au 30 juin 1939, les consulats américains dans le Reich croulaient sous 309 000 demandes de visas.[9] 


Le Consul américain à Alger, Felix Cole, s’indigne dans une lettre datée du 26 octobre 1940 au State Department : « Un intellectuel vaut-il plus qu’un travailleur, ou un petit marchand, qui a laissé derrière lui ses quelques pauvres possessions (...), qui doit tout recommencer et auquel on refuse (l’accès aux Etats-Unis) (...), alors qu’un professeur d’université est le bienvenu et soutenu parce que son éducation, sa parole et son écrit de qualité impressionnent les riches ? »[10]


Ce problème de choix dramatique s’est souvent posé. Du fond du ghetto de Varsovie, Emmanuel Ringelblum décrit les limites d’une politique de secours et l’alternative morale angoissante qui en résulte. N’est-il pas rationnel, disait-il, lorsque l’on sait que les secours sont insuffisants pour un sauvetage général, de s’efforcer de « sauver un certain nombre d’individus sélectionnés pour leur productivité et leur niveau intellectuel ? ( ...) Mais alors pourquoi des travailleurs et artisans, des gens de mérite qui furent productifs, et que seuls la guerre et le ghetto ont privés de leur capacité de production, seraient jugés inutiles, la lie de la société, candidats aux charniers ? On reste confronté à un dilemme tragique : (...) allons-nous donner une seule cuillère pleine à chacun avec le résultat que personne ne survivra ? Ou allons-nous donner suffisamment à quelques-uns pour qu’ils puissent survivre? »[11]


Ringelbaum à Varsovie ne peut pas augmenter le volume des secours. Il n’a aucune porte de sortie à la crise qu’il vit. A Washington, Roosevelt n’aurait-il pas dû accueillir tous les réfugiés européens de bonne foi dont la vie était en danger qui sollicitaient un visa pour la liberté. Il avait les moyens d’éviter une discrimination moralement difficile à accepter.


Pendant ces deux années qui ont précédé la Shoah, l’Amérique est neutre. Un pays de 130 millions d’habitants peut bien recevoir quelques dizaines de milliers de personnes en péril. Refuser un visa à une personne dont la vie est menacée, c’est la condamner à une mort lente ou rapide probable. Il s’agit d’un refoulement bureaucratique à distance, sans le face à face de la frontière, mais aux mêmes conséquences. Après la guerre, nombre d’historiens américains reprocheront aux neutres d’Europe ces refoulements hautement condamnables. Ils oublieront opportunément les turpitudes de leur propre pays.

 

 

Copyright Marc-André Charguéraud. Genève juin 2011


Trouvez sur mon blog : La Shoah revisitée (http://la.shoah.revisitee.org) d’autres articles récemment publiés.

 

 

[1]FRIEDMAN, Saul S. No Haven for the Oppressed: United States Policy toward Jewish Refugees 1938-1945, Detroit, Wayne University Press, 1973, p. 124.

[2] Grande encyclopédie Larousse, Librairie Larousse, Paris, 1984, Tome 10, p. 215.

[3] DIVINE Robert A. American Immigration Policy, 1924-1952, Yale University Press, New Haven, 1957, p. 102, note 47.

[4] Ibid. p. 103.

[5] Comité d’Urgence pour aider des professeurs étrangers déplacés.

[6] MORSE Arthur D. While Six Millions Died : A Chronicle of American Apathy, New York, Random house, 1968, p. 293.

[7] Ibid. p. 295

[8] GRYNBERG Anne, Les camps de la honte : Les internés juifs des camps français, 1939-1944, Editions de la Découverte, Paris, 1991, p. 193.

[9] CHARGUERAUD Marc-André, Tous coupables ? Les démocraties occidentales et les communautés religieuses face à la détresse juive, 1933-1940, Labor et Fides / Ed. du Cerf, 1998, p. 204.

[10] BREITMAN Richard , KRAUT Alan, American Refugee Policy and European Jewry , 1933-1945, Bloomington, Indiana University Press, 1987, p. 133.

[11] RINGELBLUM Emmanuel, Chronique du Ghetto de Varsovie, Laffont, Paris, 1959, p. 283.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 05:00

 

 

 

Hitler et le Hamas vu et analysé par François-Poncet (père et fils)

par  Jean Aikhenbaum

© 2011 www.aschkel.info

 

 

Hitler et les siens

La politique ne se sépare pas de la connaissance des hommes. A plus forte raison quand il s'agit d'un régime dictatorial est-il nécessaire de bien connaître l'homme tout-puissant et ses conseillers. On trouve, parmi les documents du Livre jaune, de nombreux crayons d'Hitler. Le mieux enlevé est de M. François-Poncet, qui n'est pas seulement un diplomate, mais un styliste.

 

Voici une des dernières visites de M. Poncet eu Führer (document n° 18)

 

En m'invitant, dans la soirée du 17 octo­bre, (cet entretient s’est déroulé selon toute vraisemblance de 1938)  à aller le voir le plus tôt possible, le Chancelier Hitler avait mis à ma disposition l'un de ses avions personnels. Je suis donc parti, le lendemain, par la voie des airs, ac­compagné du capitaine Stehlin, pour Berchtes­gaden. J'y suis arrivé vers trois heures de l'après-midi. De là une automobile m'a con­duit, non pas à la villa de l'Obersalzberg où habite le Führer et où il m'a déjà reçu, mais en un lieu extraordinaire où il aime à passer ses journées, quand le temps est beau.

 

Une construction pharaonique

 

De loin, ce lieu apparaît comme une sorte d’observatoire ou de petit ermitage, perché à 1.900 mètres d'altitude au sommet d'une arête de rochers. On y accède par une route en lacets d'une quinzaine de kilomètres, har­diment taillés dans la pierre et dont le tracé (audacieux fait autant d'honneur au talent de l'ingénieur Todt qu'au labeur acharné des ouvriers qui ont, en trois ans, achevé ce travail gigantesque. La route aboutit à rentrée d'un long souterrain qui s'enfonce dans le sol et que ferme une lourde et double porte de bronze....

 

La folie des grandeurs

 

Est-ce l’œuvre d'un esprit normal, ou celle d'un homme tourmenté par la folie des grandeurs, par une hantise de domination et de solitude, ou, simplement, en proie à la peur ?

Le Führer jouit de la surprise de son hôte, puis on sert le thé, les comparses se retirent et la conversation s'engage. Hitler parle beaucoup, passant très vite d'une humeur à l'autre. Ce jour-là, à part quel­ques bouffées de violence contre l'Angleterre, il reste simple, « calme, modéré, conciliant ».

 

Un dictateur semblable à tous les dictateurs tour à tour fou et débonnaire

 

Je n'ai, certes, aucune illusion sur le carac­tère d'Adolf Hitler. Je sais qu'il est chan­geant, dissimulé, contradictoire, incertain. Le même homme d'aspect débonnaire, sensible aux beautés de la nature et qui m'a exposé autour d'une table à thé des idées raisonna­bles sur la politique européenne est capable des pires frénésies, des exaltations les plus sauvages, des plus délirantes ambitions. Il est des jours où, devant une mappemonde, il bouleverse les nations, les continents, la géographie et l'histoire, comme un démiurge en folie. A d'autres instants, il rêve d'être le héros d'une paix éternelle, au sein de laquelle il édifierait des monuments grandios­es. Les avances qu'il est disposé à faire à la France lui sont dictées par un sentiment qu'il partage, au moins par intermittence avec la majorité des Allemands, à savoir la lassitude d'un duel séculaire et le désir d'y mettre fin...

 

Sur de son génie propre....

 

...Evidemment, il serait faux de croire que le Chancelier attache une importance excessive à ces obstacles. Depuis les événements de l’année passée, la confiance qu'il a en son génie propre, en son instinct, ou si l’on veut, en son étoile, ne connaît plus de borne. De l’aveu même de ceux qui l'entou­rent, il se juge désormais infaillible et invincible. C'est ce qui explique qu'il ne supporte plus la critique ni la contradiction.

Le démentir est à ses yeux un crime de lèse-majesté, l’opposition à ses plans, d'où qu'elle vienne, un véritable sacrilège auquel il convient de répondre sans tarder par une manifestation éclatante de toute-puissance.

 

 

Je reconnais bien volontiers, que les circonstances sont différentes, mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec les prises de position de Mr François-Poncet (fils) lorsqu’il s’exprime à propos des « dirigeants démocrates » du Hamas – interview donnédémocrates du Hamas. (interview donné au journal le monde en 2009)

Vous ne considérez donc pas les tirs de roquettes comme des actes terroristes ?

Les tirs s'inscrivent dans le cadre des échanges entre Israël et le mouvement palestinien à Gaza. Vous ne demandez pas si l'attaque israélienne à Gaza est terroriste. Il ne faut pas oublier que la trêve que le Hamas avait conclue avec Israël et qui a été dénoncée il y a trois mois comportait la possibilité pour l'enclave de Gaza d'avoir des relations normales avec l'extérieur, or les Israéliens ont imposé un blocus extrêmement strict. Ce qui a incité le Hamas à ne pas renouveler la trêve et à commencer à envoyer des missiles. Il a eu tort, sûrement, mais cela fait

partie du bras de fer qui se déroule au Proche-Orient.

 

Petits extraits de la charte du Hamas (1988, toujours en vigueurs aujourd’hui)

 

" Israël existera et continuera d'exister jusqu'à ce que l'islam l'anéantisse comme il a anéanti d'autres auparavant " (Le Martyr, Imam Hassan al Banna, de mémoire sacrée).

 

Le Prophète, qu'Allah le bénisse, a dit : " Le Jour du Jugement dernier ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs, quand les juifs se cacheront derrière les rochers et les arbres. Les rochers et les arbres diront, O Musulmans, O Abdallah, il y a un juif derrière moi, vient le tuer. Seul l'arbre du Gharkad ne le dira pas, parce que c'est un arbre des juifs " (rapporté par Boukhari et Moslem).

 

OBJECTIFS

ARTICLE NEUF Le Mouvement de la Résistance Islamique s'est trouvé quand l'islam avait disparu de la vie. Les règles vacillèrent, les concepts furent renversés, les valeurs changèrent, et les méchants prévalurent. L'oppression et l'obscurantisme régnèrent, les lâches devinrent des tigres, les terres furent usurpées

 

 

Si les maillons ont été éloignés les uns des autres et les obstacles mis par les valets du sionisme sur la route des combattants, le Mouvement de la Résistance Islamique aspire à la réalisation de la promesse d'Allah, quelque que soit le temps que cela prendra. Le Prophète, qu'Allah le bénisse, a dit : " Le Jour du Jugement dernier ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs, quand les juifs se cacheront derrière les rochers et les arbres. Les rochers et les arbres diront, O Musulmans, O Abdallah, il y a un juif derrière moi, vient le tuer.Seul l'arbre du Gharkad ne le dira pas, parce que c'est un arbre des juifs " (rapporté par Boukhari et Moslem).

 

 Face à l'usurpation, par les juifs, de la terre de Palestine, il devient obligatoire que l'étendard du jihad soit hissé. Pour réaliser cela, il faut propager la conscience islamique parmi les masses musulmanes locales, arabes, et sur le plan musulman. Il est nécessaire d'instiller l'esprit du jihad dans le cœur de la nation afin que le peuple confronte l'ennemi et rejoigne les rangs des combattants.

 

(petite note personnelle – le texte désigne nommément les juifs et non pas les israéliens ou à la rigueur « occupants », comme ennemis à combattre puisque le Hama ne reconnaît pas Israël,– ce détail a probablement échappé à M. François-Poncet)

 

Choix de textes

Jean Aikhenbaum

http://www.hstes.com/ 

Voir :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/02/03/le-hamas-n-est-plus-le-mouvement-revolutionnaire-et-religieux-que-l-on-veut-bien-decrire_1150309_3218.html

 

sources :

Je suis partout 1940

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 10:50

 

 

 

 

La Shoah revisitée

 

Par Marc-André Charguéraud

 

 

             Conférences sur les réfugiés,

                 une politique spectacle.

                         1938 et 1943.

 

   Des gesticulations politiques pour calmer une opinion publique choquée par les persécutions puis le massacre des Juifs.

 

 

Fin 1937, 130 000 Juifs allemands ont quitté le Reich. Ils sont encore près de 500 000 dépouillés de tous leurs droits qui cherchent à fuir. Déjà le 27 décembre 1935, James McDonald, Haut Commissaire aux réfugiés venant d’Allemagne, alerte le monde : « Le programme du gouvernement allemand est conçu pour réduire les non-aryens à la misère (…) de façon à rendre leur situation intenable (…) et que ces importuns soient obligés de fuir l’Allemagne ».

 

Après le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne en mars 1938, les méthodes appliquées par les nazis aux Juifs pour les forcer à fuir font frémir. Le «candidat » obligé à l’émigration doit régler la taxe d’émigration et la taxe juive, abandonner son logement, donner un pouvoir à sa banque pour qu’elle puisse disposer de ses biens au profit du régime et ne partir qu’avec ses effets personnels. On lui donne alors un passeport qu’il doit utiliser pour quitter le pays dans la quinzaine, sous peine d’être interné dans un camp de concentration, explique Adolf Eichmann. Une fois expulsés au-delà de la frontière autrichienne, ces Juifs sont souvent pourchassés d’un pays à l’autre par des autorités qui refusent de les recevoir.

 

Dans ce contexte, face à une opinion publique scandalisée, le président Roosevelt organise la Conférence d’Evian en juillet 1938. Roosevelt précise que le but de la conférence est de faciliter l’émigration d’Allemagne et d’Autriche de réfugiés politiques. Il faut ici traduire réfugiés politiques par réfugiés juifs, car Roosevelt ne veut jamais en parler en tant que tels. Mais le président s’empresse de fermer la porte. Dans son invitation il précise « qu’il ne sera demandé à aucun pays de recevoir un plus grand nombre d’immigrants que celui permis par les lois existantes ». Il ajoute que « le financement de l’installation des réfugiés restera la responsabilité des organisations privées ». Ces organisations n’ont pas été invitées à Evian. On décidera pour elles. Elles n’auront plus qu’à régler la facture. On peut se demander quelle était la raison d’être de la Conférence : aucun engagement d’admettre un réfugié supplémentaire, ni de dépenser un franc de plus.


Que décide une conférence sans résultats qui veut se survivre ? Elle crée un comité. C’est ainsi que naît le fameux Comité Intergouvernemental. Après la guerre, le sous-secrétaire d’état américain de l’époque écrit : « Le Comité aurait pu être responsable de succès exceptionnels avant et pendant les années de guerre, mais (...) les résultats ne dépassent guère zéro ».  Il faut dire à sa décharge qu’on ne lui a donné ni pouvoirs, ni financements.


Evian est la tribune où l’Occident annonce au monde désorienté l’abandon des Juifs du Reich à leurs tortionnaires nazis. Un abandon justifié pour les uns par le nombre de réfugiés qu’ils ont déjà accueillis, pour les autres par la crise économique et le chômage, pour d’autres encore par des déclarations antisémites. Evian aura servi à dire cyniquement tout haut ce que chacun pense et fait tout bas. Ce Munich juif préfigure le Munich diplomatique à venir.


Les gouvernants occidentaux semblent ignorer les drames humains sur lesquels ils se penchent. Des centaines de milliers de damnés du Reich ont cru chaque jour que la Conférence d’Evian allaient abréger leurs souffrances et les sauver. Or ils ont vécu un espoir dont l’existence même n’était qu’une illusion, une tromperie. Peut-on jouer ainsi avec les tourments d’autrui ? C’est odieux, et sans excuses. Anne O’Mc Cormick, éditorialiste du New-York Times, exprime le côté dramatique de ce théâtre absurde. « On a le coeur brisé à la pensée de ces queues d’êtres désespérés aux abords de nos consulats à Vienne ou dans d’autres villes, attendant avec impatience ce qui va arriver à Evian ».


On retrouve le même scénario lors de la Conférence des Bermudes en avril 1943.  A la grande différence de celle d’Evian, elle a lieu en pleine guerre et plusieurs millions de Juifs sont déjà morts. Sans en connaître l’ampleur, l’opinion publique  est consciente du drame et se manifeste. Les Parlements alliés emboîtent le pas. En Amérique, le Sénat et  la Chambre des Représentants adoptent la même résolution condamnant « les atrocités infligées aux populations civiles des pays occupés par les nazis et particulièrement les massacres de masse des hommes, des femmes et des enfants juifs ». En mars également, en Grande-Bretagne, les Communes donnent « leur soutien le plus complet à des mesures immédiates d’aide et d’asile temporaire aux réfugiés, aussi généreuses que possible dans le cadre des contraintes des opérations militaires ».


Le même mois, Stephan Wise, président du Congrès Juif Américain, écrit à Roosevelt : « Je vous supplie, cher Président, en tant que leader reconnu des forces démocratiques et humanitaires, de lancer une action, qui, même si elle ne peut pas mettre fin au plus grand crime perpétré contre des gens, pourrait tout de même sauver ces gens d’une disparition complète en offrant aux survivants un asile dans des sanctuaires créés sous les auspices des Nations Unies ». En mars 1943, lors d’une conférence de presse, le président Roosevelt appelle  « tous les peuples d’Europe et d’Asie à ouvrir temporairement leurs frontières à toutes les victimes de l’oppression. Nous trouverons un refuge pour eux... »

  

Un sauvetage, un refuge, c’est le but affiché de la conférence des Bermudes, mais la réalité est bien loin des bonnes intentions. Richard Law, représentant anglais à la Conférence, reconnaît sans ménagement que « les réfugiés et les personnes persécutées ne doivent pas être trompées (...) et avoir l’espoir qu’une aide va leur arriver, quand, en fait, nous sommes incapables de leur apporter le moindre secours immédiat ».


Que peut-on espérer de plus ? Les instructions reçues par les délégués américains et anglais sont si strictes qu’ils ne peuvent rien décider : impossibilité de modifier les lois sur l’immigration, de négocier avec les puissances de l’Axe, d’échanger des prisonniers, de lever le blocus, d’apporter des secours et d’utiliser des navires alliés pour le sauvetage.

 

  Comment s’étonner que dans une lettre à son ministre, Myron Taylor, un représentant américain, conclue avec une pointe de cynisme : « La Conférence des Bermudes fut, comme je l’avais pensé, parfaitement inefficace ».

 

A l’exception d’une déclaration d’intention, la Conférence ne prit que deux décisions mineures : l’établissement d’un camp en Afrique du Nord pour les réfugiés et la réactivation du Comité intergouvernemental pour les réfugiés, né à Evian. Il fallut attendre un an pour qu’un camp soit établi et il ne reçut que 630 personnes. Quant au Comité intergouvernemental, c’est paradoxalement une organisation de sauvetage dont le mandat exclut toute opération de sauvetage. Son programme consiste à apporter des secours à ceux qui, ayant pu fuir les pays occupés par les nazis, sont déjà sauvés.

  

 

Peter Bergson, chef d’un groupe de sionistes révisionnistes, fait figure d’outsider avec ses communications enflammées. Même s’il force le trait, sa pleine page dans le New York Times daté du 4 mai 1943 reflète assez fidèlement les sentiments du public. Sous le  titre en gros caractères « Pour les 5 000 000 de Juifs pris dans les filets meurtriers des nazis, les Bermudes n’ont été qu’une moquerie cruelle », Bergson s’indigne : « Victimes infortunées et condamnées de la tyrannie de Hitler ! Pauvres hommes et pauvres femmes de bonne foi de toute la terre ! Vous avez caressé une illusion. Vos espoirs ont été vains. Les Bermudes n’ont pas été l’aube d’une nouvelle époque, d’une époque d’humanité et de compassion où la pitié se transforme en actes. Les Bermudes ont été une moquerie …. »


 

Que les Alliés n’aient pas pu monter des opérations de sauvetage, n’aient pas eu le courage d’ouvrir leurs frontières aux réfugiés, on peut le leur reprocher. Mais tenir deux Conférences sur ces sujets pour faire semblant, susciter des espoirs et ne rien décider, c’est inadmissible et immoral. 

 

Copyright Marc-André Charguéraud. Genève mai 2011

 

 

Cet article est extrait d’un livre dont le premier tome paraîtra au premier semestre 2012 sous le titre :

La Shoah revisitée. 50 idées reçues et événements méconnus. 

BAUER Yehuda, American Jewry and the Holocaust : The AJJDC 1930-1945, Wayne State University Press, Detroit, 1981, p. 26. Calcul à partir des chiffres cités.

STRAUSS, Herbert A. Dir. Jewish Immigrants from the Nazi Period in the USA, K.G.Saur, New York, 1992, p. 291.

ROSENKRANZ, Herbert, The Anschluss and the Tragedy of Austrian Jewry, 1938-1945, in FRAENKEL Joseph, (direction) The Jews of Austria, Vallentine&Mitchell, Londres, 1967, p. 500.

WYMAN David, The Abandonment of the Jews and the Holocaust, 1941-1945, Pantheon, New York, 1984, p. 57.

SHERMAN Ari Johsua, Island of Refuge, Britain and Refugees from the Third Reich, 1933-1939, Paul Elek, Londres, 1973, p. 123.

WYMAN, op. cit. p. 51.

LEVIN Nora, The Jews in the Soviet Union Since 1917, Paradox of Survival, New York University Press, New York, 1988, p. 28.

LIPSTADT Deborah, Beyond Belief : the American Press and the Coming Holocaust, 1933-1945,Hartmore House, New York, 1985, p. 203.

FEINGOLD Henry L, The Politics of Rescue : The Roosevelt Administration and the Holocaus , 1938-1945, N J. Rutgers University Press, New Brunswick, 1970, p. 177.  

DRUKS Herbert, The Failure to Rescue, Robert Speller and Sons, New York, 1977, p. 37. Lettre datée du 4 mars 1943.

IBID. p. 51.

FEINGOLD, op. cit. p. 53.

PENKOWER Monty, The Efforts of the American Jewish Congress and the World Jewish Congress in the Years of the Holocaust, in FINGER Seymour Maxwell, direction, American Jewry and the Holocaust : A Report by the Research Director, his Staff and Independent Research Scholars Retained by the Director for the American Jewish Commission on the Holocaust, Holmes Meier, New York, 1984, annexe 4-1.

FEINGOLD, op. cit. p. 214.

FRIEDMAN Saul, No Haven for the Oppressed : United States Policy Towards Jewish Refugees 1938-1945, Wayne University Press, Detroit, 1973, p.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 13:47

 

http://lettresdisrael.over-blog.com

Lundi 2 mai 2011

MILLIERE.jpgPRESENTATION DE L'EDITEUR

Editions de Passy

Collection : « Politiquement incorrect »

 

J’ai écrit ce petit livre d’un trait, en quelques jours, comme un cri de colère.

Je vois monter en ce pays et sur ce continent des ombres maléfiques, et j’entends de tous côtés s’installer un silence lourd.

 

Il est des sujets dont il ne faut pas traiter et des réalités qu’il ne faut pas décrire. Il est des mots qu’il ne faut, semble-t-il, plus prononcer.

 

Je ne veux pas respecter les consignes.

Je veux parler de l’Europe telle qu’elle devient, de ce qui monte en elle et, aussi, de ce qui s’efface et ne devrait pas s’effacer.

 

Je veux parler de détresses, de souvenirs qu’on voudrait abolir, de rouages qui viennent peser et insister.

 

Certaines haines sont reconnaissables, même sous le fard.

 

Je les reconnais et je ne suis pas le seul.

 

Guy Millière, universitaire, économiste, géopolitologue, écrivain, ancien Président de l’Institut Turgot, membre du comité directeur de l’association France-Israël, est l’auteur de nombreux livres, dont La Septième dimension : le nouveau visage du monde et La Résistible ascension de Barack Obama.


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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 13:33

SHOAH : MÉDECIN, PÉDIATRE, ÉCRIVAIN, LE NOM DE JANUSZ KORZACK, RESTERA GRAVÉ DANS LES MÉMOIRES COMME UN HÉROS QUI S'EST SACRIFIÉ POUR LES ORPHELINS.

MAY 201102

 

Par Astrid Ribois
Rubrique: Shoah
Publié le 2 mai 2011

 

http://www.israelvalley.com


 

Janusz KorzackMédecin, pédiatre, écrivain, le nom de Janusz Korzack (photo), restera gravé dans les mémoires comme un héros qui s’est sacrifié pour les orphelins dont il s’occupait lors de la seconde guerre mondiale. Portrait d’un homme, dont le courage a fait de lui un héros des enfants polonais.

En dehors de la Pologne, Janusz Korczak, né le 22 juillet 1878, est surtout connu pour son dernier acte véritablement héroïque : incarcéré dans le Ghetto de Varsovie avec près de deux cents enfants de l’orphelinat qu’il dirigeait, il a décidé de refuser d’être sauver par des amis polonais pour accompagner les orphelins vers Treblinka où une mort certaine les attendait.

Il y avait toutefois beaucoup à admirer dans la vie de ce héros avant cette fin tragique. Janusz Korczak, de son vrai nom Henryk Goldszmit, était un médecin et un auteur, dont les écrits sont basés sur une observation attentive. Ces nombreuses œuvres, dédiées à la pédagogie, dont l’emblématique ’’Le roi Mathias, sont toutes aussi empathiques que perspicaces.

En 1912, après avoir servi dans la guerre russo-japonaise en tant que docteur militaire, il établit un orphelinat pour les enfants juifs de Varsovie qu’il organise comme une démocratie microcosmique : ‘’La république des enfants’‘. Les enfants avaient leur propre parlement, leurs propres journaux et un tribunal, dans lequel ils débattaient des transgressions contre les règles de l’école et des sanctions appropriés, ces dernières étant souvent levées du fait de la compassion des enfants. Ainsi, Janusz Korczak a administré une éducation par une justice naturelle et une psychologie éthique.

Ses convictions sur l’éducation étaient guidées moins par la théorie que par un humanisme sans borne. Il croyait en la dignité pleine et entière des enfants – ‘’le plus vieux prolétariat du monde’’ – et leur besoin d’amour et de respect. Encore aujourd’hui, ses livres pour enfants sont toujours lus en Pologne.

Il est notamment le précurseur de l’application des droits de l’enfant – le droit à l’expression, à la parole, la participation, le droit d’association – établis de manière officielle par la Convention des Nations-Unies pour les droits de l’enfant en 1989.

En 1934 et 1936, Janusz Korczak s’est rendu en Palestine. Influencé alors par les mouvements des Kibboutz, il était convaincu que tous les Juifs devaient émigrer en sur cette terre.

En 1939, lorsque le pays a été envahi par l’Allemagne et l’Union soviétique, il s’est porté volontaire pour servir comme officier dans l’armée. Sa requête n’a cependant pas été écoutée, en raison de son âge déjà avancé, 61 ans. Son orphelinat a par la suite été transféré dans le Ghetto de Varsovie. Là, il n’a cessé de tentait de nourrir les enfants dont il avait la charge mais aussi de continuer à nourrir leur esprit. Il refusait notamment de porter l’étoile jaune que les nazis avaient désacralisée. A plusieurs reprises, ses amis polonais lui ont proposé de s’échapper du Ghetto. Il a toutefois toujours refusé, préférant ne pas abandonner les orphelins.

Pour préparer ses protégés à la mort qui les attendait, il avait joué une pièce de Rabindranath Tagore, à la fois poignante et déchirante, sur la mort d’un enfant. Son courage et sa compassion à toute épreuve se sont manifestés jusque dans ses derniers instants. En août 1942, il a décidé d’accompagner volontairement les deux cents enfants de l’orphelinat, déportés vers les chambres à gaz du camp de Treblinka.

Un monument pour commémorer son courage sans faille a été érigé au cimetière juif de Varsovie ainsi qu’à Yad Vashem. Sur ce dernier, Janusz Korczal est représenté avec douze enfants symbolisant les douze tribus d’Israël.

Source: Astrid Ribois / Guysen.com

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 12:19

 

Documentaire Yom Ha Shoah

 

 

 

 

Gros titre du journal Israël Hayom aujourd’hui : Le monde a-t-il vraiment tiré les leçons de la Shoa ? 
Voir aussi : des pilotes de l’armée israélienne visitent la Pologne et Auschwitz et participent à l’anniversaire des 85 ans de l’armée de l’air polonaise


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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 10:07

 

 

 

Cet article est extrait d’un livre dont le premier tome paraîtra au premier semestre 2012 sous le titre :

 

La Shoah revisitée.

50 idées reçues et événements méconnus.  

 

Pas d’aide des Alliés pour les neutres

accueillant les réfugiés.

1942-1944.

 

        Des dizaines de milliers de Juifs auraient pu être sauvés.

 Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info 

   

Dans les mois qui suivent la victoire allemande sur la Hollande, la Belgique et la France, des milliers de personnes fuyant les nazis cherchent refuge dans les pays européens neutres. Parmi eux on compte de nombreux Juifs qui veulent échapper à leurs tortionnaires. La situation géographique de l’Espagne et de la Suisse les place au premier rang des pays d’accueil possibles. Au début de l’année 1942, la situation devient pressante. Les Etats-Unis sont entrés en guerre, les massacres de la Shoah ont débuté ; en novembre, la zone libre française, point de passage vers la liberté, est occupée par la Wehrmacht.

 

L’Espagne n’a jamais toléré plus de 2 000 réfugiés sur son sol. Son ministre des Affaires étrangères explique « qu’en aucune circonstance nous ne permettrons aux Juifs de rester en Espagne ». Un réfugié n’y est admis légalement que s’il possède un visa pour un autre pays. Les réfugiés qui ont passé la frontière clandestinement sont internés dans le trop fameux camp de Miranda de Ebro où les conditions de survie sont aléatoires. Une perspective décourageante pour les candidats au départ. L’Espagne est un pays affamé et ruiné par des années de guerre civile. Une aide financière et des approvisionnements venus d’outremer auraient permis l’accueil de plus nombreux réfugiés.

 

Pendant la guerre, la Suisse, encerclée par le Reich et l’Italie, n’a pas pu jouer le rôle de pays de transit comme l’Espagne. Les 21 500 réfugiés juifs qui sont arrivés pendant cette période sont restés bloqués dans le pays pendant toute la durée de la guerre.Avec une volonté déterminée, il aurait été possible de doubler voire de tripler ou de quadrupler ce chiffre et des approvisionnements conséquents envoyés par les Alliés auraient facilité cet accueil. De plus, ce petit pays de 4 millions d’habitants a craint d’être submergé par un flot incontrôlable de réfugiés s’il ouvre largement ses frontières et de devoir faire face après la guerre à des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires. Cette dernière préoccupation se retrouve à l’époque chez les Alliés. Elle sera contredite dans les faits. Très rapidement après la victoire, une reprise économique très forte a assuré le plein emploi.

 

Les appels à l’aide aux Alliés se sont multipliés. Le 30 décembre 1942, le Board of Deputies, l’organisation faîtière juive anglaise, demande au sous-secrétaire au Parlement britannique Richard Law de donner des garanties aux gouvernements des pays neutres que les réfugiés seront évacués de leurs territoires à la fin de la guerre.

 

L’appel lancé de Genève par le Congrès juif mondial et le Conseil mondial des Eglises le 18 mars 1943 va dans le même sens. Il demande d’urgence aux Alliés de donner une garantie définitive aux Etats neutres que les réfugiés seront rapatriés ou pourront émigrer rapidement à la fin de la guerre.

 

Un exemple : en janvier 1943, les Suisses sont prêts à accueillir 5 000 enfants  juifs de France, mais ils veulent l’assurance qu’après la victoire ils seront accueillis dans d’autres pays. Londres et Washington refusent de s’engager pour l’après-guerre. Les Américains allèguent que ces enfants pourraient bien d’ici là être devenus adultes ce qui les disqualifieraient. Pour Londres, la période d’admission en Palestine aux termes du Livre blanc se termine en 1944 ! Une argumentation fallacieuse. Malgré ces refus, la Suisse demande au gouvernement de Vichy de libérer ces enfants qu’elle accepte chez elle. Vichy refuse.

 

Alors que penser de la lettre que Churchill adresse à Roosevelt, le 1er janvier 1943 : « Nous sommes très désireux d’établir des plans pour l’évacuation d’enfants norvégiens, belges et d’autres pays vers la Suède et la Suisse (...) Ils pourraient y être entretenus par des importations supplémentaires à travers le blocus ».

 

En octobre 1943 à la Conférence de Québec, les Anglais, qui restent sensibles au problème, proposent d’approcher les pays neutres pour leur garantir une aide financière et leur promettre de rapatrier les réfugiés après la guerre. Ils seront ainsi encouragés à en recevoir un plus grand nombre. Cette proposition n’a pas de suite. Les Américains, à la demande de leur ambassadeur à Madrid, veulent que l’Espagne soit exclue de cet arrangement. Les Anglais en exigent autant pour la Turquie, passage obligé vers la Palestine. 

 

En décembre 1943, Henry Morgenthau, ministre américain des Finances, résume la position anglaise sur le sujet.  Les Anglais « sont apparemment prêts à accepter la mort de milliers de Juifs en territoires ennemis du fait des difficultés de pouvoir s’occuper d’un nombre considérable de Juifs s’ils pouvaient être sauvés ». Une critique que les Etats-Unis auraient aussi pu prendre à leur compte. Les Alliés ont constamment dit redouter de voir les nazis « déposer dans les pays neutres 100 000 Juifs ».

 

Tardivement, au printemps 1944, l’Agence pour les réfugiés de guerre, le WRB, demande aux missions américaines dans les pays neutres proches des territoires nazis d’insister auprès des gouvernements locaux pour qu’ils autorisent l’entrée des réfugiés qui arriveraient jusqu'à leurs frontières et le fassent savoir. Pour donner plus de poids à son message, l’Agence assure aux puissances neutres qu’elle subviendra aux besoins de ces nouveaux réfugiés et se chargera aussitôt que possible après la guerre de leur évacuation. Ces promesses restent au niveau des déclarations d’intention. Le WRB ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour y faire face et ne possède pas de mandat pour engager les Etats-Unis à terme.

 

Au même moment Josiah DuBois, un haut fonctionnaire du ministère américain des Finances, propose une solution plus immédiate. Etablir aux Etats-Unis un refuge temporaire pour toutes les victimes de nazis qui auraient pu s’enfuir. Des réfugiés pourraient être évacués de Turquie, de Suisse, d’Espagne et du Portugal, permettant l’arrivée d’autres fugitifs du Reich. DuBois ajoute que si les Etats-Unis n’entreprennent pas ces évacuations, les neutres déjà surchargés de réfugiés seront tentés de refouler de nouveaux arrivants comme cela a déjà été le cas en Turquie et en Suisse. Aucune suite conséquente ne sera donnée à cette proposition.

 

Pendant la durée de la guerre, les Alliés ont livré des centaines de milliers de tonnes de matières premières et de produits agricoles pour faire face aux besoins des Etats neutres. Ce ne sont pas quelques bateaux supplémentaires d’approvisionnements destinés aux réfugiés qui auraient modifié la donne. Le blocus économique reste strictement observé, rien n’arrive aux ennemis. L’évacuation, après la guerre, de quelques dizaines de milliers de réfugiés supplémentaires accueillis par les pays neutres ne pose pas non plus de problème. Les Alliés ne se sont-ils pas préoccupés très tôt du rapatriement des dizaines de millions de réfugiés et de personnes déplacées dans les mois qui suivront la victoire ? En novembre 1943, 44 pays alliés se réunissent à la Maison-Blanche pour créer un organisme qui les prendra en charge : c’est l’United Nation Relief and Rehabilitation Administration (UNRRA). A l’échelle de l’immense problème à venir, les Etats-Unis s’engagent à fournir un financement énorme à l’époque de 1 milliard 350 millions de dollars.

 

Ce refus d’intervention des Alliés constitue une occasion manquée relativement méconnue de sauver des dizaines de milliers de Juifs, sans intervenir sur place, ni interférer dans leurs opérations militaires, tout en respectant le blocus économique. Ces chiffres peuvent paraître modestes par rapport aux millions de victimes de la Shoah, mais chaque sauvetage est essentiel et moralement impératif.

 

Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2011

 

 

AVNI Haim, Spain , the Jews and Franco, The Jewish Publication Society of America, Philidelphia, 1982, p. 182.

Cet article ne traite pas des refoulements de fugitifs aux frontières.

PENKOWER Monty Noam, The Jews were Expandable : Free World Diplomacy and the Holocaust, University of Illinois Press, Urban, 1983, p. 30. 

GILBERT Martin, Auschwitz and Allies : The Politics of Rescue, Henry Holtand Company, New York, 1981, p. 123.

La Grande Bretagne rencontre déjà des difficultés majeures pour évacuer ses propres enfants outremer et les soustraire ainsi aux bombardements allemands.

  BAUER  Yehuda,  American Jewry and the Holocaust : The AJJDC 1930-1945,  Wayne State University Press, Detroit, 1981, p. 262. 

  LEVINE, Paul A, From Indifference to Activisme : Swedish Diplomacy & the Holocaust 1938-1944, Uppsala University, Stockholm, 1996, p. 197.

FEINGOLD Henry L, The Politics of Rescue : The Roosevelt Administration and the Holocaust, 1938-1945,  Rutgers University Press, New Brunswick, 1970, p. 224.

WASSERSTEIN Bernard,Britain and the Jews of Europe, 1939-1945, Clarendon, Oxford, 1979, p. 248.

COHEN Asher, La Shoah, Editions du Cerf, Paris, 1990, p. 86.

WYMAN David, L'abandon des Juifs. Les Américains et la solution finale, Flammarion, Paris, 1987, p. 275.

Pour la Suisse, à partir de la libération du Sud de la France, en juillet 1944.

  BREITMAN Richard , KRAUT Alan, American Refugee Policy and European Jewry , 1933-1945, Indiana University Press, Bloomington, 1987, p. 196. DuBois pouvait ajouter l’Espagne à sa liste.

Une petite exception, les 818 réfugiés juifs qui furent internés dans un camp militaire d’Oswego au nord de l’Etat de New York en juin 1944. Les 630 réfugiés qui arrivèrent à la même époque dans un camp ouvert par les Etats-Unis en Afrique du Nord.

URRA : Administration des Nations Unies pour le secours et la reconstruction.

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